LES VICES DBS PHARISIENS DÉVOILÉS
Ji^rusalcm, c'est Vkme chrétienne, magniflquemcnt bttbilt^e aussi longtemps qu'elle conserve la gr&ce en elle. Mais le péché en a-t-il chassé Dieu ? A-t-elIe a profané le sang de Talliance », « foulé aux pieds le Fils d<' Dieu » ? Vil-elie désormais i sans Dieu, sans Christ en ce monde > ? Elle n est plus que dévastation et ruine, solitude de désolation et de mort. Tout a péri, tout r* qui faisait sa force et sa gloire, son espérance future comme sa sécurité présente ; Dieu en se retirant a tout emporté, et elle n'est plus qu'un « désert ».
Malheureuse comme l'Ame, comme Jérusalem, < -■ Nation dont la folie sacrilège s'est achurn<'e « rn; Dieu et son Christ » et dont tous les efforts ont abouti à une déchristianisation et une apostasie meurtrières. Il n'a plus voulu que le Christ régnât sur lui ce peuple insensé ; il lui a fait longtemps la guerre ; il a détruit ses œuvres, persécuté s» - - fidèles ; il a
étendu sa fureur imli' . . nges : c'en est
fait, le Christ s'est enfin retiré de lui et n'y a plus laissé « pierre sur pierre >. Force et honneur. 'r au
dehors, paix au dedens, prospérité des m. >iirs,
tout a disparu, et ce n'est plus qu'une ruine déshonorée.
Quand revivra ce malheureux mort ? Alors qu'il rappellera par son repentir ce Christ Sauveur qui s'était éloigné de lui, quand il criera : > Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur a.
Toute la Tradition a vu dans ces derniers mots de Jésus-Christ la conversion finale du peuple Juif. Après ses longs siècles d'aveuglement, durant lesquels il n'aura cessé d'être sa propre malédiction et la malédiction des peuples qui l'accueilleront, aux temps voisins de la fin du monde, quand réapparaîtront Hénoch et Elle, il reviendra à Celui qu'il a crucifié et rachètera par une
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extraordinaire coQvorsiun sa longue et criminelle apostasie.
VII. — C'est dans le parvis supérieur du Temple qae Jésus fil tomber sur les Pharisiens ses justes malédictions et sur Jérusalem ses larmes et ses plaintes. Il se trouvait près des troncs où Ton venait jeter l'argent desitiiéà raebèTeineol du Temple, quand un attachant tpeelaèle arrêta son regard. Une mendiante veuait de déposer son oITrande qui représentait un peu moins qu'un de nos centimes. En même temps qu'elle, des Juifs opulents y jetaient faslueusement des sommes considérables : Les regards divins se détournèrent de ci pour s'arrêter sur celle-là. Le monde contemple
admire le dehors. Dieu ne considère des choses que leur juste réalité. Cette paovre femme avait donné ce qui l'eût fait vivre, les autres ' llu dont la priva-
tion n'altérait en rien leur i . Le Sauveur ne
Toulut pas que l'héroïsme pieux de la mendiante passât inaperçu ; il appela ses apôtres, leur raconta ce qu'il venait de voir et flxa pour notre instruction à nous tous an des traits les plus consolants de l'aumône. Jésus, as^i ' ' ■ ffics, regardait comment la fouie y j. . Des Juifs opulents déposaient
avec ostentation leurs riches offrandes. Une pauvre
veure v" • derrière eux et jeta deux petites piè'
ces de i d'un denier. Jésus appela ses Oisci'
pies et leur dit : En vérité, je vous le déclare, cette pauvre veuve a donné plus que tous les autres. Car cru.c-ri n'ont mis dans le trésor qu'une partie de leur super/lu, au lieu que celle-ci a donné de son ifutigrnce, tout ce quelle avait ^ tout son ' ""• '
> Mare.. XU, 41,U4S.U. Ue., XII, M.
76 LES DEUX MDOIRS DK LA PAUYRK VKUVB
QiipIIe douce et pénétrante lumière b' échappe de cette scène ! Ce ne sont pas les œuvres éclatantes, les grands événements de ce monde, qui arrêtent le regard de Dieu et captivent son cœur : C'est aux petits, c'est aux humbles que s'attache avant tout sa sollicitude. Les grandeurs du monde n'obtiennent que son indifférence et son mépris, mais qu'une mendiante Tasse, dans l'obscurité, quelque action méritoire, son cœur s'émeut et ses lèvres s'ouvrent à de magniflques louanges.
Quant à l'anm^ne elle-même nous apprenons d'où elle tire avant lout sa valeur devant Dieu. Donner est bien, mais donner en se privant, en ajoutant au don le mérite du sacriflce, voilà ce que Dieu reçoit comme le plus oxrellont des hommages.
Admirons les pauvres, dont nous vivons trop éloignés. Les pauvres connaissent beaucoup moins que nous les réticences et les refus de l'égoïsme. Ils se secourent entre eux avec une générosité que nous ne soupçonnons même pas. Souvent ils se privent du nécessaire pour assister plus pauvres qu'eux, et Dieu, juste Juge, fera peser pour tin jrrand poids ces hêrrtTsmo'î ijrnorés de la fouie.
