Son père était tanneur
des forêts de l'arrondissement de Lille qu'il occupa jusqu'à sa mort.
BiBLiooR. I . Paris, ti nÎTdse an V de la République. Dumooceaux
(de Douai) Au rédacteur du Gardien de la Constitution.
— {Paris) De Cimprimerie de Regnard^ rue des
Fossés Germain CAuxer rois , n* sSs. In- 4*, 3 p.
(Dumonceauz y rectiBe une biographie, qu^il appelle
un absurde romarin de son beau- frère Merlin,
publiée par V Eclair, journal dont nous avons
parlé dans notre bibliographie de la presse du
département du Nord, t. a, p. 307, n* aaa bis].
Doc.BiOGR. Verly, Biogr. /i//. — Dictionn. des Parlem., l. a.
DUMOULIN (Pierre-Mathieu-Phiuppe- Joseph). Député
au Conseil des Cinq-Cents en Tan VU, au Corps lég-islatif de Tan VIII à i8o5, de 181 1 à i8i5 et à la Chambre des Cent-Jours, né à Saint-Amand-les-Eaux le 7 avril 1765, mort à Douai le i5 février 1847.
Avocat au parlement de Douai depuis 1788 seulement et échevin de Saini-Amand dés 1 786, Dumoulin fut élu maire de cette dernière ville en 1790, puis président du district de Douai et administrateur au Directoire du département du Nord. Le i5 septembre 1797, il devenait juge au tribunal civil du Nord et deux ans après, le 26 germinal an VII, il était élu député du Nord au Conseil des Cinq-Cents. 11 se fit peu remarquer dans cette assemblée : on l'y voit seulement, le 7 fructidor an VII, lire une adresse de Douai sur le départ des conscrits de cette ville ^, puis, le 4 nivôse an VIII, annoncer, par lettre, à .ses collègues, que la nouvelle
1. Corps législatif. Conseil des Cinq-Cents. Douai le A fructidor an 7 de la République française, une et indivisible. Les président et membres de l'adiclnistration municipale de la commune de Douai, au citoyen Dumoulin, représentant du peuple au Conseil des Cinq-Cents. — A Paris, de l'imprimerie nationale, Fructidor an 7. In-8*. 3 p.
(Le spectacle du départ des conscrits fut, dit cet imprimé, bien attendrissant. Une musique nombreuse accompagna le détachement sur la route de Lille et l'aftluence de monde était si considérable que la ville de Douai semblait être une des plus populeuses de la République.)
constitution a été acceptée à la presque unanimité dans la commune de Douai .
Lors du coup d'état de brumaire, Dumoulin donna son appui à Bonaparte et reçut en récompense un sièg'e de député au Corps lég'islatif, mais son obéissance au mattre ne fut pas assez complète et il fut éliminé de la Chambre en i8o5. Dumoulin ne tarda pas cependant à rentrer en grâce et, le 8 mai 1811, le Sénat conservateur lui confiait à nouveau un sièg-e de député qu'il occupa jusqu'en 18 15. Au retour de Bonaparte de l'île d'Elbe, le département du Nord l'élut député à la Chambre des Cent-Jours où se termina son rôle parlementaire. Il vint alors se fixer à Douai.
Doc.BiOGR. — Dictionn. des Parlem.^ t. 2.
DUPIRE (Georges-Henri-Joseph) . Député au Conseil des
Cinq-Cents en l'an IV, né à Emerchicourt le 18 août 1768, mort à Valenciennes le ti août i833.
Fils de Jean-George Dupire et de Catherine-Isabelle Bougamont, avocat à Valenciennes avant la Révolution, puis agent national près le district dont cette ville était le chef-lieu, Dupire devint ensuite procureur-syndic au même lieu et fut élu député du Nord au Conseil des Cinq-Cents, le 25 vendémiaire an IV. Il fit partie de la majorité gouvernementale de cette assemblée et prit la parole dans quelques circonstances : il exposa, le i5 pluviôse an IV (4 février 1 796), son opinion sur le mode de radiation des listes des émigrés, fit adopter (2 ventôse an IV-21 février 1796) une résolution sur les passeports à l'étranger et fit, le i4 ventôse an V, un rapport sur la pétition de deux conventionnels, « exclus » de Paris (Curée et Expert), proposant d'abroger la disposition de la loi du 21 floréal en vertu de laquelle ils avaient été expulsés. Le Conseil vota l'ajournement de cette
mesure. A IVxpiration de son mandat, en Tan VI, Dupire rentra à Valenciennes.
