‹ Nos saint évangilesChapitre 104 sur 124 · II. I ' - .àce · texte numérisé non relu

II. I ' - .àce

moiiv . ^ : i ^ . ^ [fndre

à Jérusalem et y mourir. L'heure est venue: heure pr ' ' " ' toutes, P ' ' ' .'lis le

1" • e dans 1« - le tous

les peuples, annoncée par les Prophèleé, figurée sur toute la surface du monde par le sang des victimes, mais entrevue plus distinctement dans Israël qui n'a d'autre raison d'Mre au milieu des peuples que de conserver vivante, enli^re, la foi au Messie Rédempteur. Tout a été divincmtul réglé dans ce grand œuvre, et l'heure du Calvaire plus encore que tout le reste. Jésus ne meurt qu'apr«>s s'être, par d'innombrables mirn ' , montré le Fils de Dieu Tout Puissant. L'infamie mort ne deviendra un scandale qne pour les aveugles obstinés ; pour les croyants ce sera le triomphe c de la sagesse et de la puissance de Dieu t, puisque sa mort est volontaire cl que jusqu'à l'heure où il lui plall de se livrer à ses ennemis, nulle force humaine n'a rien pu sor lai. Jésus enfln meurt quand set enseignements ont illuminé le monde et n'ont pas moins qoe ses miracles prouvé sa Divinité.

Quelle majesté sereine dans sa démarche ! Quelle plénitude de force dans son sacrifice! Comme tout e; plus que jamais est d'an Dienl Combien au^^ ^ tranquille assurance tranche avec le^ terreurs dont ses Apôtres sont saisis ! Au^ - ' 1 1 le voyage, les préparet«U an eombet par la r< de ses suprêmes sonf-

franres. J/su* monta rrrsJérutairm accompagné dex douze. Ihnarchait detant^tesApétrr ' • <

de terreur ftde trouble «. Ktpiuirtn:.

« Matl.. XX. «7. Marc, X, ai. Luc.. X^ll 31.

46i JÉSDS ANNO.XCe SA MORT PROCHAINE A SES AI'ÔTMF.S

core du drame lerrible donl l'hcurft approchait qu'une vagui; piTspeclive, cl il itnpurlail qu'ils le couiiusscul dans SCS ('•pouvnntnblcsdélails. Jésus, souvent, leur avait parlrdcsa mort, jamais comme aujour<rinii, ni avec la même clarté, ni dans la même plénitude. Sa prudente bonté avait dans cette révélation suivi une marche progressive, ici, seulement, il ne leur cacha plus rien : trahison d'un des siens, violence des l'ontifes, conciliabules iniques, traitements indignes, rôle de Pilate et cruautés des soldais romains, enfin le Calvaire, le cruciliemenl et la mort'. Fuis, après l'infamie douloureuse du gibet, les gloires triomphales de la Résurrection. Toute cette révélation il la fait « en secret ». La foule ne peut ni comprendre, ni supporter une pareille annonce, et nous pouvons juger de ses dispositions par celles des douze que leur Maître éclaire et fortifle depuis tant de temps et qui n'opposent aux dernières clartés qu'aveuglement, terreur vague, ambitieuses vues d'avenir. Jé,m!i réunit autour de lui lea Douze, e/, en secret, leur annonça ce ^ui allait lui arriver. Voici, dit-il, que nous montons à Jérusalem et toutes les choses que les Prophètes ont écrites du F'ils de V Homme seront bientôt accomplies. Il sera livré aux Princes des Prêtres et aux Scribes, et ils le condamneront à mort et ils le livreront aux Gentils. Il sera moqué, insuite, on lui crachera au visage; après Pavoir fouetté, ils le crucifieront, et le troisième Jour il ressuscitera '.

Comment expliquerce qui suit ? Le5 Aptitres ne comprirent rien à ce langage. Ces paroles leur restaient

< MaU., XX. 17.

* MaU., XX, 18-19. Nar«., \, 3l^)-34. Luc, XVlll, 3t-32-33.

