ROTES
Note D
(m rapporianl à la page tU)
I. — Le rapport des paroles qu'on lil dans saint Jean, et de celle de Tinstitulion est visible : là rnnn(/er; et ici manger : là boire , et ici boire; là ta chair ; et ici la chair ; ou ce qui est la mAroe chose, le corps : là ie sang : ici ie sang : là le manger et le boire, la chair et le sang séparément ; et ici la m^me chose . Si cela ne fait pas voir précisément que tout cela n'est qu'un seul et même mystère une seule et même vériU^« il n'y a plus d'analogie ni de convenance ; il n'y a plus de rapport ni de suite dans notre foi, ni dans les paroles et actions du Sauveur. Mais si le manger et le boire de saint Jean est le manger et le boire de l'institution ; donc en saint Jean, c'est un manger et un boire par la bouche; puisque dans Tinstitulion visiblement c'en est un de celte nature. Si la chair et le sang, dont il est parlé en saint Jean, n'est pas la chair et le sang en esprit et en ilgure, mais la chair véritable et le saog véritable, en leur propre et naturelle substance, il en est de ' * •■• iitulion : et l'on ne peut i
ini' . / mon corps : ceci est m"
d'un corps en (igure, d'un sang en figure ; que dans saint Jean : Si vous ne mangez ma chair, et si vous ne buvez mon sang, de la figure de l'un et de l'autre. Or, qui pourroit seulement songer que Jésus-Christ ait voulu dire : Si vous ne mangez ma chair en figure, et mon sang de même, il ny a point de vie pour vous : et, ma chair en figure est vraiment viande; et mon sang en figure est vraiment breuvage; ei ainsi du reste ? cela serait ainsi. Il ne l'est donc pas moins de
dire que Ceci est mon corps : Ceci est mon sang ; ne soit pas la vérité; mais Ia(l||:ure de l'un et de l'autre.
Vous dit**» que souvent, dans récriture, manger. c'eslcroire ; boire. c'est croire; et que c'est là le mander et le boire dont il est parlé dans saint Jean. Ma manger etboire à la fois c'est laméme chose ; Jtne se seroit pas arrêté jusqu'à quatre fois réitérées à d:- le manger d'avec le boire, ni la viande '1" -
le . c',8'il n'avoit pas regardé à autre chose, n ^
blement donc il a regardé aux paroles de l'institution ob manger, c'est prendre par la bouche; où boire, c'est boire dans une coupe et en avaler la liqueur. Ainsi, quoi qu'il en soit des autres passades, où manger et b' ■ ' - l'endroit que nous méditons, il
n'. . ,e que le manger et le boire soit
un manger, et un boire impropre et allégorique, ni autre chose qu'un manger et un boire véritable et proprement dit, un manger et un boire par la bouche du corps.
Je le crois ainsi, mon Sauveur I si vous ne niangeima rhair, si vous ne buvez mon sang : c'est-à-dirf» si vous n'«)b«'-i88ez à cette parole : Prenez^ mangez Ceci est mon corps; Buvez : Ceci est mon sang : et il n'y a d'autre différence entre ces paroles, sinon que par lune vous promettez, t'tns l'autre vous donnez ; dans l'une vous prépares, dans Taulre vous instituez; dans l'une TOUS vous étendez davantage sur le fruit, dans l'autre vous vous attachez plus précisément à exposer la chose même. Mais partout, c'est le it' le
même sang, reçu de û même manière, et . . ur la même (In, qui est de t'anir subsUnce à substance, à la rhuir et au sang que vous avez pris.
tjiu'i f•^l le vrai effet, et la chose, pour ainsi parler, de ce Harremrul? Kire incorporé à Jésos*Cbrisl : lui être
parruilement uni selon le corps et selon l'esprit : être avec lui une même chair et un même esprit, par la coDsommalion de ce chaste mariage : être de ses os et de sa chair, comme une épouse tidMe; mais être aussi <ie son esprit, en sorte qu'il jouisse, tout ensemble de notre corps, de notre eApril, de notre amour, comme nous jouissons du sien : en un mol, être le corps de .l'-iis-Chrisl, lui être uni membre à membre, comme les membres sont unis entre eux, comme tous le sont au cher, et cela pour toujours, sans jamais être en division ni en Troideur, ni avec lui, ni avec aucun de set membrt's ; parce qu'il veut non seulement venir en nous, mais y demeurer. Il ne s'unit qu'à reisrret et à contre- ( Il iir à ceux qu'il voit désunis dans la sii' >\a'k la
lin : il ne les répute pas siens, de cette n >ecrète
et permanente, dont il veut qu'on soit des siens : autrement son disciple bien-aimê dira : Ils étaient au milieu dr nous : ils en sont sortis : mais ils n étaient point des nôtres : et pourquoi ? Parce que s'ils avaient été des nôtres : ils seraient demeurés avec nous. Qui me mange demeure en moi, et moi en lui : et qui n'y demeure pas, ne me mange pas comme il faut.