RiBuooR. I. Corps légpisUUf. Conseil des Cinq-Cents. Motion d'ordre de Dupire, sur les complices des conspirateurs. Séance du t7 frimaire an 7. — {Paris) De C imprimerie nationale^ Niuôee an 7. In-8«, 4 p*
Doc. BiooR. Dictionn . dee Parlem, , t . 9 .
DUPONT (Martin-François). Député du clergé du bailliag^e de Lille en 1789, né à Landas le 17 février 1760, mort à Cambrai le i3 mai 1809.
L'abbé Dupont était curé de Tourcoing depuis 1788, lorsqu'il fut élu, le 7 avril 1789, député du clergé du bailliage de Lille aux États-Généraux. Tenant pour l'ancien régime et adversaire de la révolution, il siégea à la droite de l'Assemblée et ne prit qu'une fois la parole, le 27 septembre 1790, pour protester contre la création des assignats. Au sortir de la séance, le pauvre curé fut entouré par le peuple, hué et traîné au bassin des Tuileries. Il ne dut son salut qu'à l'intervention de la garde, et se démit le surlendemain de son mandat de député.
Ayant refusé plus tard le serment constitutionnel, l'abbé Dupont fut condamné à la déportation et ne reparut qu'après le Concordat, comme curé-doyen de Saint-Géry à Cambrai, où il est mort.
Doc. BioGR. Dic/f on/1, des Par lent. ^ t. 2.
DUVAL (Charles-François-Marie). Député au Conseil
des Cinq-Cents en l'an IV, né à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 22 février 1760, mort à Huy (Belgique) le 25 août 1829. Avocat à La Guerche avant la révolution, il devint juge au tribunal de district de cette ville en 1790, fut élu député d'IUe-et- Vilaine à l'Assemblée législative de 1791, prit une grande part aux événements du 10 août, dont il publia une apologie dans le journal le Républicain, et fut élu, par le
même département, député à la Convention. Il y siégea à la
Montag-ne, vota la mort de Louis XV J, sans appel ni sursis
et s'associa à toutes les mesures de violence prises par ce
parti. Au plus fort de la Terreur, il était président du Club
des Jacobins et rédigeait l'un des organes les plus subversifs
de Tépoque, le Journal des hommes libres^ véritable
protée^ qui, supprimé à maintes reprises, reparaissait
toujours sous des titres différents et fit au gouvernement
du Directoire une guerre sans merci.
Tel est l'homme que les électeurs du Nord envoyèrent,
le 22 vendémiaire an IV, pour les représenter au Conseil
des Cinq-Cents, Dans cette assemblée, il alla s'asseoir
comme précédemment parmi les enragés et le Directoire,
ayant résolu de s'en débarrasser, lui offrît, en Tan VI, à
l'expiration de son mandat, le poste de consul de Turquie
qu'il refusa, mais il accepta une mission à Londres pour
l'échange des prisonniers. Sous l'Empire, il obtint une
place de chef de bureau à la direction générale des droits
réunis et consacra ses loisirs à la poésie. Exilé comme
régicide en 1816, il se retira à Huy où il est mort.
Doc.BiOGR. Levot, Biographie bretonne. — ûictionn. des Parlent., t. 2. — R. Kerviler, Cent ans de représentation Bretonne^ 2* Série, p. 33.
ELBHECQ (Pierre-Joseph du Chambge, baron d'). Député
de la noblesse du bailliage de Lille en 1789, né à Lille le i®*" janvier 1783, mort à Saint-Jean de Luz (Basses-Pyrénées) le i®»" septembre 1793.
Appartenant à l'une des branches de cette famille du Chambge, illustre dans les annales de notre contrée, le baron d'Elbhecq avait suivi la carrière des armes, et avait été député de la noblesse de la Flandre wallonne en 1782. Le 8 avril 1789, la noblesse du bailliage de Lille l'élut comme député suppléant aux États-Généraux ; il était alors maréchal
de camp (promotion du i«r janvier 1784) et chevalier de Saint-Louis. Il fut bientôt admis à siéger comme titulaire (ag décembre 178g) par suite de la démission du baron de Noyelles.
Partisan des idées nouvelles, le baron d'Elbhecq saisit toutes les occasions de montrer son patriotisme et prit une part active aux travaux de l'Assemblée Constituante.
