‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 21 sur 101 · PROPHÉTIE DE LA RUINE DE JÉRUSALEM ET DU TEMPLE · texte numérisé non relu

PROPHÉTIE DE LA RUINE DE JÉRUSALEM ET DU TEMPLE

Et VOUS serez un objet de haine pour ie genre humain tout entier *. Haine étrange, haine n .|i,i,

durunl le cours des siècles esl le prix i <ir

l'Kglise Calbolique el ne s'explique que par le fait dt> >a divine origine cl de sa divine mission. Le d('>mon el le monde baîssenl Dieu el la vérilé qui vienl de Dieu. Pleins de lolérance pour le vice el Terreur, ils ne sont nnimés de rage que contre ce qui leur offre l'image de la sainteté. Qui soutiendra ces lutteurs hi-roïques ? La promesse de Jésus-Christ. Dans une autre occasion il avait exhorté les siens « à ne craindre pas ceux qui ne tuent que les corps et sont, après, dans une absolue impuissance, mais bien celui qui peut tuer le corps et précipiter r&me dans la Géhenne du feu ». Il leur donne ici la même assurance. Pas un cheveu de votre tête ne tombera *, pas un supplice, pas une mort qui ne vous mène à un triomphe éternel : /'"r vn/r/- pniirtu f vni/< ^.nii. verez vos âmes ».

Mais n'y aara-t-il que des viclorieux danb la lulle séculaire dont le Sauveur fait à ses ApAlres el à son Eglise la terrifiante prophétie ? Il y aura des lâches et des vaincus el leur vue et leur pernicieux exemple ne seront pas pour les autres un mi'diocre danger. Aus»i Jésus-€brisl se garde-l-il de laisser ignorer ces tristesses el ces défaillances. A toul âge de la vie des nations cbré- Uennes, comme aux temps avant-coureurs de la ruine de Jérusalem et de celle du moude, l'Evaugile aura ses transfuges, ses déserteurs, ses apostats. Au moment drn persécutions beaucoup faibliront el un relAchement désastreux détendra tousles ressorts de la vie chrétienne.

• Lu... XXI. 16, 17. Marc. XIII, H, \X » Luc, XXI. 18.

* Luc. XXI. I».

|OPa#.TIE DE LA Rl'I!<E DE jtRUSALBM BT DU TEMPLE 85

Tn ce tetupa là beaucoup faitlirotU ; on te trahira^ se haïra muturllement, la charilà perdra sa wune dans un grand nombre *. Mais à c«\lé des ibles il y aura les h^ros ; Celui gui persévérera jusfuà la fin cehti-h'i ^era sauvé*.

Pourquoi Dieu p«'rmel-il ces persécutions, ces maris, ces défaillances ? Pour mettre dans un victorieux la Divinité de l'Evangile de Jésus-Christ. Si Jésusirist n'était qu'un homme et l'Eglise Catholique une •euvre humaine, il y a des siècles que tant d'orages amoncelés en eussent eu raison. Or c'est le miracle opposé que nous avons sous les yeux. En dépit des haines Juives et des sanglantes fureurs de Home païenne, lu *-îv-'s des oppositions du monde entier, les Apôtres, .>'■% parmi les nations, y avaient partout fondé -. Jérusalem ne devait tomher que quand la ' .mon Evangélique aurait été entendue de toute la . Quand cet Evangile du Hnyaume de Dieu aura ' ir annotwé chez tous les peuples et en témoignage à Inutes les nations, alors viendra la fin *.

Le dernier des signes éloignés était donc la dissémination d(> l'Kvangile dans tout le monde idolAtre. Dt'S lorii les riclMes devaient se préparer à la catastrophe flnale, et aux signes éloignés allaient succéder les signes prochains.

Quels sont-ils T Jésus-Christ en marque deux : d'abc . minables profanations dans le temple ; la première arri vée d'une armée romaine et le premier investissement de JérusaW'm.

Quand vous verres r abominât ion de la désolation

> Matt.. XXIV. 10. 11, 11.

« Malt.. XXIV. to. n. ts.

•Marc. Xlll. lo. MaU.,XXIV. (4.

