OCTOBRE. — S. PIERRE D ALCANTARA
C'est dans l'oraison que saint Pierre d'Alcantara puisa cette soif insatiable de sacrifices et d'immolations dont nous avons déjà parlé, mais c'est aussi dans ce saint exercice qu'il trouva une science merveilleuse pour diriger les âmes vers le ciel. Inutile de rappeler longuement les relations de notre Saint avec l'illustre Réformatrice du Carmel, le Décret de canonisation de saint Pierre d'Alcantara porte ce qui suit : « Il aida Sainte Thé « rèse, avec un zèle infatigable, dans l'établissement de la réforme « du Carmel, de telle sorte que d'après le témoignage de l'illustre <f vierge, il doit être considéré comme le principal promoteur de cette réforme. « Le P. François de Sainte-Marie, annaliste des Carmes-Déchaussés, déclare à son tour que sa Réforme l'honore comme son Père : (f Nostra Reformatio . . . plena voce nomifiaf patrem. »
Saint Pierre d'Alcantara quitta cette terre à l'âge de 63 ans. Après sa mort, il apparut à sainte Thérèse et lui dit : « Bienheureuse pénitence qui m'a mérité une si grande gloire ! « La même Sainte connut encore par révélation le grand crédit de saint Pierre d'Alcantara. « Notre-Seigneur, dit-elle, m'a assuré qu'on ne lui demanderait rien, au nom de son Serviteur, qu'il ne l'accordât : j'ai très souvent prié le Bienheureux de présenter au Seigneur mes demandes, et je les ai vues toujours exaucées. «
La nouvelle du trépas de l'illustre religieux, promptement répandue dans le royaume, causa en Espagne une douleur qui se propagea au loin et amena à ses funérailles un nombre immense de fidèles, qui voulaient considérer une dernière fois celui qu'ils appelaient déjà le Saint. Dieu se plut à ratifier ce jugement populaire, les guérisons miraculeuses éclatèrent et se succédèrent sous les yeux de la foule dont l'enthousiasme ne connut plus de bornes. La puissance du Saint sembla se manifester et se développer en proportion des hommages qui lui étaient rendus. Six résurrections, plus éclatantes les unes que les autres, finirent de mettre à son comble l'émotion populaire. Dès lors le culte de saint Pierre d'Alcantara prit un caractère national. Le vœu public appelait sur lui la suprême consécration de la sainteté. Déclaré Bienheureux par le Pape Grégoire IX, le 18 avril 1622, il fut inscrit au catalogue des Saints par le Pape Clément IX. La solennité de la Canonisation se fit dans la basiliciue de Saint- Pierre de Rome, le 4 mai 1669. Le Pape Clément IX étant décédé peu après, la bulle de Canonisation ne fut publiée que l'année suivante par le pape Clément X, son successeur, le 19 mai 1670. La fête du Saint se célèbre le 19 octobre dans l'Eglise tout entière.
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SoUicité de fort bonne > heure par le Dieu de son Jf, cœur, Ladislas lui consacra II' sans réserve les prémices de j[ sa vie. Envoyé à l'Univer- |j^ site de Cracovie, il se livra à
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tarda pas à faire de grands progrès dans la science et dans la vertu. Cependant en 1464, pour obéir à une voix intérieure qui le pressait toujours, il dit adieu au monde et entra chez les Frères Mineurs de l'Observance, que saint Jean de Capistran venait d'établir en Pologne.
Dès lors, les jeûnes, les veilles et les autres pénitences furent l'élément habituel de sa vie ; une humilité profonde, une parfaite obéissance et par-dessus tout un grand zèle pour les moindres prescriptions de la Règle firent prévoir la grande sainteté qu'il devait acquérir un jour. Une fois prêtre, il s'adonna tout entier au ^Ministère apostolique. Empêché par le grand duc de Russie d'aller évangéliser les Tartares Kalmouks, il se livra à la prédication dans son propre pays. Son éloquence, appuyée de l'éclat des miracles, ramena au bien une foule de pécheurs.
