‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 67 sur 101 · LIS PREMIERS JOURS DE L*ÉGUSB · texte numérisé non relu

LIS PREMIERS JOURS DE L*ÉGUSB

survivre quelque temps encore aux effroyables représailles de la Justice de Dieu.

La miséricorde avait durant trente années précédé lu Justice. Dieu attendait h la pénitence la nation déicide ; il lui envoyait des Apôtres, des tbfi

des Saints, et il ne cessait de la pi ^ . ^

La malheureuse répondait par Tinjure et le sang et mettait à mortles Disciples avec la même rage qu'elle avait déployée contre le Maître. Quand la mesure fut comble, l'immense orage de colère éclata. Jérusalem périt et elle périt de la manière mAme que le lui avait ann le Sauveur, Qu'on rapproche la prophétie de Vé\ ment tel que l'historien Juif, Joseph, Ta décrit, pas un détail ne manque, pas une circonstance qui ne soil à la lettre justifiée. Les faux prophf'tes remplacent auprès du peuple les Apôtres de Jésus-Christ reniéet repoussés, et telle est la foi aveugle qu*on leur accorde que plus aucun conseil de sagesse ne prévaut. Titus avant de les perdre veut les sauver et va jusqu'aux supplications pour qu'ils renoncent aune guerre insensée. Les terribles lignes de circonvallation enserraient déjh Jérusalem, la ville était en proie à la famine, les li fratricides l'ensanglantaient tout entière, les Iloniu.;. disposaient l'assaut suprême, que ces insensés croyaient encore les faux prophètes qui leur promettaient Tempii < de l'univers. Enfin les murailles tombent, l'armée ennc mie pénètre au cceur de la ville, les massacres sont partout, le fer et la flamme dévorent les habitants par milliers, le temple que Titus veut préserver est détruit de fond en comble, les Juifs qui échappent à la mort sont traînés captifs et dispersés aux qn ' coins du monde : tout s'accomplit conune Jésus-<.i l'avait annoncé.

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< Voilà l'histoire des Juifs. Ils ont persécuté leur Messie, et en sa personne et en celle des siens ; ils ont remuo tout Tunivers contre ses disciples et ne les ont laissés en repos dans aucune ville ; ils ont armé les H ' • rÉgllse naissante; ils

- deux Jacques que leur Sainteté rendait vénérables même parmi eux, immolé s.iiiil Pi*rr»- et saint Paul par l'épée et par les mains des 'i*Miii'- : il laut qu'ils périssent .. Jérusalem n*prouvée rt iiuTiip envers son Sauveur devait être l'image de ' • rif»T. Ses perfides citoyens devaient représenter les !iinn«'S, et le jugement terrible que Jésus-Cbrist devait ' Aercer sur eux était la figure de celui qu'il exercera sur tout l'univers lorsqu'il viendra à la fin des siècles en sa maj*»sté juger les vivants et les morts • ».

A cette saisissante prophétit* Jésus-Christ en ajoutait

uni' autre tout aussi impossible que la première aux

prévisions humaines les plus perspicaces : la conversion

<lii tiMn'ii', la destruction de l'idolAtrie, la transforma-

ti'<[) il 11 \M>ux paganisme, la naissance d'un nouvel ordre

•!• ( tjMst .<, en un mot la fin d'un monde, la création

iiMixle nouveau : tout cela sans ressources, sans

'. ^ans puissance d'aucune sorte, avec la croix

!i'*i-< pour étendnrd, les vertus torturantes pour

. le martyre comme attrait, un invisible

I omme réromp»*nse. «louze pauvres finliléens

>»mme prédicateurs I

El c«la s'est fait !• Comi/ i .n-s a

té ftubjogué.les idoles abatt . ssr<*,

inmpire des âmes fondé chez tous les peuples; une

iitrre plus impossible à aecomplir que la création du

' it.> I t. IM. Unlvert. Part. II. Chap. XXI. XXII.

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monde a surgi de deux paroles : « allez, enseignez ton te les nations » ; et encore : <• Je bAlirai mon Eglise, et les puissances de l'enter ne prévaudront pas contre elle ».