Au mois de juin i7go, il aborda la tribune pour rendre compte de la cérémonie qui avait eu lieu à Lille, pour la fédération des départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, cérémonie qui a été, dit-il, « auguste, impo- » santé et attendrissante ». Quelque jours après, il appuie la réduction du traitement des financiers et trouve bien extraordinaire qu'on prétende « qu'un financier ne peut pas » se contenter de x 60.000 L, tandis qu'un capitaine d'infan- » terie, toujours prêt à verser son sang* pour la patrie, avait » moins de 2.000 1. , et savait s'en contenter. » — Un peu plus tard, il signale à l'Assemblée diverses inexactitudes qui se sont glissées dans Tétat de la contribution patriotique; celle de la ville de Lille, remarque-t-il, ce n*est portée que » pour 287.000 1., tandis que le dernier état envoyé passait » goo.ooo I. » Il supplie ensuite l'Assemblée de prononcer la suppression d'un droit de péage que le duc de Croj percevait à tort sur un pont de la ville de Quesnoy-sur Deûle ; puis, il présente diverses observations sur les pensions militaires et s'y montre le protecteur des officiers de fortune pour lesquels il demande un traitement de faveur.
Le 3i juillet i7go, il s'élève contre les pensions données aux gens de lettres et les trouve relativement trop élevées. 11 dit notamment^ <( qu'il est étrange qu'on ait fixé le » maximum de la pension d'un lieutenant-général à » 6.000 1., tandis qu'un homme qui se sera amusé à » voyager en pays étranger, et qui dira qu'il en a apporté
» des simples, pourra obtenir lo.ooo 1. » Le 2 août, d'Ëlbhecq, à propos de Torganisation de Tannée^ demande que les régiments restent à deux bataillons et qu'on ajoute à chacun d'eux un bataillon de guerre. Enfin, dans la séance du 24 septembre, il donne son opinion sur la liquidation de la dette publique et résume comme il suit le vœu de la ville de Lille : « En payant, dit-il, en assignats forcés » la dette nationale exigible, tout Targent disparaît, tous » les ateliers se ferment, les ouvriers de toutes les classes » se trouvent sans travail et sans pain, les denrées et les » marchandises augmentent, de manière que toute balance » est rompue au dehors comme au dedans ; enfin, le )) commerce national est anéanti . Si la nation se libère au » contraire par des quittances de finances, tous nos maux » sont finis, la confiance renaît, le capitaliste ouvre ses » coffres, le fabricant rappelle tous ses ouvriers et tous les » Français heureux bénissent la Constitution. »
Après la fuite du roi, d'Ëlbhecq protesta de son dévouement à l'Assemblée et, le 28 juin 1791, le premier d'entre tous les députés militaires, il prêta le serment de fidélité dont l'Assemblée venait d'arrêter les termes. Le 28 août suivant, il demanda que le décret autorisant les soldats à assister aux séances des clubs fût rapporté et sa motion fut renvoyée au comité militaire .
La législature terminée, le baron d'Ëlbhecq fut promu au grade de lieutenant-général (17 décembre 1791) et envoyé l'année suivante à Tarmée du Nord, qu'il quitta bientôt pour aller exercer un commandement en chef à l'armée des Pyrénées-Orientales. Il y mourut presque en arrivant. On lit, dans le procès-verbal de la séance de la Convention du 7 septembre 1793, cette simple mention : (( Le ministre de la guerre a reçu une lettre du général » Després-Crassier, commandant à l'armée des Pyrénées-
» Orientales, dont voici l'extrait : le ^néral Delbecq est » mort hier soir, il est instant de le remplacer. »
BiBLiOGR* I. Opîoîon de M. le baron d'Elbhecq, député du bailliage de Lille, sur les demandes et pétitions faites à rAssemblée nationale par les députés du commerce de France et ceux de la Tille de Bordeaux, le a5 février 1790, — Paris^ imprimerie nationale, S. d. (1790'. In-g*.
IcoNocjR. Il existe divers portraits de ce député : deux dessins in-8* et in-4* non signés ; un portr. gravé par Coquerez, d'après Lambert, in-4* ; portrait gravé par Belzambe, d*aprës Barbier, in-8*; lithogr. par Grégoire et Deneux, in-8*.
Doc.Biogh. Dfc/fOfifi. des Parlem , t. 3.
ELMOTTE (FRANÇOIS-MARTIIf Poultier d'). Voy. Poultier.
