NOUVELLES INSTRICTIONS AUX APOTRES
I. — L'ingratitude et rindifférencc des habitants de Capharnanm laissèrent au Sauveur de douloureux loisirs dont il profita pour l'inslrurtion exclusive de ses Apôtres. Ce qui s'était passé durant le chemin, alor^^ qu'ils discutaient à qui serait le plus haut placé dans le floyaume à venir, un nouvel accès de jalousie provoqué par la distinction dont Pierre, en payant la dîme pour Jésus et pour lui, venait d'être l'objet, sans doute aussi le dépit secret de n'avoir pas tous gravi le Thabor, donnèrent au Sauveur te thème naturel de sa première exhortation sur l'humilité, la fuite des distinctions et des honneurs, la retenue et la modestie quand ces honneurs ont été imposés. S'étonner de l'insistance que montre le Sauveur à mettre de pauvres mariniers en garde contre l'ambition et la recherche des dignités serait peu connaître la nature humaine. Les Apôtres d'ailleurs n'étaient pas destinés à l'humble retraite de la (ialilée ; ils devaient être les conquérants du monde, les fondateurs d'un immense empire et recueillir plus de gloire que jamais monarque sur la terre n'en obtint. Derrière eux une glorieuse lignée d'Evéqucs et de Prêtres devaient succéder plus encore à leur gloire qu'à leurs labeurs. Une immense vénération et d'incomparables honneurs les attendaient tous et il importait de maintenir, au sein de dignités si hautes.
JIOrVF.LI.KS I.NSTRICTIONS AIX AIn-TRES 209
I iiuiiii tl<; qui einptVhe ou de les briguer ou do les jalouser, ou de s'y conduire avec oulrecuidance fasle el orgueil. Les ApAlres san» doute ne tombaient pas dans ces derniers exc^s, mais nous retrouvons perpétuellement on eux le désir de la prc^t^minence, el leur récente allrrcalionsur re sujet n'avait pas échappé à Celui qui scrulo le secret des cœnrs.
Quand ils furent seuls dans la maison, Jésus lés prit h. partie : De quai vous entreleniez-vous en chemin • .** So sentant découverts les Ap«)tres demeurèrent un instant confus et silencieux ' ; puis bientôt, comprenant ({u'aulant valait y aller avec leur divin Maître ouverlenienl et avec une loyale franchise, ils lui posèrent la question môme qu'ils avaient agitée entre eux : MaUre, t/ui selim vouf doit être le plus grand dans le Hoyaume des deux*. Quoi qu'elles fassent l'ambition et la jalousie ont toujours honte d'elle»-mômes. C'est dnti' ' ' raleqoe ' -^ î li, on se
gari' dire:le^ i> suivre
au Thabor sont-ils les premiers dignitaires désignés? Encore moins : Pierre, auquel tous avez annoncé un si brillant avenir, doit-il nous surpasser tous dans votre llnyanme ? 1^ question posée vaguement est moins embarrassante.
Si non» sommes tentés de sévérité envers les ApAtrci>, tournons 1rs yeux vers ce qui les excuse el nous condamne. Romarquons-le, ci» n'eut pas vers les honneurs de ce monde que se porte leur ambition : ils n'ont d'autre at«pimlion et d'autre attente que « le Royaume dos Cicux • . Puis, si leur état d'eofanco spirituelle nous
" - .IX, .H. Malt.. XVIII. I. Loc.lX.M. . IX, .T3.
wfii. r
ilO N0UVELLK8 IMSTRICTIOMS AUX AfÙTRES
étonne jusqu'à nons scandaliser, songeons h ce qa^ils devinrent ap^^s que l'Esprit-Saint fût descendu en eux : combien alors humbles, d<^si' * ■ -, morts à euxmêmes, nesonjrcanl qu'Jisepn .lulres, et chacun ne voulant que la dernière place. Et nous ? Est-ce la gloire du ciel qui fait Tobjet de notre attente et surexcite notre ambition ? Hélas tout entiers à la terre et à ses faux biens, nous ^'prenant follement d'honneurs éphémères, de dignités d'où le moindre choc nous renverse, nous ne pouvons atteindre à ce qui dans les ApAlres nous apparaît une faiblesse et un défaut ! Et si le Sauveur les reprend de leur amour désordonné pour les gloires d'un divin Royaume, quelles objurgations méritons-nous dans nos ambitions et nos jalousies qui n'ont que la terre pour objet ? Ecoutons donc avec un cœur docile la leçon du Sauveur.
