inl ». C'esl celle voix «^clalaiitc mu- vienl
il I ire; c'rsl celle môme voix qui, à lu fin
<lu monde, ressuscilera le genre humain lout enlier. Cesl elle aussi qui si souvent réveille le pécheur du fond de son crime où il dorl comme dans un lomheau. El quand le cri a été poussé : « I^izare, sortez », quand la conscience a parlé cl que la conression des péchés est faite, c'est la résurrection d'un mort aux splendeurs de la vie surnaturelle.
S fat i m dit l'Evangile. C'est soudain que le mort sort (!(•>'. 11 s.'pulcre. Les œuvres de Dieu frardenl dans une insiani.uiéité puissante la marque du Mallre qui commaiid»' tl veut Aire sans relard obéi. Telle sera la résurret lion ^;énérale, rapide comm« la pensée, instantanée « comme le clin d'œil », comme l'éclair. Si Dieu a créé et organisé l'univers par degrés, par périodes successives, c'est pour donner à l'homme la leçon d'un travail patient et réglé. A la fin du monde, rien de tel. Dieu y déploie d'un coup toute sa force, et le genre humain sort de sa pous^i^re au premier cri qui est poussé. « Clamor factus est, e&ite l > t Le cri vient de retentir, sortez» !
Jésus eut pu ne faire apparaître Lazare que dans le complet appareil de la vie : il lui laisse > la
lugubre livrée de la mort. Lr mort <«r/ "•%
pieds et les mains liés de bandelettes et te visage enf /A. />p/ (Tm/i /i/i///" Ml fallait donner aux Jui^ ' iiis •lu tiiiracle, une preuve nouvelle de son aui: l't
enlever à leur malice jusqu'à la pensée d'une supposi* Uon : c'est bien U le mort dont Us ont vu quatre Jours auparavant l'ensevelissement.
• Joaa..Xl. 44.
151 U HéSURRBCnO.N OK LA/.Ane
Même sagesse divine dans Tordre que M'&u^ leur donne : c déliez-le et laissez-le aller ». Non seulemenl l»i \ ont coni-lnli' le miracli;, i ' • : s
eli ? en loucheront l'irrécusui. i>
dépouillé de ses linges cl de ses ligaments mortuaires marrhera, regagnera Bétbanie, reprendra la place et le» fondions d'où la mort l'avait chassé. Impo<sil»!e do songer à une reviviscence irréelle et passagère
N'y eut-il, ■ dans le miracle de Lazare r qu'une preuve, éclatante entre toutes, do la l* i-
Jésus-Christ : la page évangéliquo qui en fait le récit resterait solennelle et précieuse à notre foi. Mais de profonds enseignemenLH en jaillissent comme un riche surplus. Lazare est la figure du chrétien, c'est à-dire de l'homme que la gr&ce de Dini rappelle de la mort originelle à la vie divine. Sorti de sa perdition comme de l'horreur du sépulcre, le chrétien demeurera plein de force et de vie, mais en même temp.s il gardera « les bandelettes et le suaire », vestiges de l'état de mort dont la grAce du Rédempteur l'a délivré. La concupiscence, l'attrait au mal, les faiblesses de sa volonté, les trahi sons de sa conscience, les demi-obscurités de sa raison lui seront un vivant et perpétuel souvenir de son péclp et de l'imperfection de la vie présente, c L'n suaire enveloppera sa télc • et voilera ses yeux, car la nuit du mystère l'entoure encore et la claire vision des choses lui est momentanément refusée. C'est l'épreuve h subir et le mérite à gagner. Quand l'épreuve est faite cl la victoire remportée, Dieu donne à i-e» anges l'ordre • « délier » des entraves mortelles et de lui faire jtn n i . Tcssor vers son éternelle demeure : t déliez-le et laissez le aller ».
.\utre image aussi eiacle et aussi saisissante, celle de
LA hr.T., nur.i.i l.»S i-r. LA/CAHiik 455
.>urrecUon d'une Ame parle Sacrement de péni-
iruce. Qaaod l'aTeii des p^'chés est accompli, l'absolut "-e qne la voix m^mc de Jé-
M.. '. :. .:.j : «Lazare, sortez», âme
morte, sors de Ion sépulcre, de ta perdition, viens à In
des entrave!» de <os habitudes mauvaises, avec une volonté alTai ■ le, une vi: rcie. C'esi . ^ • iirs de t ■ <• larilablcs et dévoués, à la t délier > peu à peu de ces 1 II ' ' ' ■' ' >-c9. A eux h lui ' |i! Nsor libre et pui>- • IK*Uez-ie et laissez-le aller ».
