LE FIGUIER MAUDIT
[•ui&sanre en Jésus-Cbrisl »e mettait constamment au -(Tvioi* '!• '• cl «'clalait surlonl en hionfails.
A une 1411 < que la malice seule et la sottise inspi-
raient, le Sauveur ne devait aucune réponse. Celte ré- [lunse il ne l'avait jamais refusée aux âmes droites. A la Samaritaine, il se montre tel qu'il est : Dieu. A l'Aveugle né il découvre de m^me sa divine origine. A Marthe il : c la Résurrection et la vie ». A tous -lit, il se fait connaître; aux indignes s il se dérobe. Et comme ici la députation des Sa- : ;::l> ~ ' ubie et le scandale dans le peuple
1^1.1. .1 - luveur humilie publiquement ces
superbes. Après qu'ils lui eurent dit : « De quel droit faites -vous toutes ces choses? qui vous adonné ce pouvoir? » — Je vous ferai aussi une question, leur répartit Jésus, si vous me répotuies Je vous dirai ■ru de quel droit j'agis. Le baptême de Jean, d'où lit-il? Du ciel ou des hommes ' ? Les Pharisiens \ irent de suite dans quel lacet Jésus les prenait et cominfTit. f|ti«>! j!ie réponse qu'ils fissent, ils tombaient, soil -Ml- 4 : ; rubation, soit sous celle du peuple. Jean avait ouvertement proclamé la Divinité du Christ el avait exalté sa suréminence au-dessus de toute grandeur iiumaiuo : si Jésus était de Dieu et que sa mission ' ' ''r vint du ciel on était inexcusable de n'avoir
, ' i::. à sa parole. D'autre part, était-il possible de !: tiier Jean d'imposteur elde faux prophète devant tout •' qui le vénérait comme un saint? Lrs Phari- ,'nsaient en eux-mêmes : si nous répondons qu'il vient du ciel, il nous dira : pourquoi ne Cavesvolts pdf cru ? Si nous disons : il est des hommes, le
* Lue.. XX. Il Mare. XI. 27, «, », M. MaU., XXI. ». U, 15.
28 PARABOLK DBS DEUX FILS
peuple nous lapidera [car tous tenaient Jean comme un prophète) '. Au danger dV-lre lapida»» ilspréft^rèrent la confusion et se turent; puis pressés par Jésus-Chrisl de n'"pondre : Nous n'en savons rien, dirent-ils*, subissant ainsi devant la foule la honte d'ignorer, eux les Maîtres, les Docteurs, les chefs de la nation, une des questions les plus vitales de IV'poque. Sans plus s'occuper d'eux, Jésus se tourna vers la foule et continua Ir cours de son enseignement, après leur avoir dit ces seules paroles : Eh bien, moi non plus je ne vous dirai pas en quel poinoir faqis '.
111. — A la foule il proposa une nouvelle l'arabole. Que vous en semble ? l'n homme avait deux fils, et venant au premier il lui dit : t Mon fils, allez aujourd'hui trarailler à ma viqne ». — <t Jene veux pas », répliqua celui-ci. Mais ensuite touché de repentir il y alla. Venant au second, le Père parla de même et ce second fils répondit: • J'y vais, Seigneur». Et il n'y alla point ♦.
Lequel des deux a fait la volonté de son père ?
Le peuple n'hésita point : le premier, répondit-il''. Si le Sauveur les eût pris directement à partie, ils se fussent sans doute récriés avec colère. Mais c'est de leur propre bouche que sort la sentence qui les condamne. Dieu a deux (ils, deux peuples, qu'il a également appelés à lui : la gentilité et le peuple Juif. Les nations idolâtres n'ont point feint une obéissance qu'elles repu-
« MaU., XXI. «S, 26. Luc. XX, 5. 6. 7. Marc., XI, 31, 3Î, 33.
* MatU. XXI. ».». Marc. XI. 31 -3i-33.
* Marc., XI, 33. Mau.. XXI, 27.