UéMARCliC AMBITIEl'SK DBS HLS DE ZÈBdoÈK iOJ

1//, ' ' sTîrsi ie sens dr rinn de cf

y/ //> '. Il est malaisé de dé-

broailler IVlat d'Ame si confus et si compliqué des Douze. Dire qu'ils ne songeaient à aucune catnsiroptie durant la l*àque vers laquelle ils s'ncbeminaienl, semble comme impossible, tant Jésus leur avait annoncé sa Passion. D'ailleurs, pourquoi trembler, s'ils ne songeaient à rien de sinistre T Us envisageaient donc quelque cuup de force de la part de leurs ennemis ; mais pour eux c'était un coup de foudre immédiatement suivi de la sérénité. Jésus devait triompher aussitôt, renverser le pouvoir de ses ennemis, fonder sur leurs ruines un royaume tout de puissance et de gloire, el ne leur offrir, à eux, après une rapide temp£te, qu'une place éclatante el sûre dans la plus belle des Hoyautés. Le contraire de ces rêves ils ne l'acceptaient à aucun prix et ne le voulaient même pas entendre.

m. — La démarche de deux d'entre eux, Jacques et Jean, nous donne du mystère de leur aveuglement la plus naturelle solaiion, elcommenl l'annonce de la Passion ne flt qne révailler en eux la pansée d'un prochain triomphe et l'ambition des honneurs que ce triomphe accumulerait.

Les deux fils de Zâ>édée, tout pleins det idées du Règne Messianique, confondant, comme le reste de la nation, les deux AvèneoenU da Christ et attribuant au Premier ce qoi doit couronBer le Second, allèrent entretenir leur mère Saloroé de leurs projets ambitieux. La caravane marchait ainsi : Jésos en tête avec V P un peu plus loin la troupe des disciples. plus 1

• l.ui-., \SIII, i4

464 DÉMAHCtlE AMBITIBUSB DES FILS DE ZÉBÉDÉE

les Galil<^pnnes qui, enlouranl la sainle Vierge, suivaient Jésus et allaient à Jérusalem déployer une vaillance dont les ApAires étaient dépourvus. Salomé était une de ces admirables femmes qui, après avoir donné au Maître ses deux fils, son seul soutien, avait tout al)andonné pour le suivre. Une faiblesse lui restait : l'ambition maternelle qui lui lit prêter une oreille docile à la requête de ses enfants. Eux n'osaient aborder le Sauveur : plus aisément elle pourrait vaincre un refus et obtenir une faveur. Le temps pressait, le Royaume était proche, et l*icrre, si souvent mis en relief pur icsa^, était un compétiteur redoutable qu'il fallait à toul prix écarter. Ce fut alors que la vitre des fils de Zt'bédée s'approcha de Jésus, se prosterna devant lui et le conjura de lui accorder sa demande '. |ji sagesse s'oppose & ce qu'on s'engage h l'aveugle, la Sagesse étemelle ne pouvait se laisser prendre au piège où un llérode était tombé quand il dut accorder h Hérodiade la tête de Jean-baptisle. Jésus répondit doncque voulez-vous? — Ordonnez, dit-elle, que mes deux fils soient assis dans votre ïloyaume, l'un ri votre droite, fautre à votre gauche. A ces mots de leur mère les deux Apôtres, enhardis, répétèrent la même demande. Aussi est-ce à eux dircctemenl que Jésus s'adressa *.

Vous ne savez pas ce que vous demandez • / A ma droite et h ma gauche, tout à l'heure deux croix seront élevées, et sur ces croix deux hommes expir^^ront dans les supplices ! Parlez-vous des tn^nes de mon éternel Royaume ? Ce que vous demandez est si divin que vous

> Malt., XX,»4I.

*Marc.. X. 35.

>llatt., XX, fl. HarcX, 3«.

l»KM\H( iiK AMiiiTiKl sK HES FILS? DE ZéBÉDÊR -165

ne pouvez en concevoir l'excellence. D'ailleurs, ce n'est pas d'honneur qu'il va s'agir, mais d'humiliation et de inurlyre. Vous voulez ^Ire à nies cfiU'S ? iMats pouvezvous boire le calu:e que je dois boire ? Tout entiers h. leurs aspirations ambitieuses et ne prêtant à la condition posée qu'un sens vague et un efTort facile, ils n'-poodeot : nous le pouvons* ! Hommes faibles et charnels ils ne pouvaient rien. Mais quand Teffusion de

l'F 1 les aura transformés, Us pourront tout,

et nir de glorieuses souffrances et d'immo-

lation que Jésus leur prophétise : Oui, vous boirez mon calice et 1' '^t''s de mon baptême*, ihc-

ques, le pi' ^ mourut martyr cl Jean ne

dut qu'à un miracle de n'avoir pas succombé aux sup» plir«s que le Tyran de Rome lui flt subir.

