‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 20 sur 94 · JoA-N., XX, 3i et XXI · texte numérisé non relu

JoA-N., XX, 3i et XXI

appelait les évangiles synoptiques G-waart/à, et

celui de saint Jean 7rj*u/xartxov svccyysXtov (EUSÈBE,

Hîst. Ecoles., VI, xiv, 5).

Non plus que les synoptiques, il ne prétend faire une philosophie : il est un témoin . La première épitre de l'apôtre peut servir de préface à son évangile. Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché concernant le Verbe de vie [car la vie s^est manisfestée et nous avons vu et nous rendons témoignage et nous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et s^est manifestée à nous), ce que nous avons vu et entendu, nous vous V annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Saint Jean nous transmettra donc ce qu'il a entendu, les paroles, le témoignage même du Christ, affirmant sa divinité et révélant les mystères de la vie éternelle.

Saint Jean aurait pu apporter les preuves de sa thèse sans nous tracer une biographie du Christ; car ce qu'il doit nous transmettre sur cet ordre de vérités transcendantes se rapporte à quelques moments de la vie du Sauveur, à un petit nombre de traits qui peuvent tenir dans une dizaine ou une douzaine de jours ^

I . La première pâqne, rentretien de Nicodème, la Samaritaine, la piscine de Betli-.sda, la multiplication des pains.

LC IV ÉVANGILE 81

Mais son témoignage gagnerait singulièrement en clarté et en force s'il marquait en quelles circonstances le Divin Maître avait prononcé les paroles citées. Et comme ces paroles se rapportaient les unes à la Galilée, les autres plus nombreuses à des séjours dans la ville même de Jérusalem, aux principales fêtes juives, il était amené à noter avec précision ces divers théâtres de l'activité de Jésus-Christ.

Ces allées et venues entre la Galilée et Jérusalem l'obligeaient à dresser un cadre de la vie de Jésus-Christ tout différent de celui des synoptiques.

Le récit synoptique était alors certainement connu de tous les fidèles. Avec sa division quadripartite, simple et commode pour un enseignement élémentaire, on ne pouvait suivre en détail un ordre complètement historique. On savait sans doute à quoi s'en tenir, à l'origine, sur cette disposition. Mais à mesure qu'on s'éloignait des événements, que les survivants de la génération contemporaine du Christ disparaissaient, on risquait fort de se méprendre à moins qu'un témoin autorisé ne vînt rectifier l'apparence du récit synoptique. Aussi en même temps qu'il cherchait à appuyer son témoignage, en lui donnant un cadre réel, saint Jean

les deux ou trois derniers jours de la fête des tabernacles, la Dédicace, la résurrection de Lazare, la Gène

était amené par là même à expliquer et à compléter ses devanciers. Ce sôuci est visible en mainte circonstance, en particulier dans Finsistance qu'il met, au début de son Evangile, à indiquer qu'il y eut, non pas un seul retour en Galilée, comme on pouvait le croire au premier abord d'après les synoptiques, mais bien deux retours % le premier après le baptême, le second après l'emprisonnement de Jean-Baptiste^. C'est pourquoi il note avec soin qu'un miracle différent, à Gana, a signalé chacun de ces retours.

Ge n'est pas, sans doute, qu'il ait prétendu marquer toutes les fêtes juives auxquelles Jésus aurait assisté à Jérusalem, ni qu'il ait voulu donner chacun des points de repère permettant de faire concorder, en tout point, son récit avec celui des synoptiques. Non, ce n'est pas pour satisfaire la curiosité des historiens qu'il a donné des indications chronologiques. Il trace les grandes lignes et n'entre pas dans les détails. Il lui suffit de bien établir ses propres récits et d'écarter l'objection qu'on aurait pu lui faire, «n se plaçant au point de vue de la disposition

1 . La manière de procéder de saint Luc, différente des deux premiers Evangiles, le donnait déjà à entendre. Voir p. 56-58.

2. Les anciens l'avaient bien reconnu (Eusèbb, Hist, Eccl,^ III, XXIV, 8'i3.

synoptique. Mais ce qu'il fait nous aide à mieux lire les trois premiers Évangiles et nous permet de faire entrer leur narration dans son cadre,

Les fêtes juives qui servent de cadre à l'Évano-ile de saint Jean sont les suivantes :

1° Une première Pâque placée à la suite du baptême et d'un court séjour en Galilée, la Pâque de l'expulsion des vendeurs du Temple

2® Au chapitre v, « une fête des juifs » qu'on a fréquemment identifiée avec une seconde Pâque, mais que beaucoup, parmi les Pères ou les critiques modernes, croient être une autre solennité;

S'^ Au chapitre vi, 4, la Pâque qui suivit de très près la multiplication des pains, et pour laquelle Jésus n'alla pas à Jérusalem;

4^ Au chapitre VII, une fête des Tabernacles, pendant laquelle le Sauveur se rendit dans la ville sainte ;

5° Au chapitre x, 22, une fête de la Dédicace, célébrée également par le Divin Maître à Jérusalem ;

6^* Enfin, au chapitre xiii, la dernière Pâque.

Sur ces sept fêtes juives, on compte d'ordinaire trois ou quatre Pâques, suivant qu'on identifie le dies festus Jadœorum avec la Pâque ou une autre fête juive.

Un cadre si bien tracé n'est cependant pa s

84 NOS QUA'iUL: EVANGILES

rempli par noire évangéliste. Après avoir fa

rentrer Jésus-Christ en Galilée à la suite d

])aptéme, saint Jean note simplement qu'il dee

cendit à Gapharnaûm avec ses disciples, et sar

donner de détails sur les débuts de sa prédict

tion, il se contente de cette formule générale

(( Ils y demeurèrent non multîs diebus{\\^ 12).

Et aussitôt il amène Jésus à Jérusalem pour '

Pâque. Ce A^oyage à Jérusalem et le séjour e

Judée pendant huit mois sont suffîsa;mmentdéy<

loppés. Mais quand il fait rentrer Jésus en Gai

lée, l'Évangéliste ne dit rien dij ministère qu'

y exerça, tandis qu'il s'empresse d'ajouter

Post lisec erat dies festus Juddeorum (v, 1).

peine le récit du miracle qui signale ce voya^

est-il rapporté, avec le discours qui suivit, q\

nous trouvons cette simple remarque : Po

hœc abiit Jésus trans mare Galil^œ (vi, 1). I

miracle de la multiplication des pains et le di

cours qui s'y rattache sont largement dévelo]

pés. Mais ce qui concerne l'activité du Sauve'

en Galilée après ce miracle est résumé dai

cette brève formule : Post hmc ambulabatJesi

in Galildeam (vu, 1), suivie aussitôt de celle-c

Erat In proximo dies festus Juddeorum^ Scenof

gia (vu, 2). L'auteur s'arrête avec complaisan

sur les longs discours et le miracle éclata

qui signalèrent cette fête. Mais ensuite on

dit pas si Jésus resta à Jérusalem ou s'

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