EMMERY (Jean-MàRIE-JosEPH). Député à TAssemblée législative de 179 1, et de Tan XIV à i8i5 ; né à Dunkerque le 16 janvier 1764, y décédé le 11 février 1826.
Nég'ociant à Dankerque, il adopta les idées nouvelles, organisa la garde nationale de sa ville natale, en devint colonel, le 24 juillet 1789, et sut^ dans cette situation, par son courage et sa présence d'esprit, faire rentrer dans le devoir les deux régiments de la garnison de Dunkerque qui s*étaient mutinés en apprenant le départ de leurs officiers avec les drapeaux. Devenu président de la Société des Amis de la Constitution de Dunkerque, en janvier 1791, Emmery fut élu, le 29 aodt suivant, député du Nord à rAssemblée législative, le premier sur douze, et ne tarda pas, dans cette assemblée où il alla siéger à droite, à donner toute iâ mesure de son patriotisme . Après avoir fait décréter que la municipalité de Paris devait rendre compte des mesures prises par elle pour assurer la subsistance de la capitale, il combat, le 24 février 1792, les lois prohibitives en matière d'exportation, car elles sont, dit-il, « le fléau de lagriculture » et du commerce. Elles sont le signe avant-coureur de la
» décadence des empires », et il propose de nég'ocier des achats de grains avec la Pologne et rAmérique.
Dans la séance da 2 1 avril suivant, très ému des malheurs publics que fait fondre sur la France la guerre étrangère, il monte à la tribune et, aux applaudissements de TAssemblée, il s'écrie : « Le courage et les sacrifices assureront seuls le » succès de la guerre ; c'est aux représentants de la nation S) qu'il appartient de donner l'exemple du patriotisme. » Pénétré de cette vérité, je fais le sacrifice de mon traitement » de député pendant tout le temps que durera la guerre. » Emmery cependant ne trouva pas d'imitateurs parmi ses collègues et la question préalable fut aussitôt proposée et adoptée. Quelque temps après (3o mai) , il demandait l'abolition de l'armement en course : « Je suis^ disait-il, » d'une ville qui a fait le plus d'armements en courses ; je » vous assure que les mille à douze cents corsaires qu'elle a » armés pendant la dernière guerre ont causé plus de mal à » l'Angleterre que les marines royales des deux maisons de » Bourbon réunies. Cependant cette ville ne désire pas la » continuation de ce genre d'armement. Je vous propose » donc de charger le roi de négocier dans les difiFérentes » cours l'abolition de la course. » Cette proposition fut votée à une grande majorité.
Le 4 juin 1792, Emmery défendit La Fayette contre les accusations de Chabot et le 7 juillet, il fit décréter l'envoi au roi, par une députation de 24 membres, du procès-verbal de la séance où l'assemblée, au milieu de si grandes effusions de fraternité, popularisées sous le nom de baisers Lamoarette, s'était prononcée contre la république et contre le système des deux chambres. Un peu plus tard, il fit autoriser les départements voisins du Canal des Deux-Mers à prendre les mesures nécessaires pour assurer sa navigation, et fit décréter l'achat de 12 millions
de grains en faveur des départements désolés par la disette.
De retour à Dunkerque, après la législature, Emmery qui, au mois de décembre 1791, avait été appelé à faire partie du Conseil d'agriculture et de commerce créé à Dunkerque en remplacement de la Chambre de commerce, fut nommé maire de sa ville natale et déploya dans ces fonctions toutes ses qualités d'administrateur. La caisse municipale était vide à son arrivée, il sut la remplir et y laisser, à sa sortie, des fonds excédant les besoins du service, ainsi que d'amples approvisionnements qui permirent à la cité de Jean-Bar t de soutenir le siège de 1798 en se couvrant de gloire. Il est juste d'ajouter que pour arriver à de tels résultats, Emmery ne se contenta pas seulement de lutter contre le pouvoir exécutif en empêchant le commissaire Griois de priver la place d'une grande partie de ses subsistances qu'il voulait diriger sur la capitale, mais qu'encore, sachant payer de sa personne, il fit des avances de ses propres deniers aux fournisseurs, établit à ses frais un hôpital supplémentaire pour les blessés et présida luimême à la construction des ouvrages de défense de la ville. C'est dans l'accomplissement de cet acte, que le ciseau bien inspiré du sculpteur Lormier l'a immortalisé sur l'un des bas-reliefs du monument commémoratif du siège de Dunkerque, inauguré en 1893.