0 Christ Jésus, mon Sauveur et mon Mallre, vous êtes Dieu !

Note A

(m rapportant à la pagt 77)

Los fondemonls du temple furent jetés 1,008 ans avant Jt^sus-Christ, et il fut achevé au bout de sept ans. la pUto-forme sur laquelle le temple était bâti avait t's sur chaque cAté. Tout cet espace était en- ... «l'une muraille haute de six coudées et large l'autant. De chaque c/^té, un magnifique portique donnait ns la première enceinte, qui était le parvis •!. ^; ......^, destiné aux étrangers et aux Juifs impurs. Plus loin était le parvis d'Isral^l : c'est là que se le pendant les sacrifices et les prières. Cet ^ , atouré de galeries et de colonnades. Let troitièroe était le parvis des prêtres : c'était là -exerçaient leurs fonctions. \-> • n- II était en pierre, et avait hoïv n • «'S ie long de Test à l'ouest, vingt coudées de large et trettle de hauteur. Il était divisé en trois parties, le vestiliiile, le saint et le sanctuaire Deux fois par jour un prêtre entrait dans le saint pour y offrir l'encens ; le «sanctuaire n'était accessible qu'au grand prêtre une fois par an : r'e^t là que se trouvait l'Arche sous les ailes des •

L^ ••iij'-i» sacrés se trouvaient dans les autres parties do temple.

Dans ces immenses édifices, on voyait avec profusion des lambris et des sculptures en bots de cèdre, des pavés en marbre ; il n'y avait rien dans le temple qui ne fAt couvert d'or, et la beauté du travail égalait partout la richesse de la matière.

La dédicace en futcél" il

le peuple fui convié ù < • . .1

mille brebis et vingt-deux mille bœufs furent olferls en sacriflce .

Saint Jean Cbrysostome a fait voir que le temple il> Salomon était la représentation de l'univers avec celle de toutes les choses visibles et invisibles. On y voyait en figure le ciel, la terre et la mer, le soleil et la lune, les sept planètes, les douze signes du zodiaque, les deux hémisphères et les équinoxes, les quatre éléments, le^ mois et les jours de l'année. Le grand prêtre, avec ton ses vétemenLs symboliques, apparaissait au milieu (!•cet univers comme le digne représentant du Créateur.

AiO ans après que Salomon eut jeté les fondements de ce temple, il fut réduit en cendres par Nabucbodonosor, 528 ans avant Jésus-Christ.

Les Juifs l'avaient profané, et ils avaient élevé deridoles jusque dans le sanctuaire ; dans la maison d' Dieu, des lemmes, logées dans les appartements dn temple, tissaient des voiles pour couvrir les mystères (!• débauche qui souillaient le lieu saint dans la célébration des fêtes d'Adonis ; auprès de la principale entrée, il y avait des chevaux et un char, emblème du soleil, et qui lui étaient consacrés; jusque dans ]< 'n

temple on trouvait les anciens d'isr.i , n

allaient y adorer le soleil levant; les prophètes étaienl mis à mort, l'idolâtrie et la corruption s'étendaient sur toute la terre.

Alors Jérémie fit entendre sa voix à ce peuple prévaricateur.

« Écoutez, dit-il, écoutez la parole de Jéhova, rois d« Juda et habitants de Jérusalem : voici ce que dit le Seigneur des années, le Dieu d'Israél : Je vais amener sur

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ce lieu des maux tels que les "r^Hl^''' tinteront à quiconque les entendra >.

Le Temple détruit par les Assviienb fut reliAti après la raplivit»', mais avec bien moins de magnificence.

Lf s iîb de la captivité se mirent donc en route, sous la conduite dr /.Hrot)al>el, pour retourner à Jérusalem et dans Juda ; ib <'tai)-nt au nombre de 42,360 avec 7,337 serviteurs et servantes, et parmi eux, 200 chanteurs et chanteuses desliiK s an temple. Us mirent quatre mois à faire un voyage de trois cents lieues.

Quand ils furent dans la ville sainte, les chefs de famill»' nrf-ni ^^■- î n- \i)lonlaire8 pour »'difier la maison -l.- iMtii ; ii> (iMiui' 1. ni 61,000 drachmes d'or, 5,000 mL nés d'argent, et cent robes sacerdotales. (I Esd., Il, 69).