Ses paroles pouvaient suffire, il y ajoute un charmant spectacle qui les dramatise. Appelant un petit enfant, il le plaça au milieu des Apôtres, et Payant embrassé, il leur dit : En rente, je vowi le déclare^ si vous ne changez pas et jie devenez comme de petits enfants vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux^. Ce qu'est l'enfant par l'instinct et l'innocence de son âge, nous devons l'être par vertu. Or voyez le petit enfant. Que lui font les honneurs? A laquelle de nos dignités est-il sensible? Que lui ' sa
mère soit une reine magnifiquement pur ivn-
femme sous la bure de l'onvrière? L'enfant est simple dans ses désirs et ses goAls et la superfluilé de l'ambition et du faste lui demeure inconnue. L'enfant est humble ; à quelque rang qu'on le rejette il ne s'en plaint
« lall., XVIIÎ, 23. Marc.. IX, W. Lnc. VU. 47.
'«OIVCLLFS INSTRlCnONS ALX APt^TRES 21!
■• '^■*'- jalousie bnineuse, il n'a cure
. Quant au tumulte des ambiliuDsi (erresUtai U n'en a pas même le plus lointain soup- ' "V Aimer sa mère et concentrer en elle sa vie, ses <, Ses tristesses, sas Joies: voilà tout Tcnfant. Et cV>l à cet enfance qae nous devons revenir. Celui qui </• fern pftH comme cet enfant sera le premier dans '■ Hoyaume des deux, et le plus petit parmi vous^ ' oHà le plus grand ' .
II. — Si l'enfance offre un modèle si parfait, si elle est à ce point aimée de Dieu et agréable à son regard qne eeui-là seuls qui prennent sa ressemblance entreront dans le Céleste Royaume, combien l'enfance doit nou*" ' ' e et précieuse I De quels soins nous la devons ' : : : Quelle vigilante garde nous devons faire
autour de sa faiblesse et en face des ennemis qui Tassaillent ! Quelles malédictions pèseront sur les corrupteurs de l'enfance cl quels châtiments leur sont n'servés :
iu S.itivi-ur ?p pr 'l"ii'>' «i sa il«irlrinc ;in»>s»' int-in*' plus sfuirtnfiil i ciif.int, mais tout ce qui est petit, humble et faible, le pauvre, r ce que nous nommons « classe inférieure » et
i se déclare le père et le défenseur. Jésus accules rabons de notre fraternelle commisération et Il • iiumère les titres qu'ont les petits et les humbles à nos égirds et à notre protaetion.
Le premier titre est bien sublime! Jésus-Christ s*i-
212 MOUVELLRS INSTRUCTIONS AUX APAtRES
moi-même, et celui qui me reçoit reçoit aussi celui qu m* a envoyé *. Dans la candeur, la rntblesse, les iiumilialion:i,lc(lénAmentdercnrant,J<^sus Cliriei se retrouve lui-m^-me, cl Dieu le Père, dans la m^me pclile el fr^'le créature, voit l'image de «Celui en qui il a mis toul< ses complnisanccs •. Honneur donc à qui prend soin d'instruire renfance, qui se dévoue au peuple, autre enfant de Dieu, non moins cher et non moins dénué.
