‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 70 sur 101 · N0TB · texte numérisé non relu

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tard le nom de Tombeau de Sain/- Jacques; on croit que cVsl là que les apôtres se cach?trenl pendant la passion de noire Sauveur, et quils y denieurèrenl sans nourriture jusqu'à ce que Jésus leur apparut après sa résurrection.

On croit de même que Marie et les les,

après la Cène, s'élaienl retirées, avec qu ^ . . > du Sauveur, dans la maison de Marie, mère de Marc, et qu'elles demourhrenl ensemble pendant celle nuit douloureuse en proie aux plus vives inquiétudes.

Jésus-Christ est arrêté, garrotté, maltraité, sur un ordre émané d'un conciliabule composé de prêtres et de docteurs de la loi ; et cela au milieu de la nuit, avec Taided'un traître et d'une troupe de valets : c'est-à-dire qu'on a violé toutes les lois, mis de côté toutes les formes juridiques, et que ces prêtres et ces jurisconsultes ont agi comme les malfaiteurs qui attendent leurs victimes dans les bois et dans les antres des rochers, ou comme tant d'autres magistrats qui, à différentes époques, ont voulu perdre quelques disciples de Jésus- Christ, coupables d'avoir enseigné la doctrine du rédempteur du genre humain.

Une tradition porte que notre Sauveur, en traversant le Cédron, tomba sur unepierre qui conserva l'empreinte (le ses genoux et de ses mains. Quaresmius, en citant ■nage du cardinal Baronius et celui I . qui assure avoir vu ces empreintes

encore parfaitement conservées, ajoute : « Je n'ignore pas que que! - ont tourné en ridicule ce fait

comme vain • jpbe ; mais c'est bien plutôt à eux que le ridicule appartient, puisque non seulement Timpression de ces vestiges n'est pas opposée à la raison, iii.usoUea pour elle une certaine convenance, l'autorité, et d'autres faits semblables •.

Les emprfintos iiu'on voit aujourd'hui sonl peu distinctes.

Las'i qu't'llo \ii 11- >.iiiv('iir ren-

Ters<^ il' - 1.-^ Si'. i^.u-ïi«> qu.' lui don-

naient les archers avant qu'il arrivât au lit du Cédron. Mais lorsqu'ils furent arrivés sur le milieu du pont, ils ne mirent plus de bornes à leurs cruautés : ils poussèrent brutalement Jésus enchaîné et le jetèrent de toute sa hauteur dans le torrent, lui disant de s'y désaltérer. II tomba sur les genoux, puis sur son visage, qui eût été grièvement blessé contre des rochers à peine couverts d'un peu d'eau, s'il ne l'avait pas garanti avec ses mains liées ensemble. Ses genoux, ses pieds, ses coudes et ses doigts s'imprimèrent miraculeusement sur le rocher où il tomba, c On ne croit plus à ces sortes de choses, ajoute-t-elle ; mais les rochers Turent moins durs et plus crojaols que le cœur des hommes et rendaient témoignage, dans ces terribles moments, de l'impression que la vérité suprême faisait sur eux. Je n'avais pas vu Jésus se désaltérer, malgré la terrible soif qui suivit son agonie au jardin des Olivier;» ; je le vis boire de l'eau du Cédron lorsqu'on l'y eut poussé, et j'appris que c'était l'accomplissement d'un passage propt ' Pi.

mes, où il est dit qu'il boira datis le < • -n

du torrent. fPs. CIX). (Mgr. Mislin Us Lieux Saints).

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Note F

{te rapportant à Ut poge lit)

Posons avant loules choses que Jésus, coDsidt'ranl en lui-mAme qu'il est juste que le pécheur. - de

Dieu qui est son appui, tombe dans ladei .. :^e;

au moment qu'il a résolu qu'il se mettrait en la place de tous les pécheurs, a suspendu volontairement et a retiré en lui-mAme tout l'usage de sa puissance. C'est pourquoi les Juifs s'approchanl pour se saisir de sa personne, il leur dit cette mémorable parole : < ^ nez à moi comme à un vuleur ; j'étais louslesj' >^ le temple et vous ne m'avez pas arrêté : mais c'est que Toici votre heure et la puissance des ténèbres ». Il veut dire, ô Juifs, si vous l'entendez, que vous ne pouviez pas l'arrêter alors, parce qu'il se servait de sa puissance ; maintenant qu'elle n'agit plus, la puissance opposée n'a plus rien qui la borne, qui lu contraigne. Voilà Jésus livré et abandonné à quiconque voudra l'outrager. .A^un^ est hora vestra et potestas tenebrarum. Cette suspension étonnante de la puissance du Fils de Dieu ne resserre pas seulement sa puissance extraordinaire et divine ; elle enchaîne la puissance même naturelle, el elle en suspend tout l'usage jusqu'au point que yous allez voir.