En attendant qu'ils pussent construire le nouveau iciuple, ils bâtirent un autel pour y offrir des holo> caustes. Puis, selon les ordres de Cyrus, ils donnèrent de l'argent aux tailleurs de pierre et aux maçons, et du froment, du vin et de l'huile aux habitants de Sidon et le Tyr pour apporter des bois de cèdre dn Liban à la mer de Joppé.

Quand le temple fut bâti, les prêtres et le peuple s'y rendirent avec des instruments et chantèrent dos hymnes ; mais les anciens, qui avalent vu le temple de Salomoii, pleuraient avec de grands cris ; et l'on ne pouvait iliMingoer la voix de ceux qui se réjottistaient de la vuix de ceux qui plearaieol.

Au temps de Jésuf-Cbrist, Hérode, pour gagner en popularité, redonna au temple ooe splendeur et des agrandiMements de toute riebene.

Il employa dix mille ouvriers à ces travaux ; mille pH^(n>s, ayant été instruits dans l'art de tailler les pierres et lie travailler le bols, bâtirent le sanctoalrf. où les

ouvriers ne pouvaient pas p('-n<'it<'r : millp rharioig amenaient les matériaux.

L'esplanade du temple fut eucurc agrandie ; hclon Je» sèphe, elle fut doublée du cAté du sud. Le temple de Salomon avait occupé le milieu de l'enceinte sacr* telle qu'elle était alors; tandis II '• , bien

que bâti à la même place, se trun . ; ^j* rap-

proché de la limite du nord que de celle du sud. Comme la partie de l'esplanade ajoutée avait une forte déclivité vers le sud, il fallut construire d'immenses galeries souterraines pour maintenir le niveau du terrain. Les piliers qui soutiennent ces voAtes colossales attestent encore aujourd'hui la haute antiquité de leur uriginc.

Huit portes donnaient accès dans l'enceinte sacrée.

Une seule s'ouvrait au nord, où un fossé profond ter> minait de ce côté la grande enceinte.

Il y avait quatre portes au couchant : une porte conduisait par un pont dans le palais royal ; deux autres conduisaient dans la ville basse, et la quatrième par un escalier souterrain dans la vallée Tyropéon, pnis sur le mont Sion par un escalier opposé.

Les deux portes du sud conduisaient vers la vallée d« Siloam par des escaliers souterrains, en partie taillés dans le roc .

La porte orientale, en face du temple, s'ouvrait ver la vallée de Josaphat; elle existe encore aujourd'hui, mais elle est murée : c'est la porte Dorée.

On entrait dans le temple par neuf portes, dont un seule était à l'est, la Belle VoHe i Porta ^ /,• il

en est fait mention dans les Actes des Aj^ m ( a-

sion de la guérison du boiteux par Pierre et .Iran. (Actes, 111, 2j.

Les pierres du temple étaient de la plus grande dimen

sioD : elles avaient jusqu'à quarante coudées de long. Ce sont là les pierres dont il est question dans l'Evangile et qui ne devaicul pas rester l'une sur l'autre. Ces pier- > étaient liées ensemble avec du fer et du plonab. Les coImiiii. rnaient les portiques étaient si grandes,

qu'.i [>' ■ liommes pouvaient les embrasser; il y

en avait cent soixante-deux : il avait Tallu quarante-six ans pour achever tous ces travaux. (Jean, II, 2U . Monseigneur Mislin, Les Lieux Saints).

Note B

(M rapfortant à la pagt lût)

Les livres saints font si souvent allusion aux fMps nuptiales, qu'il suffît d'en rapprocher les témoignage-

L»'* poil se se pn'*parftil soigneusement à ce grand joui . iiaignée dès la veille ^ elle répanduit sur elle les parfums en telle prorusion, que Salomon la compare, enveloppée de ses longs voiles, & uo nuage d'encens flottant sur ia terre'. Signe disttnctif de la fiancée, ces voiles co\\vraient non seulement la tète, mais tout le corps \ cachaient aux regards la blanche robe brodée d'or *, i«'bijoux *^ la ceinture de la vierge que l'époux seul devait délier ', et la couronne de myrte qoi ceignait ^ front V