Notre Bienheureux eut cinq fois l'office de Provincial à remplir.
En 1504, les Pères du Chapitre tenu à Cracovie, pleins de respect pour ses mérites et de reconnaissance pour les services inappréciables qu'il avait rendus à la religion et à l'Ordre, le supplièrent de se choisir le couvent où il lui plairait d'habiter: « Mes Pères, leur dit le saint vieillard, vous voulez donc que je « vive à ma guise et selon ma volonté ! Oubliez-vous que je me « suis engagé à observer mon vœu d'obéissance jusqu'à la mort? » On le nomma alors Gardien dans la ville de ^^arsovie 'et ce fut là qu'il termina ses jours, l'année suivante.
A la suite de nombreux miracles obtenus par son intercession, Urbain VIII fit procéder à une enquête, Sixte V le désigna sous le nom de Bienheureux, mais c'est seulement Benoît XIV qui consacra ce titre glorieux et approuva son culte.
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Prêtre, Franciscain (1385- 1456)
.j[ Issu d'une famille honora- ^'^ ble, Jean montra de bonne •^" heure les rares qualités qui 1^ devaient faire de lui un des plus grands hommes de son i?" époque. Envoyé à Pérouse ^=^ :*: ^1=^ m 7m ^ ^=ii PO"'' s'y perfectionner dans
l'étude du droit, il fut bientôt considéré comme le prince des jurisconsultes. Aussi Ladislas, roi de Naples, n'hésita pas à le nommer gouverneur de plusieurs villes de son territoire. Un avenir des plus enviables lui paraissait réservé dans le monde ; heureusement pour lui et pour nous, cet avenir si glorieux lui échappa tout-à-coup. lH^En 14 16, pendant une guerre entre les Pérugins et les Seigneurs de Rimini, il fut livré par trahison et enfermé dans une tour obscure. Là, il comprit l'instabilité, le néant des espérances humaines. C'est pourquoi.il chercha quelque chose de plus solide, et, instruit par une vision du stigmatisé de l'Alverne, il résolut de ne plus servir que Dieu, dans l'ordre de saint François. A peine délivré, il courut donc chez les Observants del Monte, et demanda son entrée dans l'Ordre ; mais le B. Marc de Bergame ne voulut l'admettre qu'après une humiliation publique. Jean dut parcourir les rues de Pérouse, monté à rebours sur un âne, mal vêtu, et coiffé d'une mître de carton, sur laquelle étaient écrits en gros caractères tous les péchés de sa vie.
Reçu ensuite chez lesFrères Mineurs, le 4 Octobre de l'année 14 16, Jean fut placé sous la direction d'Onuphre de Seggiano, simple frère lai, mais religieux d'une rare prudence et d'une haute sainteté, qui éprouvait ses disciples comme le feu éprouve l'or le plus pur. — Admis à faire profession le 5 Octobre 141 7, il fut envoyé au couvent de Fiésole, pour y étudier la théologie avec saint Jacques de la Marche, à l'école de saint Bernardin de Sienne lui-même. L'illustre élève devint, en fort peu de temps, un profond théologien et un savant canoniste. Après quoi il accompagna son maître à l'extérieur du couvent, pour apprendre
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le secret de toucher, de remuer et de convertir les foules. Ainsi formé, Jean de Capistran re(,ut la consécration sacerdotale et comnienc^a sa vie apostoliiiue (1425).
A partir de cette époque, il n'y eut plus de repos pour lui. Il parcourut l'Italie en tous sens, la France en grande partie, et presque tous les autres pays de l'Europe ; sur le parcours du fameux missionnaire, c'étaient des auditoires de cent, cent vingt et quelquefois cent cinquante mille personnes qui venaient entendre sa parole. Ceci est indiscutable : tous les historiens et tous les monuments de l'époque sont d'accord sur ce point, lorsqu'ils parlent de l'apostolat de cet homme extraordinaire, de cet autre saint Paul, de cet ange descendu du ciel, comme ils l'appellent.
