MARS. — VEN. JEAN DE MAURIENNE
expulsés. Le vénérable P. Jacques Goyette, leur supérieur, refusa constamment de révéler aux Calvinistes le lieu où était caché le corps de saint Bonaventure, et pour prix de son courage, il reçut la palme du martyre. Les hérétiques ayant fini par découvTir le corps du saint Docteur, le jetèrent dans le Rhône ; le chef de saint Bonaventure put seul être soustrait à leurs mains sacrilèges, (i)
Cette précieuse et insigne relique du Docteur Séraphique, échappée providentiellement à la rage des disciples de Cahin, fut conservée dans l'Eglise des Frères Mineurs Observants de Lyon ; mais ce trésor disparut dans la tourmente révolutionnaire de 1793, et tous les efforts, tentés depuis pour le retrouv'er, sont restés jusqu'ici sans résultat. Un bras du Saint, envoyé en Italie avant les ravages du Protestantisme, se conserve encore à Bagnorea, lieu de sa naissance.
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Prêtre, Capucin (1548-1614)
Le Vénérable Jean de Maurienne était curé de sa paroisse natale quand il sollicita et obtint la faveur d'entrer dans l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, au couvent de Saint-Jean de Maurienne. Après avoir fait sa profession solennelle au couvent de Saint- Victor d< Milan, il revint en Savoie, au couvent de Chambéry. Il se complut dans les fonctions de sacristain, portier, quêteur, qu'il exerça successivement et qui convenaient à son amour pour la pauvreté et la mortification. Elu ensuite maître des novices, puis Gardien, il passa les dernières années de sa vie dans la charge de Définiteur de sa province.
(i) Nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici tout au long la narration du P. Fodéré sur ces événements, elle se trouve dans le Tome I" de r Auréole Séraphiqîie, page 632 et suivantes, nous engageons nos lecteurs à s'y reporter, ils verront la les circonstances émouvantes qui accompagnèrent cet épisode si douloureux pour l'Ordre de saint François.
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L'amour ilc la retraite et la vertu d'humilité brillent dans sa vie d'un éclat partirulier. C'est dans la retraite qu'il obtenait du ciel, par une prière fervente, les lumières dont il avait besoin pour s'at(|uitter de ses diverses fonctions. Aussi aimait-il à répéter : » Jésus crucifié, voilà toute ma science.»
Souvent, pendant (ju'il priait, sa cellule se remplissait tout-àcoup d'une éilatante lumière, et l'on vit plus d'une fois sa tête couronnée île rayons lumineux, tandis qu'il célébrait le divin sacrifice.
\Snii parole révélera en quelle estime il tenait la modestie : (' N'oublie/ pas, disait-il à ses religieux, que vos yeux sont des fenêtres par lesquelles la mort entrera dans x'otre âme et détruira toutes vos richesses spirituelles. »
IMein de mépris pour lui-même, il n'était pas d'office, si humble fût-il, qu'il ne remplît avec bonheur, même lorsqu'il avait les charges de (lardien et de Définiteur. Il savourait les injures et les afflictions, et il cherchait toujours quelque nouveau mo)en de torturer son corps.
Le jour de sa mort lui fut révélé d'avance ; avant d'expirer, il s'étendit sur la terre nue, puis murmurant doucement les psaumes des agonisants, il rendit sa belle âme à Dieu, c'était le 13 mars 1614.
Le corps du Vénérable était encore intact et miraculeusement conservé en l'année 1836, époque où il fut exhumé pour la dernière fois.
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Ermite, du Tiers-Ordre (1202-1282)
Ce Bienheureux, issu de l'illustre famille des Torelli, naît à Poppi, en Toscane, le 16 mars de l'année 1202. Elevé par ses parents dans la crainte de Dieu, il devient en grandissant un modèle de piété et d'innocence. Malheureusement, il perd ses parents à l'âge de 18 ans. Cette perte ne l'ébranlé pas tout d'abord : il prend au contraire la résolution de s'attacher plus étroitement à Dieu par l'abondance de ses aumônes. Mais en
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l6 MARS. — B. TORELLO DE l'OPPI
pratiquant ces bonnes œuvres, il oublie la vigilance, si nécessaire à l'inexpérience. Entraîné par des mauvais compagnons, il finit par se livrer à une vie dissolue. Dieu cependant qui a sur cette âme infidèle des desseins de miséricorde, le conduit au repentir.
Un jour étant à jouer à la boule avec ses amis, il entend une voix mystérieuse lui crier : — « Il est temps de sortir du sommeil du vice. » Torello en éprouve une si vive impression, qu'il court à l'instant même à l'Abbaye de Saint-Fidèle, de l'Ordre de Vallombreuse, et se jetant aux pieds du Père Abbé, dom Raynald, il le supplie de l'aider à rentrer en grâce avec Dieu. L'Abbé l'accueille avec bonté, le confesse et lui donne le Pain des forts. Intérieurement renouvelé, le jeune converti manifeste bientôt à dom Raynald la résolution qu'il a prise en face du Christ, de se retirer dans la solitude, pour pleurer ses fautes, soit dans l'Ordre des Frères Mineurs, soit sous l'habit du Tiers-Ordre. C'est en effet après avoir embrassé la Règle du Tiers- Ordre, que nous le voyons, quatre ans plus tard, abandonner ses biens aux pauvres de Poppi, et entreprendre une vie de pénitences nombreuses et austères, retiré dans une grotte appelée Avellaneto, et se nourrissant du produit d'un petit jardin qu'il cultivait avec soin.
Le démon, furieux de ses progrès dans les vertus, l'assaille de tentations terribles pendant trente ans. Aussi, vers la fin de sa vie, son corps est tellement macéré par les austérités de tout genre, qu'il se voit forcé d'en adoucir la rigueur. Le Seigneur, en récompense, manifeste la sainteté de son serviteur par de nombreux miracles.
On lui accorde spécialement un grand pouvoir sur les loups. On lui attribue par exemple d'avoir sauvé en 1267 le fils d'une veuve qu'un loup venait de ravir à son affection, d'avoir guéri miraculeusement, en 1260, une personne malade, etc.
Enfin, après avoir passé soixante ans dans la solitude, notre Bienheureux est averti par un ange que dans trente jours, il échangera l'exil contre la patrie céleste.
Il rend son âme à Dieu le 16 mars 1282, âgé de quatre-vingts ans, et les cloches de Poppi, s'ébranlant d'elles-mêmes, annoncent son bienheureux trépas.
Sa fête se célèbre en ce jour dans le diocèse d'Arezzo et en quelques autres diocèses de la Toscane.
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