IV. — Deux résultats contraires suivirent l'accomplissiM: ■ ' ' . irle : le plus grand nti ' desJii . <-nt à Tévidence et cri.
quelques-uns trouvén^nl dans ce qui eut dû les éclairer 0t ' - ' " un nouveau sujet de haine et une occaï. la perte de Jésus. Les nombreux Juifs
qui étaient venus visiter Marthe et Marie et qui avaient été témoins du mirnrle de Jésus crurent en lui '. Mi-quelques-uns au contraire allèrent trouver les Plini . i leur raconl^renl ce qui venait de se passer*. I ... — „„.nj parut de» plus graves aux Pontifes rt n des prêtre», trrave pour leur envie et leur liai iir l'i leur volonté d ' u*. Le miracle
.),. (!.ii..i,n. avuii iiii|>i> ....... ... ; ..il- ; le bruit eu
1 dans Jérusalem; la popularité du Sauveur ortoutcc que celle des Pharisiens allait perdre :
• Juan. \l i
456 LA RésURRECnON DB LAZARE
encorr ••• ' • rs faits de ce genre el c'élait lini (in règii' du I*li . ... Le lemps pressait, les mesures e\
trômeg devaienl ^Ire prises sans relard. On s'assembla Les Pontifes et les Pharisiens réunirent le Con ' qu'allom-îious faire, se demandaient-ils. Cet ho, fait des miracles sans nombre ; si nous le laissons ainsi tous croiront en lui '.
Voilà révélé le fond du cœur de ces homicides. Toul est perversité el folie dans ce Conseil : les membres qui le composent, les sentiments qui s*y font jour, la ruse diabolique qui s'y déploie, la résolution qui s'y prend Ce sont des Prt^lres et des Pharisiens que nous voyouréunis , tout ce que Jérusalem compte de lettrés et de religieux. Ils savent les Prophéties, ils connaissent à quels traits doit se reconnaître le Messie, el tous ces traits s'adaptent à Jésus-Christ elà nul autre. Leur raison leur dit que le miracle vient do Dieu, et que le Christ qui les multiplie no les peut opérer que s'il est ce qu'il dit •*lro: le Messie, fils de Dieu. Ils savent tout cela, mais la passion les aveugle : « lous croiront en lui » : voilà pour eux le seul motif de se défaire de Jésus. El leur aveuglement est tel que ce qui devait les amener à lui les en éloigne. C'est parce qu'il fait des miracles qu*il faut 1< faire mourir !
Mais telle est la passion qui enlève à la raison toute lumière comme an cœur toute droiture.
Us perdront Jésus ; ils y sont résolus fcri Mais comment ? C'est ici que leur embarras « ■ et que leur ruse diabolique se fait jour. Tant que le peuple s'attachera à Jésus prêt à se mutine; défendre, un coup de force leur semble sinon iiii|
• Joan., XI, 47-48.
LA RéSt'RRBCTIOJf DR LAZARE 457
au moins périlleux . Que faul-il alors? Egarer le peuple, lui persuader <]«© J(^8U8 esl pour la nation un très grave danger, que la domination à laquelle il aspire, le rt'gne qu'il pr»''p<ire, armera contre le peuple Juif l'implacable inimitié des Humains, et qu'ainsi à cause de Jésus la nation toute enli«Te périra. La trame esl abominable, tant Jésus s'est toujours tenu éloigné de toute ambition, tant sa vieesl humble et pauvre, tant naguère il repoussait ceux qui le voulaient faire roi. Mais que ne persuadet on pas à la foule, alors surtout que ce sont ses chefs nv«Tés et obéis qui lui parlent ? Elle ne résistera pas quand ses Maîtres lui diront : Les fiomains viendront • ville et notre nation • .
, i.md Calphe brusqua les choses cl en
lUt d'emblée au déicide. Tout lui semblait vain et inef-
•• si on n* lenl la mort de Jésus.
\ oiis n'y rntt i< ! Vous ne sonf/ez donc
pa% qu'il faut tfu'un homme meure pour le peuple
•les paroles de liaîne et de sang ; Dieu, par an des incompréhensibles mystères de sa sagesse. ' ' ' "re
et de prophétie. Calpb* i-
tifical qu'il Détenait que de l'ini; lu bon plaisir
1t> Rome, mais la dignité elle-ui- m .. . ^ 1 1
I Dieu continuait d*y attacher !'•
ilpho à son insu prononçait la plus divme des proplie-
'î I 1-— .- non pas d'un peuple, mais du genre
par la mort de l'Homme-Dieu. Ce Il > ^1 i,>i- dr Im-m^me qu'il parla ainsi, mais étant
imiid prêtre cette année-là^ il prophétisa que Jésus
• Joao.. XI, 17, m.
« Joan., XI. 40. ».
458 LA IlÉSURRIXTiON DK LAZARK
devait mourir pour In nation, et non srr/ . >ir
elle, mais encore pour rassembler en un s
enfants de Dieu dispersés ' .