Ils avaient assez de gloire on perspective pour se con* tenter de leur apostolat, mais la jalousie s'était glisM'e dans leur àme avec l'ambition des premières places : de là leur prière et la répouse de Jésus : f Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Kl pour accentuer mieux encore sou refus il ajoute : Quant à vous faire asseoir à ma dntite et à ma gauche, ce n'est point à moi à vous f accorder^ ers places sont occupèei par ceux û ffui mon Vhe les réserve *.

Si Jésus-Christ parle comme homme le sent est rJair, Dieu seul distribuant les places dans sa Cité Sainte. S'il parle en Dieu, se confondant avec son Père dont il est le Fils consubstantiel, le sens ne saurait non plus nous ombarmiser. Demander de siéger à la droite de l>i<ii paI, pour la simple créature, une demande intenhi-c.

M.u;. W.ii. Marc.. X,».

> MaU.. XX. i3. Ilar«.. X, 90.

' Mail \X « Mar" X 1<U|0.

i6G DÊMARCIIR AMBITIEU3B DRS HLS DE ZÊnÉDÊK

Dieu est seul ! « Dieu liahile une ii ' ' ' 're »,

Dieu restera à jamais inlinimenl rire

créé. El encore que sa bonté le rapproche inetfabiement de nous, l'inlini de son Etre nous lient nous-mi^mes à dislance. En ce sens, ni Dieu, ni le Verbe de Dieu, ne donneront leur droite à occuper. D'ailleurs les honneurs du ciel correspondent aux mérites de la terre, et t chacun recevra selon ses œuvres •>. 0 apAlres malavisés ! Si d'autres que vous s'élèvent plus haut dans la sainteté et font des œuvres plus méritantes, c'est à eux que « le Père réservera ira premières places » que vous ambitionnez.

C'est « à l'écart ' i que les deux apAtres avaient amené le Sauveur pour le faire entrer dans leurs vues ambitieuses. L'ambitieux veut les honneurs, mais non pas que l'on sache pur où il y est parvenu. Mais tout secret qu'ait été le dialogue, les Apdtresen avaient ou entendu ou deviné l'objet, et s'ils n'avaient pas témoigné de suite leur indignation, c'est que le respect pour leur Maître les avait arrêtés. Quand Jésus se prononça, alors les dis autres manifestèrent leur indignation aux deux frères de ce qu'ils venaient d entendre ^ Il y avait schisme, l'acrimonie se faisait jour : Jésus prit tout aussitôt soin d'éteindre ces pi ' flammes d'un

incendie. Jésus les réunit tous an /ui\ Quand

sa suave douceur eût calmé leurs âmes il leur donna, et au clergé de toute la terre et de tous les siècles l'un de ses plus graves enseignements.

Plusieurs fois déjà il avait eu à réprimer dans les Douze l'amour de la domination et des honneurs, mais

» Marc.X. 4î Mail.. XX, 25.

< MaU., XX, U. Marc, X, 41.

• MaU.. XX. i4. Marc.X. 41.

comm*^ •"- -^ ; I>sions de l'orgueil humain étaient moins danc» 1 se contentait d'amener devant eux un

f" 'ur proposer comme modMe sa naïve

ixi*-..;. i . . ^.iid de In gloire et des honneurs. Ici

l'orgueil se porte à un plus blAmable excès : la leçon doit Mre i !ve. II leur met devant les yeux l'am-

bilion huiii ..us toute sa laideur, et pour que cclk>

laideur les frappe davantage ce sont les révoltants excès du Céurisme païen qu'il leur fait apparaître. Le gentil fait horreur aux Juif» toujours, combien plus quanM il se montre dans l'excès de ses vices T Vous savez qur 1. ' .7 ■ ' ,f sur eilet et

que /' j , , i , I*'"n mol Jé-

ms-Cbrist révélait la sanglante tyrannie qui, dans le monde paTen, foulait et écrasait les petits et les faibles. Rntendaient-ils ressembler à ces idol&tres? S'épuiser ti efforts pour ravir les premières places el de là faire peser sur les fidèles un insupportable joug ? Mais c'est dans dM eoBdiUons tout opposées qu'allaient Aire eons- Utttéet les Dignités dans son Eglise. // n'en doit pus être ainni parmi rou^. Qui veut ^tre le piux grand doit se faire le serviteur de* autres. Qui veut t^tre le premier doit ^tre tescfave de tous ".

