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Nos saints

Suivant les prescriptions du Pape Urbain VIII, lorsque nous parlons dans cet ouvrage de Vénérables serviteurs de Dieu, autres que les Saints et les Bienheureux dont le culte est approuvé par l'Eglise, nous ne prétendons nullement devancer le jugement de l'Eglise Romaine dont nous serons toujours, avec la grâce de I )ieu, le fils soumis et dévoué.

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Le livre que nous présentons aujourd'hui aux lecteurs s'adresse en premier lieu aux Tertiaires de saint F"rançois d'Assise. Knfants d'un même Père, les membres des trois ^' Ordres de saint François ne forment ensemble qu'une ■Q,\ seule et même famille, et c'est la raison qui nous a dicté ^: le titre de cet ouvra^ije : AV.s- Saints. Oui, ces Saints, ils nous appartiennent, ils sont les nôtres, ils sont le plus précieux trésor qui puisse enrichir une famille et la plus pure gloire qui puisse l'ennoblir. Ces Saints, ils ont pratiqué la même Règle que nous nous efforçons de pratiquer nous-mêmes, ils ont porté le même habit, le même esprit les a animés, les mêmes nobles amours ont fait battre leurs cœurs, ils ont vécu de la même vie que nous, ils sont nos Pères, nos Frères, nos Sœurs, ils sont vraiment Nos Saints.

Or, les héritiers d'on grand nom, les descendants d'une noble race aiment à contempler la galerie de leurs ancêtres, et en admirant ces figures vénérées, ils évoquent volontier^ des souvenirs qui font vivre et parler encore ces glorieux personnages. A leur mémoire se rattache tout un ^j^ passé de bravoure, de mérite et d'honneur qui fait la gloire ^ de leurs descendants. Aussi, ces derniers ont-ils à cœur de j^ se montrer dignes de leurs pères et ils vont s'instruire au- ^ près de leurs portraits comme à l'école où ils doivent puiser le sentiment de leur noblesse et apprendre les obligations qu'elle impose.

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Nous donc, enfants de saint François, qui avons un nom illustre et un passé glorieux, nous aimerions aussi à parcourir la galerie de nos ancêtres, et en la contemplant nous en retirerions de précieux enseignements.

Cette galerie, elle existe. Ces figures telles que la tradition nous les a conservées, elles ornent depuis longtemps les murs des cloîtres franciscains ; n'est-ce pas une bonne œuvre de les produire au grand jour et de les mettre sous les yeux de tous ? Tel est précisément le dessein que nous avons conçu et que nous voudrions avoir réalisé parfaitement.

Il me semble que les Tertiaires ne seront pas les seuls à nous en savoir gré, tous les chrétiens n'ont-ils pas avantage à connaître des Saints qu'ils ignoraient peut-être jusqu'à présent? ne seront-ils pas excités eux aussi, à pratiquer la vertu avec plus de ferveur et de constance, quand ils verront la multitude de ceux qui leur en montrent le chemin ?

Xous devons faire remarquer que bien des figiores manquent à cette collection, qui pourtant mériteraient d'y trouver place. Grande, en effet, a été la floraison de la souche Séraphique depuis qu'elle a poussé .ses racines dans le sol de l'Eglise, et innombrables sont les fruits qu'elle a donnés. Or, nous n'avons mis ici que ceux d'entre nos Saints et nos Bienheureux que l'Eglise a placés sur les autels, et encore tous n'y sont-ils pas. En dehors des Saints et Saintes des trois Ordres de saint François qui sont honorés d'un culte public, et dont.le nombre s'élève à 277, près de 7000 martyrs ou confesseurs ont le titre de Bienheureux dans le Mart\Tologe de l'Ordre. On compte

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2000 Frères Mineurs martyrisés en Terre-Sainte pour la défense des Lieux Saints, et plusieurs milliers sont morts en tous lieux, victimes de leur dévouement en temps de peste.

Actuellement, la cause de 65 \^énérables I-'ranciscains est introduite en cour de Rome ; quant aux enfants de saint François, morts en odeur de sainteté et recommandables par les hautes vertus qu'ils ont pratiquées et la vie vraiment édifiante qu'ils ont menée, leur nombre est incalculable. Aussi, devant cette fécondité merveilleu.se, le glorieux et immortel Pontife Léon XIII a pu dire naguère au monde entier, en parlant de l'Ordre Séraphique, ces paroles mémorables : « A peine existe-t-il une société d'hommes qui ait donné à la l'ertu tant de gardiens rigides, à la foi cJirétiennt tant de hérauts, au Christ tant de martyrs, au ciel tant de citoyens, et dans laquelle on ait compté tant d'hommes qui ont illustré et fait progi-esser l'Eglise et la société civile elle-même, en cultivant ces arts qui dontient à ceux qui y excellent la supériorité sur tous les autres. « (Bulle Felicitate.)

