r^t Ip fnrlfmenl véritable de l'amour du proi V
> li- .1,111 ..^ le prochain comme nous nous au
nous-m^mes, pour Dieu, en Dieu, selon Dieu. Aimer
par passion, ce n'est pas aimer comme il faut. Aimer
par calcul, par inténH, c'est aimer d'un faux amour.
Aimer d'un amour purement naturel, outre que cet
(mour est bien fragile, il est sans mérite pour le ciel.
t'st en vue de Dieu que nous devons nous aimer les
uns les autres. Et ce qui fait le mérite de l'amour frn-
<<'rncl en fait aussi la facilité. Si dans le prochain nous
•' voyons pas et n'aimons pas la créature de Dieu, digne
. '• ttr lie nos sympathies et de nos bienveillances,
1 ;c if.-.lt.'-a-t-il qui puisse faire naître Tamour et étein-
re la haine 7 Mille causes nous éloignent de nos sem-
h. le seule nous en r.r mûrement et ferme-
in- II- qualité d'enfants .. i . ...
Aucun commandement n'est plus grand que ces deux là. Ils r' ' - la Loi et 1rs Prophè-
tes '. Tout se t! • lué dans l'amuur, et un
seul acte résume nos devoirs, consomme notre perfection, el assure notre destinée. Il n'est plus be-- • •! pour qui aime. Par le seul effet de lamuur il II , ,i Ht ce que Dieu demande pour Lui même et pour nos ihles. Prenons un k un tous les vice^ trouve dan^rnmour ce quile tueet le nii ide. U délicieune «t hublime (In proposée à la nature Mumaioe ! Dans ce seul mol : • tu aimeras » se troove
• NaU.IXII. as. 39,40.llare.. XII. 31.
00 LE GRAND COMMAIfDKMKTT DE LA LOI
consommée toute sa perfection, el de même que « Dieu est amour »», elleaussi peut Hre el doit Mre amour. C'esl son devoir sur la terre, ce sera sa délicieuse destinée au ciel.
Nous voilà loin des complications el des surcharges de la Lui Mosaïque et surtout de ces « Traditions des Ancêtres » qui imposaient aux Juifs tant de lourds el insupportables fardeaux. Le Scribe qui interrogeait Jésus- Christ demeura frappé d'admiration el comblé de joie. S'il s'était approché dans des intentions mauvaises, il se trouvait subjugué et vaincu. Ce qu'il avait étudié dans TEcriturc lui apparaissait dans un saisissant relief ; les paroles du Sauveur jetaient sur sa science une vive et douce lumière, aussi se plût-il à les redire une à une : AtaUre, que vous avez bien dit ! que c'est vrai ! Dieu est un, il n'y a pas d autre Dieu que lui; il faut l'aimer de tout son cœur^ de tout son esprit^ de toute son âme, de toutes ses forces ; aimer aussi son prochain comme soi même icela vaut miettx que tous les holocaustes et tous les tacrifices *. Ces paroles étaient dites avec tant de conviction el semblaient être le commencement d'une si sine»-! ision que le Sauveur leur donna un encouragem iii éloge : Vous n'êtes pas loin du royaume de Dieu '. Le Scribe franchil-il la distance qui l'en séparait ? Confessa-t-il la divinité du Christ, « fondement unique posé » au salut ? L'Kvangile en se taisant, nous laisse à de légitimes inquiétudes. Pharisiens et Scribes s'obstinaient à fermer les yeux à la lumière, et, alors que tout proclamait que J^'sus, Messie promis au monde, était Dieu, « dis du Dieu
I Marc., XII. 3S,3S.
•Marc, XII. 34.