* Malt., XXI.S8, ». 30.
* MatL, XXf,3l.
PARABOLE DBS DBUX FILS 29
Jiaieat, elles ont opposé à Dieu unrerus brutal, elles ont (lit : < Non ! • et se sont perdues dans les iinpt(''t4^s et !e> huiilcs de TidolAtrie. Mais les voici qui se repentent, qui reviennent au vrai Dieu, qui écouteront Jésus-Christ et l'adoreront comme leur Dieu. Leur mouvement de conversion commence sur les rives du Jourdain quand Jean le Précurseur y prêche la pénitence et la foi en Jésus-Christ, ce mouvement s'accentuera et l'heure vient où le monde païen se convertira tout entier au Christianisme.
Qa'en est-il d'autre part du peuple Juif, le second fils de Dieu, né au moment de la révolte du premier? Celnilà n'a cessé de promettre obéissance ; sans cesse il a les mots de Dieu,- de vertu, de sainteté, à la bouche; il se complaît dans la Loi, il y met sa gloire, il s'y repose, et, sans en remplir aucun précepte, en les violant tons, i^ s'appelle le peuple saint, la nation bénie, le seul véritable adorateur de Dieu. 0 ' ii-il, quand les publirains et les pécheurs se C" —aient à la parole de
Jean ? Il demeurait orgueilleusement éloigné et déver- < lit -iir Jean un mépris à peine dissimulé. Les humbles -• < >utn*ataient, les Pharisiens et les Chefs du peuple se révoltaient et se retranchaient dans leur orgueilleuse impénitence. La conclusion de la Parabole, enxinémes l'ont tirée et Jésus achève leur condamnation : Je rout If dùi en vérité^ les Publicains et les courti' ^ntift rnuM précédei nnt dans le royaume dr Dieu. Ji an rst venu â vous dam la voie de ta justice et tous n'ftvez pas cru m lui. Mais les publicains et les courtisanes y ont cru '. Ils devaient donner l'eKemple, et eux-mêmes n'ont pas suivi l'exemple que lear don-
> Mau., X\l. >i. .a
30 l'ARAROLK ItF.S DKIX FILS
naient les pécheurs ! Us élaient les Chefs el loin d'i;; traîner les autres, la conversion dos autres ne pul m. lu. pas les entraîner, et ils ne se sont point convertis '.
Gardons-nous d'assister ensimplescurieux àcesenseignements du Temple et de croire qu'ils ne s'appliquent qu'aux Juifs qui les entendent. Prenons-en notre part. Quel est ce flls, en apparence si respectueux, si obéissant, qui ne dit pas même : « oui, Seigneur, j'irai, » mais bien: t je vais, » je cours, tant son obéissance parait pleine et empressée? Quel est-il ? De qui est-il Timage? De nous peut-être, nous, dévoués à Dieu par état, servant Dieu sous la garde de vn'ux et de promesses, réputés gens de dévotion et de sainteté. Laies pieux, prêtres, religieux, religieuses, prenons garde que tro{i habitués à notre profession d'obéissance nous en conservions plutâl l'apparence que la réalité, que nous gardions pour nous nos volontés propres, nos défauts qu< nous ne corrigeons pas, notre inertie i^piriluelle que nous ne réveillons pas, ne donnant à Dieu que des promesses sans effet et à notre conscience que les seuls semblants de la vertu. Combien les pécheurs convertis | V>: font à Dieu et rentreront dans sa gr&ce, tandis que h serons devenus une insupportable charge à son ccBur ! Eux, après d'insolents refus d'obéir reviennent h Dieu de tout le généreux élan de leur Ame : nous, lui disuiil sans cesse : « j'y vais >», j'obéis, nous ne menons qu'une vie de nonchalance, d'égolsme et de tiédeur I
IV. — L'insolence des Pharisiens força le Sauveur k leur dédier une autre parabole, où ce n'est plus leur simple insoumission, mais leurs instincts sanguinaires,
> Matt.. XXI. 31.
