Motion ? — (Vendémiaire an
10. Préfecture du Nord. Archives départementales — Extrait d'un registre aux arrêtés de l'Administration Centrale du Directoire du Département du Nord. (Registre de la 3* Division, n* 9, folio 189) Du a3 janvier 1798. — Paris, de l'Imprimerie de A. Beiin, rue des Mathurins *S* Jacques, n" /4. S. d. In-4% i5 p.
Publié par Declercq lui-même en i8a3.
DoG.BioGR. Z)ic/io/i/i. des Parlem.f t. a.
DEKYTSPOTTER (Jean-BapTISTE-Louis). Voy. Kytspotter.
DELABUISSE (JeaN-Baptiste-JOSEPH). Député au Conseil des Cinq-Cents en l'an VI, né à Douai le 8 mars 1764, décédé le 24 juin 1809 à Anvers (Belgique).
Homme de loi à Douai avant la révolution, Delabuisse ne marchanda pas son concours au nouvel ordre de choses et fut bientôt, après avoir été maire de Douai de 1798 à 1794ï élu commissaire du Directoire près l'administration centrale du département du Nord. Il occupait ces fonctions, lorsqu'il
fut élu, le a 4 g'erminal an VI, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents. Il y sié§^ea parmi les modérés et fit partie de diverses commissions, au nom desquelles il a présenté plusieurs rapports au Conseil. Nous n'en avons retrouvé que deux que nous indiquons ci-dessous.
Lors du coup d*état de brumaire, Delabuisse s*j rallia avec enthousiasme et fut nommé, le i6 messidor an VIII, commissaire du g'ouvernement prés le Tribunal criminel du département des Deux-Nèthes siégeant à Anvers. Le 25 prairial an XII, il fut décoré de la Légion d'honneur, puis promu, quelques années plus tard, procureur-général au même siège. La maladie le força à démissionner. II mourut jeune encore, peu de temps après, loin de son pays natal.
BiBLiooR. 1. Corps législatif. Conseil des Cinq-Ceots. Rapport fait par Delabuisse, au nom de la commission spéciale nommée pour examiner la loi du ag floréal an 6, qui a sursis à l'exécution de tout jugement portant peine de mort pour cause de falsification de papier dont l'émission n*a pas été ordonnée par une loi, et de présenter des mesures législatives à cet égard. Séance du 28 fructidor an 6. — A Paris^ de Vimp, nat.t Vendémiaire an 7. In-8», i4 p.
a. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Rapport fait par Delabuisse (du Nord), au nom d'une commission spéciale, sur un message du Directoire relatif à la créance des héritiers Saint-Hilaire sur ia commune d'Hondtschoot (sic), département du Nord. Séance du 6 germinal an 7. — (Paris) De l'Impr. nat.t Germinal an 7. In-8*, 7 p.
Détermine les mesures à prendre pour le remboursement de cette créance. (Voy. Bibliogr. de Vankempen, n« i).
DoG.BioGR.Z^ic^ioftn. des Parlem.y t. a.
DELàMBRE (CHÀRLES-GUISLàIN). Député du tiers-état du Cambrésis en 1789, né à Boiry-Notre-Dame (Pas-de-Calais) le 19 mai 1785, décédé à Rémj (Pas-de-Calais), le 24 juillet
'797- Delambre était cultivateur à Boiry-Notre-Dame, lorsqu'il
fut élu, le 17 avril 1789, député du tiers-état du Cambrésis. Il vota obscurément avec les membres de la majorité de l'Assemblée constituante.
En décembre 1789, il avait apposé sa signature au bas de la Lettre..., à leurs Commettans^ dont nous avons déjà parlé. {Bibliogr. génér., n" 17.)
IcoNOGR. Il existe un portrait de lui, dessin 'inS°. Doc.BiOGK. Dictionn. des Partem.y t. 2. — Epigraphie da Pasde-Calais.
DELATTRE DE BALZAERT (Henri-Bernard). Député du tiers-état du bailliag-e de Bailleul en 1789, né à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le 27 juillet i743, décédé au même lieu le
8 juillet 1804.
Après avoir fait ses études de droit et s'être fait recevoir avocat, Delattre de Balzaert s'était marié à Merville et y était devenu maître particulier des eaux et forêts de la Motte-au-Bois, ainsi que mayeur-bailli de Merville. Il occupait cette situation, où il avait acquis une grande réputation à la suite d'un plan de réformation de la forêt de Nieppe qui lui avait valu les éloges du roi et une gratification de 2.000 livres, lorsque les électeurs du tiers-état du bailliage de Bailleul lui confièrent, le 10 avril, le mandat de député aux États-Généraux . Il ne se fit pas remarquer dans les débats de l'Assemblée et ne prit la parole que lorsqu'il s'agit, en 1791, de réorganiser l'administration forestière. Il faisait partie du comité des domaines et de diverses autres commissions où il a rendu d'utiles services.
Delattre de Balzaert a fait, plus tard, comme député du Pas-de-Calais, partie du Conseil des Anciens.
BiBLiOGR. I. Observations et moyens d'économie, proposés sur le plan d'organisation de l'administration forestière, présenté au nom des cinq comités réunis, ParH. B. Delattre, député du département du Nord, et membre du comité des domaines. — Paris^ imprimerie nationale^ ijdi. In-8', 8 p.