LA DIVINITÉ liB JÉSUS ANNONCÉE DANS LES PR0PBÉTB8 61
\ivniil », eux par di'pil cl orinieil le rrjelaienl el se préparaient audélcid'
BV. — Une dernière fois Jésus tenta de les éclairer et e les convaincre, et comme aucun d'entre eux n'osait lus l'interroger il prit les devants et les accula luiléme à rude de foi qui les eût sauvés '. Sans doute ses Ruvres miraculeuses, toutes opérées en témoignage de -a divinité, eussent mille fois sufll à leur démontrer (]u il était ce qu'il disait : Fils de Dieu, Dieu égal à son \*i-re. Mais puisqu'ils se refusaient k conclure en face il' ruvres si manifestement divines, une voie encore leur i.-iait : le témoignage de l'Ecriture. Les mêmes Livres ^Lfui leur parlaient du Messie, du temps de sa venue, des
^^ri- ' ... • Mc (Je sa vie. de ses merveilleusesœuvres, ne
I nullement ignorer sa Divinité. Un Hsaume sait en termes d'une invincible
. .... . .« 1 .i.^ Iwi, où David, sous la dictée du Saint
Ks|iril, propIuHise l'ori^Mnc, la puissance, 1(> triomphe du
DitMi-Mossie. .Ni'T que Jésus-Christ fût Dieu, c'était
rendre le l'saume inexplicable, c'est à cette impossibilité
de comprendre leurs propres Livres que le Sauveur les
acrule. (Jm' ' ^f/f* du Chri'it, leur demanda-t-
il ' ? De qui ' ; ^ ? Ici, pas de difllcullé. Le Verbe
do Dieu devait se faire chair, prendre rang parmi nous
^ et par sa naissance t< ! >'ié-
" ties de la lignée royal*- "/i-
renl-ils *. Malt si le Messie n'est qu'un homme, un flli
'•>saatresy d'" ' \nv son père, qoe David,
«•n DieuTC*'/ rr prit Jésus f adressant
I XX. 40. Marc, XII. 31
' Mut . Wll. 41.42. Marc. XII. 35. Luc.. XX. 41.41,41. > Malt , \.\11.4S.
62 LA DIViTIITÉ DB JÉSUS AimONCÊK DANS LF.S PHOIMIETKS
(i ta fou/f, comment alors David VappeUe^t-U ion Seigneur ? • Le Seigneur dit à mon Seigneitr : fKsegeZ'VOus à ma droite jutr/uà ce que je ri'duise vos ennemis à être C escabeau de vos pieds ». Si David rappelle t son Seigneur » comment est-il son fils*. Pour qui confesse que Jrsus-Christ est Dieu et homme tout ensemble le Psaume n'a plus d'obscurité^. Comme Homme Jésus-Christ descend de David et David peut l'appeler son 61s ; Comme Dieu il doit l'appeler « son Seigneur ». Tout le Psaume, d'ailleurs, est la sublime prophétie de U Divinité de Jésus-Christ. C'est à lui que Dieu le Père assigne un rang et des honneurs rgaux aux siens : < assieds-loi à ma droite ». C'est lui dont Dieu se déclare le Père, dans le mystère d'une étemelle génération : « Dès l'aurore », avant tout commencement, dès l'éternité, c je t'ai engendré ». C'est lui qui. Prêtre Eternel, rendra à Dieu son Père des hommages infmis, <> constitué Prêtre selon l'ordre de Melchisédeck «.C'est lui àqui appartient toute puissance, qui régnera « au milieu des splendeurs < , qui
tirera de ses négateurs et de ses ennemis a .l ifS cl
implacables vengeances. C'est lui enfln qui « buvant aux eaux > amères de ce monde, deviendra pour tous ceux qui croiront en lui une causede salut étemel.
Telle est la page inspirée où les Juifs pouvaient et devaient reconnaître, aussi bien qu'c ^. que
Jésus*Cbrisl était vraiment Fils de i> nu <]ii
ciel pour sauver le monde, Dieu sous la forme humain* dans l'ineffable réalité do son Incarnation. Ils prér<>reiii un silence impie à une confession généreuse. Nul ne lui put répondre et nul n'osa plus dis lors lui poser
• Mali., XXU, 43, 44. 4.^. Marc., XII, 38, 37. Luc. XX, 4Î, 43. 44
UCS VICf» DEÂ l>HARISIF..NS D^. VOILÉS 63
r/r questions >. Autre sans doute fut l'altituf^e de la foiilo : la fouie du peuple r écoutait avec joie*. Mais, hrlas ! C'est celle m«^me foule qui Irois jours plus lard fera retentir le Prétoire de Pilale de ses clameurs déï- ! i - Cruciilez-le ! CruciOez-le • !