8ft llUtl'IlÉTIK DB LA RlîlNB DE JÉRCSALRM ET DU TRMPLK

dans le Lieu Saint, comme ta prédit le Prophi i Daniel, qur celui gui lit comprenne / '. On vil celle « abominalion • drsolanle peu do temps avaul la ruine de Jérusalem. Dos bandes de fanaliques, sous le nom de Z<^loles, régnaient dans la Ville qu'ils Ion ' * ' ms la terreur et inondaient de sang. Maîtres di. . ' ils le

proran^rent sous le regard des Prftlres impuissants, parodiant les cérémonies saintes et aiïublant des ornements pontificaux un bandit de leur armée. Aux sarri> l^ge8 ils mêlaient les meurtres et lu Maison de Dieu subissait ainsi doublement « l'abomination de la désolation ». En ce temps là même, Ceslius amenait l'armée romaine aux alentours de Jérusalem, et sans faire de la ville un siège en règle, l'entourait, à la distance de quelques lieues, d'un cordon de ses troupes. Jérusalem était investie, mais on pouvait encore en sortir et se sauver dans les montagnes. C'est ce que firent les Chrétiens que la prophétie du Divin Maître no cessait de tenir en éveil. Ils virent la profanation du Temple, ils virent l'armée romaine investissant la Cilé Sainte : à c« double signe ils reconnurent que l'heure dernière approchait et ils s'enfuirent dans Ih I ' ■ i -, ,,//

vous verrez Jérus" . ' :■

que sa ruine est proche. Alors que ceux qui sont ni Judée fuient vers les montagnes ; que crur qui sont dans la ville en sortent : que ceux qui sont dans ses alentours regardent dy entrer *. Et comme des hé^i talions et des pertes de temps sont toujours à redouter dans de semblables extrémités, le Sauveur marque avec quelle décision devra se prendre le parti de la fuite. Qu

« Malt . XXIV, 15,16, 17, 18, i». Marc., XIII, U. 15, 16, 17. Ur XXI.», SI. îî. M.

* Lac. XXI,JO, SI.

PROPn^.TtR DR LA RUINE I>F. JÉRUSALEM ET DU TEMPLE 87

rlui qui est sur la terrasse ne s*attarde pas à etnpor-

I' qurUinr objet de sa maison ; que celui qui est t/js la campayn'' '*" rr vienne pas reprendre son tement ' .

Puis le cœur si Irii-lie tle Jt'sii- -.•''moul des détresses i aceoinpagneronl une fuile si procipilée et si tumul- »use. Qa'au moins ne viennent pas s'y joindre les •s du froid ! Ce seront là des Jours de venu s'accomplira tout ce qui est écrit. Priez

fOur que votre fuite n arrive pas en hiver ou un

abbat ', afin que ni les inclémences du ciel ni

^es pbarisalqaes de violer le sabbat n*enlra%'ent

tne retardent votre départ. Hélas ! que deviendront les

> î Malheur à elles, malheur aux femmes

i celles qui allaittront en ces Jours là .'*.

images des douleurs maternelles l'obsédèrent jus-

' ' - soafTrances de sa Voie Douloureuse,

1 BQf sa roote quelques-unes de ces

femmes qui devaient voir les Jours delà vengeance. Ah !

h ' ' :! en les voyant sangloter, « ne pleurez pas sur

îii urez sur vous-m^mes et sur vos enfants. Voici

venir des jours où l'on dira : t heureuses les entrailles

* : ni engendré ! Heureui les seins qui n'ont

->mt-ce ici que les souffrances des bons que

• . ... .i leur sanctiflcalion et à leur gloire. Mais

K'-nl les maux qui fondirent sur les Juifs impéni-

? Quel fut le sort de Jérusalem déicide 7 Jésos-

•narque clairement '^"«t investissements de la

, XXIV. uy 17. IS. Marc. MU, i&. t6. Uc. XXI SI, Si. .. Xlli. tH. Malt.. XXIV. SO.

. WIV. 10. Marc., XIII, 17.

.Wlll. S7. SB,S0, 30.11.

88 PROPUÉTIE bB LA RUIMK DE JÉHUSALKM ET DU TEMItE

ville par les armées romaines : Le premier que nous venons de voir et durant lequel il Tut possible de se sauver, le second par Titus» si élroil, si gardé, que de la ville enserrée de toutes parts il fut impossible de sortir. C'est de ce second siège que le Sauveur fait la prophétie suivante : viendront sur toi des Jours où tes ennemis t'enserreront de toutes parts, l'environneront de fosses ; des /ignés de circonvailation fermeront toute issue '. Les Juifs, rebelles aux paroles de Jésus, incrédules à ses prophéties, au lieu de fuir Jérusalem s*y étaient rassemblés en multitude immense, cherchant un asile où ils devaient trouver leur tombeau. Avant m^me les inénarrables scènes de carnage qui marquèrent le suc de la ville, la vie y était devenue un enfer. Les factions ennemis s'y battaient a?ec acharnement, des haines sauvages armaient les habitanlsles uns contre les autres, le Temple ne cessait plus d'être le théâtre d'orgies sanglantes, et pour porter à son comble cette cT ' ' misère, la famine sévit à ce point que l'on vit <i* se nourrir de la chair de leurs propres en-