Si l'ntlrail de la récompense el la noble joie de plain* à Dieu el à son Christ ne sudisnienl pas à nous inspin Tamonr de l'enfance et surtout le respect do sa candeur voici que les foudres divines nous épouvantent. Si quel qu'un acandniifip un de ce<i petits qui croient en moi mieux vaudrait qu'on lui suspendit au cou une meule de moulin et qu'on le précipitât dans les profondeurs de la mer * 1 Quelle indignation dans ces paroles ! Comment reconnaître dans cet éclat de colère riiomme-Dieu si doux el si clément, qui laisse venir à lui les pécheurs pour les absoudre, qui s'entoure <!< toutes nos infirmités pour les pleurer et 1' , «lui.
mf^me sur la croix, ne trouvera que des | • j.;ir
don à l'adresse de ceux qui le fonl mourir? Mais d<-qu'il s'agit du scandale, des enfants cl dt ui
en sont les victimes, eldu monde déprav. ^ ir
qui le donne ' : Oh ! alors sa sérénité s'assombrit» soi cœur se charge d'orages, el de ses lèvres i'>' ' des menaces sans miséricorde. Mais aussi i. excuse, il est abominable, le crime de scandale quand il s'attaque A l'enfance ! Ils sont dignes de toutes les colères de la terre el du ciel les misérables qui arrachent
• r.oc., IX, 46. Malt., XVIII, 5. Mnrr , IX. M.
• MaU.,XVIII.6, Marr., IX, 41 > Marc. tX, 41. Mail., XVIII, 7.
îtouvEiLÉs ixsTRrmo?fs Aiîx apAtres 213
les bms -! -^ ' fiuicroientenluiw.qu'ila
l.aptisrs '; s dans sa grâce, nourris
ilo >a chair, élevés pour le ciel. Et eux, corrompent ct^ ' ta mépriser Dieu et à étouffer
iiUs de Dieu qu'ils devaient •*tre, les rendent la proie du démon ; de prédestinés à une cloire r'V ' - - l'Eglise les avait faits, les laissent -.uns 1)1» u .n '' et sans espoir pour l'autre! Oui,
ceux-là sont i '-u qui, dans leurs écoles sans
croyance, éK s- i; i-'-ralion d*alh«'es, renversant
l'œuvre rédemplr. us-Christ et rendant inutiles
[tour des milliers d'êtres tlélris et déformés les lumières de la vérité et les onctions de la grâce.
Aussi le châtiment est formidable comme le crime est
atroce. Mieux vaudrait qu'on leur suspendit une
meule au cou et qu'on les précipitât au fond de la
mrr*. Mieiw vaudrait,..? Oui, le supplice le plus hor-
08 de ce monde n'est rien en com-
; . ^ui leur sont réservées dans l'autre
erait on bonheur d'expier ici-bas, fût-ce es traitements, au prix de ce qui les
ailé.
Craignez de mépriser un seul de ces petits, car^ je
le dis, h 7^ mon
qui est , ,,i (iir,.
qu'ont les « peiiU » à notre soUictladeet à notre ni' i
'' " î<iignerions-nous quand nou« v<iyon.s
[tiement Dieu les traite ? Il détache de
sa cour les plus hauts dignitaires pour les leur donner
romme garde royale. Leurs anges sont mus r. ' urs
< ùiôM el tans cesse aussi •• contemplent la far< • ;
I Mali.. XVIII. a.
' Malt., XVIII. i«i.
214 NOU\'ELLES UfSTRUCnONB kVX APÛTRRS
aussi pleins de soUir.itude qu'élevas en honneurs toùdialeurs ttublimcs entre la pelilcsse de leurs prol«'|ré« el la grandeur du Dieu dont ils portent les messages, plaidant lu cause des victimes contre l'audace el lcsm<^faits de leurs corrupteurs, el pouvant appeler sur ceux-ci les vengeances du Ciel. Remercions Dieu de nous avoir donni'- ses anges comme compagnons et protecteurs, el devenons, nous autres aussi, les anges gardiens des enfants, des humbles el des pauvres.