VI.— Le honteux et sacrilège silence des Scribes et des f is, lescauses plus honteuses encore de ce silence,
ni enfin la mesure, el le Sauveur jugea que l'heure était venue de révéler au grand jour les forfaits el les vices de ces mi8«*rables. II allait, dans quelques jours, enlever au monde sa présence visible, il importait de prémunirles âmes contre l'hypocrite et fausse verlu (1 ' '.••;. De plus la Loi Ancienne ne devant pas
l. (Ire fin, dévoiler les vices de ceux qui y
gnaient en maîtres ne pouvait que faciliter le passage le celte Loi à la Loi Nouvelle.
D'autre part, le peuple, au courant des vices de ses odeurs, ne devait pas en conclure au rejet de leur autoité, ni faire de son mépris un motif de désobéissance, ans l'Ancienne comme dans la Nouvelle Loi, Dieu reste 'auteur de tout, le cenlredc l'autorité, la source unique la grilr" ' ■ -rpréme sanction de la défense et du prépie. L du prêtre n'alti^re ni la véracité des paroles r^'-vriées, ni l'inlégrilé de la doctrine, ni la verlu du Sacrement, ni Panlorilé de la morale.
C'est ce que, dès les premiers mots, Jésus-Chrisl fait Les Scribes et les Pharisiens sont assis s»***
l. ■' de Moïse. Soyez sur vos gardes : faites tout
'«* qu'ils TOUS diront ; mais ne les imites pas dans
' Mail. Wll, 41.
» «arc .. XII, .17.
64 LES nCBS DIS PHARISIKTTS DÉVOILÉS
leur» œuvres^ car Us disent et ne font pas ; il* lient (les fardeaux pesants et insupportables et les chargent sur les épaules des hommes mais eux-mêmes ne les veulent pas remuer du bout du doigt \ Voilà de tristes prêtres ! Faits pour être aux autres lumière et direction, entraîneurs dans les voies de la vertu, obligés de donner en tout l'exemple à leurs ^r^res, ils sont au contraire le plus formidable obstacle à la sanctification commune. Et par une perversité nouvelle, ils cherchent par le riporisme dont ils usent envers les autres, à dissimuler le laxisme de leur propre vie, parlant sans cesse vertu et austérité, impitoyables pour les moindres faiblesses, pxippants sans mesure ni limite dans les défenses qu'ils multiplient et les commandements qu'ils imposent. D'ailleurs, quant à • remuer do doigt ces f.i deaux », quant à aider charitablement les Ames qu'us surchargent, ils n'y songent pas un instant. Combien différents sont-ils du Bon Pasteur qui prend pour lui les labeurs et les dangers pour ménager aux brebis les fari lités et les douceurs des gras pâturages I
Vides de bonnes œuvres, dénués de vertus, au moins devaienirils cacher leur nudité dans l'ombre rt ' ' nce de la modestie : tout au contraire, ils sont in <le
paraître, et leur vaine gloire est la source première du déicide dont ils vont se rendre coupables. L'amour des honueurs les possède à ce point qu'ils y ramènent tous leurs actes et y concentrent toute leur ambition. Ils deviendront pour tous les siècles l'effrayant exemple des excès oîi se porte la passion de la gloire, et quand, dans l'Eglise chrétienne elle-même, celte passion se fera jour
et CXerrf'ra liP*; r.i\.TC«. l*»* (lit'nit.TÎrf» riiii en SCTOnt
' MaU., I. i, a. 4. Marc, XU. 38 ïmc, X.\, 4.'i. in,, 47.
LB8 V1CBS DBS PIIARI8IK?IS DÉVOILÉS 65
atleints pourront voir dans la réprobation des Jaifs le mal qu'i; i elles chAirments qu'ils se prépa-
,Tent. Tnu ... rei ils tes font pour t^lre rus des
ommes ; c'est datis ce but qu'ils étendent leurs phyiactèrea et se font de grandes franges '. Ils y écrivent sentences de la Loi, ils élargissent la place où se lisent les commandements divins, ils corrompent par leur m usage que Dieu lotr ' ]..q pour
■oetiBcalion. Car, loujoii .leuxdes
articles de M Loi, le Juif devait les inscrire jusque sur ses vêtements, aflnd«' ' ' t avec lui et de les avoir
sans cessti devant ses V ^ ibes el Pharisiens par uoe recherche de vaine gloire, les portaient en plus grosses ettres ou en ; ' nd nombre, pour faire croire qu'ils
es observai* \.