En effet, qu'avons-nous dans l'eucharistie, qu'y avonsnous en substance, si ce n'est celui qui fait la félicité des bienheureux? C'est la même chose, la même substance ; et il n'y a qu'à ôter le voile. Seigneur, ôtez ce voile ; percez ce nuage : que me restera-t-il entre les mains et devant les yeux, sinon cet objet qui fera ma béatitude? N*ai-je pas déjà cet objet dans votre corps ? Dans le corps de Jésus-Christ n'ai-je pas son àme ? N'aije pas toute sa personne, et dans sa personne celui qui V habile corparellement avec une entière plénitude, , 'est-à-dire, le Verbe divin : et dans ce Verbe, n'âi-je
NOTBS SST)
pas son Père î et ii*a-l*U pas dit la vi^rité ; quand il a dit : Qui me voit, voit mon P^re. J'ai donc tout. Que me reste- l-il à désirer, sinou de voir ce que je liens, de percer le voile, de voir clairement et par une manifeste vision re que je sais ' j*ai, mais ce que je ne i-
pas? Mais il n'y a '^ neurer en lui : car ain^
demeurera en nous. Et il ne demande qu'à tire vu, qu'à être p.' * !)t possédé, qu'à jouir parfaitement de
nous eti «nnapt tous ses biens et lui-m^me pour
en jouir; enfin à être connu comme il connoit : c'est-àdire, à ' DU clairement, vivement, éternellement, sans ol>- au-dessus de toute vision. Voilà le fruit, la vérité, l'entière consommation du mystère de l'eucharistie.
II. — Mais quoi? Nous faudra-t-il dévorer sa chair, ou vive, ou morte, en sa propre espèce et nature ? Et puisqu'il faut que son sang nous soit aussi bien donné à boire.quesachair à manger; afin que donné ainsi, il nous soit en r—" • "•!♦» c'est pour la rémission de nos péchés qu'il a • lu ; faudra-il avaler ce sang en sa pro-
pre forme V A Dieu ne plaise. Dieu a trouvé le moyen, que sans rien perdre de la substance de son corps et de son sang, nons les prissions seulement d'une manière différente de relie dont ils sont naturellement exposés à nos sens. Far ce moyen, nous avons toute la substance de Tnn et de l'autre; et Dieu, en nous les donnant dans unp forme étrangère, nous sauve l'horreur -î la chair hutnnlne. el de boire du wntr hm propre lorni-
Kt rommenl '^ 1' i !■' i 'i'i pa
dit : C^ri r*t V' )n \rii r-.rps. iiiai^ i
figure du pain; il a pris une coup*- iiUnu' de vin, et II a
336 NOTBS
dit : Ceci est mon sang^ mon vrai sang, sous la fl^re de ce vin dont j'ai rempli la coupe que je vous prt'sente. Comme donc, atin que son Fils éternel el immortel pù{ mourir, il l'a fait Fils de l'homme : ainsi alln qu'on pAl manger celte chair el boire ce sang, il a fait ce corps, pain d'une certaine manière; puisqu'il a revAtu son corps de l'espèce el de la forme du pain : il a voulu que son sang fût encore versé dans nos bouches, et couUl en nous suus la forme et la figure du vin. Nous avons donc toute la substance de l'un elde l'autre; les figures anciennes s'accomplissent, noire foi <•- - amour a ce qu'il demande : il a Jésu^ ' !> en sn propre et véritable substance ; el l'Eglise le mange ; l'Eglise le reçoit : comme épouse elle jouit de son corps ; elle lui est unie corps à corps, pour lui élre aussi unie CAFMT à cœur, esprit à esprit. Comment tout cela s'est-il pu faire? Dieu a tant aimé le monde: l'amour peut loul ; l'amour fait, pour ainsi dire, l'impossible pour se contenter, el pour contenter son cher objet. Dieu aussi a fiiit pour nous l'impossible; je dis pour nous ; car pour lui, il n'y en a point : tout lui est possible. Mais ce qui •'toit impossible à la nature à faire, cl au sens humain à «comprendre; il l'a fait : sou Fils est devenu le Fils de i'iiomme ; et il s'est approché de nous : la nature humaine, qu'il a mise en quelque façon entre lui et nous, n'a point empêché que re ne soit lui-même en personne qui vint à nous, même comme Dieu : au contraire, il y est venu par l'homme même, el la chair qu'il a prise a él«' notre lien avec lui. Do môme, quand le Fils de
I homme a été donné à la mort, il a été vrai que le Dieu
II I nnturo qu'il avait prise. S'il f' I •- chair donnée pour nous en sacrifice; son amour en trouvera le moyen : PrenêM^
manget, ceci est mon corps : ne vous informez pas de la man^^^»» : c'esl la substance qu'il vous faut; car c'est à la substance qu'est unie la divinité et la vie. Sous la flfrure de ce pain, c'esl mon propre corps : sous la fijrure de ce vin, c'esl le même sang qui a Hé répandu pour vous. Mangez, buvez : tout est à vous : ne songez pas à ce que vos sens vous présentent ; c'est à votre foi que je parle ; c'est k pUo que je dis : Ceei est mon corps. Souvenez-vous donc que c'est moi qui vous le dis. Nui autre que moi. nul autre que le Fils de Dieu, par qui tout a " 'r de cette sorte. Sou-
venez-\' . . m- ce pain et de ce vin,
c'est mon corps, c'esl mon sang, que je vous donne : ce corps donné à la morl, ce sang répandu pour vos péchés.
