A L’ASSOCIATION VALENTIN HVÜY, 6) RUE DUROC, PARIS
L’ Aveugle et le travail manuel. 39
aveugle de vigueur physique ordinaire et d'adresse moyenne peut l’entreprendre. La plus grosse difficulté paraît bien être celle de se procurer un travail suivi; aussi semble-t-il prudent d’exercer cette profession concurremment avec un autre métier manuel.
« Matelasserie. — En Angleterre, plusieurs grands ateliers d’aveugles comprennent une section consacrée à la confection des matelas et à leur réfection. En France, nous n’avons rien de pareil pour plusieurs raisons, dont l’une des principales est que, la plupart du temps, les matelas sont refaits sur place par de petits façonniers pourvus d’un outillage rudimentaire.
« Ce genre de travail peut être fait par un aveugle, après un apprentissage assez court et avec l’aide d une personne clairvoyante, exécutant les parties de l'ouvrage pour lesquelles la vue est indispensable. L’outillage n’exige pas une dépense considérable.
« Cordonnerie. — La fabrication et la réparation des chaussures sont enseignées dans
plusieurs pays, surloul on Danemark. En France, ce métier est peu pratiqué et seulement depuis quelques années, de sorte qu'on ne sait encore au juste ce qu’on est en droit d’en espérer.
« Il semble bien que la fabrication de la chaussure neuve, faite aujourd’hui mécaniquement dans de grandes usines, ne puisse donner de sérieux résultats. 11 est possible que la réparation procure un travail assez rémunérateur, pourvu toutefois que la clientèle ne se montre pas, là encore, plus récalcitrante qu’à l’ordinaire, et se décide à confier le ressemelage de ses chaussures à un cordonnier aveugle.
« Accohdage des Pianos. — L’accordeur aveugle ne peut, le plus généralement, songer à tirer parti de son métier que dans le service d’une clientèle particulière, ce qui l’oblige à être, en même temps, un réparateur suffisamment habile, pour remédier sur place à la plupart des troubles qui gênent le fonctionnement du piano.
U Aveugle et le travail manuel.
« Pour la formation d'un tel professionnel, il faut compter à peu près deux ans. L’apprenli doit, posséder, outre quelques aptitudes musicales, une adresse manuelle très développée, certaines qualités intellectuelles, une bonne éducation et beaucoup d’aisance dans sa tenue et ses mouvements.
« A cause des qualités qu’elle exige, celle profession n’est pas à la portée du grand nombre, d’autant plus que la constitution d’une clientèle suffisante est chose difficile, exigeant du temps, du savoir-faire et des relations.
« Massage. — On peut faire, sur cette profession, ii peu près les mêmes remarques que sur la précédente. Le masseur doit posséder tout un ensemble de qualités qui se trouvent rarement réunies chez le même sujet.
« La formation purement professionnelle, qui demande environ deux ans, est bien loin de constituer le seul élément de réussite; il faut encore, à un plus haut degré que pour l'accordeur, beaucoup de tact, un certain
./Vos Suidais Aveugles.
vernis, des manières correctes et aisées, une grande facililé à se mouvoir et, si possible, l’art de causer agréablement, ce qui suppose une culture intellectuelle assez développée. Ajoutons à ce propos que 1 Association \ alenlin Haüy, en dehors de ses cours de massage et du patronage qu’elle accorde a la (, Unique du Syndical des Masseurs aveugles', organise en ce moment même, dans l’une des ambulances de Cannes et sous la direction de deux de ses masseurs diplômés, une petite école destinée à la formation pratique et thooiique des soldats aveugles ayant les aptitudes requises pour exercer cette profession1 2.
« Métiers divers. — A côté de ces métiers, il en est quelques autres, moins fréquemment exercés, qui ont pourtant leur intérêt. Ce sont