Le même orgueil se retrouve partout. Où qu'ils aillent,
veulrr' ' ■' res places, et non contents de les
aper - dans le sanctuaire, il les leur faut
aussi an milieu du monde, et leur dépit, quand elles sont données à d'autres, se tourne vite \ la jalousie et \ la haine. //< aiment les premières places dans les festins et les premiers sièges dans les Si/nagogues, qu'on les salue dans les placer publiques ei //i/Vi»i Av npndlr liabbis*.
NouH avon* entend' : '1er
MS Disciples à la simi^ .i urne,
icU an instant des Pharisiens pour renouveler aux siens
ri' •
UaUre et cotu êtes tous frères. N'appelez non plus
> M itl , Wlli, li.
• MaU., IXII.. 6.
M LES VICEf; DES PIIARISIRTIS D^.vniL^S
personne ici-bas du nom de P^rr^ car vous n'avez qu'un Père qui est dans les deux. Ne vous faites pain' appeier t docteurs », car vous n'avez qu'un seul Doc ti'ur qui est le Christ '. 11 est aisé de pénétrer la pensé.du Sauveur el de s'assurer que c'est bien moins les appellations qu'il réprouve que les intentions mauvaise^ qui les provoquent et les accueillent. Us sont salués du nom de « p^res » ces ministres de Dieu quieng^^ndrenl, nourrissent, relèvent, ressuscitent lésâmes par la vertu des Sacrements. Entre ces lils spirituels et leurs prres s'établiront les plus intimes et les plus filiales relations. El quand le prêtre s'élèvera non seulement aux cimes dila sainteté, mais à celles de la science, l'Église de Jésus -Christ le saluera du nom de « Docteur ». Le peuple chrétien ne cessera de voir dans le Prêtre un « Maître », que quand aura baissé en lui la lumière de la foi et la pratique de la chanté. Ce n'est donc pas rappcUatlun elle-même que le Sauveur interdit. Ce qu'il abhorre, ce qu'il condamne, c'est l'orgueil qui prend pour hii-mt'inc l'hommage dont Dieu seul est l'objet el pousse la r<)ii.satanique jusqu'à se substituer à Dieu dans la triple majesté du Père, du Docteur el du Maître.
Dieu seul est Père, car de lui seul coule le fleuve de la vie, el s'il communique à ses créatures quelques gouttes de cette suprême puissance de création, c'est vers Lui qu'il faut en faire remonter l'hommage. Dieu seul est « Docteur », car Lui seul, en nous donnant l'intelligence et la double lumière naturelle el surnaturelle qui en est la vie. Dieu seul est pour nous la source première de toute véril»', I^ coniredire c'est se perdre, fuir sa lumière c*«*sl s'f fif-.rirf.r ,|nn«< d'irrémédiables obscurités.
I Matt.. mil, ». 0. 10.
1RS Vlr.fS DKS IMUKISIENS HÉVOaÉS (iT
Mais Dieu n'est pas seul, Dieu a un Fils semblable à Lui n toutes choses. Ce Fils, eu venant sur la terre et en se la ■ . n'a pu abdiquer les pouvoirs souverains
qi. i son origine et qu'augmentaient encore
<)ur ainsi dire le m>-rite de son Incarnation et la solenii.'!!r ■ re de son Père; si bien que ce n'est pas
seni* iii une Dieu, mais aussi comme Homme, quo
toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre : I Dieu m'a dit : tu es mon Fils, je l'ai engendré éternellem'^nt. Fais m'en l.i demande, et je te donnerai toutes les nations en héritage et la terre entière sera ton domaine •. V ... n'avons donc qu'un seul « Maître » qui est Jésus- .. et toute autorité dont les êtres créés pourront jouir, soit dans l'ordre temporel, soit dans l'ordre surnaturel, ne sera qu'une émanation de la sienne.
