LE LUXE I
Ceux nui en ivaliU' inérilent cL'ttc llatleusi' épilliùlc doivent être (|ualifiés de ni^rauds |)ar leurs brillants camarades, car leur vie n'otVi-c ])as le même cachet de liaute élégance.
Sur la route de chacun connue sur le chemin de Damas, la Providence a placé l'ange du salut. C'est un amour simple et vrai qui attire, qui séduit chez les jeunes gens ce que la jeunesse a de pur et de droit.
Ceux qui obéissent à la grâce et se marient tout bonnement, com])tant sur le secours de Celui qui donne aux ])etits oiseaux la ])ature; sur le bon sens et le dévouement de celle (ju'ils épousent, mais surtout sur leur travail et leur courage, voilà, à mon sens, les " bons partis," tout ])auvres (|u'ils sont.
Quand les autres s'écrient (jue la vie devient bien dure! qu'on ne i)eut plus songer à se nuirier, que les jeunes filles sont trop exigeantes, et (|u'il faut trop d'argent ])our se mettre ctî ménage, il entre plus d'égoïsme (|ue de ])rudence dans leur déclamation.
Ils ont peur des privations pour eux-mêmes. Le luxe, ou, pour mieux dire, le gaspillage, leur est devenu une seconde nature. L'idée de se réformer le.^ épouvante. liC bonheur leur semble acheté trop cher au prix de quelques sacrifices. Ils y renoncent sans trop de peine au îuoment où ils tiennent toutes les com])ensations du plaisir. Cette résignation fatale est la ])remière ])unition de leur endurcissement.
Tant d'erreurs ont pour point de départ ce principe faux adopté de bonne heure:
Que la fréquentation des salons et la nécessité de faire face à toutes les obligations sociales constituent une taxe fort onéreuse ])our un jeune homme un peu répandu.
Voilà le premier prétexte qui les jette dans cette " vie de garçon " dont les exigences moins avouables deviennent beaucoup plus considérables.
Le seul article de ces libations intelligentes, cet arro-
sage continu de gosiers amis, coûtent h quelques-uns, régulièrement: (juatre ou cin(j piastres f)ar jour.
]1 n'en faut ])as davantage ])Our faire vivre confortablement toute une petite famille; pour s'assurer aussi un bonheur plus sûr vt de précieux- dévouements pour " plus tard/'
Ce " plus tard ", messieurs, c'est le moment où vos fidèles compagnons des jours heureux sont devenus chauves comme vous, distraits comme vous d'une vieille amitié, par le soin d'une goutte qui ne fait que croître et embellir cha(|ue jour.
En finissant par cet assaut sur la corporation des vieux garçons, j'ai le sentiment de ne m'être pas écartée de mon sujet, puisque, de tous les luxes, le célibat est le plus coupable.
A mes jeunes amies et — si elles ne me trouvent pas trop audacieuse — à leurs mères je soumettrai dans un prochain chapitre quelques remarques les concernant.