Jésus allait continuer ses graves enseignements sur les «'•gards el la sollicitude que les enfants réclament, quand un des Apôtres, en l'inlerrorapanl, le ramena à sa précédente instruction sur le désintéressement qui nous préserve de tonte ambition et de toute Mattre^ dit-il, nous avons vit quelqu'un exor n
votre nom, mais comme il n'est pas avec nom de votre suite, nous Ven avons emphlié^. T de saint Jean el des Apôtres qui (irenl c<«ii talent pas mauvaises, car c'était plutôt l'amour de leur Maître et le désir de le voir suivi de tous q " ' ' r:
fail agir. Néanmoins leur zèle était inlcmprhibition nuisible. Aussi Jésus, sans le blAmer, comprime ce ïMe mal réglé. Ne Ven empêchez pas, leur dit-il. car nul ne prut faire un miracle en mon nom et, en même temps, me dénigrer '. Par ces mots Jésus nous dépeint quelle sorte d'exorciste était celui qu'avait écarté saint Jean. Voyant les ApAlres opérer des merveilles au Nom de Jésas, et par la puissance de ce Nom chasser les démons du corps des possédés, cet homme avait voulu tenter la m^me œuvre par le même moyen et il avait réussi. Employé d'une façon respectueuse pm
• Marc. iX. 37. I.uc, 48
' Marc. IX, 38. Uc, l\,îiO.
MM \M. KS IMSTRlCnONS AUX AI'<'»THES il5
!.• l.i Mille <îo Jt'sus, ne lui étail pas ', - N la avait tl. iloyé sa puissance, et
Dieu« sinon directement et par ceux qui avaient mis- -lou de le prrchtr, au moins indirectement et u per •ccasionem -, sil..n le mol «le suint Paul, Dieu avait • lé reconnu et gloriflé. Ce qui faisait ajoul.r au Sau- \<\\r : fj.ii n'est pafi contre vous est pour vous^; et Ml.- 1 1.1. «là tous une importante leçon. Il est des tiDiiuius qui, sans être des noires da^s la pralique et 1 " *• -s religieuses, sont cependant respectueux
.is. Gardons-nous de les éloigner par nos uns et notre attitude intransigeante ; acceptons plu- •'•U nous l'offrent et faisons servir n» à la cause de Dieu et au bien Kgiise. Ces .hommes eux-mêmes, en se montrant rtbles et bons, attireront sur eux la bienveillance •• et de précieuses récompenses pour leurs moin- •Iti - concours. Je vous le dis en vérité, quiconque, en mon Nontt et parce que vous êtes au C/trist, vous donnera un verre d'eau, ne perdra pas sa récompense', Aprè«t celle importante digression Jésus reprend son <>nscignement sur le soin des enfants et la sollicitude lont nous devons entourer nos frères humbles et pnuvrcA. I.(> pliin élevé et en même temps lo plus SNisis- 4nnl de» muii^ lui restait à dire : C'est son propre exemple, son extraordinaire dévouement, ses sanglants — ■ ■irnation,8e» ' " <•»,
I l»our lo salut II , i , ilr
r homme est venu sauver te fui était perdu *. Et avei- quel amour I Quelle pttience I Quelle inépuisable
> Vljrr., I\.30.
* M.irr., IX. 4«».
' Viil. Wlll. Il
210 NOt'VBLLKS l.tSTRtCTlOMS AUX APÛTKKS
charité ! Pour eux qui se perdaienl il a laissé le sein do sou Père, le ciel, la cour céleslc, rasscmbl' des
juste:» cl des saints, el il s*esl mis à la \i^ des
malheureux coupables pour les ramener dans les voies du sulul. Il a fait avec mille fois plus de tendresse et un prix des plus mortels sacrifices ce que font les bergers vigilants et dévoués. Que vous en semble ? Si quelqu'un a Cf'nt hrrbis et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-l-il pas les quatre'vinyt-dix'neuf autres dans les montagnes pour courir après celle qui s'est perdue? L'a't-il retrouvée? Je vous le dis en vérité^ il y aura plus de Joie au sujet de celle-là qu^au sujet des quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont point égarées. Car votre Père ne veut pas qu'une seule de ces brebis périsse • .
Quand le Sauveur quittait ainsi le ciel pour venir sur la terre rechercher et recueillir les âmes en perdition, quel adversaire trouvait-il sur lu chemin où l'engageait sa divine compassion ? Le monde cl les scandales du monde. Autant il s'eiïorce de sauver ces petits el ces humbles dont il ne cesse de nous parler, nulanl le monde se démène pour les perdre. Aussi grande el terrible est la colère de Dieu contre le monde, effrayante est la malédiction qui ralleinll Malheur au monde à cause de ses scandales ^ « Malheur », parce que tout en lui est scandale : les idées courantes, les mœurs, les opinions, les jugements, les lectures, les spectacles, les critiques secrètes, les audaces au gr.ui'l jour, les pièges dressés sous les pas des simples, la pression du respect humain, les enlreprises des sectaires, la
« Mau., .Wlii, ii-i3-N.