N'étant dnnc que des sous-ordres, gardons-nous de noos • ir, et c'est en vue de l'humble reconnaissance «.. : néant que le Sauveur vient de nous
donner son enseignement. />• plus grand parmi vous
■>• serritrur, car quiconque s'élèvera sera
ni'iriintnir ^' 'ihni^sera sero élcvé \
Apt' 1 X Disciples, Jésus revint aux
^ 't'nant des
•^' - . , .. .,, ... -.:- . .resetrien
«>st terrible comme ces i vc •, ces « malheur k vous »,
qui .'*l..itt, t,i sur les coupables à coups redoublés,
fr.ij {• tni • ,.ir<in de leurs vices, déchirant les voiles dont
^ enveloppant chacune de leurs iniquité*-
ij^ La plus grande sans doute est de repouss- t ,
I^B vraie, l'unique porte du royaume des « ^ i ni
^Hué de le nier comme Dien, ils l'ont m^me comme
^V Mali.. XXIII. II. Il
68 LES VICES DES PHARISntlfS DtvOILÉS
homme sali de leurs calomnies et de leurs oulrages. Et ' (emps qu'ils s'excluaient de la It/'>il> iU
• ni d'en interdire l'accès aux auli< ra
après eux le mauvais prêtre, qui par ses fuin < audates déracinera la foi dans Vltme des QdMes, if* pnHre paresseux et m'^gligeant qui laissera son peuple croupir dans l'ignorance, Thérétique qui faussera la doctrine ; tel aussi sera le rigoriste qui jettera les Ames dans le désespoir et ne voudra rien entendre aux miséricordes de Dieu. Ni eux-mêmes ne vont au ciel, ni ils n'y laissent entrer les autres, et leur vie entière n'est que mensonge et hypocrisie : Malheur à vous Scribes et Pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aujr hommes le lioyaume des Cieitx. Vous n'y *>>frr- /,,>< /■/ i,.,t< tmpéchez les autres d'y entrer '.
Un de leurs vices les plus saillaiiU ei>l la cupidité et pour la satisfaire il n'est pas de bassesse qu'ils n'aiïrontcnt et d'injustice qu'ils ne commettent. Us vont à la faiblesse désarmée, ils spéculent sur les lormes d'un deuil récent, c'est la veuve dénuée de conseils et d'appui qu'ils circonviennent pour la dépouiller. El c'est par l'illusion do la piété, en se donnant comme des ' On
et de prière, qu'ils conquièrent sa t iy-
sent sa volonté. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens // , 'rif qui dévorez les maisons des veuves en de longues prières. Votre jugement n'en sera que plus terrible *.
Rien ne les rapproche plus du démon que leur ardeur à se faire des adeptes pour les corrompre ensuite et les perdre. Ils ont couvert le monde romain de leurs Syna-
* Hait.. XXII', 13.
• Mare., XII. 10. MaU., XXtII. 14.
LES VICES DES PlIARtSIRKS DÊVOTLÉS 69
>fruc« ; ils sont partout ; partout ils prAchenl et atli- Mit à eux des païens qu'ils prétendent convertir au culte vrai Dieu, in.iU qu'en réalité ils remplissent de leurs x'9 et vouent à l'éternelle perdition. Restés dans les fnM)res du paganisme, leurs péchés eussent revêtu loins de malice et leurs vertus naturelles fussent deleurées n^. Mnlhettr à vous. Scribes et Pha-
risirns luf,. . i, parce que vous courez la mer et
la terre pour faire un seul prosélyte ^ f/, après qu'il
roux en faites un fiLs de la Géhenne
, , u^ que vous*. Directeur insensé ! à votre
rontacl. à la vue de vos exemples, délaissé par votre
■ nverti s'est perdu et la rechute l'a
; <jue le précédent.