fants î Jésus-Christ avait prédit ces détresses. li y aura des tribulations telles qu'on n'en vit point de semblables depuis le conimencetnrnf du monde, rf qu'on n'en verra plus Jamais * .

Heureux encore furent tus mistrahies ij < in- secourus par les prières des Chrétiens réfugi.s .lini» les montagnes. Car tel sera durant tout les siècles le rôle des fidèles au milieu des Sociétés coupables et condamnées : s'ils ne peuvent triompher de la perversité des méchants et des châtiments qu'Us s'alti

> Luc, XIX. Ayu,

* Marc.. XIII. 19. Malt., XXIV, 21

rnopnftTiE ne la ruine de jérisalkm rr du tkmple 89

snt, tu moins en abrègent-ils la durée el en amoiur«î ' '" eur. Au lieu d'un 8i^ge prolongé où

[t — enl flni par périr, Titus, poussé par

me force qu'il appelle mystérieuse et divine, pressa tel- -in œuvre vengeresse qu'il se trouva maître de ■L'aucuup pIu!» vile qu'il ne l'eût pu espi^rer. Jésus ivait encore prédit c«t abrègement des douleurs : Si

heu n'abrégeait ces Jours, nulle chair ne serait saii- 7ife, mais Dieu les abrégera à cause de ses élus •.

La prédiction n'est pas moins précise en ce qui touche le sort de Jérusalem emportée d'assaut par l'armée Romaine. Ils te jetteront à terre, toi et les fils qui seront dans ton sein. Ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre... La colère tombera sur ce peuple. Ils tomberont sous le glaive ; ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations*. Onze cent mille Juifs furent inaiisacrés; d'autres par milliers furent conservés pour le triomphe du vainqueur, vendus ensuite à l'en- I if! et dispersés sur tous les points de l'empire. Quant à ■J'Tii!>alem elle ne fut plus qu'une ruine sanglante, un lieu d'épouvante et d'horreur, vaste sépulcre où pourii— ' idavres. Mais la prophétie du

""l'j . là de cette vaste catastrophe,

elle embrasse tous les siècles : Jérusalem sera foulée './";.■■• •,,,••,..•- ue-

le.

Jusque-là Jérusalem, occapée par les nations diverses ({tii T li-piiirr lit son sol, ne sera plus qu'un théâtre de liiiti > • t 1. . wiifiitiion. C'est le • statula desolalio • du

Pr-'iii, t.- Oaniel.

• Mail.. XXIV. if. Marc., XIII. 20.

» Lac. XIX. 43, 44 XM U

• Uc. XXLi4.

IROPHÂTIK DE LA PIN UV MONDI

IX. — Les Apôtres avaient posé deux questions au divin Maître : la p^emi^^e avait irait à la ruine de Jérusalem, la seconde sVtendail à la fin du monde et h lu venue glorieuse de Jésus-Christ. Malgré la confusion que le Sauveur, nous l'avons dit, laisse n'-gner à dessein dans sa prophétie, nous pouvons nous faire de la fin du monde et du second Avènement du Fils de Dieu une peinture exacte et sufOsamment précise.

Quels en seront les signes précurseurs? Quel en sera le moment précis ? Quelles en seront les scènes et de quelles péripéties cet inamense événement sera-t-il com posé?

L'instant même où Jésus-Christ descendra des Cieux, restera, nous le verrons, le secret incommunicable de Dieu. Mais la terre ne sera pas pour cfla privée des signes avant-coureurs de celle glorieuse venue. Troi signes plus saillants que les autres tiendront les fidèles en éveil et les avertiront que « leur rédemption esl proche». Il esl vraisemblable que ces trois signes s'éten dront à plusieurs années.

Le premier sera une vaste et universelle persécution, dont le triple caractère sera Terreur et la séduction, Toppression sanglante des fidèles de Dieu, puis surtout Tintervenlion diabolique avec ses fascinalions, ses évocations, ses prestiges de toute sorte. L'erreur régnera comme elle n'a jamais régné. La multitude des hommes, en punilion de ce qu'ils auront refusé la vérité, seront livrés aux imposteurs de l. ••' et de tout nom. Tousse d

rontcommeles - rsdeThumanilé, comme les \.