Mais Jean de Capistran, ne fut pas seulement l'Apôtre des provinces et des nations, il se fit encore le champion de l'Eglise contre les erreurs du XVe siècle, attaqua toutes les Sectes qui osèrent se montrer. C'est pourtant contre les Fratricelles et les Hussites, vrai fléau de la religion et de la société, qu'il se dépensa davantage. Pour qu'il pût les combattre avec succès, les papes Martin V, Eugène IV, Nicolas V et Calixte III, lui donnèrent successivement les plus amples pouvoirs ; aussi est-ce par centaines de mille qu'il ramena à Dieu les pécheurs égarés, les juifs, les hérétiques et les schismatiques. Ceux qu'il ne put remettre dans le chemin du ciel, il les força du moins au silence par la sainteté de sa vie, la force de sa parole et l'éclat de ses miracles.
Comme on le sait, Jean de Capistran fut encorej avec le valeureux Hunyade de Transylvanie, l'homme choisi de Dieu pour sauver, à Belgrade, l'Europe chrétienne, alors que Mahomet II, vainqueur de Constantinople, commençait à tout envahir sans que personne n'osât, ni pût lui résister.
Terreur des puissants et des orgueilleux, ce vrai fils de saint François fut encore l'avocat des humbles et des opprimés. C'est lui et saint Laurent Justinien qui déclarèrent les disciples de saint Jean Colombini, connus sous le nom de Jésuates, exempts des erreurs et des scandales dont on les accusait. C'est lui qui vint au secours de saint Bernardin de Sienne et qui l'aida puissamment à faire triompher la dévotion du Saint Nom de Jésus.
Enfin, si saint Jean de Capistran a bien mérité de l'Eglise et de l'univers entier, il a encore plus mérité de sa Famille Religieuse. « Il dilata et accrut, plus qu'aucun autre, dit Nicolas de Fara, non seulement le Premier Ordre de saint François, mais aussi le Second et le Troisième. » Son action fut des plus décisives sur les destinées de l'Observance et de tout l'Ordre des Frères Mineurs.
Il mourut, en 1456, trois mois après la victoire de Belgrade.
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Prêtre, Franciscain.
Fidèle à l'appel du Seigneur, ce Bienheureux entra chez les Observants de la Marche, qui comptaient alors dans cette Province des hommes tout-à-fajt remarquables, tant pour leurs vertus que pour leur savoir. Ainsi excité par toutes sortes de bons exemples, il ne tarda pas à marcher lui-même à pas de géant dans le chemin de la perfection.
Dévoré d'un zèle infatigable pour le salut des pécheurs, il employait toutes ses journées à prêcher, à catéchiser, à confesser ; et lorsque exténué de fatigue, son corps aurait eu besoin de repos, le saint Missionnaire prolongeait ses veilles bien avant dans la nuit, pour donner à son apostolat le double et indispensable aliment de la prière et de la pénitence.
Sans doute, il pratiqua toutes les vertus à un degré bien sublime, néanmoins l'humilité fut celle qu'il cultiva avec le plus d'ardeur. On aurait pu craindre qu'après ses brillantes études, il ne fit quelquefois parade de sa science, mais au lieu de se rechercher lui-même, il ne poursuivit jamais que le bien des âmes, et soit en conversation, soit en chaire, il employa toujours un langage fort simple que tout le monde comprenait. Dans ses instructions, il aimait beaucoup à citer des traits édifiants que lui fournissait la vie des Saints et qui venaient à propos confirmer ses paroles.
Il serait bien difficile de rapporter combien de haines il apaisa, combien de discordes il éteignit et combien d'adversaires il réconcilia : partout il parut comme l'ange de la paix.
Grand serviteur de Marie, le B. François fit tous ses efforts pour la faire aimer et honorer en tous lieux. Il sculpta lui-même une image de la Vierge qui opéra une foule de miracles et qui fut couronnée par Pie VII. Enfin, après une existence pleine de mérites, il passa à une vie meilleure le 12 septembre 1507, au couvent de Colfano.
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