IcoNOGR. Son portrait a été dessiné par Devoye le jeune, in-^" ; par Labadyef in-8* ; et gravé par Ck>urbei d'après le dessin précédent, in-8*.
Doc.BiOGR. Ann. statistiq. du Nord pour Van XIII ^ not. nécrol., p. 396-396. — Dictionn, des Parlent., t. 2.
DELEHAYE(PHILIPPE-JOSEPH-GUILLAIN). Député au Conseil des Anciens en Tan VI, né à Saint-Omer le 25 février 1767, mort à Blandecque (Pas-de-Calais), le 3o mai i83i .
Fils de Jacques-Dominique, maître apothicaire, et de Marie-Joachim-Joseph-Guillaine Dufresnoy, Delehaye suivit les cours de droit, se fit recevoir avocat au parlement et vint s'installer à Valenciennes où il s'adonna au commerce et devint bientôt conseiller, puis consul à la chambre consulaire de cette ville. Il occupait cette situation depuis 1785, lorsque la révolution éclata. Delehaye en adopta les principes avec exaltation, fut élu jug'e au tribunal de commerce et réélu à cette fonction en 1792. En mai 1793, pendant le sièg'e de Valenciennes, il est nommé commissaire de quartier, signe, le 26 juillet suivant, avec les autres officiers municipaux, les Représentations du Conseil g'énéral de la Commune, au g-énéral Ferrand, demandant une capitulation honorable et, le 22 frimaire an III (12 décembre 1794)» il ©st nommé membre du Directoire du district de Valenciennes par les représentants du peuple J.-B. Lacoste et Roger Ducos. Les souvenirs laissés à Valenciennes par la municipalité jacobine dont Delehaye fit partie et qui resta en fonctions jusqu'au 4 prairial, sont assez mauvais. « Ces hommes, que Jean-Baptiste Lacoste » a voit mis en place, dit Prouveur de Pont ^, étoient
1. Prouveur de Pout, dont on trouvera plus loin la biographie, fit partie, comme procureur syndic, de la municipalité qui remplaça celle dont il parle. Les appréciations que nous citons sont tirées deBéponse à l'adresse présentée par Cartier habitant Valenciennes, dans Farde de pièces relatives aux affaires publiques de Valenciennes pendant Vannée n95. Ms. 666-865, pièce 33, Bibl. de Valenc.
» notoirement incapables, ils ne peuvent ou ne veulent » rendre de compte de leur g^estion. Ils étoient couverts » de tous les actes les plus arbitraires refusant même » d'exécuter^ d'obéir aux décrets de la Convention^ quand » ils tendoient à arrêter leur despotisme. »
En l'an V, enfîn^ Delehaye devint président du district de Yalenciennes, puis Tannée suivante, le 23 germinal (i2 avril 1798), il fut élu député du Nord au Conseil des Anciens. Il n*y siég'ea que fort peu de temps, car le 22 floréal (11 mai 1798), son exaltation républicaine le fit considérer comme ennemi des institutions et on le renvoya chez lui.
Quelques années après, on le retrouve installé cultivateur et négociant à Douchy, près de Valenciennes, puis à Blandecque (Pas-de-Calais) où il est mort.
Delehaye avait eu de son mariage avec Marie- Jean ne- Guislaine Cauchon, un certain nombre d'enfants qu'il affubla des prénoms alors à la mode parmi les purs révolutionnaires. Quatre sont inscrits à Tétat-civil de Valenciennes; il les appela : Egérie, Horace, Cléobule et Pittacus !
Ce député n'a figuré jusqu'ici dans aucune biographie. M, G. Giard, ancien libraire à Valenciennes, a bien voulu nous procurer la plupart des renseignements ci-dessus et nous l'en remercions ici bien cordialement.
DELESAULX (NiCOLAS-FraNÇOIS). Député au Conseil des Cinq-Cents en l'an V, né à Abancourl le 3 avril 1768 (et non à Cambrai, comme le dit le Dict. des Parlent.) , mort à Douai le 5 juin 1826.
Fils de Jean-Baptiste Delsaulx, clerc d'Abancourt, et de Marie- Anne-Josèphe Dansin, Delesaulx était greffier du tribunal de commerce de Cambrai, lorsqu'il fut élu, le 24 germinal an V, député du Nord au Conseil des Cinq- Cents. Bien qu'il ne se fût fait remarquer d'aucune façon
pendant la législature, il fut réélu au même Conseil le a5 i^rminal an Vil et ne se départit pas de son mutisme prudent, mais, lors du coup d'état de brumaire, il se montra partisan de Bonaparte et fut nommé (7 floréal an VIII) juge au tribunal d'appel de Douai. Lors de l'organisation de la Cour d'appel de Douai en 181 1, il y reçut un siège de conseiller qu'il a occupé jusqu'à son décès.
Doc. BiOGR. Dictionn . det Pariem ,, t. 9 .
DERENTY (FraNÇOIS-MàRIE). Député suppléant à ia Convention et au Conseil des Anciens en l'an IV, né à Lille le 17 mai 1755, mort à Paris vers i8i5.