Si les hideux excJ'S de la tyrannie païenne i( h ni pmpres k rtcindre dann !«»« ap«'itres le feu de l'or^iM ii . i Tamonr du pouvoir, combien plus le devait ^tre \ > ^ pie du Fils de Dieu? Qui était Maître comme lui? <.' fll, comme lui. le Hervitenr de tou« ? Qui s'bun l'égal de ses I ns ? D'autre part quelles i

Ualions porN'r' [laul el conférèrent-elles pU... »t

» Matt.. X\ i. M.n.X, 47.

4UK LES DEUX AVEUGLES DE JÉRICIO

gloire? Si bien que le dernier rang valut h- inrumi, il que « fait esclave » pour nous Jésus rei;ut un nom qui est au-dessus de tout nom et des pouvoirs qu'aucun ^trecn'* n'exercerji jamais : Aimi en fut-il du Fi/s de CHommi \ gui u'rst pas venu pour aire servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rachat pour le genre humain ' .

IV. — Jésus en ciieniinuul s ei.iil rapproché de la double ville de Jéricho, la vieille qui depuis Josué, n'était plus qu'une bourgade, la nouvelle b&tie luxueusement à une demi lieue de l'autre par Hérode et ArchelaUs. Jésus sortait de l'une ' pour entrer ' dans l'autre, quand deux aveugles ^ se trouv^rent sur son chemin l'un, Bar-Timée% plus connu dans la région, l'aulrr moins et que ne mentionne pas saint Luc. Admirables ^e•^ deux aveugles! Plus clairvoyants cent fois que les Juifs, qui après avoir contemplé lanld'œuvres divines périreni dans leur incurable aveuglement. Assis sur le bord dti chemin, ils perçoivent, comme une vague rumeur, l'arrivée de Jésus et du peuple qui le suit; ils le connaissent, ils croient à son surnaturel pouvoir, el leui foi est agissante, ardente, indomptable. Comme Jsortait de Jt^richo, suivi d une grande foule, ' que deux aveugles^assis sur le bord du chemin, cnteiuiirent du bruit, et, sachant que c'était ./' qui passait, se mirent à crier : « Seigneur, ayrz / de nouSy Fils de David * / »

' Ml.:.. XX, 28. Marc, X, 4i-43 44 45. '

* MaU.. XX. 29.

» Luc. XVIII, .35.

* Matt.. XX, 30.

• Marc, X. 46. Luc, XVIII, 35.

• Mail., XX, 30. Marc, X, 47. Luc, XVIII, 36-37.

CONVgHStON DB ZACDÉK UVJ

I' I ' h «^prouvor los Ames fortes, paicç (ju il u. , I iipe leur héroïsme au grand jour. J»''8U8 laissa donc la foule tourmenter un instant les aveugles : Ceux qui tuarchainU devant tes menaçaient pour le^ faire taire ^. Quel sentiment animait cette foule? Les uns, bien disipos^s pour Jésus, voulaient faire cesser ce qu'ils jugeaient Atre un manque de respect pour sa p«>r«onnf>, les autres, hostiles, redoutant un miracle, et f !•> cette appelUlion : « (Ils de David », veulent

t>. •.. ..».ias8er de ces deux mendiants importuns. Mais que peuvent les oppositions humaines contre les invincibles forces de la foi 7 Plus on les écartait plus ils élevaient la voix, si bien que leur persévérance leur amena la sympathie de plusieurs. Quand Jésus, touché de compassion s'arrôta cl commanda de let amener, quelques-un* coururent à bar-Timée : « aie confiance y lui dirent-ib^ lève-toi^ il Rappelle, / 'jeta son ni" / sVlança vers Jésus*.

i' le Jésus, ava ^ rer un miracle, exigeait

un acte de foi de ceux qui en devaient bénéficier; ici ri*ii di* sfmblnltU*. tant la fui érlalnit d > ' lite

culiiTe des deux aveugles. (Juaiul on h ne-

liés : que voulei-vous que je vous fasse ^ leur dit'il ? If ' livrez-nous les yeiu:. — Allez, dit Jêsus^ é^ a sauvas. Il tourhn feitrs t/rus, iY< nretU^ et marchèrent à sa suit»

I).iii!4 ce miracle, comme dau:» u autres simiiairw, lions i>-u<>ii\<a)» JéHus dans sa double nature. ComiM hoiiuDi' il louche de son doigt les aveugle*, maiac'etlU

• M~" >v 11. Marc, X.4«. Luc, XVIII, a».

» M-.. . l* Mir.- \ M I 11. will 41

t. il u

470 CONVERSION DE ZACIIÉB

diviûilé seule qui commuuique à ce doigt sa miraculeuse puissance.

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