S'il fut bon administrateur et excellent patriote, Emmery montra aussi, dans une circonstance particulière, combien il avait le cœur généreux. Destitué en i794> avec toute la municipalité^ puis incarcéré, sur la dénonciation d'un sinistre sans-culotte, nommé Cordange * (comme d'autres s'appelaient Lebon, par antinomie sans doute) Emmery
1 . Cet homme était étranger à la ville et ne fut officier municipal que par occasion .
fut heureusement rendu à la liberté, lorsque les prisons s'ouvrirent par Tefifet de la réaction thermidorienne, mais, par un juste retour des choses d'ici-bas, la fureur du peuple se retourna alors contre les Jacobins et, le 3o mai 1796, Cordang-e était assailli par la multitude, frappé et sur le point d'être précipité dans le canal de Furnes, lorsque Ëmmery intervint, le prit sous sa protection et le sauva.
Emmery fut nommé de nouveau commandant de la garde nationale, le 5 juillet 1796 ; il se rallia au coup d'état de brumaire, fut nommé conseiller général du département lors de la création de cette assemblée en Tan VIII, réélu maire de Dankerque (i3 août 1801), membre du conseil général du commerce près le ministère de l'intérieur (22 avril 1802), décoré de la Légion d'honneur (26 novembre i8o3) par le premier Consul^ au camp de Boulogne, le premier d'entre tous les maires de France ; obtint, en i8o3, la translation à Dunkerque de la sous- préfecture qui se trouvait à Bergues, et en i8o4, celle du tribunal de première instance dont le siège était dans la même ville, et enfin, en Tan XIV (27 septembre 1806), le Sénat conservateur le choisit comme député du Nord.
Dans le Corps législatif, Ëmmery fut bientôt distingué et nommé (2 février 1810) vice-président de la Chambre ; il occupa ces fonctions jusqu'à la fin de la législature (21 avril 1810). Son mandat lui ayant été renouvelé le 8 mai 181 1, il fit doter, le 9 juillet suivant, la ville de Cherbourg d'une sous-préfecture et d'un tribunal de première instance,
Lors de la restauration, Emmery rentra dans la vie privée et consacra aux œuvres locales le reste de ses forces.
Par suite d'une délibération du Conseil municipal de Dunkerque du 11 décembre 1847, Tune des plus belles rues de cette ville, celle anciennement appelée du Moulin ^ a reçu le nom d'Ëmmery.
BiBLiOGR. I . Discours du ciloyen Eonmery, président de l'Assemblée électorale du département du Nord, le jour de la clôture de la session le ag vendémiaire (an VIII) à neuf heures du matin. — Doaay, impr, du, citoyen Wagrez, place de la Révolution. S. d. In-8", 4 p*
IcoNOGR. Le musée de Dunkerque possède un bon portrait d'Emmery, peint sur toile, en 1789, par Van derRuyl.
Doc.BiOGR. J5io^r. Dunkerq. — Arch. hist. et litl, du N. de la F., !'• s., t. 5, p. 177-180. Article signé : V. S. (Victor Simon). — Dictionn. des Parlent.^ t. 2. — Notice biographique sur le chevalier Einmery {Jean-Marie- Joseph), ancien membre du Corps législatif. Extrait de la Revue générale biographique. Signé : d*Urgeanges. (Paris, Bureau de la Revue, 1848. In-8*.)
ESTOURMEL (Louis-Marie, marquis d'). Député de la noblesse du Gambrésis en 1789, né à Suzanne (Somme), le II mai 1744) décédé à Paris le i3 décembre 1828.
Descendant d'une famille noble de Picardie qui possédait dans cette province et dans le Gambrésis des propriétés considérables^ le marquis d'Ëstourmei avait embrassé l'état militaire. Entré tout jeune encore dans les mousquetaires, il avait rapidement conquis ses g^rades et, après avoir été successivement officier supérieur dans la gendarmerie du roi^ colonel en second aux dragons de Gonti^ puis au régiment Pologne-Gavalerie, il avait été nommé maréchal de camp le i®' janvier 1784. Il résida dans sa province à partir de cette époque, fut, en 1787, membre de l'Assemblée des notables et, en 1788, président de l'Assemblée de la noblesse du Gambrésis^ dont il était grand bailli. Ainsi préparé aux fonctions publiques, et d'ailleurs personnag'e assez remuant, le marquis d'Ëstourmei n'eut aucun mal à se faire élire, le 18 avril 1789, député de la noblesse du Gambrésis aux États-Généraux.