Né à Lille, sur la paroisse Saint-Maurice, fils de Paul- Joseph, négociant, et de Marie-Magdelaine*Rose Trescâ, Derenty n'était pas négociant, comme on la imprimé jusqu'ici, mais tabellion à Lille depuis 1782, lorsqu'éclata la Révolution. Il en embrassa les principes avec la plus grande ardeur et « son zèle, dit M. Verlj (Biogr, lill.)j lui » coûta sa fortune, assez considérable.» Le 7 septembre 1792, il fut élu deuxième député suppléant à la Convention par les électeurs du département du Nord, mais- n'ayant été appelé à siéger, par la voie du tirage au sort, que le 5 floréal an III, il n'eut aucune part aux grandes journées de cette assemblée. Il alla s'asseoir au milieu des membres de la Montagne et ne se signala que par les quelques opuscules que nous citons plus bas.
Envoyé au Conseil des Anciens, le 28 vendémiaire an IV, il continua de voter avec le parti avancé. Dans la séance du i«r pluviôse an IV, le président de l'Assemblée donna lecture d'une lettre du représentant Derenty qui, « retenu au lit » par une maladie, témoigne ses regrets de ne pouvoir se » joindre à ses collègues pour jurer une haine implacable » à la royauté », et fait, dans sa lettre, le serment exigé
par la loi du 23 nivôse. En 1796, il publia des observations sur la nécessité de conserver le tabellionage.
Derenty fut surtout mis en évidence par un incident tragico-comique dont il fut victime. Il dénonça, dans la séance du 26 thermidor an V, un officier de la garde du corps légcislatif comme l'ayant insulté, (il en avait reçu un soufflet) ; la dénonciation fut renvoyée à la commission des inspecteurs qui s'empressèrent d'étouflfer TafiFaire. Un vent de réaction commençait à souffler.
Son mandat ne lui ayant pas été renouvelé, Derenty sollicita du Directoire une situation : on lui offrit un bureau de poste qu'il refusa et se vit contraint, pour vivre, d'entrer comme musicien dans un petit théâtre de Paris.
B1BL10GR. I. Convention nationale. Opinion de François-Marie Derenty, député du département du Nord à la Convention nationale, Sur TAcceptation de la Constitution. Imprimé par ordre de la Convention nationale. A Paris t de Vimprimerie nationale^ Fructidor Can III, In-8*, 8p.
(Contient une dénonciation très détaillée contre de nombreux fonctionnaires de Valenciennes.) 3. Convention nationale. Mot de François-Marie Derenty, Député du département du Nord, à la Convention nationale, sur les journées des la, i3 et i4 vendémiaire. Imprimé par ordre de la Convention nationale. — A PariSy de Vimprimerie nationale^ vendémiaire an IV. In-8*, 6 p.
3. Opinion de François-Marie Derenty, Député du département du Nord, à la Convention nationale, sur la Belgique. — A Paris, de Vimprimerie Guffroy, rue Honoré^ n° 35, cour des ci-devani Capucins . S . d . In-8^ i3p.
(Conclut à la réintégration de la Belgique à la France. — Ce discours se trouve reproduit à la p. 159-168 de : Recueil des discours^ Sur la question de la réunion de la Belgique à la France, imprimés par ordre de la Convention nationale (Paris, Laran et Ant. Bailleul, an V (1797) In-8*.)
4. Observations Sur la nécessité de conserver les tabellions, par F. M. Derenty, membre du Conseil des Anciens. — S. l. n. d. (1796). In-8", i4 p.
5. Peuple, écoute ton ami. Derenty, représentant du peuple, membre du Conseil des anciens, aux républicains de la commune de Lille, et à tous les patriotes. (Si^é : F. M. Dercnty). — S. /. n. d, In-4*, 4 p- n. ch. Derenty pleure l'assassinat du fils de Lesage-Senault et conjure ses concitoyens de surveiller les brigands, tout en s'unissant pour la défense de la patrie.
Doc. BiOGR. Verly, Biogr, liU. — Dictionn. des Parlent,, t. 2.
DEVINCK-THIERRY (François-RÉGIS-BenjAMIN). Député au au Conseil des Cinq-Cents en l'an IV et au Corps lég'islatif en Tan VIII, né à Dunkerque le i*''^ mars 1761, mort à Paris le 20 mars i8o3.
Il était avocat à Lille, lorsqu'éclata la révolution ; il n'en embrassa d'abord les idées qu'avec une certaine réserve, s'il faut en croire un petit journal de Paris, le Tailleur patriote, qui, à l'occasion de la fête de la fédération dans la capitale, nous donne en quelques lignes la caractéristique des déléfopués du Nord, parmi lesquels se trouvait Devinck- Thierry, comme chef de division . « Digne condisciple du » sieur Ménard, dit ce journal (n^ 28, s.d.), sentit, dans une » première leçon du docte Dorgères, naître en lui le désir » d'une contre-révolution, et pourra bien faire à ce sujet » quelques tentatives au Champ de Mars, » Quoi qu'il en soit, il fit la preuve, pendant le siège de Lille, de son patriotisme et de son dévouement. Il avait été élu, en 1792, officier municipal de la commune de Lille et devint bientôt après administrateur du département et juge de paix à Dunkerque.
