‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 1 sur 101 · Nos saint évangiles · texte numérisé non relu

Nos saint évangiles

expié qu'au prix des bumilialions du Rédempteur ; la force divine éclalail daus la faiblesse et le triomphe de rilomme-Dieu était avant tout celui qu'il remportait sur le faste et l'ambition du monde. De là ce dépouillement de toute splendeur, cette vie humble et pauvre, cet extérieur sans éclat, cette condescendance à se retirer au désert quand ses ennemis Passaillent, à se cacher d'eux quand il les voit frémissants de colère, fuyant quand rcnlliousiasroe populaire le poursuit, se dérobant quand ses miracles ont à la fois exalté la foule et irrité ses adversaires. Telle est la vie de chaque jour. MaJK une exception doit être faite à cette constante , il importe que Jésus apparaisse, ne fût-ce M.i», dans l'éclat d'un triomphe. Au Thabor, il i montrer à trois do ses Disciples quels tréfors de ^on humble aspect humain ; il lui plaît mofitrop comment, quand il le veut, il I ><usciler leurs acclamations, s'cnautour de sa Personne un cor-

^ I •-..*- pompe convient d'autant plus

;u'approchent davantage les suprêmes humiliations. T. m. I

2 LES RAMKAUX

Jésus ne les subit que parce qu'il veut les subir, puisque à son ordre tout éclate en triomphe.

C'est le Dimanche matin, le lendemain du jour où il acceptait le repas de Simon le Lépreux ', qu'il accord i à sa mère, à ses Disciples, i ses amis, la consolatio; d'une enlh''e triomphale dans Jérusalem. 11 quillit Bétbanie dès le matin, se mit en marche vers le mont des Oliviers et s'arrêta k quelque distance d'un villac nommé Bethphagé, pour donnt-r de» ordres ' " <•

ses Disciples : Allez à ce village qui est tiei • En y entrant vous trouverez une dnesse et un ànon que personne n'a encore monté ; déliez-les et nir /' ^ amenrz ^ Jt'-sus sait luut ; Jésus voit tout; tout (*<ii-, tout obéit, quand il commande. 11 prévoit la résistance des propriétaires de ces animaux et l'objurK > accueillera les .\pdtres; mai» il est Dieu, il < des volontés et il les plie h. son gré, quelques rési8lance> qu'elles opposent. Dans les plus menus delà ' découvrons en Jésus la puissance divine. Si, '. il, quelqu'un vous dit : que faites-vous Id ? Hepon dez : le Seigneuren a besoin ; aussitôt on le- ' • aller. Tout se fit comme l'avait dit Jésus. 1/ l'ànoo se trouvaient dans un chemin contournant le village, on voulut empêcher les ApAtresde s'en emparer, le mot que Jésus leur avait commandé de dire cnii|) immédiatement court à toute résistance et ils purent les lui ameuer librement.

Un esprit superbe pourra accepter ces simples détails avec le sourire du dédain : il aura tort, car triompher d'une volonté dans une occasion qui semble petite n'en

i Joan . XII. II.

> Luo. XIX, 91. «. :». 31. Vil \l i ; { MaU.. XXI, 1,

nrTRÉR TRIOMPHALK DK JÉSIS A JÉRUSALEM 3

est pas moins au-dessus des forces humaines. Les Ap<V tres étaient pour le propriétaire des deux animaux des étrangers et des inconnus et il fallait plus qu'une parole ordinaire pour faire tomber une légitime revendication.

c Déliez-les », avait dit Jésus. Tout cela n'est pas sans mystère. Si la marche victorieuse que Jésus prépare n'est que l'image de celle dont le monde entier sera le champ, les siècles, la durée, le second Avènement le Couronnement magnifique, chaque circonstance cache quelque grande réalité. L'ânon jeune, frémissant, indompté, dont nul n'a pu se rendre maître, c'est la Gentilité, le monde païen, qui ne supporte aucun joug, qui est lié par son ignorance et ses crimes, que les Apôtres trouvent le long d'un chemin, que les démons, ses maîtres, ne peuvent retenir, dont Jésus s'empare, et sur lequel il commence sa marche triomphale à travers le monde '. L'Anessc suit*. Ce n'est pas sur elle que Jésus monte : C'est la délaissée et qui mérite de l'être, c'est la Synagogue, c'est IsraPl que »on ohslinalion à rejeter le Messie fait rejeter à son tour.

Si ces détails n'avaient pas cette signidcalion et cette importance, Dieu ne leur aurait pas accordé les honneurs de la Prophétie. Or on Prophète, Zacharie, en < t le Messie entré en Koi dans la Cité Sainte,

tppcireil de ce triomphe. Tout se fit de sorte que fût réalisée ta parole du Prophète : t Dites à la fille de Siort ; Sois sans crainte t Voici que ton roi viertt fi loi plein de mansuétude, assis sur une ànesse puis sur rdnon de celle qui porte le Joug •.

