‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 41 sur 94 · LA DEDICACE 13T · texte numérisé non relu

LA DEDICACE 13T

voyage est la Galilée, ou la Pérée et les environs du Jourdain, que Jésus serait allé évangéliser après la fête des Tabernacles. Saint Luc n'aurait pu d'ailleurs, dans cette 3® partie de son plan, parler de la Galilée que comme point de départ d'un voyage hors de cette contrée et aboutissant à Jérusalem. Quant au ministère à l'intérieur même de la Galilée, il n'aurait pu entrer que dans la seconde partie de son plan quadripartite.

Le voyage (ix, 52 -xi) de la Galilée à Jérusalem, que nous avons identifié avec le voyage du chapitre v de saint Jean, à Tépoque de la fête des Tabernacles pendant la deuxième année, avait son point de suture, dans le minis-p tère galiléen, entre la mission des apôtres et leur retour. Malheureusement saint Luc a omis toute la partie du ministère galiléen qui s'étend depuis la première multiplication des pains jusqu'à l'excursion au nord-est de la contrée vers Césarée, c'est-à-dire depuis la troisième Pâque jusqu'à la fin de cette troisième année. C'est précisément vers la fin de cette période que le voyage pour la fête de la Dédicace aurait pu trouver son point d'attache dans le récit du ministère galiléen.

Tout le cycle de faits, omis par saint Luc, se trouve, d'une façon à peu près identique, dans saint Matthieu (xiv, 22 à xvi, 12"^ et dans

saint Marc (vi, 45 à viii, 26). Cette période s'étend de Bethsaïde à Bethsaïde, c'est-à-dire du moment qui suivit la première multiplication des pains à Bethsaïde, jusqu'au retour à Bethsaïde après la seconde multiplication. Le recueil contenant ce cycle de faits aurait-il échappé à saint Luc? Ou plutôt, pour ne point raconter une double multiplication des pains, a-t-il omis ce récit et en même temps tout le cycle auquel il se rattache ? Rien n'est plus difficile, en bien des cas, de trouver la raison de telle ou telle omission, dans un abrégé comme Test un évangile synoptique. L'auteur a été souvent parfaitement conscient, pour ne point trop étendre son résumé, de laisser de côté nombre de choses, qui d'ailleurs n'étaient pas nécessaires à son but.

* Saint Luc faisant défaut pour la narration de cette partie du ministère galiléen, nécessité est donc de recourir aux deux autres synopliques. Comme ils ne parlent d'aucun pèlerinage à Jérusalem, autre que le dernier, on ne doit pas s'attendre de trouver un point d'attache aussi net que celui qui se trouve dans la seconde partie de saint Luc, où la mission des Apôtres paraît si clairement contemporaine de la mission des disciples de sa troisième partie et forme le début de son premier voyage.

Cependant on peut commodément insérer le

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rapide voyage de Jésus pour la fête des Tabernacles de la 3® année, au moment où les deux premiers évangélistes nous le montrent dans le pays de Magedan ou de^Dalmanutha (Matth.,

XV, 39 et Marc, viii, 10). C'est le point le plus proche de la Pérée, par laquelle le Sauveur devait se rendre à Jérusalem.

Au retour de cette fête des Tabernacles, Jésus retrouve les disciples qu'il avait laissés dans la région de Dalmanutha-Magedan^ Là, il se refuse à accorder à la mauvaise foi des pharisiens et des sadducéens le signe éclatant dans le ciel qu'ils lui demandaient (Matth., xvi, 1-4 et Marc, viii, 10-12). Il monta dans une barque et passa de l'autre côté du lac, elç zh Tre^oav (Matth., xvi, 5; Marc, viii, 13), en recommandant à ses disciples de se défier du levain des pharisiens et du levain d'Hérode (Matth.,

XVI, 5-12; Marc, viii, 14-21). L'autre rive, ou le pays au delà, paraît désigner ici Gapharnaùm, centre de ses missions. 11 y serait resté

I. La région de Dalmanutha(MARC., vin, io)oule pays de Magedan (Matth., xv, 89) paraissent bien être les envivous dCEd-Delhamyéh ou de Ma ad. « Ed-Delhamiyéh est à 7 kilomètres de la pointe méridionale du lac, vis-à-vis du point où, sur la rive droite, le ruisseau de VOuadi Walhan se jette dans le Jourdain. Le gué voisin s'appelle ifcTfl^Aflrftfi ed-Delhamiyéh. Ma' ad est plus loin vers le midi, à environ 7 kilomètres dUEd-Delamiyéh et à 2 ou 3 kilomètres du Jourdain. » (Voir Dictionnaire de la Bible de F. Vigouroux, t. II, p. 1210).

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jusqu'aux approches de la Dédicace (20 décembre), et il se mit en route pour aller célébrer la fête à Jérusalem.

Nous avons vu plus haut % que les premiers faits signalés par saint Luc (xiii, 22-35) dans ce nouveau voyage (la porte étroite, les ruses et l'hostilité d'Hérode, les plaintes sur Jérusalem) supposent la présence du Sauveur dans la capitale juive. L'impression profonde produite récemment par le miracle de l'aveugle-né sur une partie de la foule, la présence de Galiléens à la solennité, lui permettaient de séjourner à Jérusalem pendant l'octave. Un des pharisiens, moins fanatique que les autres, invita Jésus à diner chez lui (Luc, xiv, 1-24). Après avoir, en entrant, guéri un hydropique, il profita de l'émotion produite pour donner aux pharisiens puritains et hypocrites plusieurs leçons, celle en particulier renfermée dans la parabole du grand festin , qui leur annonce leur exclusion du royaume de Dieu et Pentrée des païens.

Il est difficile de déterminer si les paraboles suivantes, celles de la miséricorde (Brebis et Drachme perdues, Enfant prodigue) et celles du bon usage des biens de ce monde (Econome infidèle, Mauvais riche) ont été prononcées à Jérusalem même ou pendant le retour en Galilée (Luc, xv et xvi).

i. Voir p. 7 a.

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