Devinck occupait cette situation, lorsque les électeurs du Nord l'élurent, le 25 vendémiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents. (C'est évidemment par erreur que le Bictionn. des Parlent, en fait un député du département de l'Escaut). Il y siégea silencieusement dans la majorité gouvernementale et occupa les fonctions de secrétaire du
icr frimaire au i«' nivôse an Vil. Le 20 g^erminai suivant,
ayant cessé de représenter le Nord, il fut élu au même
Conseil, cette fois par le département de l'Escaut, favorisa
de tout son concours le coup d'état de brumaire et fut
appelé à faire partie de la Commission intermédiaire des
Cinq-Cents, dont il fut secrétaire du i^'f au 16 ventôse
an IX . Le 4 nivôse de la même année, il fut choisi par le
Sénat Conservateur pour représenter le département au
Corps lég^islatif, mais il mourut pendant la léfi^-islature et
son concitoyen Danel prononça son éloge funèbre, dans la
séance du 3o ventôse an XI.
BiBLioGR . I . Discours prononcé Par le citoyen Devinck-Thierry, Président du Directoire du Département du Nord, à la fête célébrée à Douai, Le 20 prairial, en l'honneur de rÊtre-supréme. — A Douaif de l'Imprimerie de Marlier. S. d. In-8®, a p.
Doc.BiOGR. Voy. suprk Biblioffr. Danel ^ n« i. — Verly, Biogr. lill. — Dictionn, des Parlem.f t. 2. — Ann. statis, du Nord pour Van XIII ^ not. nécrol., p. 354.
DROUET (Jean-Baptiste). Député au Conseil des Cinq- Cents en Tan IV, né à Sainte-Menehould (Haute-Marne), le 8 janvier 1768, mortàMâcon (Saône-et-Loire), le 1 1 avril 1824.
Fils d'un maître de poste de Sainte-Menehould, il s'était eng-ag-é à 18 ans dans le régiment des dragons de Condé où il servit sept ans, puis il rentra dans son pays natal^ y succéda à son père et adopta avec enthousiasme les doctrines révolutionnaires. L'arrestation de Louis XVI à Varennes, dont il fut le principal auteur^ lui donna une auréole de gloire facile et une grande popularité ; aussi, après avoir été élu, dans son département, député suppléant à l'Assemblée législative où il ne fut pas appelé à siéger, on le vit porté à la Convention par les suffrages de ses concitoyens. Il y siégea à la Montagne, vota la mort du roi sans appel, ni sursis, et fut l'un des plus ardents accusateurs
des Girondins. Envoyé en mission à l'armée du Nord, il partit avec le général Chancel, pour le camp de Maubeu/^pe et s'enferma dans la ville investie par le prince de Cobourg. Il essaya bientôt d'en sortir avec une escorte de dragons* mais, fait prisonnier par des hussards autrichiens et dénoncé par son escorte comme étant le maître de poste de Sainte-Menehould, il fut déporté dans la forteresse du Spielberg. Après une tentative infructueuse d'évasion, il fut rendu à la liberté (décembre 1796) en échange de la fille de Louis XVI ^ en même temps que les divers conventionnels qui avaient été livrés aux Autrichiens par Dumouriez.
Ëlu, par le département du Nord, au Conseil des Cinq- Cents, le 28 vendémiaire an IV, Drouet fut reçu dans cette assemblée avec un grand enthousiasme et le 28 nivôse suivant, après qu'il eut raconté à ses collègues les diverses péripéties de son évasion de Maubeuge et de sa captivité, le Conseil déclara qu'il avait bien mérité de la patrie et Télut secrétaire le 28 pluviôse suivant. Mais bientôt les choses se gâtèrent : Drouet, ayant pris part à la conspiration de Babeuf, fut arrêté et enfermé à l'Abbaye ; il put cependant s'échapper, grâce à certaines complaisances et s'enfuit aux Indes. Il en revint rapidement, quand il eut appris que la Haute-Cour l'avait acquitté, fut nommé Commissaire du Directoire exécutif dans la Marne, puis, ayant adhéré au coup d'état de brumaire, obtint le poste de sous-préfet de Sainte-Menehould et fut décoré de la Légion d'honneur en 181 4. Révoqué au retour des Bourbons, député de la Marne pendant les Cent-Jours, expulsé comme régicide lors de la deuxième restauration, Drouet revint clandestinement en France et se fixa à Mâcon, où, sous le nom de Merger, il vécut jusqu'en 1824, répandant autour de lui, par sa piété, la plus grande édification .
Doc. BioGR. />ic/ion/i . des Parlem.y t. 2.
DU HEM (Pierre-Joseph). Député à r Assemblée législative de.i 79 1 et à la Convention, né à Lille (paroisse Saint-André), le 8 juillet 1768 * (et non en 1760, comme le disent toutes les biographies antérieures), mort à Mayence (Allemagne) le 24 mars 1807.
Fils de Jean-Baptiste- Joseph, maître tisserand à Lille, et
de Pélagie-Angélique- Joseph Olivier, Duhem fit ses études
au collèg-e d'Anchin à Douai, suivit ensuite les cours de
l'université de la même ville, s'y fit recevoir médecin et fut
bientôt attaché à l'hôpital militaire de Lille comme médecin
surnuméraire ; il fut ensuite employé, d'après le Dicl, de
Feller^ à l'hôpital militaire de Douai et revint exercer son
art à Lille vers 1787. Dès le début de la révolution, il se
montra partisan résolu des idées nouvelles, tout en restant
très attaché au principe constitutionnel de la monarchie.
