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TOUJOURS LE LUXE

.(V: VAN'i" (le laisser ce sujet des couvents, il nie reste à .Mf^ signaler d'autres al)us où l'orgueil entraîne un

^^' irrand nonihre de familles.

Sur toutes les élèves ((ui a])j)rennent les arts d'agrément, le dessin, la peinture, le piano, la harpe, la guitare, combien en est-il à (jui ces choses profiteront et ])()iir les(|uellt's un ])areil enseignement lU' soit ])as une charge aussi onéreuse (jue superilue?

Beaucoup de petites filles, sans y apporter la moindre ap|)lication, exigent de leurs parents qu'ils leur fassent aj)prendre tout cela, afin de n'être pas dans une condition d'infériorité vis-à-vis de leurs amies opulentes.

Ive tem]>s (|u'on perd ainsi à des occultations pour lesquelles on n'a aucune ai)titude pourrait être consacré avec plus d'avantage à cultiver d'autres talents, fussentils plus modestes. Chacun a les siens, et les parents, mettant de'côté toute vanité })uérile, devraient s'appliquer à dévelo))per chez leur enfant la faculté dominante.

Qu'ohtieniH'nt-ils autrement ^ Des sujets comme on en voit tant, (|ui jmssèdent >^\\v une foule de choses des notions nuageuses: (pii ])ianotent, barbouillent sur porcelaine, dkhunent. c'est-à-dire récitent fort mal les vers, et, en soinnie, n'excellent en rien.

Il faut surtout considérer comme un fiéau l'invasion de la musi(|ue dans les ])lus humbles missions de la campagne. (Qu'est-ce (pi'une hlle de fermiers, riche ou non, dont le sort est de devenir fermière et le devoir de se consacrer à des occupât i(ms ])ratiques peut bien faire de la science musicale au milieu de ses graves et nond)rcux fioucis ?

Il y aurait pourtant une différence à faire entre les écoles des grandes villes et celles des districts ruraux.

La po])ulation de ces derniers a des besoins différents, et les ral'iJnements qu'on introduit dans l'éducation de ses enfants n'aboutissent qu'à faire des déclassées qui sont le malheur et la ruine des familles.

Un notaire de ma connaissance a vu plus d'une fois un pauvre cultivateur venir hypothéquer sa terre pour acheter un piano à sa fille. Que ne leur montre-t-on plutôt à tricoter, à tisser, à raccommoder, à tailler, à coudre, à broder comme dans les écoles primaires de France? Et s'il faut aborder la science, s'il faut sacrifier à l'art, que ce soit donc au moins d'une façon profitable.

Un peu de chimie vulgaire, quelques connaissances médicales rudimentaires si précieuses dans les habitations isolées de la campagne, des notions pratiques d'histoire naturelle vaudront mieux que l'algèbre et l'astronomie.

Les quelques familles en dehors des grands centres, qui souhaiteraient pour leurs filles une éducation plus accomplie, ne feraient pas autrement qu'elles font presque toutes aujourd'hui: elles porteraient leur clientèle aux couvents des villes.

Pour ce qui est des arts, il en est d'utiles qui ne coûtent rien à celles qui les pratiquent, qui peuvent au contraire leur rapporter cjuelque chose et devertir un métier lucratif dans le ca.=; où l'on viendrait à dépendre de soimême pour sa sul)sistance.

Il y aurait, par exemple, une industrie à créer ou à implanter parmi nous: c'est celle de la dentelle r" et la maison d'éducation, l'institution enseignante qui voudrait en prendre l'initiative aurait un rôle bienfaisant à accomplir dans notre pays.

Ce (pli nous manquent totalement ce sont encore des établissements pour former à leur état les serviteurs. Chaque métier a son apprentissage, seul celui de cuisinière ou de servante se fait aux dépens des patrous,

TOUJOURS LE Ll'XK Iî»3

J*()ur(|U()i \ij<> (•oiuiiiunautc's rt'li<jji(.'iises nv londcraicntelles pas dans certains districts (le la cam])agne des maisons spécialement dévouées à cet objet?