» Malt.. XVIII, 7.
XOl^VELLES I.XSTRl-CnOIIS AIX AFAtRES 111
iii'il.-*. * ' '■■" . u-e de la ' ' ' ' • ■ i.-s
|'i«i-ii~, iaigoeQX(i> . , s;
loul, dans le inonde, est scandale, c'est-à-dire cause de
f ~ ' ' îiule pour les enfants de Dieu. La pro-
^ plus désolante. Tel est le inonde,
i>9t sa penrersité et la puissance de ses fascinations,
' l'^'aBslres ne peuvent pas ne pas s'y i ' et
•des ne pas y éclater ; comme nooï> ' i la
vue d une mer démontée et funeuse : impossible que des
'^" •' "oient signalés et qu'il n'y .1 ' ' i. limes.
:ire que les scandales u , tuais
tnaiheur à l'homme par qui ils arrivent *■
.Notre foi cbancellera-t-elle et une question irnirrane montera- l-elle à nos lèvres? Pourquoi Dieu pcrmct-ille scandale et le scandaleux? Mais d'abord supprimer tout -,.,..,! ,1...,, .'ondt h la fois tuer la liberté, base essenle ; puis, enlever h Dieu la miséricordieuse i' i.i' :: '■ •,:. ;.ii--r [.l.t'f'.iu i-rpriiiir. Lc scaudalc lui- '" I'" " ■ pJj» à la grande loi providentielle
1 M • 1 mal sort 1« bien. Les plus violents
i ifs, le scandale
' ... . ................. dans la sanclifl-
calion de» justes. Tandis qu'Adam se perd dans sa solitude rbaste et sainle de I I <ou
des scandale» d'un moi) , nie,
Abraham au sein des abominables tribus de Canaan, Job dans le fen des tribulations, tous les autres Saints en face des prévariralions des pécheurs. Résbter est peureux le plus beau litre de gfoire el la cause la plus assurée de leurs mérites. Quant à ceux qui, nu lieu do résister, succombent. leur ruine esl imf.tii.ilil.. 1...11 ?»
> Malt. \Vlll.7. Luc, XVil,|.S.
2lH NOlVKLUJi l.NS>rHLi:TIONS AUX Ar<»THK-
Dieu, raais à leur propre lAch*^' ' *t '''ur défaul ur iiijihnri' p{ h leurs imprudenlev
I 'sses sonl fuuesles luujuurs, mais combien
plii- 4<ia.i<i on se trouve engagi' daus des liaisons dangereuses ! Si réuergic ne vient alors au secours, on o<4i inrailliblemcnl perdu. Et que faire ? Ecoulons! ôtcriulle. 5/ lo/r^* main vous est une occu,^.,t .// c/iu/(\ coupeZ'la et jetez-la loin de vous! Ne vauf-i pas mieux pour vous entrer dans la vie avec un< seule main que d'être précipités, ayant vos deuj tfiains, dans la Géhenne du feu, où le ver quirouy HP meurt point, où la fUtmme qui dévore ne s éteint jamais. Si votre pied cous scandalise, coupez-le el jetez-le loin de vous. Mieux vaut pour vous entrer, avec un seul pied ^ dans la vie éternel h', qu'ai/afit vo^ deux pieds, être précipités dans la Géhenne du feu. OÙ le ver qui ronge ne meurt point, où la flamm» qui ne s'éteint jamais. Si votre rril ' '
scu j, arrachez-le et Jetez-le loindevous,mu n /
vaut pour vous entrer avec un seul tgil dans le
HoyaumedeD"
yeux, dans la Li .■ ., ' . /
point, où la flamme qui dévore ne s'éteint jamais '.
