‹ Nos saintsChapitre 77 sur 105 · FÉVRIER . — TRANSLATION DE S. ANTOINE DE PADOUE · texte numérisé non relu

FÉVRIER . — TRANSLATION DE S. ANTOINE DE PADOUE

un qui est entier. » Il prend ainsi tous les autres et remplit le panier : le bon frère semblait se jouer avec la puissance divine, tous les œufs étaient entiers, pas une trace de rupture ne paraissait.

L"n autre jour, frère Egide, voulant se procurer du poisson, se persuada qu'il trouverait ce qu'il lui fallait dans l'étang du palais royal. En arrivant, les serviteurs lui disent que n'ayant pas péché, ils ne pouvaient le satisfaire. — cQu'à cela ne tienne, répondle frère, je me charge de prendre moi-même les poissons. — Et avec quoi les prendrez-vous ? — Avec mes mains. — Allez, dirent les officiers en plaisantant, tout ce que vous prendrez est à vous. « Le Frère les laisse rire et s'en va droit à l'étang, il tire de sa poche un morceau de pain qu'il émiette sur l'eau. Aussitôt les poissons accourent. Celui-ci les examine et quand un lui convient, il l'attire au bord par ces seuls mots : c Pour saint Pascal, « le saisit et le met dans son panier. Il fait sa provision, s'en revient au couvent tout joyeux et laisse les officiers grandement surpris et édifiés.

Le procès de béatification de notre Bienheureux rapporte les guérisons innombrables qu'il opéra dans la ville de Naples ; la nature semblait être à ses ordres. Aussi son influence fut immense comme ses bienfaits. C'est en 18 12, au commencement de notre xix^ siècle, que ce digne disciple de saint François échangea les tristesses de l'exil pour les joies de la patrie, il était plus qu'octogénaire. Sa Sainteté Léon XIII l'a béatifié le 21 novembre 1886.

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[5 KKVRIKK. — IRANSLATION DE S. ANTOINE DE PADOUE 32I

Padoue déploya en ce jour toute la splendeur de ses pompes ; toutes les rues étaient pavoisées et jonchées de fleurs. Sur le parcours du cortège, Dieu se plut à semer les prodigf^s les plus éclatants, atni de glorifier son serviteur : tous les malades (jui eurent le bonheur de toucher son cercueil, furent guéris ; ceux-là mêmes qui, en raison de la foule, ne pouvaient approcher, étaient guéris par la seule vue de ses reliques. Aussi bien, ce jour de merveilles, qui se trouvait être un mardi, resta impérissable dans la mémoire des fidè'es et le Mardi fut dès lors consacré à saint Antoine. Les prodiges se continuant et se renouvelant sans cesse, (irégoire IX ne crut pas devoir différer davantage sa canonisation, cette solennité eut lieu le jour de la Pentecôte 1232, environ un an après sa mort.

A vingt-cinq ans de là, les habitants de Padoue, délivrés de la tyrannie d'Ezzelino, par la protection de notre Thaumaturge, voulurent lui prouver leur reconnaissance. Une église lui fut bâtie sur des proportions assez vastes pour recevoir la multitude des pèlerins ; on employa à l'orner tout ce que l'art de cette époque produisait de plus beau ; le tabernacle du maître-autel était tout entier en pierres précieuses ; des statues de marbre et de bronze ornaient l'intérieur du monument La construction fut bientôt assez avancée pour qu'on y pût transférer V Arche ou tombeau du Saint.

Cette seconde translation fut fixée au dimanche de Quasimodo de l'année 1263. Saint Bonaventurc, alors (iénéral de l'Ordre, se rendit à Padoue pour la solennité. Quand on ouvrit le tombeau, il s'en exhala un parfum céleste qui remplit toute l'église ; les chairs étaient tombées en poussière, mais la langue fut trouvée fraîche et vermeille comme au jour où elle annonçait les miséricordes du Seigneur. Saint Bonaventure la prit respectueusement entre ses mains et, versant des larmes d'attendrissement, il s'écria : « O langue bénie, qui toujours avez loué Dieu et l'avez fait bénir des hommes, on voit maintenant combien vous êtes précieuse devant Dieu. « Elle fut placée dans un reliquaire d'or et conservée comme un trésor inestimable.

Une troisième translation eut lieu en 1310, lorsque les travaux de la Basilique furent entièrement terminés. La cérémonie se fit en présence des membres du Chapitre général et fut présidée par Gonzalve de Valbonne, Ministre général de l'Ordre. Le tombeau du Saint fut transporté au milieu de la grande nef. La Basilique de Saint-Antoine est l'une des plus belles et des plus riches du monde. Dans l'intérieur, on édifia plus tard une magnifique chapelle, plus spécialement consacrée à saint Antoine, et dans laquelle devaient se conserver ses reliques. Dès que cette chapelle eut été achevée, on y transféra le saint tombeau à

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21 FEVRIER. — SAINTE ANGELE DE MERICI

l'endroit même où il se voit encore aujourd'hui : cette dernière translation eut lieu le 15 février 1350.