El coromenl tout cela s'esl-il fait? Dieu a tant aime le monde. Il ne nous reste qu'à croire, et k dire avec le disciple bien-aimé : Nous avons cru à Camour que Dieu a pour nous. La belle profession de foi! le beau symbole! Que croyez-vous, chrétien? Je crois l'amour quf Dieu a pour moi. Je crois qu'il m'a donné son fils; Je crois qu'il s'est fait. homme; je crois qu'il s'est fait ma victime ; je crois qu'il s'est fait ma nourriture, et qu'il m'a donné son C4>rps à manger, son sang à boire, aussi Hubslantie lie ment qu'il a pris et immolé l'un et l'aiitr*».
III - Vt-nons-en au Sacrilii'i-. yu»l!f s-urifirf cljr>-lien ! J»* ne vols qu'un pan .
quelques pains au plus, un peu de vin dans le calice. 11 M' ire le sacriflce le pi as
sni •• qui se puina Jamais
compcfodre. Mois u'y aura-t-il point d<i chair, n'y aura-
338 HOTKS
Uil point de sang dans ce sacrifice 7 11 y aura de la chair, mais non pas la chair des animaux égorgés; il y aurada
sang, m.n: '- ' ' : -Christ: el celte chair el ce sang
seront ni ■". Kl d'où viendra relie chair,
d'où viendra ce sang ? I " ce pain et de ce vin : nne
parole toute paissante ^m iKu.i.quidecepain fera la chair du Sauveur, et de ce vin fem son sanp: tout ce qui sera proféré parcelle parole, S) ment ainsi qu'il
aura été prononcé; car c'esi ... .... .m ,.<irole qui a fait le
ciel et la terre, et qui fait tout ce qu'elle veut dans le ciel et dans la terre. Cette parole prononcée originairement par le Fils de Dieu, a fait de ce pain son corps, et de ce vin son sang. Mais il a dit à ses apôtres : Faites ceci : et ses apAlres nous ont enseigné qu'on le feroit jusqu'à ce qu'il vint : DOJfBC vbniat, jusqu'au dernier jugement. Ainsi la même parole répétée par les minislivs de J«''su8-Chri8l aura éternellement le mAme effet. Le pain et le vin se changent; le corps et le sang de Jésus-Christ en prennent la place. 0 Dieu! ils sont sur l'aiilel ce même corps, ce même sang; ce c itié
pour nous, ce sang répandu pour nous. (Ji ; >n-
nante merveille! C'est une merveille pour nous, mais ce î rien d'étonnant pour le Fils de Dieu, n( •' îi
tout par sa parole. Tu es guéri ; on i :
Tu es vivcnU : on vit, et la vie qui 8*en allait est rappelée.