immuable élernilé; Jésus-Christ nous place ainsi au
milieu des >'
aituulir : lc<
donné une première image; l'enfer dont 1 horribU'
as|i ' 'es nous «ont révélés? î' — ^ -ont
cei (Cl œil, donl il faut
' Mail., XViil, H-y. Man., ix, ij-«-44 i i '
NOUVKLLIiS INSTRUCTIOJSS Alï AHJTRKS il9
nous défaire, si nous voulons éviter les chàUmenls ot \ récompenses? Ce qui nous est le plus .> cher, ce qui nous touciie de plus près, et fait poor ainsi dire parlie de nous-mêmes : un père, un V un ami, unproteclear, un èlrechéri entre tous . . tout notre cceor s'est rivé . S'ils nous font
perdre notre foi ou notre innocence, s'ils nous ' -' !o service de Dieu comme im- -"!.', et parlài us ferment le ciel : toute T. toute con-
cession, toute demi-mesure équivaut à une abdication delà " — ' •' fidu salut.
M.i i-equi nous sauvera ? L'héroïsme du sacri-
llce que Jésus-Christ nous offre sous l'image du sel. '' •■ ' ^■•"■'■■^e Loi, les chairs des victimes offertes en . ont Aire couvertes de sel, aHn de se conserver pure» de toute corruption *. Les victimes gros- ..;.\..^^ ..,,1 ,ii.,.nr., r,.-,is c'ççi nous-mêmes maintenant,
notre &me, notre vie, qui sont l que le sel doit préserver de ' -' '■'• =♦»! ? La mortification qui :ance volontaire quand le ; Quand tout à l'heure
J - -^-- ii'i peine de perte éter-
nelle, les plus doulour- liions, c'est encore,
•OUI one autre imtf > n dont il nous
enieignait rindispeoMl' i r être offerts à
Dieu en oblation méritoire et afn^e nous devons être
voDB rester pure 1 . très du §•! de la
mortitication ou delà souffrance. Le fea de la tribulaiion ronsomera U rietime, tfln qu'elle derienne un
• Marc. IX. 4M
2iO NOUVELLES 1?I:5TR15CTI0!«B AUX APtVrREii
holocaasle à la gloire de Dieu : Tous seront salf's par le feu^ comme toute victime Vest par le sel • .
O \ dire : /OMv ? Tous le? V ^- - ^onl «i- . u. -
au -' à la gloire de Dieu II - lilif.-. «i d.
manières différenles doivent passer par un feu et Mre n.iiv«rls d'un sel purificateur. Pour les justes sur la itrn-, <■«• sel et ce feu mystérieux sont la souffrance ; dans le purgatoire la purification s'opère par la flamme qui brûle en détruisant les dernières scories du péché. Sommes-nous restés opiniâtrement rebelles à l'action purifiante de la vertu ? En enfer le feu « qui ne sYleint pas », en nous brûlant sans nous consumer, nous deviendra comme un sel, qui nous conservera à une éternelle expiation.
Combien mieux vaut-il accepter dans cette vie l'action acre et mordante du sel de la verlu, et conserver à ce sel sa vigueur première ! Le sel est bon, mais si le sel devient insipide, avec quoi lui rendrez-vous sa saveur ' ? Nous condamnant aux sacrifices et aux souffrances inséparables d'une vraie vie chrétienne, nous guiitons en nous-mêmes la paix de la conscience, et cette paix nous la faisons goûter aux autres : At/es en vous-mêmes le sel et que la pair soit entre vous '.
m. — Mais nous sera-t-U toujours possible de vivre en paix avec nos semblables ? Dans un monde où l'iniquité abonde, où les scandales se dressent à chaque instant devant nous, où la malignité nous poursuit et nous harcèle, comment garder lu paix ? Comment nous conduire avec ceux qui par leurs mauvais procédés ou leurr-
« Marc., IX, 48.
* Marc, IX, 48.
