‹ Nos saintsChapitre 98 sur 105 · DECEMBRE. — VKN. MARIE-ANTONIA BEI.LOM · texte numérisé non relu

DECEMBRE. — VKN. MARIE-ANTONIA BEI.LOM

que la licence la plus effrénée corrompt de jour en jour davantage les mœurs publiques. Semblables à des torches ardentes que l'on voit briller au milieu de l'obscurité de la nuit, ces vierges dissipent les ténèbres amassées autour de nous par le mal : aux timides et aux sceptiques elles apprennent à marcher d'un pas sûr et rapide dans la voie du salut, et à ceux dont la vertu a fait naufrage elles montrent le chemin du repentir.

Parmi ces vierges glorieuses, mérite à bon droit de prendre rang, Marie- Antonia Belloni. C'est en novembre 1635, 'i^*^ Dieu la fit naitre à Triulza près de Cotonée dans une famille honnête et opulente. Son père Jean-Baptiste Belloni et sa mère Elisabeth des Rois la consacrèrent dès le berceau à Marie Immaculée, aussi s'efforcèrent-ils de tourner toutes les aspirations de son jeune cœur vers la piété et la pratique des vertus chrétiennes. La jeune enfant répondit à ces soins au-delà de toute espérance ; ses progrès furent si rapides qu'ils dépassèrent tout ce qu'on est en droit d'attendre dans un âge aussi tendre. On la voit dès lors fuir les jeux et les amusements de l'enfance, jalouse de son innocence elle la rehausse encore par une prudence pleine de maturité. Sa modestie et sa piété, envers le Très Auguste Sacrement de l'Autel surtout, sont si admirables que laissant loin derrière elle les compagnes de son âge, elle donne à tous les exemples d'une sainteté consommée. — Elle travaillait ainsi, à sa perfection lorsqu'un jour la Très Sainte Vierge, que Marie- Antonia aimait dun amour tout filial, lui apparut sous les traits d'une dame d'une grande beauté et lui dit : « Ma fille, va à Cotonée, adjoins-toi aux vierges, filles de sainte Claire. Que ton ignorance ne t'inquiète pas, bientôt tu sauras tout ce qu'il te faut connaître. » — Marie-Antonia Belloni avait alors quinze ans.

Ses parents avertis eurent bien garde de ne pas contrarier les desseins de Dieu : tristes mais résignés, ils conduisirent leur enfant au couvent indiqué. Là, Marie elle-même se fit l'initiatrice de la postulante qui ne tarda pas à prouver à toutes les religieuses que sa vocation venait du ciel. En effet, six mois après son entrée au couvent, elle savait si bien lire et écrire, qu'elle surpassait les religieuses les plus intelligentes ; ce prodige lui valut tous les suffrages et elle fut admise à revêtir de suite les saintes livrées de l'Ordre.

Son noviciat achevé, elle émit ses vœux solennels et se remit au travail de sa perfection, comme si elle n'eût rien fait jusque là. Ses mortifications, sa patience ne connurent plus de bornes ; d'une charité inépuisable pour les pauvres, d'une prudence sans • égale dans les conseils, elle avait un remède à toutes les misères et une parole de salut pour toutes les maladies de l'âme. Ses

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vertus fiieiU tant d'impression sur toutes les religieuses de la eotniuunaulé, cjuVlles la choisirent pour leur abbesse, alors tiu'elle n'avait pas encore ijuarante ans. Dans celte charge, elle se montra pour toutes une mère plutôt qu'une supérieure. Sa vigilante et tendre sollicitude fit de son couvent, la demeure de la véritable paix et de la perfection évangéli<iue. Ses macérations, ses austérités, ses jeiines et ses |)éniteiices ne l'empêchèrent point d'arriver à une grande vieillesse, et loin de s'amoin drir avec le temps, sa tendresse pour 1 )ieu ne faisait qu'augmenter avec les années, de telle sorte qu'elle mourut consumée bien plutôt par l'amour divin que par la maladie. Elle s'endormit dans le Seigneur, au jour et à l'heure qu'elle avait elle-même indiqués, et son dernier soupir amena encore sur ses lèvres les noms très doux de Jésus et de Marie qu'elle avait tant aimés. C"e bienheureux trépas eut lieu le 30 décembre 17 19.

Ses traits restèrent souriants, et, vingt ans après, quand on ouvrit son tombeau, son corps apparut intact, ses mains pressaient sur son cœur l'image du Divin Crucifié, on l'eiàt crue morte depuis quelques heures seulement. » La renommée de sa sainteté se répandit de plus en plus, des prodiges s'opérèrent à son tombeau, on s'occupa dès lors de la cause de sa béatification à laquelle le décret du 29 janvier vient de donner un commencement de réalisation.

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