Enfin rf'cucuKtns de cfttp page dp il.-, i: : • iiiu' grande confiance et une profonde joie. Il n.Mi- .-i toujours possible de nous couvrir des bénédictions de l'an. mAne. Si nous sommes riches, elle n'est agréée de Dieu que si nous la proportionnons à notre opulence. Sommesnous dans une médiocre aisance? Peu sufBlànous faire bénéficier de ses inappréciables dons. Sommes-nous pauvres ? La moindre charité nous sera richement comptée pour le ciel. Sommes-nous si dénués qu'aucune aumône ne nous est possible? Donnons, ne fut-ce qu' «un verre d'eau froide ». Donnons moins encore, un mol,
PROPn^rriE de la RIMÎIR de jfeUSALBM KT DU TEMPLE 77
ane consolation, quelque service, et nous aurons, comme la mendiante du Temple, Dieu même comme panégyriste et rémunérateur.
VllI. — Le Sauveur traversa le parvis et sortit du Temple. Lui qui, de sa science divine, connaissait la fin prochaine de l'Ancienne Loi et la catastrophe où allait trente ans plus tard, s'abîmer la nation Juive, ne jetait au spleudide édifice qu'un fugitif et douloureux regard, mais il en était tout autrement de ses Apôtres. Eux s'attardaient devant ces merveilles, admirant le grandi» ^sf ensemble des constructions et la richesse des déluiis. Maftre, lui dit fun d'eux^ voyez donc quelles pierres ! (Juellf structure ! Et les autres s'tHendaieitt en admiration sur les puissantes assises. l'onuiiimlation^U-^ offrandes généreuses du peuple '.
Jésus qui jusqu'ici ne leur avait parlé qu à mois < ouverUelsous le voile des Paraboles de la tin du ciili** Mosaïque, de la répudiation de la nation déicide, de la vengeai 'Me que Dieu tirerait de ses ennemis el
de ses i is, leur découvrit ouvertement l'avenir.
Vous voyez tout cela, leur dit-il? Eh bien! viendront di où ce Temple sera détruit, sans qu'il y
/•/ ^ t sur pierre *.
Certes ! ce ne sont pas les preuves de la Divinité do J*'sus qui font défaut; à chaque pas elles surgissent, et Itvt propht'tiet succédant aux miracles forment les an neaux d'une indissoluble chaîne d'arguments. Quel autre qu'un Dieu pouvait apercevoir la destruction et lu ruine, \k où régnaient pour des années sans fin la pros-
• Mail.. XXIV. I. Marc, XIII. I. Luc, XXI. S ' Luc. .XXI. fll Marc. XIII. i. Hait., XXIV, i.
78 raopntnB de la ruine de Jérusalem et du temple
périlé et la Torce? Ni Ilérode, ni les Juifs, ni RomeelleinAme, ne voulaient la destruction de ce Temple, merveille du monde^ que Ton venait \isiter et admirer de toutes parts. Hérode avait mis sa gloire à sa reconstruction ; la nation Juive ne semblait vivre que pour son Temple et par son Temple ; quand les Romains firent le siège de Jérusalem Titus avait donné l'ordre formel d'épargner le Temple. Mais que peut l'homme contre Dieu ? Dieu voulait cette destruction et l'Homme-Dieu l'avait prédite. Quand l'Empereur Julien et les Juifs, pour faire mentir la prophétie du Sauveur, v ' i relever l'édifice de ses premières ruines et eur»-: i
nu les fondations que les Romains avaient laissées intactes, un miracle, un feu souterrai et arrêta l'ouvrage. A ce coup, la i , accomplie à la dernière rigueur : il n'y restait plus pierre sur pierre, et tout y t'fail détruit.
Jésus et ses Disciples étaient arrivés sur le mont des Oliviers, Jésus dans les douloureuses pensées que les crimes et les châtiments des Juifs faisaient naître dans sa Sainte Àme, les Ap^Mres dans la stupeur où les pion • geait la prophétie qu'ils venaient d'entendre. A ce moment leurs souvenirs s'étaient réveillés et s'agitaient confusément dans leur pensée. Bien des fois ils avaient entendu leur Maître faire allusion à un nouvel ordre de choses, à un Royaume dont il serait le fondateur et qui succéderait à l'Ancienne Alliance. L'annonce de la destruction du Temple leur parut si étroitement liée à la glorieuse manifestation du règne de Jésus-Christ, que la double date de ces deux événements devait selon eux se confondre. Pour ér oursin-
certitudes, ils sappi ...■ j .., Mailre, lui dirent-ils, gutuid ces choses arriveront-elles ? A quel
DE LA RILXE DE iéRUSALBM ET DU TEMPLE 79
signe verra-t-on qu'elles vont s'accomplir ? Puis ussi quel sera le signe de votre Avènement et de
la ( ^ lation des siècles • ?