En 135 1, au Chapitre général de Lyon, il fut décrété que la fête de la translation de saint Antoine se célébrerait dans l'Ordre le 15 février.

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Vierge, du Tiers-Ordre Fondatrice des Ursulines

Angèle naquit à Decenzano, petite ville du nord de l'Italie : sa piété fut si précoce, qu'à l'âge de cinq ans elle se livrait à l'oraison et aux pratiques de la plus rigoureuse pénitence. Dieu qui la destinait à fonder dans l'Eglise un nouvel Institut de vierges, mit dès lors dans son âme un amour singulier pour la virginité : cette vertu répandait déjà sur toute sa personne un tel parfum de modestie qu'on l'appelait communément la « vierge de Jésus. »

A 1 "âge de treize ans, ses pieux parents étant déjà morts, elle revêtit l'habit du Tiers-Ordre, et à partir de ce moment on la vit avancer à grands pas dans les voies de la sainteté. Embrassant la haute pauvreté de son Séraphique Père, elle ne voulut plus vivre que d'aumônes, et pour imiter sa vie crucifiée, elle ne cessa de macérer son faible corps par les austérités et les jeûnes ; elle passait quelquefois une semaine entière sans autre nourriture que la divine Eucharistie.

A l'exemple encore de saint François, Angèle voulut faire le pèlerinage des Lieux-Saints et celui de Rome au tombeau des .saints Apôtres, opérant partout de nombreux miracles.

De retour à Brescia qu'elle habitait depuis plusieurs années, elle trouva sa nouvelle patrie menacée par les ennemis. Pour fléchir le ciel elle châtie si rudement son corps qu'elle tombe malade, la mort est imminente, lorsque tout-à-coup elle se lève, demande ses vêtements et se plaint amoureusement à son Dieu

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21 IKVRIKK. — SAIN IK ANCKl.K DE MI.RUI

de n'avoir pas été jugée digne du ciel. Mais Dieu appelait sa servante à une haute mission à la(]uelle il l'avait déjà préparée de longue main. Dans une vision elle avait compris qu'elle devait fonder une compagnie de vierges avec la mission d'instruire les jeunes personnes de leur .sexe.

Cependant, en attendant le moment de la Providence, Angèle se préparait, et s'exert^ait dans la praticjue de toutes les œuvres (.le miséricorde. Le tlémon voyant avec peine les nombreuses conversions t|u"elle opérait, lui livra les plus rudes assauts, jusqu'à se transformer en ange de lumière pour la tromper, la distraire de .son oraison, lui inspirer de la vaine gloire. Par son humilité Angèle déjouait toujours ces pièges infernaux.

Kn 1531, associée à douze jeunes filles, agrégées comme elle au Tiers-Ordre de saint François, la servante de Dieu commença à enseigner la doctrine chrétienne aux petites filles ; .sainte Ursule, dans une apparition, l'encouragea à poursuivre son entreprise et lui promit sa protection. Enfin, en 1535, le nouvel Ordre était fondé sous le titre de ('ompagnie de sainte Ursule.

Le corps de sainte Angèle de Mérici se voit encore à Brescia, préservé de toute corruption et revêtu de l'habit du Tiers- Ordre franciscain.

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IDén, Benoît Bacci

Prêtre. Franciscain (1591-1659)

Dès ses premières années, Benoît se signala par des dons précieux qui le rendaient aimable à tous. Il avait de la pénétration dans l'esprit, de la maturité dans le jugement, de la politesse et de l'affabilité pour tout le monde, une gaieté modeste, toutes qualités qu'ornait une douce piété. Il prit 1 habit de saint François au couvent du Mont-Alverne, et durant son noviciat, il montra un zèle parfait pour l'observation de la Règle et, surtout, un grand amour pour la mortification. Après sa profession, on l'envoya à Florence perfectionner ses études. Il aima l'étude avec passion, de sorte qu'il oubliait presque l'enseignement qu'avait donné saint François à saint Antoine : » L'étude me plaît chez les Frères, mais associée à la piété. » Une épreuve, que lui envoya la divine Providence, lui fit comprendre que le savoir sans la piété rend l'homme vain et méprisable. A partir de ce jour, il devint un modèle d'obéissance et de patience, et se montra grand amant de la pauvreté.

Un jour, il était si malade qu'il ne pouvait se remuer dans son lit : les frères lui demandèrent ce qu'il ferait, s'il recevait l'ordre de déloger à l'instant. « Je prendrais un bâton, répondit-il, et je délogerais. » — a Mais, reprit-on, vous feriez une imprudence et vous vous exposeriez à la mort. » — « Eh bien, répliqua-t-il, mon plus grand plaisir serait de mourir en pratiquant l'obéissance. » Il aimait encore à dire, lorsqu'on lui objectait son exagération pour l'obéissance : « C'est mon affaire d'obéir, et celle du supérieur de réfléchir sur ce qu'il ordonne. »

Par esprit de pauvreté, il portait toujours des habits dont les autres ne voulaient plus, et il les raccommodait avec les plus petits morceaux d'étoffe qu'il trouvait dans les rues.