Messies promis au monde. Jésus-Christ met les siens en garde contre ces multiples séductions. Alors si quel çuun nous dit : u le Christ est ici », om t il est là^,/i> le croyez point. Car il s'élèvera de faux christs et d>

PROPIIÉTIK DE LA PW DU MONDK 91

faux prophètes. Ils feront (t étonnants prodiges, des choses stupéfiantes, jusqu'à séduire s'il était possible Us élus eux-mêmes \ Beconnaissons ici Taclion formidable du dt^mou d^chaln^' sur le monde comme il ne .lira jamais été. Les fascinations du spiritisme auront «lors leur infernal rouronnement, et Satan qui assurément ne peut opérer aucun vrai miracle, déploiera néan- •ins, avec la permission de Dieu, les immenses res- '—.- '".<- lui fournit sa nature supérieure. Saint Paul, i la proph«'-tie du Sauveur, nous marque cette diabolique comme le caractère distinclif de la me persécution. « Que personne, écrit-il aux Thes- .iens, ne se laisse tromper par aucun esprit, par discours, par aucune lettre prétendue de moi,

K:..:ne si le jour du Seigneur était à la veille. Qu'on ne os surprenne d'aucune manière. 11 faut que vienne 1 firrande apostasie... Ce sera alors raclion ^ .L* dans toute sa force, et qui se manifestera 108 des sifnies et des prodiges trompeurs, dans uoe oUiple sédur mt les hommes perdus, relies à la vén , i saovés. Dieu alors leur enerra ces esprits d'erreur qui les feront adhérer au men- -, et ce sera le châtiment de ceux qui, repoussant ité, n'ont voulu que l'iniquité pour symbole»». ette apostasie des foules ira-t-elle sans la persécution \i.', ' ' i' ' ^^? Nous ne saurions le croire. La |,r, ' initivc Eglise fut victime avant la ruine de Jérusalem n'était que l'ombre de celle qui an- 1.J fjjj ,jpjj temps, l'n immense empire s'cslélevé ,it tous les ressorts de la vie sociale el foule aux

• Marc.. Xlll. illi. Malt. XXIV, iS-il. II. Tbetaai. cap. U. H OIOIIH.

* 11. ThcMal. cap. II. i-ll

92 PROPII^mR DB LA nn DU MONDE

pieds tous les droiU. Roi de cel empire, rAnté-Cbrisl vout Torcer tous les bommos à VaA le Dieu

Vf'ritable, et les fidèles qui reruseni i luules

les horreurs de la perséculion- c Avanl la lin, écrit sainl I*aul, sera révélé Thomme de péché, le fils de perdition, qui fera à Dieu une guerre acharnée, qui s'élèvera audessus de tout ce qui a nom Dieu et culte de Dieu, siégera dans le temple de Dieu, et se présentera comme élnnt lu seul Dieu > ■ . Cette révélation de sainl Paul développe les mots plus succincts de Jésus-Christ : Si l'on vous dit : I ie Christ est dans le dt^sert », n'y allez point; « le voici dans tiniérieur de la maison », ne croyez point*. Quant au caractère de la persécution de l'Anle-Chrisl, nous pouvons le conclure d'une parole de l'Apocalypse. Sous le nom de « béte », hôte cruelle et ravageante, y est désignée la domination de TAnté- Christ dont celle de fiome païenne n'était que l'image. « 11 lui a été donné, dit saint Jean, de faire la guerre aux Saints et de les vaincre * ». Les vaincus sont écrasés sous le plus atroce despotisme; parias dans leur propre patrie, sans liberté d'aucune sorte, sans droits, sans recours possible à aucune justice, sans plus aucune ressource pour vivre, et ne trouvant plus à se procurer les choses les plus indispensables à l'existence, car « ceux-là seuls peuvent acheter et vendre qui portent le sceau et le nom de la Bète • . A ce coup les enfants <lc l'Eglise reconnaissent que le monde vit ses demi* jours et que leur rédemption est proche.

D'ailleurs, d'autres signes ne leur sont plus donnés à eux seuls, mais sont destinés à leurs persécuteurs, que

I II. Thessal. cap. II. 8.

• Marc.Xin. il-». Mail.. XXIV, 96.

* Apec., XUI. 15-17.

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