Etrange triomphe, dirons-nous, que celui où le

' I ^. Marc, XI. 7

* Mail., \.\I, 4, b. Joan., XII. 13, 10

4 BrrRÈB TRIOMPBALB DE JÉSUS A JÉRUSALBH

triomphateur nous apparaît sur une si pauvre monture 1 D'abord nous nous trompons : l'&ne, qui en Orient a gardé sa noblesse et la grâce de son allure, n'est pas ranimai déformé et méprisé que nous connaissons. Ce fui d'ordinaire la monture des rois d'Israël. Puis, d'autre part, ne l'oublions pas, les choses de Dieu ne se mesurent pas selon les règles et les conditions des nôtres. Ce n'est pas dans l'appareil extérieur que réside la puissance divine ; elle se suffit à elle-même, et n'a que ~ des accessoires qui dissimulent la pauvreté de la n Qu'un Roi, simple mortel, fasse son entrée dans sacapi taie, il lui faut un char superbe, des coursi l

caparaçonnés, des satellites, des gardes, d<-- n-

armée entière. Mais la foule n'est que curieuse, les décorations qui revêtent la cité n'ont rien eu de libre, les acclamations sont de commande, rien ne jaillit spontanément des cceurs et des volontés qu'une force intime ne meut pas. Tel n'est pas, tel ne peut être le triomphe d'un Homme-Dieu, reconnu et acclamé Dieu et Sauveur par un peuple ivre d'admiration, de joie et d'amour. Les hochets de la gloire humaine n'ont que faire ici ; la richesse des décors est repoussée par la grandeur sublime de la scène. Tout doit être spontané, tout doit jaillir impétueusement d'&mes subjuguées par une puissance plus haute que les puissances de la terre.

Tel est bien le triomphe de Jésus et l'on fait sur son passage ce dont aucune autre entrée ne fut jamai» honorée . La foule immense qui était dans la ville pour la fête, apprenant que Jésus entrait à Jérusalem, accourut au-devant de lui jusqu'à la descente du mont des Oliviers. Les uns ébranchaient les arbres et jonchaient la route de feuillaff€ : lea autres en grand nombre étendaient leurs

E?fTR£B TRIOMPHALK DK JÉSUS \ JÉRUSALEM "»

manteaux sur le chemin par où ii passait ; d'autres f/oiftilrnt (/es ramraiiT df palmier '.

P.its on avançail plus la foule se faisait immense, plus aussi l'enthousiasme s'élevait dans les &mes, sans ce>se avivé par le souvenir des bienfaits du Sauveur, des miracles partout accomplis, des consolations partout prodiguées. Dans cette multitude bien peu qui n'eussent été on les bénéficiaires ou les témoins des merveilles opérées par le Sauveur, et ils se les racontaient, et dans ces récits brrtl.mts et rapides revenait sans cesse sur les l^vres,la résurrection de Lazare *. Bientôt les actes ne parli-renl plus assez haut et de ces milliers de bouches sV ;it de retentissantes acclamations. Toic^

pii ; ..ue vive allégresse éclatèrent en chants de

triomphe au souvenir des prodiges dont ils avaient f té les !- . Et dans ces acclamations se faisaimt

jour la . -, , tiion des uns, la joie des autres, les espi-

rances de tous. Hosanna ! criaient-ils. Béni soit Celui qui vient nu nom du Seigneur^ le Roi d'Israël ! Héni soit le règne de David notre Père gui va commencer ! Hosaima au Fils de David ! Paix et gloirr ail ' '" ' ^- 'lules qui ' '

et ^ , "Ht le^ tf

mations '.

qui . -»flil »nlr

surnaturelles et mus par une forc« qui est de Dieu, il semble que dauH une rtsion rapide tous les ' ' 'n MesMe leur i^oient apparus et qu'ils les aient i > i

vas réalisés en Jésas-Chrii«t. < Béni soit Celui qui

• MaU.. XXI. H. Marc.. XI, 7. 8. 9. joan.. XII, 13.

• Joan.. XII. 17. 18. Loc. XIX. 37.

• MatL. XX 9. Mare.. XI. 9. tO. Luc. XIX. SI, 38.

6 B^TRÉB TRIOMPHALE DB jftSUS A JÉRUSALEM

vient l*. Il d'cs( pas de la terre, il csl de plus haul qu'elle ; il vient des Cieux, où comme Ois de Dieu il réside éternellement. Il vient à nous envoyé comme Sauveur, comme Médiateur, par son Père. Si nous considérons son Humanité, il ne nous sera pas difficile de comprendre qu'il reçoive des ordres, une mission, qu'il • soit envoyé ». En tant que Fils de Dieu et Dieu égal à son Père, il est aussi « envoyé », car il fait tout avec son Père et leur volonté est commune, et, comme il le disait: « Ce qui plaît à son Père, c'est cela que j'accomplis toujours ». La foule célèbre en lui sa royale origine, quand elle chante : « tlosanna au fils de David ! ». Tous savaient que le Messie naîtrait du sang de David. Mais David lui-même savait et annonçait que ce Fils né de lui selon la Chair était plus grand que lui selon sa nature divine, puisqu'il l'appelle c son Seigneur ». Le Messie est roi du monde, aussi chante-t-on le règne de David, simple figure en David, réalité divine et toute paissante en Jésus-Christ. Au cri de la foule du jour des Rameaux, l'humanité chrétienne répond à travers tous les siècles : « Et son règne n'aura point de On » ! Le règne de Jésus- Christ n'est pas un H^e de violence et de sang, d'oppression et de tyrannie, c'est un règne de paix et de bonheur, et à l'aurore de ce règne la foule pousse cette autre eiclamation : c Paix et gloire au plus haut des Cicux ! ». Au moment où ces acclamations se faisaient entendre Jésus commençait à descendre la pente du mont des Oliviers, et Jérusalem se découvrait tout entière à son regard. Il s'arrêta ; une immense tristesse envahit son âme, ses larmes roulèrent, et au milieu de ses sanglots on entendit des plaintes déchirantes. Il se lamentait sur la Jérusalem déicide. Il l'avait tant aimée ! Il l'avait si persévérammenl appelée au salut ! Il venait mourir pour

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