AVANT-PROPOS XV
perdre de vue le fond? La belle ciselure du cadre n'arrête-t-elle pas trop le regard au détriment de la gravure ? Pour les érudits protestants d'Allemagne et d'Angleterre ce dommage est peu sensible, car le Dogme a cessé de les beaucoup préoccuper. Pour nous, catholiques, il en va tout autrement. Nous nous servons sans doute des trouvailles de l'érudition, mais comme accessoire. Avant tout, nous voulons, dans l'Évangile, contempler un Dieu, un Rédempteur, une Église, une révélation du monde surnaturel, des merveilles qui dans l'Homme Expiateur font étinceler le Dieu de gloire, des lumières qui nous guident, des consolations qui nous relèvent, des espérances qui nous enflamment. Si nous ne dédaignons pas l'intérêt, nous voulons qu'il naisse, non d'un luxe de détails inédits, ou d'une sentimentalité romanesque, mais des récits divins eux-mêmes.
Telle est aussi l'œuvre des Pères et des Docteurs de l'Église. Trois préoccupations les absorbent quand ils commentent nos Évangiles. Tout d'abord la claire et exacte explication du texte. Ils s'attachent à en élucider les points obscurs, à en fixer les sens véritables, à réfuter les objections et à repousser les erreurs qu'une exégèse défectueuse ferait naître. Mais un soin tout aussi grave les retient : ils veulent, dans les pages sacrées, faire ressortir les grands dogmes du Credo Catholique. C'est la divinité du Christ, sa nature humaine, l'unité de sa Personne divine, sa mission sur la terre et sa Rédemption infinie, sa puissance, son autorité souveraine, surtout son inépuisable amour, qu'ils mettent sans cesse en lumière. Puis, vient chez eux