Ainsi parée de la main de ses amies, la jeune l attendait l'arrivée du cortège. Près d'elle veillaient paranymphe et dix vierges qui devaient Taccoropagii' • la lampe à la main. C'était à une heure avancée qui» retentissait le cri : c Voici l'époux, sortez au élevant lui* ! • Dans ces belles nuits d'Orient qui disputera* '

' Bien que ic serment des époux (Etech.. XVI, 8; Mal., II. et la bj^nédiclion «iiris r.- ovaient (Gen., XVIV, fin Rntti tU; Tob., Vil, \l>) •!' au mariage son Cd

'éclal de la pruct'>~ .ilc était tel. que <'

céremooio ]*ass.iit |>our la |>arlic principale des nocci» juive».

' hulh.. III. 3 : Kzech., XXIII. 40.

• CaoL, III. 6.

« Gen.. XXIV, 6K; XXXVIII. li.

> Apoc., XIX. 8; Pftalm.. XUV, tO. 14.

• Is.. XLIX. 18: I.XI, tO; A|K)C.. \XI. t. ^ Jcr., H. 31.

• K'iouhot, II, I.

• Mail., XXV. fl.

Nom 3VJ

nos jours d'<^clat rt ilc douceur, la procession s'avançait conduite pur une troupe de chanteurs qui mtMaient leur ▼oix au son des flûtes et des tambourins '. Derrière eux venait lYpoux richement v«Hu, le front ceint d'un turban doré qu'entouraient des guirlandes de myrte et de rose. Autour de lui dix amis, appelés « Fils de l'époux* «, tenaient en main des rameaux de palmier '; les parents l'escortaient portant des torches allumées \ et lesfllles d'israj^l le saluaient de leurs acclamations'. LV*poux avM ses compagnons pénétrait dans lu demeure de la Jeane flUe, et la prenant par la main Tamenuil jusqu'au seuil : là, il recevait les tables de pierre où le douaire était inscrit*, et la suite des conviés reprenait sa marche vers la maison du (lancé.

Un repas y était préparé ^ qui durait de longues -. égayé par des énigmes et d'autres jeux. (Pouard, .V. .S. Jè-^m-rhrist].

n., XXAl. r . Jcr . VII, 34 ; XVI, 9 ; I Mac. IX, 39.

» Jurl.. XIV. 1i ; Mau.. IX. 18.

I httcubnt, 16, 17 ; Habbalh, 110 a; Sota 49 b.

* MaU . XXV. 7.

* Oaot.. III. 11 ; Psalin., XLIV, 15. — Kttoubol, 18 b.

* kftoubot, 1, i.

' M«u . WIF. 1-10. Lur., X IV « : Joan., II. I.

Note G

[$e rapportant à ta page Ut)

Apparttit benignitas et humanitas Salvatoris nostri Dei. Sonavènemenl fut la r^babillUlion du pauvre. Des hommes qui n'atUquenl le christianisme que parce qu'ils ne le comprennent pas, se sont scandalisés de cet avènement d'un Dieu dans l'humiliatioa et l'indigence. Mes frères, ce scandale ne fait pas plus d'honneur à leur intelligence qu'à leur foi. Et certes, il suflit d'un peu de réflexion pour voir que la pauvreté et rabaissement d'un Dieu, eussent-ils été inutiles à la réparation de l'homme déchu par le péché, auraient encore été nécessaires dans Tordre de la société, pour la consolation de l'homme malheureux. Oui, il fallait un Dieu souffrant et un Dieu pauvre I Savez-vous pourquoi î C'est que Dieu ne venait pas seulement pour les riches, il venait pour tous les hommes. El qu'est-ce donc que le genre humain ? (Car dans celle immensité les riches disparaissent comme dans l'océan les fleuves). Qu'est-ce donc que le genre humain, sinon l'immense collection des pauvres et des misérables ?