Jésus est donc condumné à mort. I)<Mi\ rtx. ii
seules à r«*gler : son arreslalion, puis sa t(M u
devant le Sanhédrin qui prononcera juridiquement 1 1 sentence cl devant Pilate qu'on amènera à la ratifier. (> se tint ce funeste et honteux conciliabule 7 Non dans ! temple ou dans le lieu ordinaire des Assemblées, mais l'écart, et selon une tradition digne de foi sur une coUii; où Calphe possédait une maison de campagne, coUit; que les Chrétiens ne manquèrent pas de désigner sous le nom de « Colline du Mauvais Conseil >». 1/ombre et In solitude convenaient bien uux impies cons^pirateurs, et c'est loin du peuple, dans le plus profond secret, qu'ils machinèrent leur sanglant dessein *.
Pourquoi ne s'emparèrent-ils pas aassitAt de Jésus Parce que Jésus ne voulait mourir qu'au jour et à l'heure marqués par sa volonté souveraine. Celait dans une Jérusalem remplie d'une multitude de peuple, au moment de la Pâque, que le grand Sacrifice de la Nou- ▼elle Loi devait s'offrir et remplacer les rites figuratifs de l'Ancienne. C'était l'heure qu'il appelait « son heure » et qu'aucune puissance humaine ne pouvait devancer.
l)n mois environ le sépare encore de sa Passion ; il en passe la première partie dans une bourgade du nom d'Ephrem, située dans une région monta u' l sau-
vage, entre Hethol et le Jourdain. Il s'y ' ' à ses
Apôtres. Puis, lentement, gagne Jérusalem pour y mourir, s'arrétantun moment à Bélbanie afin d'y revoir < '
* Joan., XI, 5t. Si.
• Joao.,ltI.5i.
U'tl'UHbH A BÉTIUMt 15U
Il > ruiix.ier la famille si tendrement aimée de Marie, de Martb'' et de Lazare.
D'EI'IIRKy A IIÉTIIANIE.
I. — étrange situation où se trouve l'Humme-Uicu ! l.a ft^te de la Pàquc est proche ; dans toute la région les carivanpise forment joyeusement et prennent le chemin de Jérusalem, d'où se trouve exilé Celui-là seul qui eu est le I^onlife et le Roi ! Il a fui la haine et les complots des Juifs et il demeure avec ses Apôtres dans la solitude sauvage d'Kphrem. La Pàque des Juifs était proche et de toute la contrée un grand nombre sf f à la Ville Sainte avant la fête, afin de se
pu. -, .La foule prenait l'avance pour se « purifier». Elle allait à Jérusalem pour célébrer la plus grande et la pi - f»*le8, «1 ■ v.iil ^tre témoin, sinon
1 plus épu ..• des crimes, entraînée
iQt les haiues sanclantcs des Chefs de la nation et criaDl avec eux le "u'alur «déicide. Aussi l'E-
vanrilc dit-il que la PAqnc dr«? Juifs », ce
t plus la P&que de Dieu ' te do Jésus, di .uiU.« élonrif .
Jésus trace à son K. pour
toute la suite ' \ront
t«air. Quand )• nu, il
faut n! ilionau martyre. Quand cette '
esllouèi.iiii. . .M..n:, il faut f-- • ' ilo fuite est mn'. par la pnulonre ; elle est le i .\ une présomption
460 d'ephrem a bêthanib
dangereuse ; elle apaise des fureurs prèles à éclater , elle sauve ce qui ptnit ^trc sauvé encore des (lammes d'un incendie ou des désastres d'un naufrage. A l'heure présente celte fuite et ce séjour loin de Jérusalem ménageaient les forces si incertaines des Ap(^tres et les préparaient doucement aux suprêmes combats. Nous les trouvons bien peu vaillants, mais n'oublions ni d'où Jésus les a tirés, ni les vertus déjà héroïques dont ils donnent la preuve. Alors que tout abandonne Jésus, eux hii restent fidèles ; qu.tnd IsraiM a perdu la foi, eux la gardent ; quand il leur annoncera tout à l'heure les sanglantes péripéties de sa mort, ils ne se détache i de lui. Ils écoutent ses instructions et durant i • d'Ephrem, le dernier avant sa Passion, Jésus achève de les instruire et s'efforce de les aguerrir.
Pendant ce temps, Jérusalem était dans l'agitation et le trouble. Plus que jamais les entretiens y roulaient sur Jésus qui, plus que jamais, « était un signe de contradiction • , exalté parles uns, dénigré par les antres, repoussé par le plus grand nombre, soit aveuglement, soit crainte des Pontifes et des Princes des prêtres. Ceux-ci, ne voyant pas arriver le Sauveur pour la fêle, commençaient à craindre que leur proie ne leur échappât ; ils envoyaient partout leurs émissaires et échangeaient entre eux les questions anxieuses : Ils cherchaient Jésus, et dans le temple se disaient entrr euj: : c pensez-vous qu'il ne vienne pas à la fête ? » . Les Pontifes avaient en effet donné des ordres afin que quiconque sachant où était Jésus, le dénonçai afin qu'ifs //» fissent nrrr/rr ' .
'Joan.. XI. SO.
J&Sl'S A7r?(0f(CS SA MORT PROCOAINB A SK8 AP«'*TRES 461