* Marc. IX, 48.
suggestions perverses nous la ravissent? Onollc con* duile lenir avec un n^rresseur ou un scandaleux ? Tout d'al' iinier de nous toule pensée de ven-
geau . ..1 sentiment d'amertume cl de colère. Un seul désir doit se faire jour en nous : celui de gagner à nous et au bien notre offenseur ; c'est un gain à réaliser, c'est une conquête à faire; conquête précieuse mais difncile et qui exige de nous une très habile stratégie. î ' * lUons à lui et faisons les premiers pas ; dan!^ '- d'âme nVspérons pas de lui la première démarche. Puis évitons ce qui, en l'humiliant, l'irriterait; ' us pour lui et pour D0U8 le - lien
I Lofln, usons, non pas de re| >u\
ou d'objurgations violentes, mais d'explications calmes ' ' " ' 'imineuv. Quand votre fri^re aura
/ /''- le trouver et raisonnez avec
tut seui à seul. S'il vous écoute et se repent vous aurez gagné votre frère •. Il était donc perdu ? Oui, il éinit pprd«i pour vous puisque l'offense le tenait lis ; perdu pour lui-même puisque sa faute •" ' • 'le Dieu. Ainsi en vous le réconciliant
voir ,|,1p.
M ')us résiste et devient opiniAtre dans sa
faul(. . V,,„.. agirei comme fait le médecin quand l'état de son malade t'aggrave ; vous provoquerez une consultation : SU refuse de vous écouter prenez avec vous une ou deux personnes^ et que tout se passe devant deux ou trois témoins '. Seul vous n'avez pu ni le convaincre, • 'l au repentir ;
plusieurs .. > \..n< i.r.'i ...i
appui, vous pour
> Mail , Wlir. IS.
» Mail . XVIII ir..
ii- I VP.LLRS IMSTRIXTIONS Al K APAtRES
Mais cuUn s'il vous méprise vous et vos lémoins? S'il ne roMs' rcotitf pas d^nnncez'if à t Eglise '. Ces paroU's du Clirisl sont graves, elles fondent le pouvoir judiciaire et coercitif de l'Ëglise. Que les hommes qui ne lui appartiennent pas soient jugés uù ils veulent, peu impolie ; car, comme le dit saint Paul : « Qu'avonsnous à faire avec les étrangers ? » Mais les fidèles ont pour premier tribunal le tribunnl de l'Église. Ils le méprisent ? Vient alors l'excommunication. 5*1/ n'écoute pas rÉglise qu'il vous soif comme un païen et un publicain. II cesse d'être des vôtres, il est cbassé de la communauté chrétienne. 11 s'est trouvé des coupables qui ont fait fi de cette exclusion et que les censures de l'Église ont laissé indifférents et railleurs ; alors le ciel est intervenu et ces peines ecclésiastiques trouvées si légères se sont aggravées des sentences et des rhAliinenls d'en haut. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans le ciel ; et tout ce que vnus délierez sur la terre sera ' le ciel V Ces paroles Jésus-Christ les a\ dcmment à Pierre comme concentrant en lui tous les pouvoirs : ici il fait entendre que cette pui- Hdi-
ciaire etcoercitive s'étendra au reste du corp iint
de l'Église et que les Evèques recevront de Pierre la puissance de lier et de délier.
La crainte des châtiments doit réfréner nos instincts mauvais et nous empêcher de nuire à nos frères ; mais il est un adjuvant aussi puissant ' ' loux : l'attrait des récompenses. Il en est deux [ - s entre toutes :
un crédit illimité auprès de Dieu et la présence assurée
I MaU., XVIII. 17.
• Mali., XVIII, 18.
MOCVBLLKS IMSTRCCTIO.HS AIX AI'ÔTHES iiï
•i« Jésus-Cbrisl aa milieu de nous. Soyons unis ; assemblons-nous dans une idée, une volonté, une pri« ro communes ; .î ' ' T' ' ' hoses dési-
rables : noir» -réée. Com-
menl ne le serait-elle I ns-Cbrist est au milieu de
" ■ -- -- ' nous «'t pour nous. Je rous le répi^te^
us <nnt it accord ici' bas, tout ce qu'ih demanderont^ ils Cobtiendront de mon Phe céiesle. Partout en effet où deux ou trois sont réunies eu tnon nom f je suis au milieu fFeui V