Et voyer, en effet, comme dans la crèche de Bethléem, double berceau de la rédemption surnaturelle de l'homme et de la vraie civilisation des sociétés humaines, voyez comme les abaissements de J.-C. relèvent et ennoblissent à jamais l'humanité ! Celui qui était riche, dit excellemment saint Paul, s'est fait pauvre, et voilà la pauvreté tirée dès lors de son .-tnlique opprobre, consacrée dans la personne d'un Dieu, et par là même divinisée. Désormais le pauvre n'a plus à rougir de son indigence. L'inégalité des conditions a cessé, ou plutôt

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elle existe encore ; mais sur un plan nonreau où tout est ravi au riche, où tout est donné au pauvre. Car, si du côlé du riche se trouvent la puissance, la fortune et les plaisirs, dii cM.' du pauvre, mes frères, il y a bien plus, infiniment plus que tout cela : il y a un Dieu, il y a Jésus- Cbrisl.

Après avoir honoré la condition du pauvre, et dans sa personne divine et dans son Eglise, que peut faire de plus le Fils de Dieu ? Rien, ce semble, et toutefois ce n'est là que le préparatif d'un dessein plus grand encore. Non, pour Notre Seigneur, ce n'est pas assez de tant de prérogatives accordées aux pauvres, il veut que désormais ils soient honorés à l'égal de lui-même ; il veut leur créer, non plus seulement des titres à la considération et au respect, mais le dirai-je? des titres à un culte, et à une sorte d'adoration. Et pour cela, il fait de leu '> un sacrement ineffable dans lequel

il î-' ^. ...„.; ment à nous jusqu'à la fin des temps.

Oh 1 que le pauvre est grand dans cette économie de la chi lie ! Il est le repr/'senlant visible des

•oui: j.-C, comme le prêtre est le représen-

tant visible de sa puissance rédemptrice. Le prêtre parle : c'est J.-C. qui parle. Le prêtre absout : c'est J.- C. qui absout. Le prêtre prie et consacre : c'est J.-C. qui prie et consacre. Le pauvre pleure : c'est J.-C. qui pleure. Le pauvre a faim: c'est J.-C. quia faim. Le pauvre mendie : c'est J.-C. qui mendie.

Oui, le pauvre, c'est J.-C. et, de peur que cette traosformation ne restât une idée stérile, et dès lors, ne fût plus qu'une chimère, J.-C. en a tiré lui-même la conséquence pratique. En mettant dans le pauvre sa dignité il a voulu rr- '•— '■n lui sa puissance. 11 connaissait l'homme et . U de son caur ; il savait que la

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dignité a peu de courlis&ns, lorequ'elle est séparée de la puissance, et que ce n'est que la dignité solitaire du malheur. Il a donc voulu soutt-; .■ Un par l'inK^rM ;

pour créer un culte à la pauvrt ; ni le pauvre lout-

pui^sant. Le pauvre, dit excellemment saint Cbrysostome. c'est le trésorier du ciel ; ce que J.-C. donne, le pauvre le donne. J.-C. donne la vérité, le pauvre donne la vérité. J. C. donne la grâce, le pauvre donne lagr&ce; J.-C. donne le ciel, le pauvre donne le ciel ; car la foi, la grâce, le salut éternel, qui ne sail que tout cela est promis à l'aumi^ne chrétienne ? Ainsi voilà le pauvre assuré des hommages de ses semblables. L'homme ira à lui avec respect, puisqu'il tient en ses mains tout ce dont Ihommea besoin. Le voilà vraiment divinisé, puisqu'il donne ce qu'il n'appartient qu'à Dieu seul de donner. Et ce qu'il y a d'admirable, c'est que cette idée si étrange, cette idée si élevée au-dessus des sens et de la raison, celte idée qui heurtait si violemment tous les préjugés de l'opinion et de l'orgueil, est entrée si avant dans la société humaine qu'elle en a changé toutes les idées, tous les sentiments, tous les rapports.

Le pauvre sera toujours confié à la sollicitude et à la charité du riche ; mais J.-C. lui créera de n droits en lui Iransporlaut tousle.-; siens et par là, . phera de l'insensibilité du riche, et fera taire les blasphèmes du pauvre. Et quel est le riche, à moins qu'il n'ait fait mourir en lui-même les derniers germes de la foi, quel est le riche qui pourra repousser le pauvre, lorsque J.-C. vient, par son organe, implorer sa pitié et mendier son aumône ? Lorsqu'un Dieu se présente à lui sous les livrées de la misère et de la douleur, et semble lui dire : c'est moi qui suis votre Créateur et vous n'avez rien qui ne soit un don de ma bonté ; c'est

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