‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 7 sur 101 · LE FIGUIER MAUDIT · texte numérisé non relu

LE FIGUIER MAUDIT

Évangile. Quand, le lendemain^ dès le point du jour, Jésus sortit de Béthanie avec ses disciples il eut faim ^

'1 "i/'!i,i ir la route un fitjuier au luxtt-

nii/ii /m. Il approcha pour voir s'il n'y

trouverait pas quelque fruit. Mais ce n'était pas encore la saison des figues, aussi n'y trouva-t-il que des feuilles ' .

Si nou8 devons croire que bien réelle élail la faim qui, après tant de fatigues et de jeûnes, ton i le

Sauveur, nous attribuons à sa marche vei ner

une toute autre intention que celle de s'y sastenler. Sa vraie faim était le salut des âmes par les enseignements qu'il leur prudi^'uail. Or, un solennel enseignement lui restait à donner, grave et formidable, celui-là ! Jusqu'ici sa puissance ne s*cst manifestée que dans le bienfait. Sans cesse il s'est montré Dieu dans les miracles qui rendaient aux malades la santé, aux infirmes Tintégrité de leurs membres, aux morts la plénitude de leur vie. Loin de nous rien apprendre de ses pouvoirs judiciaires, il nous rép^te qu* « il n'est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver >, et son amour est si véhément, sa tendresse pour les pécheurs si inépuisable, qu'il nous est comme impossible d'apercevoir autre chose en lui que la miséricorde et le pardon.

Or cette autre chose, il importait de la connaître, et I 'tait en Lui la puissance de punir quand la mesure lie la miséricorde était épuisée. Si jamais nous n'aimerons assez TAmour incarné, nous devons le craindre aussi,car si rien n'est patient et bon comme l'amour, rien n'est autant que lui terrible quand, pn'- nn înviacible endurcissement, on Ta exaspéré.

Marc. XI. 11 1:1. liait \\\, |8. iO.

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O'esl donc son pouvoir judiciaire et vengeur dont il ■ ' • preuve saisissante ; et, bon

jii-^ . ^'c*^ sur un èlre inanimé qu'il

Doas fait voir le terrible effet de sa malédiction. Il agit d<- tulrerois quand voulant montrer la cruauté du

dcii sra à sa férocité le troupeau de porcs au pays

de Gérare. Il s'approche du flguier, jette sur son trompeur Teuillageet sa stérile vigueur un regard courroucé: (^uf! nui, sécrie-t-Hy ne mange Jamais de ton fruit! Que jamais fruit ne naisse de toi • /

I ' - - rnol n'était pas prononcé que l'arbre se d« lie dans ses racines*.

li ri'si.i comme le monument de la puissance judiciaire (le Jésus-Christ. Il était chargé de prédire au munde le sort qui attendait les peuples, les Sociétés, les individus, dont la pufsislanle stérilité et les vices incurables tarissaient entiu la miséricorde et appelaient la malédiction.

Le premier peuple que sun crime et son impénilence firent maudire fut le peuple Juif: il s'enorgueillissait de son hiskoirfl, de ses Ancêtres, de sa Loi, de son culte^ de sa ' •• morale sur les autres peuples, comme

Tarbre .-.■ ...< ..«: son luxuriant feuillage; mais quand Dieu cherchait en lui des vertus vérilablea, des fruits savoureux, il n'y trouvait que des vices et l'insupportable orgueil qui transliguraitcvs vices en vertus. Dieu fut patient jusqu'au bout, mais enfin le jour vint où la justice prit la place de la miséricorde et où •• senleoce fut portée : « que

jamais désormais au ai ne naisse de toi! •

Celte leutence a depuis frappé sur la roule des siècles

» Mill.XXL 19.

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bien de» SociéU^s prrvaricalrices, el la cause en reste la m^me toujours. Toute nation vit pour le < produire les fruits de TEvangile. Devient-* ^ . Renie-l-elle le Christ et se reFuse-t-elle à la mission que Dieu lui confie? Dieu pout la r durtiii

des siècles, aais la sentence qui tu< .i<- nation,

pour tardive qu'elle puisse être, n'en sera pas moins prononcée.

Dans un cercle plus restreint, combien de figuiers desséchés nous apparaissent! Cesftmesqui ont longtemps fatigué Dieu par leur stérilité obslitn>e, nous les voyons arides et mortes. Plus aucune vertu, plus un acte drpiété, plus une bonne œuvre, plus rien qui soit du ciel, rien qui s'élève au-dessus des sens. Malheureuses âmes! la sentence a retenti sur elles : t Que personne ne mange plus de ton fruit! Que jamais fruit ne naisse de toi! •• C'est une sorte de damnation avant la mort.

11. — A peine Jésus ful-il entré dans le temple que les Pharisiens l'entourèrent pour lui poser une question où ils trouvèrent moyen d'entasser sottise, impiété, injustice. Sottise assurément de demander ses lettres de crédit à Celui qu'ils voyaient revêtu de la toute puissance divine, qui semait les miracles à profusion el les opérait précisément comme preuve «|u'il venait du ciel et qu'il était Dieu. A ce Dieu ils demandent au nom de qui et en la puissance do qui il agit, comme si Dieu ne réunissait pas en lui tous les pouvoirs ! L'impiété fait sans doute aussi le fond do leur iiisoloiito question. Ils avaient tant de fois insinué que Jésus empruntait au démon sa mir 1 ■ ... puissance, qu'ils lui demandaient aujourd'ii j leur avouer. Autant que l'impiété, l'injuslico

abonde sur leurs lèvres et dans leurs cœurs, puisque la

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