Le II novembre 1789, avec son collègue Bécu, médecin à
Lille, Vantourout et Sta, hommes de loi, Duhem fondait
dans sa ville natale la Société populaire ou des Amis de la
Constitution, en devenait le président et, en cette qualité,
prononçait, le i3 janvier 1791, un discours qui nous montre
quel était son état d'esprit à cette époque. Après y avoir
affirmé son « inaltérable attachement » à la personne du
roi, Duhem conclut sur cette péroraison très caractéristique :
« Forts de notre union, invincibles par notre concorde,
» fidèles à nos sermens, nous apprendrons à ces vils suppôts
» de la tyrannie (les ennemis du dehors) ce que peuvent
» des hommes libres, ce que peuvent des Français qui,
» après avoir brisé le joug odieux dont on les accabloit
» depuis tant de siècles, verseront jusqu'à la dernière goutte
1. C'.est aussi par erreur que M. G. Caillot, dans l'un des intéressants articles qu'il a consacrés aux Conventionnels du Nord {Nouvelliste et Dépêche do Lille, 1892; indique la date du 9 juin 1758.
» de leur sang pour défendre les droits imprescriptibles » de la Nation» et maintenir l'exécution parfaite des Loix » émanées de nos Aug'ustes Représentans et sancUoonées » par le Monarque vertueux que le Ciel nous a donné dans p sa clémence. »
Cependant Duhem marche à pas de géants vers la Montagne^ il en deviendra bientôt Tun des membres les plus fougueux et les plus irréductibles. Élu jufi^depaix, puis, le !*>' septembre 1791, député à l'Assemblée législative, le neuvième sur douze, il se fait presque aassitôt remarquer par sa violence et reçoit le surnom de Choléra-morbus de l'Assemblée nationale. Le 17 novembre, il vote Texil des prêtres réfractaires au serment constitutionnel ; le 3o mars 179a, lorsque Dubois-Crancé dénonce Narbonoe, ministre de la guerre, comme trattre à la patrie pour avoir laissé sans défense les départements du Midi, Dubem demande qu*on s*assure de la personne do ministre et qu'on le mette dans l'impossibilité de s'évader, mais cette motion n*est pas goûtée par l'Assemblée et le président menace même Duhem des rigueurs du règlement. Cependant, le 2 avril, comme la majorité applaudissait Narbonne exposant à la barre de l'Assemblée sa justification, Duhem voulut protester : « Je sais, s'écria*t-il, que je ne serai point en ce moment entendu avec faveur, l'Assemblée s^étant
avilie jusqu'à applaudir M. de Narbonne » Aussitôt
une grande agitation se produisit, des cris ce A l'Abbaje ! à l'Abbaye ! » partirent des bancs de la majorité, en même temps que les tribunes applaudissaient. On propose de faire évacuer les tribunes, Duhem demande à être jugé, mais l'Assemblée se borne à voter le rappel à Tordre des assistants, a Cette séance, dit le Dict, des Parlent, ^ peut » être considérée comme le point de départ de l'agitation » républicaine dont Duhem fut incontestablement un des
DUHEM IBeproduclion fac-timiU d'vne lilhogi-apkie non sit/née.^
» plus actifs provocateurs. Sûr désormais d'être compris » du peuple, sentant qu'il pouvait compter sur la foule, il » déclara à partir de ce jour une guerre acharnée au trône, » se livra à la propag'ande républicaine la plus active en n dehors de T Assemblée^ prêchant chaque jour la haine de » la monarchie dans les assemblées populaires. » Nous avons vu précédemment (Ghap. II, p. 3o-3i) le rôle qu'il joua dans les journées des 21, 26 et 26 juillet et dans celle du 9 août, nous n'y reviendrons pas ici. Disons seulement qu'envoyé quelques jours plus tard en mission à l'armée du Nord, il annonça à l'Assemblée que Maubeuge était menacée par l'ennemi .
Le 4 septembre 1792, Duhem fut élu député du Nord à la Convention, le deuxième sur douze^ ce qui montre quelle était alors la puissance des sociétés populaires et autres ; il reprit sa place à la Montag'ne et fut envoyé, le 3o septembre, comme commissaire, près de l'armée du Nord, avec cinq de ses collèg'ues. Quelques jours après, on rencontrait sur les routes de notre déparlement une « voiture à 4 places peinte » en verd et décorée d'un lion » transportant les commissaires de la Convention. Cette voiture avait été fournie par le district de Lille et provenait d'un émigré. — Quelques g-énéraux furent dénoncés à la Convention, bon nombre de municipalités suspendues, tel fut le principal résultat de cette mission.