Voilà le signe que Jésus-Christ nous a laissé, signe auquel nous reconnaissons qu'il est véritablement pré- «^enl. Car la parole nous le dit ; et il ne faut pas être en peine de In maniJ^re dont elle exécute ce qu'elle pro- Moncp : il ne faut songer qu'à ce qu'elle signifie. Car elle a en elle-même nne vertu pour faire tout ce que veut celui qui l'envoie. // a, dit il, envoyé sa parole^ et elle
les a guéris, et elle les a arrachés des mains de la mort. Sa parole ne revient point inutile : elle fait tout rf f/uil a ordonné . Entendez donc encore un coup celle parole : Ceci est mon corps. S'il avait voulu laisser un simple si^ne, il auroit dit : Ceci est un signe : s'il avait voulu que le corps fût avec le pain il auroit dit : Mon corps csl ici. Il ne dit pas : 11 est ici, mais : Ceci Vest : par là il nous définit ce que c'éloil, et ce que c'est. Quand on vous demandera : Qu'est-ce que ceci? 11 n'y a qu'un mot à répondre : TVsl son corps ; In parole a fait cette merveille .
Elle n'en demeure pas i;i. ^onir de m i)um m- du prêtre comme de celle du Fils de Dieu, elle a fait sur le saint autel ce changement prodigieux : elle tourne envertu sur nous tous, qui assistons au sacrifice : il en nous tous nos sens : nous ne voyons plus ; nom ne goûtons plus, par rapport à ce mystère. Ce qui nous parolt pain, n'est plus pain : ce qui nous paroll vin, n'est plus vin : c'est le corps, c'est le sang de Jésus- Christ. Nous n'en croyons plus le jugement de nos sens; nous en croyons la parole : elle a tout changé ; et nousmêmes nous ne sommes plus ce que nous étions, des hommes assujettis à leur sens, mais des hommes assujettis à la parole. En cet état nous approchons du saint autel : Venez, le désiré de mon cœur : Smvtr in TE A" V ; Mon âme a aoif de vous : en combien
de t.. ......es ma chair vous désire-t-elle. Oui, ma
chair prend part au désir de TAroe : ctr c'est en elle que
\ton
tous mes ù» crieront : Seigneur^ qui est semblable à vous? (Bosst'iT, Méditations sur t Evangile.)
340 itOTls
Note £
Kn s«»rt.iiil tlf .l»Tiis;iifm |t,ir i,i |iiirit' ui niilale que les chrétiens appellent aujourd'hui porte de Saint- Etienne, on descend dans la vallée de Josaphat, et, HpK>s avoir passé le torrent de Cédron, on se trouve au pied de la montagne des Oliviers, et tout près du jardin de Gethsémani. Ce nom signifie pressoir d'huile ; c'est là qu'on pressait les olives cueillies sur la montagne. C'est à Gethsémani, remarque saint Augustin, que Jésus-Christ a commencé à nous communiquer l'huile de sa miséricorde pour nous faire renaître dans la joie, l'huile de sa vertu pour nous donner la force de combattre, à son exemple, le démon avec succès. Les évangélistes donnent à ce lieu le nom de jardin, villa, domaine : c'était un lieu retiré, planté d'oliviers, comme il l'est encore aujourd'hui. Jésus-Christ passait le jour à enseigner dans le temple, puis il venait prier dans le jardin des Oliviers, et se rendait souvent à Béthanie pour la nuit. Dans le temps d<~ - solennités surtout, où tant de
monde affluait à m, on passait la nuit dans les
environs, sous des arbres ou sous des lentes, ce que permet la douceur du climat, et ce qui a lieu encore aujourd'hui.
A une des extrémités du jardin, il y a une grotte naturelle, assez .^: ' . dans laquelle on descend par
huit marches. I il le jour d'en haut par une
ouverture pratiquée dans le roc ; on croit que c'est par là qu'on jetait les olives dans la grotte où se trouvaient les pressoir* . Les chrétiens l'appellent : Grotte de l'agonie, An/rum agonise. Ou peut admettre avec toute
IfOTKS 341
vraisemblance qae notre Sauveur y avait déjà quelquefois passé la nuit avec ses disciples. D'après la sœur Emmerich, Adam et Eve, chassés du paradis étaient venus pleurer leur faute dans cette grotte. Du temps de 8.1; r/ T' * i.> elle servait de crypte à une église bâtie pard» - .' était 8008 le vocable de Saint Sauveur.
Le jardin de Getbsémani appartient aux Pères de Terre-Sainte ; ils l'ont entouré d'un mur d'environ huit pieds de baut pour protéger les arbres qui occupent seuls cet espace, long de soixante pieds et large de cent cinquante. Ce jardin, le plus saint qui existe, et ses arbres, les plus vénérables après l'arbre de la Croix, pu is-Christ venait prier sous leurs ombrages,
SOI .< s par les pèlerins de toutes les religions.
Aussi ceux-là mêmes qui leur refusent une si haute anti> quité ne peuvent nier qu'ils ont été nourris dans une terre arrosée des pleurs et du sang de notre Sauveur. Aujourd'hui ilii sont encore au nombre de huit.