Le Sauveur les replace de nouveau devant leur cnpi-
' ' " " " ''.''. i ■.•• 5acril^ge. Tout serment
ilable. N'en devaient-ils
tirer aucun proOt? Us le déclaraient nul. Une offrande à
'• sacrée ; revenant à Dieu elle n*obligeait pasl
à vous, fjuides aveugles qui dites : si un
homme jure par le temple^ ce n'est rien ; mais s'il
jurr sur Car du temple, il est oblige. Aveugles et
tH^rtisésî Lequel t emporte en dignité. For ou le
temple qui sanctifie for? Si un homme jure par
'"•fffl^ ce n'est rien ; mais s'il jure par Co/frande
' > <»<r l'autel, il est obligtK Aveugles ! lequel est
and, Coffrande ou l'autel qui sanctifie tof-
I ' Quiconque jure par r autel, jure en même
temps par Cautel et tout ce qui est sur l'autel. Qui- < nni/ue jure par le temple, jure à la fois par le
Il inptf ri pfjr Crtiti ifiii tf hiifiite. (JuicunqUe
i MaU., XXIil. 13.
70 LF.S VICRS DES PIURISIRNS DliVOIL^.S
jure par le ciel jure à la fois par le trône de hieu et par Celui qui y siège • . Prenons donc bien garde X nos serments ; tous rel^tvent de Dieu el meltenl en jeu sa Majesté inflnie. Les faire à tout p- - ft surtout mensongèremitnt, c'est se rendre d'un sacrilège el se vouer à d'implacables vengeances.
L'hypocrisie fnisait tout le fond de la piét^ pharisalque. Pour échapper à ce que la Loi renfermait d'essentiel el d'essentiellement coûteux à la nature et meurtrier au\ passions, ils avaient multiplia' h Tinflni les petites prescriptions, la plupart insignifiantes, quelques-unes ridicules, et par là donnaient au peuple l'illusion d'une haute et héroïque fidélité à Dieu et à ses Lois. Qu'ils accomplissent ces petites choses, quand elles sont bonnes et permises, mais qu'ils ne délaissent pas les e^
Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hijf,
qui payez la dtme pottr une feuille de ment h (Faneth rt de cumin, et qui uégligez les points /r.» plus graves de la Loi : la justice, la miséricorde^ la bonne foi. Il fallait faire les unes et ne pas omette les autres. Guides aveugles ! Vous arrêtez au filti un moucheron et rous avalez un chameau * !
Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrite vowi purifiez le dehors de la coupe et du plat, il vous-mêmes au-dedans êtes pleins de rapines et de souillures. Pharisien aveugle ! Nettoie d'abord le dedans, tu pourras ensuite purifier le dehors '.
On le voit ce qui irrite Dieu plus encore que le crime c*esl l'hypocrisie dans le crime. Il pardonne au Publi-
• Matt.. XXIII, 16. 22.
• MaU., XMII. n. Si.
• MaU..\\lll. SS,)6.
LES VICRS hKS PnARISIK.1S DÉVOILÉS 71
eain qui se reconnaît pécheur, il fondroie le pharisien qui dissimule son abominable vie sous les dehors de la verlu. A qui ross«'mble-l il ? L'ima^'e est saisissante. Qu'y a-l-il de plus afficux à voir quun sépulcre où pourrissent des radavros ? Mais rien ne parait au dehors et nous dissimulons sous lu magnificence du marbre, par la gracieuse floraison dos plantes, l'horreur que le tombeau renferme. Ainsi sont les pharisiens el tant de
cheurs qui leur ressemblent, « qui font dans Tombre de si abominables choses qu'on ne saurait les redire », et qui ne montrent au dehors que le masque delà vertu. Malheur à rows-, Scribes et Pharisiens hypocrites ! parer que tv)f/s- rr^-ii'inblez à des st'palcres reh/anchis, qui au dehors paraissent bcaujc, mais au dedans sont pleins d'ossements et de pourriture. Ainsi vous autres : au dehors vous />' ' tfs aux yeux
des hommes, mois au-dnl ^ plriwi d'hy»
pocrisie et d iniquité '.
Ostentation el orgueil, siipersliliuu, I ipiue», avarice, corruption : tels sont les i us
! -xiuels nous apparaissent les hideux et repouss.mis ennemif du Christ. Ud dernier trait plus sanglant que les aoires achève de noos les dépeindre : ils sont cruels et sanguinaires. Us se montrent tels dans tous les siècles delen ' • !' ' ' • Tants à Moloch.