PARABOLK DE LA VIGNR 'M
le MDg qui ioonde leur histoire, et comme couronnement «le leurs autres crimes, le déïcide qii'ils ont comploté et qu'ils sont à la veille de consommer qu'il leur fait apparaître. Rien n'est vaste et saisissant comme cette Parabole des vignerons homicides. Jésus y trace dans ses grandes lignes l'histoire du monde, depuis la formation du peuple Juif jusqu'à la On des temps, depuis les inépuisables bontés de Dieu envers Israël, boDlés toujours repoussées, jusqu'au dernier crime, le criine du Calvaire, qui comble la mesure, amène sur la Nation déicide les plus épouvantables châtiments, et fuit Tenir de toutes les parties du monde les peuples idol&tres entrés dans l'héritage de foi et de grâce dont les Juifs sont à jamais chassés. La Parabole va plus avant encore et montre, à travers tous les siècles, les ruines assurées qii ' ' tout individu, toute famille, toute Société,
qi. iis-Christ de son sein.
écoutez f dit Jésus, une autre Parabole. Un père du fawUle planta une vigne, Centoura d'une haie, y creusa un pressoir, et y bâtit une tour. Puis il la loua à des vignerons *. Rien ne manqua au peuple Juif et Dieu épuisa pour lui les délicatesses de sa sollicitude et les richesses de ses bienfaits. La vigne aux fruits MvuureuK, c'est la révélation, c'est la lumière delà vraie foi, c'est la grâce anticipée de Jésus-Christ, c'est l'admirable ensemble de tous les moyens de salut dont le peuple Juif est l'heureux dépositaire. Dieu étend sur ce peuple sa jalouse protection, nul n'y touche impunément, M viirne est entourée « d'arbustes épineux » qui déchir<-' la voudrait dévaster. Un pressoir a été
bAi. , r aux vignerons toute fatigue et leur faci-
> MaU.. XXI, 33. Mare., XII. 1. t. Lac.. XX. 9.
3i PARABOUC DB LA VICNK
Hier lo Iravail quo le plTft dft famille attend deux. D'ailleurs il leur laisse luul luisir : // s'en va et pour loitytemps en une lointaine contrée '. Dieu nous laisse h nous-mêmes, à notre libre arbitre, et nous avons 1« temps de lui rapporter le prix convenu.
Comment, durant les longs siècles qui composent son hisloiro, le peuple Juif reconnut-il " " . ifajis de Di< n "• Sa perversité et son instinct san. . • pemonlirni dès les premiers moments. Lorsque vint la vendange^ le ^f ' ' ' tfa aux vignerons Cun
sc^ i tir le fruit. L'ayant -<
les vignerons le frappèrent et le renvoyèrent san* lui rien donner. Il leur en envoya un autre qu'ils blessèrent et qu'ils couvrirent d'outrages et qu'ils renvoyèrent comme l'autre, sans lui rien donner. Un troisième, ils le jetèrent, hors de la vigne et le massacrèrent '. Chaque personnage, chaque Prophète que Dieu envoyait au peuple Juif était persécuté h outrance et le plus souvent mis à mort. Dieu ne se lassait pa» dans ses miséricordes ni son peuple dans sa pcr^'ersité. Et saint Etienne avant d'être martyrisé put leur reprocher les flots de sang qu'ils avaient versé : a quel des Prophètes n'ont pas persécuté vos pères? Ils les massacraient parce qu'ils annonçaient la venue du Juste, do ce Juste que vous avez trahi vous-mêmes et que vous avez mis à mort. » Et saint Paul nous fait l'effrayanto peinture des mauvais traitements que les Saints de l'Ancienne Alliance subissaient dans leur propre patrie : « outrages, blessures, chaînes et emprisonnements ils avaient tout à supporter. On les lapidait, on les coupait
I Lac. XX, 9. Marc, XII, l MaU., \X(. .13. * MaU., XXI, 35. 39. Marc., XII, 2, 3, 4. 5. toc, XX. 10, 11.