Dès le mois de décembre suivant, Duhem reprit avec plus d'acharnement que jamais sa campag-ne contre la royauté : il s'oppose d'abord à ce que Louis XVI puisse se choisir un conseil ; demande, le 26 décembre, que Roland quitte le ministère et insiste, après avoir posé la question de la peine de mort, pour que le roi soit jugé sans désemparer. Quelques membres de l'assemblée ayant demandé lajournement, il s'écria : « Lorsque les tyrans ég-org-aient, ils n'ajournaient
» pas ; lorsque les Autrichiens bombardaient Lille en son » nom, ils ne désemparaient pas. » L'ajournement fut mis aux voix par assis et levé et Duhem, voyant qu'il allait être voté, se précipite au milieu de la salle, suivi d'environ quatre-vingts de ses collègues, monte au fauteuil, apostrophe le président et fait signer une demande d'appel nominal pour la mise en jugement du roi. Un revirement se fit alors dans la majorité ainsi prise d'assaut et la Convention décida^ après d'assez longs débats, « que la discussion était » ouverte sur le jugement et qu'elle serait continuée, toute » affaire cessante ». C'est dans cette mémorable séance, qu'après avoir fait retirer la parole à Pétion en disant « qu'on » ne voulait plus de son opinion », Duhem s'écria : « Je » mourrai à la Montagne ! », voulant indiquer par là qu'il était prêt à tout subir pour amener le triomphe de son parti . Après avoir, au premier appel nominal, répondu affirmativement sur la question de culpabilité du roi, Duhem vola, dans les termes suivants, contre l'appel au peuple : « Le 10 août lorsque le tyran et sa féroce compagne » avaient été, par votre ordre, renfermés derrière cette » grille de fer *, le peuple, dans sa toute puissance, » dans son insurrection légitime, demandait sa tète ; » il le pouvait, il le devait peut-être. Alors l'Assemblée » nationale rendit plusieurs décrets ; elle nomma des » commissaires ; j'ai été du nombre. Nous avons été » promettre au peuple, au nom de la législature, au nom
» de la Convention future (Des membres du côté
» droit : Les départements n'étaient pas là !) La législature » a promis justice ; d'ailleurs, comme la députation du » Nord a reçu des pouvoirs illimités, et que nous avons été » envoyés pour sauver la patrie ; comme je veux porter
1. La loge du logotachygraphe (le sténographe de l' Assemblée).
» poar ma part toute la responsabilitâ; comme les citoyens » patriotes qui sont sur les frontières, pour empêcher les » crimes postérieurs de Louis Capet, ne pourraient point » voter dans cette affaire, parce qu'ils ne sont pas ici ; » comme d'ailleurs les citoyens sont engloutis sous les » ruines causées par les bombes ou les boulets rouges et 3) que nos commettants ne nous ont pas envoyés ici pour » leur renvoyer des décisions à faire, je dis non ». Au troisième appel, il vota la mort sans sursis.
Le ai janvier 1798, Duhem fut élu Tun des douze membres du Comité de sdreté générale ; quelques jours après il accuse son collègue Varlet d'être royaliste, appuyé une seconde fois l'acte d'accusation contre Dillon, demande la mise en liberté de Royou, propose des mesures de rigueur contre les émigrés, fait mettre Guerneur en liberté, demande sans succès l'expulsion des journalistes de la salle des séances, provoque l'organisation d'un tribunal révolutionnaire sans jury, présente une médaille portant l'effigie de Louis XVI avec le titre de martyr qui circule à Bruxelles, et propose enfin la mise hors la loi des émigrés et des prêtres déportés qui rentreraient en France, ainsi que la confiscation des biens appartenant aux étrangers en guerre avec la France. Vers la même époque, sa haine implacable contre les Girondins lui fait tourner les yeux vers ce parti et il organise un groupe de Jacobins et de fédérés qui vont, dans la soirée, briser les presses de Garnery et Gorsas, imprimeurs de ce parti. Il attaque ensuite Vergniaud avec une extrême violence, le traite de complice de Dumouriez et fait triompher la Montagne dans la journée du 3i mai.
Duhem est envoyé de nouveau en mission dans le Nord, au mois de juillet suivant, et son premier acte est de destituer le général Lavalette, celui-là même qui lavait
surnommé le Roi des muscadins de Lille, par allusion aux soins que Duhem prenait de sa toilette. Cependant, Robespierre, ami personnel du g'énéral qu'il estimait beaucoup, s'opposa à cette mesure, le défendit et le fit réintégrer dans ses fonctions. D'autre part, sur la proposition du même Robespierre, Duhem était rappelé. De nouveaux tiraillements s'élevèrent entre ces deux députés à l'occasion de Torg'anisation du département du Mont-Blanc, mais les choses s'arrang'èrent et l'explosion de leur haine réciproque ne se produira qu'un peu plus tard. Pour l'instant, Dabem, grâce à sa souplesse, obtient de retourner dans le Nord et entrelient une correspondance suivie avec la Convention : il annonce bientôt que les républicains ont pénétré jusqu'à Ypres et enlevé celte ville, et signale le désordre où se trouve notre armée. Sur ces entrefaites. Coupé, député de l'Oise, dénonce notre député au club des Jacobins, en l'accusant d'avoir protégé Custine et caché la vérité sur l'armée du Nord, mais Duhem parvient à se justifier.
De retour à Paris, il prend plusieurs fois la parole dans la Convention à propos du nouveau calendrier, de l'éducation publique, etc., puis il figure comme témoin dans le procès des Girondins, les accuse d'avoir été les provocateurs des massacres de septembre et attaque tout particulièrement Brissot. Le 26 frimaire an II, malgré ses protestations, Duhem est exclu des Jacobins, grâce aux menées de Robespierre, qui l'y avait dépeint comme étant le protecteur bienveillant des conspirateurs et des dilapidateurs des deniers publics. Quelques jours plus tard, notre député exerce sa vengeance en faisant traduire Lavalette devant le tribunal révolutionnaire.