Qui ne peut pas résister à la force, quelquefois se peut sauver par la fuite ; qui ne peut pas éviter d'être pris, peut du moins se détendre quand on l'accuse ; celui à qui on ôte cette liberté, a du moins la voix pour gémir et se plaindre de l'injustice. Jésus s'est ôté toutes ces puissances ; tout est lié jussqu'à sa langue. 11 ne répond iid un l'accuse ; il ne murmure pas quand on le . et jusqu'à ce cri cunfus que forme le gémissement ou la plainte, triste et unique ressource de la fai-

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blesse opprimi'e, par où elle tâche d'attendrir les cœurs et d'arrêter par la pitié ce qu'elle n'a pu empêcher par lu force. Jésus ne veut pas se le permettre. Parmi toutes ces violences on n'entend point de murmures; mais < on n'entend pas seulement sa voix » ; Non aperuit os suum ; bien plus, il ne se permet pas seulement de di^lourner la tête des coups. Eh! un ver de terre que l'on foule aux pieds fait encore quelque effort pour se retirer, et Jésus se tient immobile, il ne tâche pas dVluder le coup par le moindre mouvement : Faciem meam non averti. Que fait-il donc dans sa passion ? Le voici, en un mot. dans l'Ecriture : Tradebat autemjudicanii se injuste ; « Il se livrait, il s'abandoonait à celui qui le jugeait inj' • •» ; et ce qui se dit de son juge, se doit en -

teu... .. .t-queromeot de tous ceux qui entreprennent

de l'iosulter : Iradehat autem ; il se donne à eux pour en faire tout ce qu'ils veulent. On ' let lèvres; on le veut lier, il pré>< vent sonfDeler, il tend les joues ; frapper à coupe de bâton, il tend le dos ; flageller inhumainement, il tend let épaules ; on l'accuse devant Cnlphe et devant Pilalc il se tient pour tout convaincu ; Hérode et toute sa cou- : ' '-t on le renvoie comme un fou;

il A. iioc On l'abandonne aux valets

et AQt soldats, et il s abandonne encore plus lui-même. CvU- '- - lutrefuis si majestueuse, qui ravissait en adii .«'ciel et la terre, il la présente droite et im-

mobile aux crachats de ci'tte canaille ; on lui arrache les cheveux et la barbe, il ne dit mot, il ne souffle pas ; c'est une pauvre brebis qui se laisse tondre. Venex. venez, camnrades, dit cette soldatesque insolente; voilà ce frm dans le corps de garde, qui s'iiu '■"•■.• '*-rt rui des Juifs ; il faut lui mettre une couronne : Tra-

(Ubat autem judicatiti se injuste ; il la reçoit ; t-l elle oe tient P9S assez, il faut l'enfoncer à coups de b&lon ; frappez, voilà la tète. Hérode l'ahubill'' ' ' ' un fou : apporte celle vieille casaque i. changer de couleurs; mettez, voilà les épaules ; donne, donne ta main, roi des Juifs, tiens ce roseau en forme de sceptre ; la voilà, faites-en ce que vous voudrez. Ah ! mainlenaol ce n'est plus un jeu, ton arrêt de mort est donné ; donne encore ta main qu'on la cloue ; tenez, la voilà encore. Enfin, assemblez-vous, Juifs et Romains, grands et petits, bourgeois et soldats, revenez cent fois à la charge ; multipliez sans fin les coups, 'f •- • res ; plaies sur plaies, douleurs sur douleurs, iii . sur

indignil<''8 ; insultez à sa misèn» jusque sur la croix ; qu'il devienne l'unique objet de votre risée comme un insensé, de votre fureur comme un scélérat : Tradebat autem ; il s'abandonne à vous sans réserve, il est prêt à souffrir tout ensemble tout ce qu'il y a de dur et d'insupportable dans une raillerie inhumaine et dans une cruauté malicieuse.

Faut-il que je fasse paraître successivement tous les différents personnages, un Judas qui le baise, un Pierre qui le rpt Malchus qui le frappe, des faux témoins

qui le Cl il, des prêtres qui blasphèment son nom,

un juge qui reconnaît et qui condamne néanmoins son innocence ? Faut-il que je vous dépeigne notre <~ gémissant à deux ou trois reprises sous la gf' coups de fouet, suant bous la pesanteur de sa croix, usant toutes les vergeis sur ses épaules, émoossant en sa tête la pointe des épines, lassant tous les bourreaux sur son corps ? Hais le jour nous aurait quittés avant que j'eusse seulement touché la moitié de ce détail épouvantable.

Contemplez celle face, autrefois les délices, maiulenanl l'horreur des yeux; regardez cet homme que PUale vous présente au haul du prétoire. Le voilà, le voilà, cet homme ; le voilà cet homme de douleurs : Ecce hnmo^ ecce fiotno. • Voilà l'homme -•. Et qui est-ce ? Tu homme ou un ver de terre ? Esl-ce un homme vivaul, ou bieu une victime écorcbée ? On vous le dil c'est un homme : Ecce hnmn, t voilà l'homme t. Le voilà l'homme de douleurs ; le voilà dans le triste état où Ta mis la Sriiagogue sa mère ; ou plutôt le voilà dans le Tonl mis nos péchés, nos propres péchés, ^^ . i : ludresur cet innocent tout ce déluge de

maai. 0 Jésus, qui vous pourrait reconnaître ? Nous l'avons VI itrophète, et il nVtail plu- lis-

sable». I de paraître Dieu, il avait III du

l'apparence d'homme et « nous l'avons cherché même en - • et desideravimus eum. Est-ce lui ?

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