Ainsi donc notre galerie est incomplète ; toutefois nous espérons qu'elle atteindra son but. Les figures de ces saints et de ces Saintes qui ont lutté ici bas, qui jouissent maintenant de la récompense de leurs combats et dont rFgli.se implore l'intercession, seront pour ceux qui les contempleront un mémorial fécond « Ut sit signum inter vos. »

En les voN'ant, les descendants de ces héros de la vertu se souviendront de leurs devoirs « quas cîim viderint, recordeyitur mandatoruvi Domini ; » prémunis par leurs exemples, ils ne .se laisseront pas infecter par les idées du

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monde, par ses pompes, ses honneurs >.<■ nec seqiientes cogitationes suas et oculos pcr varias res fornicantes ; » mais, dignes imitateurs de leurs aïeux, ils marcheront avec plus d'ardeur dans les sentiers de la pénitence et de l'humilité, ils embrasseront avec plus de zèle les obligations de leur saint état, et ils répandront devant le Seigneur le suave parfum d'une vie sainte « sed niagis ineniores prœceptoruni Douiini, faciant ea, sintque sancti Deo suo.» (Nombres X, 38.)

Pour arriver plus facilement à ce résultat, l'image de chaque Saint est accompagnée d'une courte biographie. Sans doute cette notice est loin de tout dire, elle est bien restreinte, bien froide, mais peut-être qu'elle vous inspirera, chers lecteurs, la pensée de lire la vie de nos Saints plus développée (i), du moins nous espérons qu'elle sera utile et agréable à plusieurs.

Au corps de l'ouvrage, nous ajouterons un Appendice. Nous y parlerons de quelques personnages plus connus dans la multitude de ceux qui jouissent, de temps immémorial, du titre de Bienheureux sans avoir cependant de culte explicitement approuvé par l'Eglise. Nous y donnerons également une courte notice sur les Vénérables, c'està-dire sur les saints personnages dont la cause a été introduite en cour de Rome. Enfin nous ajouterons un mot sur certaim s fêtes spéciales à l'Ordre. Sans entrer dans des détails historiques qui pourraient fatiguer le lecteur.

(i) Nous menlionnons à ce ^xci'ç>o% P.ltirJoie Sérn/^/iù/iie par le T. R. P. Léon, ex-Provincial des Franciscains. 4 vol. in 8°

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une courte explication est cependant nécessaire pour l'intelligence des noms cjui sont donnés, au cours de l'ouvrage, aux différents Saints ou Bienheureux.

La Règle tjue François d'Assise a composée pour ses religieux est observée de nos jours par trois Ordres distincts : I" l'Ordre des Frères Mineurs ou Franciscains — 2 l'Ordre des Frères Mineurs Conventuels — 3" l'Ordre des Frères Mineurs Capucins.

La Règle donnée par le Séraphique Patriarche, à sainte Claire et à ses religieuses, est observée par les Clarisses proprement dites et par les Capucines ainsi nommées parce qu'elles suivent des constitutions ajoutées à la Règle par les Capucins.

Fnfin, la Règle du Tiers-Ordre est pratiquée dans le monde par les Tertiaires séculiers et dans le cloître par les nombreuses congrégations du Tiers-Ordre régulier.

Daignent maintenant Marie Immaculée, patronne spéciale de l'Ordre Séraphique, et notre Bienheureux Père saint François exaucer nos désirs, bénir nos efforts et permettre à ce livre de faire quelque bien dans les âmes. !

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de Corléone

l'Ki.ki, l.Ai, Cai-I'iin ( 1607 1667)

C'est du fond de l'abime du péché que le Dieu des miséricordes, par un miracle ■jï- de sa grâce souvent répété et ^jj! toujours incompréhensible, :)=34j=j-:i±î4;j=i=5t=i^(3 prit Bernard pour l'élever sur le sommet de la sainteté. — des pécheurs pardonnes ? oh ! qu'il est puisavons été traités avec une misérioh I la flamme qu'il allu-

Qui dira Tamoui

sant le sentiment que nous

corde dont nous n'étions pas dignes

me, les grandes choses qu'il fait accomplir !

11 en fut ainsi pour le converti Bernard, lorsqu'il eut pris l'habit de Saint Fran(;ois. Les austérités de la Règle ne suffisant pas à sa ferveur, il réduisit son sommeil à trois heures par nuit, et encore le prenait-il étendu sur le plancher de sa cellule : ses jeûnes étaient sévères et multipliés, il faisait à son corps une guerre impitoyable. Il n'avait en vue que d'implorer le pardon de Dieu à son égard et d'expier ses fautes passées. Mais Dieu eut les austérités de son serviteur pour si agréables, qu'il le favorisa de grâces extraordinaires. Bernard, homme simple et sans lettres, s'éleva aux plus sublimes hauteurs de la contemplation, et fut gratifié des autres dons par lesquels Dieu se plaît à récompenser les vertus de ses serviteurs les plus zélés. Mais Bernard recevait-il des marques de vénération, et elles étaient fréquentes, il allait s'humilier, croyant n'y avoir aucun droit. Trente-cinq années de cette vie mortifiée valurent enfin à ce vrai pénitent d'être jugé digne de prendre place dans l'assemblée des saints. Il mourut le 12 janvier 1667. Clément XIII l'a solennellement béatifié.

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