Depuis ce moment jusqu'après le g thermidor, Duhem resta silencieux, mais alors il rassembla toutes ses forces
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et aida de toute son énerg'ie à la chate de son enneini Robespierre. Aussitôt celui-ci tombé, il se retourna contre les thermidoriens, défendit Barrère, Amar et Billaud- Varenne, tandis qu'il dénonçait Lecointre^ Dubois-Crancé, Tallien, Fréron, comme «t modérés et contrerévolution- » naires »« et s adressant à la plaine, il Tinvectivait en disant : « Si les crapauds du marais osent relever la tète, » ils en seront plus tôt écrasés ! x> Sa violence maintenant ne connaît plus de bornes : il demande à la Convention « l'exportation du petit Capet », l'expulsion en masse de tous les aristocrates, Texécution dans les ving't- quatre heures de tous les émig^rés pris les armes à la main ; il accuse le comité de sûreté générale et se plaint de la mollesse du tribunal révolutionnaire. Les thermidoriens sont à bout et voudraient bien se débarrasser de cet exalté qui ne cesse de les poursuivre. C'est Leg^ndre qui attache le grelot et accuse Duhem d'entretenir des relations avec les royalistes du Midi, puis, c'est Clauzel qui lui reproche d'être en correspondance avec les émigrés de Suisse. Duhem écume devant ces attaques et s'écrie que si Clauzel ne pouvait prouver son accusation, il « l'assassinerait lui-même d. La menace d'être envoyé à l'Abbaye calma pour quelques jours notre député et^ le 19 nivôse, il fit voter par acclamation que l'anniversaire du 21 janvier serait célébré désormais dans toute la France comme une fête nationale.
Dans la séance du 19 pluviôse, pendant que la Convention discutait au sujet d'un décret précédemment rendu contre un écrivain nommé Lacroix, poursuivi à propos d'un ouvrage intitulé le Spectateur français y et dénoncé comme ayant des tendances royalistes, Duhem fut repris d'un de ces accès de violence dont il était coutumier. Voyant qu'on allait rapporter le décret en question et ne pouvant, lui, l'auteur de la dénonciation, supporter cette idée, il se
précipite à la tribune^ défend avec la plus grande énergie le précédent décret et s'oublie au point de dire à la Convention : « C'est l'aristocratie et le rojalisme qui triomphent. » Aussitôt on demande que le trop fougueux orateur soit envoyé à l'Abbaye; celui-ci essaie de se défendre et récrimine, on crie plus fort : a A l'Abbaye ! », l'assemblée devient houleuse, le président se couvre, bref Duhem, le soir même, était envoyé à l'Abbaye en vertu d'un décret. Cette prison était alors en réparation et toutes les salles étant pleines, le concierge ne voulut pas recevoir le condamné. Duhem écrivit au président qu'il était prêt à se rendre dans tel autre local qu'on lui désignerait. La Convention décréta, en réponse à sa lettre, que notre représentant tiendrait les arrêts chez lui pendant trois jours.
Quand Duhem fit sa rentrée à la Convention, les tribunes l'applaudirent, mais Merlin de Douai l'accusa d'être a un » agent britannique », ce dont il n'eut pas de peine à se justifier. Dans les premiers jours de germinal, il fut enfin décrété d'accusation, sur le rapport de Delecloy, comme étant a le palladium de la sans-culotterie » et comme ayant, au café Payen, « prêté sur un poignard le serment d'assassiner les hommes de thermidor ». Duhem ne manqua pas de protester autant qu'il le put, il fui cependant arrêté incontinent avec quelques-uns de ses collègues, conduit au fort de Ham, puis au château de Sedan, où la Convention se vit obligée d'envoyer une demi-brigade de renfort à la garnison de cette ville, pour protéger les prisonniers contre la population très surexcitée .
Malgré tous les efforts de son ami Lesage-Senault qui, dans maintes circonstances, avait élevé la voix en sa faveur, I^uhem ne fut mis en liberté que lors de l'amnistie du 4 brumaire an IV ; il quitta la France et alla s'établir à Mayence où il reprit Texercice de sa profession et devint
médecin en chef de Tbôpital civil. C'est là qu'il est mort quelques années plus tard.
a Dufaem était, dit A. Dinaux {Arch. hist.)^ un fort x> honnête homme, mais le plus exagéré et le plus violent » des montag'nards. »
DiBLioon. X . Aux électeurs du département du Nord. (Epigraphe : Timeo Danaos et dona fereotes) Sif^né: Duhem, électeur. — A Lille^ de C Imprimerie de C. L. de Boubers, Place Rihoar, S. d. (1789). In-8*, " P- (Biblioth. de M. Quarré-Reybourbon).
a . Mon avis à mes compatriotes. (Signé : Duhem, médecin à Quesnoy*)— «A Lille, de t Imprimerie de ff, Lemmenst rue Neuve, Et se vend à Lille^ chez Vanackère. S. d. (1790). In-8% 8 p. (Biblioth. de M. Quarré-Reybourix>n).
Mon avis à M. Duhem sur son Avis à ses compatriotes par un citoyen de la Ville de Lille. — [Lille) chez les amis de la liberté (Lemmens) 1790. In-8«, la p. (Biblioth. de M. Quarré-Reybourbon).
3. Discours funèbre Prononcé par M. Duhem, Médecin, Président de la Société des Amis de la Constitution établie à Lille, après TObit solennel que ladite Société a fait célébrer dans l'Eglise S. Etienne, le 7 avril de Tan deuxième de la Liberté, pour le repos de Tàme d'Honoré Riquetti (ci-devant Comte de Mirabeau) et auquel Obit ont assisté tous les Corps Civils et Militaires. — A Lille^ de C imprimerie de C. L. de Boubers, place de Rihoar S. d. (i79i)- In-8*, 4 p. (Biblioth. de M. Quarré-Reybourbon).