Le Conseil National des Femmes poursuit justement ce but pratique. A chacune de ses sessions on s'appli(|ue à trouver les moyens d'introduire dans les écoles l'enseignement des arts manuels.

Cette innovation serait un bienfait non seulement pour les populations di?s cam}>agnes, mais aussi pour nos jolies citadines, qu'elle rendrait plus pratiques.

Car, sans vouloir nous faire une (|U(Tel]e avcY- f|uel- (jues-unes de nos jeunes lectrices, il faut avouer (pie nous avons dans notre sac (pieUiues vérités à leur dire. Sur ce clia]ntre du luxe nous aurions un gros sermon à faire si les sermons n'étaient si ennuyeux, et pour (jui les écoutent et })our (pii les fait. (Quelles nous permettent seulement de leur indicpier (|uel(|ues occasions où on les voit le ])lus souvent céder à la séduction du luxe.

Vn grand nombre, du reste, ne sont en ceci coupables (jue d'inconscience. Elles obéissent à un entraînement contre lecpiel on ne les met pas assez en garde. Elles font. . . connue les autres, et usent de la latitud(» (prou leur donne.

i)uv la pensée de leurs torts viennent seulement à les frapper, et il est certain (pie le premier pas sera fait vers leur amendement.

D'abord, mesdemoiselles — c'est à vous (pie je m'adresse— c'est un luxe (pie de ])er(lre son temps.

Songez que Dieu a dit à l'bomme: Tu fjarjneras Ion pain à la sueur de ton front! Personne dans la pensée du Créateur n'a été dispensé de cette peine, et tous ceux (pli vivent dans l'oisiveté le font aux dé])ens des autres.

Ivétléchissez aussi — cela vient d'être démontré scientifiquement — que la terre actuellement ne i)roduit pas assez pour nourrir tous ses habitants; que si l'on partageait ('gaiement entre les hommes vivants ses ressources présentes, ])ers()niu^ n'en aurait '' à sa faim."

Ne répugnez-vous pas à être du nombre des parasites

et des inutiles? Ne sentez-vous pas qu'il y a mieux à faire (|ue de gaspiller les heures et les jours en de vains passe-temps?

C'est un grand luxe, vous dis-je, que de consacrer chaque jour une partie de votre matinée à crêper, à friser vos cheveux et à élaborer le savant édifice de votre coiffure. Luxe aussi ces causeries oiseuses et ces promenades quotidiennes, sans autre but que de battre l'asphalte et se montrer à ses concitoyens. Et au surplus quel mauvais noviciat, quelle triste préparation au rôle d'épouses sérieuses et de bonnes petites mères auxquels vous êtes appelées, qu'une vie aussi nulle!

Un grand nombre de celles qui gasj^illent leurs journées de cette façon sont les aînées de grandes familles, qui voient leur mère surchargée de mille tracas et leur père user ses forces pour apporter l'aisance à tout son monde.

D'occuper leurs jolis doigts à confectionner, à réparer les vêtements des petites sœurs ou à faire leur propre raccommodage, de partager la responsabilité de la maîtresse de la maison, d'alléger le fardeau des parents, l'idée ne leur en vient pas.

Depuis nos bonnes grand'mères, assujettissant la mode au bon sens et portant leur belle robe aussi longtemps qu'elle voulait bien durer, les choses ont bien changé. C^est maintenant deux ou trois toilettes par saison qu'il faut à une femme élégante, et il n'est pas de condition de fortune qui dispense de ce renouvellement incessant.

C^est ainsi que s'écoule l'argent si péniblement gagné et que le père de famille, qui lutte de jour en jour plus fiévreusement, se trouve dans l'impossibilité d'amasser quelque chose pour ses vieux jours ou d'assurer l'existence des siens pour le cas où il viendrait à mourir.

En dépit de toutes ces complications dans la manière de vivre autrefois si simple, avec l'aggravation des charges pour celui qui soutient une famille, la femme est devenue moins industrieuse. Une dame, il y a cinquante ans, ne rougissait pas d^ faire ses robes, Combien 4e

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