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L-E QUATRIEME EVANGILE, SA POSITION RELATIVEMENT AUX SYNOPTIQUES

Le but principal de cet Evangile est nettement indiqué dans sa conclusion (xx, 31) : Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu^ et qu^en croyant vous ayez la vie en son nom. Tout, en effet, converge vers ce but à la fois dogmatique et pratique : démontrer que Jésus est vraiment le Messie, le Fils de Dieu, dans la pleine signification de ces deux termes, et prêcher la nécessité de la foi en ce Messie, en ce Fils de Dieu, pour obtenir la vie éternelle.

On le sait : vers la fin du premier siècle se rencontrèrent des esprits, incomplètement convertis à la foi chrétienne et subissant rinfluence combinée d'idées juives et d'un certain dualisme, prétendant que Jésus n'était pas vraiment

Dieu, mais qu'au baptême une vertu divine était descendue pour habiter en lui jusqu'à la Passion exclusivement. (Irénée, Adç. Hser., î, XXVI, I.) D'autres erreurs ne donnaient à Jésus que les apparences de la cliair. De toute façon le Christ était ainsi divisé % et l'on ruinait par là Fincarnation et la rédemption. Aussi saint Jean traite-t-il ces prétendus philosophes d'antéchrists (I Joan., ii, 26 ; iv, 1-6; iv, 15).

Pour mettre les chrétiens en garde contre ces docteurs de mensonge, saint Jean se propose de leur prouver la divinité du Christ, non par des raisonnements, mais par le seul argument décisif pour leur foi, par le témoignage, par les paroles du Christ lui-même. Les synoptiques avaient donné un témoignage, eux aussi, mais sur l'envoyé de Dieu, sur le Christ et sur son œuvre considérés d'une façon plus extérieure pour ainsi dire. Le disciple bien-aimé donnera un témoignage, mais sur le Christ plus intime, sur sa divinité et son œuvre cachée aux regards, la vie éternelle qu'il apporte aux âmes^. C'est en ce sens que Clément d'Alexandrie

1. La Vulgate a le mot très expressif : solvit Christum, Le texte grée actuel (I Joan,, iv, 3) porte : 5 /jivj éfxoXoyaî, qui non confitetur. Mais d'anciens mss. avaient l'expression plus caractéristique : 2 '^vsT, qui solvit, s'il faut en croire SocRATE, Hist. Eccles.j Vil, 82; cf. Irénée, Adv, Hxr,, III, xvn, 8, et Trrtdllijîn, Contr. Marcion,, V, 16.

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