Insatiable de souffrances, il avait demandé à Dieu de ne l'appeler à lui qu'après de longues maladies. Le Seigneur exauça sa demande ; car pendant vingt-cinq ans des maux insupportables, qui ne lui laissaient pas un seul instant de repos, ni le jour, ni la nuit, lui faisaient éprouver des souffrances atroces. Souvent l'excès de la douleur était tel qu'elle le faisait tomber à terre, et alors encore, le P. Benoît étouffait ses gémissements pour ne

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2 MARS. — VÉN. BENOIT ItAi i 1 325

pas exi-iter la compassion dfs personnes présentes. Malgré ces graves maladies, il accomplissait, tous les ans, les sept jeûnes de saint l-rant^ois, ne mangeant qu'une fois par jour et se contentant de légumes. lùi tout tem|)s. il avait soin, lorsqu'il trouvait sa nourriture trop savoureu.se, d'y verser assez d'eau pour la rendre insipide.

Sa cellule n'avait d'autres ornements que ses instruments de pénitence et (juelques sentences tirées des saints Pères.

Tant de pénitences et de vertus lui valurent, de la part du Seigneur, îles grâces singulières. Le divin .Sauveur lui apparut souvent, tantôt sous la forme d'un petit enfant, assisté de Marie et de Joseph, tantôt dans les douleurs de (iethsémani. La divine Mère vint aussi s'entretenir avec son serviteur dévoué, quelquefois durant plusieurs heures. Benoît fut encore favorisé du don des larmes, du don de .seconde vue, et jouit dune grande puissance sur les démons, qui ne pouvaient voir sans dépit une telle vertu et une telle austérité. Un jour que le Vénérable .serviteur de Dieu avait reçu ordre de changer de couvent, on eût dit que l'enfer entier l'avait suivi. On entendit, le jour et la nuit, des hurlements formidables, des tambours et des trompettes. Le toit du cloître fut ouvert, les livres de la bibliothèque dispersés, les lampes éteintes, les meubles brisés ; mais la prière de Benoît chassa la légion infernale. A partir de ce moment, son ombre seule, l'attouchement d'un morceau de son habit, et même la simple invocation de son nom, suffisaient pour mettre le démpn en fuite. Benoît fit également y)lusieurs prédictions qui se réalisèrent.

Il mourut au jour qui lui avait' été annoncé depuis longtemps. Ses funérailles eurent lieu au milieu d'un concours considérable, et des miracles se firent autour de son tombeau. Les procèsverbaux rédigés pour la béatification du saint homme contiennent plus de deu.x cent cinquante miracles, racontés tout au long, de 1661 à 1695. t)3,ns le cloître de Praro, sont conservés des registres où sont relatés plus de mille faits miraculeux arrivés depuis cette époque.

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B. Ibcmi, roi be 2)anemar[^

Du Tiers-Ordre ii4i8)

Ce prince était fils d'Aquin, roi de I )anemark, de Norwège et de Suède. Dès sa plus tendre enfance, le Seigneur lui révéla le néant des grandeurs humaines, et son cœur, détaché de tout ce qui est créé, ne soupira plus qu'après les biens célestes et éternels.

Après la mort de son père et de son frère, le B. Henri resta seul héritier du trône : mais les grands du royaume ne purent jamais le faire consentir à ceindre la couronne, ni à contracter une alliance afin de perpétuer sa dynastie. Uniquement désireux des seuls biens véritables, le jeune prince s'échappa secrètement de son palais, revêtit l'habit du Tiers-Ordre de saint François, et s'enfuit dans une solitude où il passa plusieurs années dans les exercices de la contemplation et de la pénitence.

Les grands du royaume firent longtemps des recherches pour le retrouver, et ayant fini par découvrir sa retraite, ils le ramenèrent dans S'a capitale, le revêtirent des insignes de la royauté et lui rendirent hommage comme à leui souverain.

Peu après, notre Bienheureux s'échappait de nouveau, et revêtu de l'habit de pèlerin, il se- dirigeait vers Tltalie, pour visiter le tombeau des saints Apôtres à Rome, et celui de saint François à Assise.

Arrivé à Pérouse, il tomba gravement malade à l'hôpital des pèlerins : comprenant alors que Dieu allait l'appeler à Lui, il se fit étendre sur la terre nue, reçut pieusement les derniers sacrements, et, après avoir fait connaître son nom et sa qualité, il s'endormit du sommeil des justes, le 15 mars 1418. Au moment de son bienheureux trépas, les cloches delà chapelle de l'hospice et celle de l'église Saint-André sonnèrent d'elles-mêmes, comme pour annoncer la gloire dont il jouissait au ciel. Son corps, revêtu de l'habit du Tiers-Ordre, fut déposé dans l'église paroissiale de Saint-André, où de nombreux miracles s'opérèrent. (La fête du B. Henri se célèbre tous les ans dans cette éghse, le 13 du mois de mars).

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