Sans , ils se fussent
par le meurtre déli |)ouse8 qui avaient cessé
de leur plaire. Ton- i. s jum.» furent pers<*cuU*8 par eu», el iU nr*»nl fu-rir un à un les propliMe» qui leur •'•tateril « : u. Au temps du Sauveur celte
soif de >.iui. , ,,.,.,. fr,,.,i.i.-. k 'f. -,'pandr»*, s'était
> Mail., \XIII.17. iM
71 LES vicKS ni;s ruAHiMr.>> dévoilés
accrue jusqu'au point de chercher dans le déicide son épouvantable satisfaction. Mais comme les aulres, celte passion du sang se dissimulait sous une hyporrite sensibilité. Eux, les futurs déicides, déploraient la mort des prophètes, leur élevaient en réparation des mausolées superbes, et répudiaient faslueusemenl l'iniquité de leurs pères. C'est ce voile d'hypocrisie que Jésus- Christ déchire sans pitié. Comblez, vous aussi, la mesure de vos pères ! Serpents, race de ' comment éviterez-vous la condamnation di mie « ? Afïlrmanl clairement sa divinité dans l'envoi des pr phètes, prophétisant le^ ' i^ débuts de son Eglise, il ajoute : Voici que M '"»' je vous envoie des prophètes, des sage%, des docteurs. Vous tuerez /' uns, von ^ 'rez les autres, vous les fouetter t., dans vos \, (/ues, vous les persécuterez de ville en ville, afin que tout le sang innocent qui a été répandu sur la terre retombe sur vous, depuis le sang d'Abel le juste, jusqu'au sang de Zacharie, fils de lîarachie, que vous avez massacré entre le temple , " ' Je vous le dis en vérité, c'est à la génération j tjve toutes ces choses arriveront*. Le crime d'abord, le chAliment ensuite ; et comme le crime a dépassé toute mesure, le ch&timeul n'aura d'égal dans aucun siècle et sous aucun point du monde. Le véritable Al>el mourra de leurs mains sur la croix ; durant trente années laissées à la miséricorde, ces malheureux feront couler à flots le sang des Apôtres, des justes, dci Saints ; puis enfin leur malice étant épui- ne l'est a patience divl"", ■ l-*» rfimlîiTnnaiioii di une »,
> MaU.. XXIII. IB. U.
* MaU.. XXllI. 34-36.
LBS VICES UES i'IlARISIENS DÉ>'OILÉS 73
d*infernales calamités, des douleurs comme la lerre n'en a jamais vues, fondent sur Jérusalem pour n*en plus faire qu'un effrayant symbole des vengeance? du Tr^s- Haut.
Celte rue anticipée de la ruine de Jérusalem jette au CiL'ur si tendre de Jésus une immense amertume. 11 l'a nt aimée ! Il a tant fait pour elle ! 11 lui donnera si oluntiers tout son sang si elle consent à y trouver son salut ! Mais elle le hait, elle le repousse, elle ne veut avoir son sang que pour le maudire cl s>n faire un sujet de condamnation. Les yeu\ de Jésus se mouillent de larmes et de son cœur s'échappe la plus tendre et plus déchirante des plaintes : Jérusalem ! Jérulem ! toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui sont envoyés^ combien de fois ai-je voulu rassent' tes enfants, comme itne poule ramasse ses petits
"■ V as pas voulu !
t ■ t '' ^*"^ sera déserte. Car je vous
diSt vous ne me reverrez plus jusqu'à ce que vous ' ■ ■ ■ r. ■ , /, • , , ■ s -, /,. I,
-■ . ' , ■ ■ -ge,
assauts, rentrée de l'armée romaine, les incendies, '1m massa éptrgnéi*
cendre, le Temple où il ne reste « plus pierre sur pierre », un silence de mort régnant partout, partout la solitude et \p désert : vuilà accomplie la prophétie du Sauveur : « votre ville sera déserte ■. Tant que Dieu y faisait sa
'' ->\ tanlqoe le Cbriit en était l'hùte, la vie et la
; lé régnaient dans ses murailles ; le Christ dis-
paru ce n est plus qu'une toUlode effrayante.
• llaU..XXI11.37.l«,10.