4. Discours militaire et patriotique Prononcé dans la séance publique de la Société des Amis de la Constitution des Ville et District de Lille, le i3 janvier 1791, par M. Vernoy, Soldat au Régiment de Brie, au nom de tous les Soldats Citoyens de la Ville de Lille dans la grand'salle du ci-devant Hôtel du Gouvernement. — (p. 9] Discours de M. Dubois le jeune, député du détachement du Corps Royal d'artillerie, en garnison à Lille. — (p. 11) Réponse de M. Duhem, Médecin, Président de la Société. —
1. C'est sans doute cette qualification qui a donné naissance au fait, d'ailleurs controuvé, rapporté par divers biographes, que Duhem aurait exercé son art à Quesnoy-sur-Deûie pendant un temps plus ou moins long.
A Lille y de C imprimerie de C. L. de Boubers. S. d. (1791). In-8% 12 p.
5. Extrait du supplément au n* 38 de la Gazette du département du Nord. Lille, le mardi 7 février 1792. Lettre de M. Duhem, députe à l'Assemblée législative, aux Amis de la Constitution à Lille, dont il est membre. Paris ce 2 février 1792. — S. 1. n. d. In-8*, a p.
6. P. J. Duhem, député du département du Nord, à ses collègues. (21 janvier).— [Paris] Impr. de Tremblay. S. d. (1793). In-8».
7. Les Représentants du peuple envoyés près l'armée du Nord, à la Convention Nationale. Lille, le 17 juillet 1793, l'an II de la République. Impression et envoi aux départements et aux armées par ordre de la Convention. (Signé : Lesage-Senault, P. J. Duhem). (Paris) Imprimerie nationale. S. d. In-8«», 3 p.
8. Convention nationale. Compte-rendu à la Convention nationale par P. J. Duhem, Député, de sa mission à l'armée du Nord ; avec Des éclaircissements sur les troubles qu'on a voulu exciter sur cette frontière, et surtout à Lille. — Paris ^ impr. nat., Van second de la République. (Août 1793) ln-8*, 3i p.
9. Sur l'arrestation du citoyen Royou. . . (Biblioth. de M. Quarré-Reybourbon).
10. Convention nationale. Comptes rendus par Duhem, Delmas, Doulcet, Daoust, Gasparin et Lesage-Senault, des dépenses qu'ils ont faites dans leurs missions à l'armée du Nord; en exécution du décret du 21 nivôse, l'an III. Imprimés par ordre de la Convention nationale. — (Paris) Imp. nat., pluviôse an III (janvier 1796). In-8*, 10 p.
IcoNOGR. Son portrait a été dessiné, in-8'*, par un anonyme. Nous en donnons ci-dessus la reproduction.
Doc. BioGR. Dinaux, Arch. hist. et litt. du N. de la F., 2« s., t. 6, p. 33o. — Verly, Biogr. lill. — Dictionn. des Parlem. t 2.
DUHOT (ALBERT-AuGUSTIN-ANTOINE-^JOSEPH). Député au Conseil des Cinq-Cents en Tan IV, né à Condé le 1 1 juin 1767, y décédé le 7 janvier i85i.
L'aîné de i4 enfants, il fit ses études sous la direction de M . Marie, chanoine de la collégiale de Condé, puis fut envoyé à l'université de Douai, où il suivit les cours de
droit et se fit recevoir avocat. Il exerçait cette profession à Vnlenciennes lorsqu'il fut élu, en février i792« juge au tribunal civil de cette ville. £n 1794» il devint président de ce tribunal, puis, au mois d'octobre de la mènie année, président de la deuxième section du tribunal criminel du Nord, organisée h ce moment par les représentants en mission Lacoste et Berlier. Il a contribué dans ce poste difficile, dit M. Urbain Feytaud, « à a£Paiblir les tristes » effets des passions révolutionnaires. Sur 1.200 accusés » traduits à cette époque devant le tribunal, deux seulement, » dit-on, furent atteints par la peine capitale. » Lors de la suppression de cette section (mai 1790), Duhot entra dans Tadministration du département et, c'est dans cette situation, que les électeurs du Nord le trouvèrent pour Tenvojer, ie a 5 vendémiaire an IV, comme député, au Conseil des Cinq-Cents.
Duhot prit à plusieurs reprises la parole dans cette assemblée^ notamment à propos de l'organisation des tribunaux, de Tinstruction publique, etc. Du i^r frimaire au i®^ nivôse an V et du i®'' fructidor an V au 2 vendémiaire an VI, il remplit les fonctions de secrétaire du Conseil. Enfin, en Tan VI, il présenta divers rapports sur la célébration des fêtes décadaires et prononça d'assez nombreux discours sur la liberté de la presse, le traitement des juges et sur divers objets d'ordre purement politique.
Après la journée du 18 fructidor, Duhot avait fait partie de la commission relative à l'expulsion des ci-devant nobles du territoire français. A l'expiration de son mandat, il rentra au barreau, plaida à Valenciennes, à Cambrai ^ et à Paris 2 et revint se fixer définitivement à Condé en 1826.