Partisan des réformes et décidé à couper court aux abus de l'ancien régime, le marquis d'Ëstourmei alla cependant siéger au centre de l'Assemblée et s'y fit constamment
(Beproduclion fae-itmite d'une tatampe du temps.)
remarquer comme un progressiste ; aussi n'hésita-t-il pas dans la mémorable nuit du 4 ^oût à renoncer, tant en son nom qu'en celui de la province du Cambrésis, à tous les privilèges héréditaires et droits féodaux, et notamment au droit qu'avait le Cambrésis à des Etats particuliers. Ses électeurs lui reprochèrent non-seulement d'avoir outrepassé son mandat, mais encore d'avoir aussi sacrifié d'an cœur léger ce qu'ils considéraient comme une de leurs plus chères prérogatives. Le marquis, outre qu'il essaya de se justifier vis-à-vis de ses commettants, déclara, quelques jours après, à la tribune de l'Assemblée Constituante, que la renonciation qu'il avait faite antérieurement au nom de sa province ne s'appliquait pas aux droits garantis à celle-ci, lors de sa réunion à la France.
Le marquis d'Estourmel prononça de nombreux discours pendant la durée de la législature, quelques-uns ont été imprimés ; on en trouvera la liste plus bas. Beaucoup d'autres ne sont que résumés dans les divers comptes rendus de l'Assemblée. Ainsi, le 19 novembre 1789, il justifia les Etats d'Artois contre l'accusation de s'opposer sourdement à l'exécution des décrets de l'Assemblée ; le 26, il demanda une prompte réglementation de l'exercice du droit de chasse, dans l'intérêt de la conservation des forêts; le i3 février 1790, il s'opposa à la suppression perpétuelle des ordres religieux ; le i3 avril, il demanda que la religion catholique fût déclarée religion d'état, admettant la liberté des cultes, et le maintien des constitutions des villes et des provinces «jurées par les rois » ; le i4 avril, il proposa de faire surveiller par les provinces l'administration des biens ecclésiastiques; le 18 mai, il demanda un rappel à l'ordre contre Robespierre pour insulte au roi ; le 19 juin, il réclama pour ce dernier la faculté de conserver dans son écu les trois fleurs de lis d'or; le i5 septembre,
il intervint en faveur des religieux dont les pensions n'étaient pas payées, etc.
Un peu plus tard, la Section de Bonne-Nouvelle de Paris avait envoyé une députation à l'Assemblée pour provoquer un décret d'accusation contre le duc de Gastries à l'occasion de son duel avec Charles de Lameth ; cette proposition avait été accueillie par les rires de l'Assemblée. Un député d'Ang'oulénie^ scandalisé de cette attitude de ses collèg-ues, s'étant écrié qu'il n'y avait que des scélérats qui pussent applaudir, Barnave et Mirabeau réclamèrent contre lui la peine de la prison pour cette insulte à l'Assemblée ; le marquis d'Estourmel intervint pour proposer de réduire cette peine à huit jours d'arrêt. Des murmures accueillirent la proposition du marquis, qui s'écria indigné : « Il est indécent de m'in- » terrompre, je demande que l'Assemblée soit rappelée à » l'ordre. » Cet incident n'eut pas d'autre suite, mais il était curieux à noter comme trait de mœurs parlementaires de l'époque.
Le i*"^ mars 1791, le marquis d'Estourmel demanda la mise en liberté des maréchaux de camp d'Haute feuille, arrêtés à Saint-Germain-en-J-.aye, comme voyageant sans passeports, mais l'Assemblée passa à l'ordre du jour. Il se prononça enfin contre le projet de loi sur la résidence du roi et sur son abdication, s'il sortait du royaume, et prit une dernière fois la parole pour déplorer les désordres qu'occasionnait la correspondance des sociétés populaires avec les divers corps de l'armée .
Après la séparation de l'Assemblée, le marquis d'Estourmel fut nommé inspecteur général des armées, puis général à l'armée du Nord. De 181 1 à i8i5 enfin, il représenta le
département de la Somme au Corps législatif.
BiBLiOGR. I . Discours prononcé par M. le Marquis d'Estourmel, grand bailli du Cainbrésis en rassemblée générale, le i4 avril 1789. — S. L n, d. (1789). In-8',
a. Discours de clôture prononcé par M. le Marquis d'Estourmel, ^and bailli du Cambrésis, en rassemblée ^nérale, le i8 avril 1789. — S. l, n. d. (1789). In-8*.