Leurs rameaux font presque desséchés, maicependant encore quelques olives. Nous reçu celles qui jonchaient le sol sous les arbres ; nous en fîmes tomb* ' les-anes avec une pieuse «r
et nous en : . i*'S nos poches pour les app reliques de cette terre à nos amis. Je conçois qu'il est doux pour l'âme chrétienne de prier en roulant dans ses doigts les noyaux d'olives de ces arbres dont Jésus arrosa et féconda peut-être les racines de ses larmes, quand il pria lui-même pour la dernière fois sur la terre. Si r- r sont pas les mêmes troncs, ce sont probablement rejetons de ces arbres sacrés. Mais rien ne prouve qu* cène soient pasiden''—'«—'*nl les mêmes souches. J'a» parcouru toutes les { li monde où croit l'olivier :
cet arbre vil des tiècl*>ii, «l nulle part je n'en ai Irouv*'
de pins f^os, quoique plantés dans on sol rocallleax et aride ».
Tout près de ces arbres se trouve un rocher plat, sur lequel six ou huit personnes peuvent s'asseoir ou se coucher commoH«^mont ; indt^^pendamment de la tradition, tout porte à croire que c'est là que Ji^sus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, sedeie hic, tandis que j'irai là pour prier ». (Malt., XVI. 3rtl.
Tel est le jardin des Oliviers où se sont passées les premières scènes de la Passion. Dès maintenant nous sommes sur les traces de notre Rrdi'mpteur ; les lieux que nous allons visiter, les chemins que nous allons suivre, ont été sanctifiés par sa présence : paissionsnous à chaque pas recueillir ses divins enseignements et en pén»''lr«?r iu>lr«' ftme !
Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, voulut faire la Cène avec ses disciples, en un lieu qu'il avait choisi, dans le Cénacle, sur le mont Sion. L'agneau pascal ajant été mangé selon les prescriptions de la loi, il institua la divine Eucharistie. Lorsqu'un des douze. Judas Iscariote, eut reçu du pain 'les mains du Sauveur, il s'éloigna pour aller consommer son crime : Satan s'était emparé de lui.
Alors Jésus se disposa à accomplir la grande oeuvre qui lui avait été ordonnée par son Père. La nuit était venue ; il se dirigea vers le mont des Oliviers. Il faut une demi-heure pour aller du Cénacle à Gethsémani : • •ti traverse le Cédron, puis on remonte la vallée de J'>-<aphat, en suivant le pied de la montagne.
Arrivé dans le jardin. Jésus laissa huit de ses disciples
^'■' -'Cl ici, pendant que j'irai priera
. ^ I si ». Et prenant avec lui Pierre,
•II' ', ■' fl Jean, les mêmes qui avaient été les témoins
NOTF.S 843
de M transfiguration, il commença à s'attrister et k s'affliger, et il leur dit : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ; demeurei ici et veillez avec moi ». Et il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierrf>, et, s'élanl mis h genoux, il pria son Père.
Le lieu uù Judas trahit notre Sauveur est à dix ou douze pas du rocher où se trouvaient les api^tres. Jésus s'était un peu avancé vers Judas, et il lui dit : « Ami, pourquoi êles-vous venu ? Amice, ad quid venisti ? » Alors ceux 'qui étaient venus avec Judas se saisirent de Jésus. C'est dans ce m Ame lieu que saint Pierre coupa l'oreille à Malchus, \ alet du grand prêtre ; que Jésus flt un miracle pour le guérir, et qu'il dit à ceux qui se saiil de lui, et qui le garrottaient :€ Vol pour un voleur, avec des glaives et J'étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est maintenant votre heure et la puissance des ténèbres ». (Luc, XXII .
C'est donc ici que commence la Voie delà Captivité ; elle a environ un mille de longueur jusqu'à la maison du grand pnHre sur le mont Sion. Elle descend la vallée de Josaphat, en croisant le chemin que Notre- Seigneur avait suivi quelques jours auparavant lorsqu'il Qt son entrée triomphante à Jérusalem, puis traverse le Cédron, vis-à-vis des monuments de Josaphat et d'Absalon, monte la colline du temple, pénètre dans la ville par la porta Sterquiline. et va aboutir à la maison de l'n: nd-prétr- la maison d'Anne était sur
le li . . a, dans ur de la ville actuelle ; elle
a été convertie en église, et elle appartient aux Arménien».
Non loin de (îelhsémani, du cAté du sud, il y a des grottes sépulcrales profondes auxquelles on a donné plus