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I.A VIK I)K MENAGE I5I

plupart se nié])r('nnent sur le sens niysty((ue du fameux vocable. Tel qui se croit atteint d'un amour in<^uérissable ne fait que subir un accès de })assi()n.

-Si vous me demandez à (pioi on reconnaît le sentiment supérieur (pie je vous in(li(pic comme le ^^a<j:e de toute union solide, je n'oserais ni'aventurer à vous le définir, mais je me ])ornerai à vous en donner le sijj^nalement. (*e que j'appelle un amour réel — où l'esprit est subjugué comme le cœur est épris — se montre calme et discret, confiant et réservé.

L'échange de cette précieuse aflfection (pii im|)li(|ue une estime et une considération absolues est un ])alliatif à toutes les misères. Par l'etiet de je ne sais (picl aimable miracle, il fait sentir sa douceur jusqu'au milieu des épreuves. La manifestation d'une sympathie ardente et d'un dévouement illimité est un baunu» aux |)lus âpres douleurs. Les larmes (pie nous arrache le malheur sont moins a mères si on les verse près d'un cœur compatissant.

Le ])r()pre de l'amour vrai c'est d'être |)rati(|U('. l'ii mari aimant sérieusement sa femme ne né^^li^cra aucun moyen de pourvoir à son bien-être et de l'au^finenter dans la mesure de ses forces. De même l'épouse dévouée, comprenant (pie le bonheur en ce monde imparfait est subordonné à mille circonstances nuîtérielles: qu'avec une Ame ma^iiianime et le cd'ur le ])lus épris un homme ne peut se contenter éternellement d'un mauvais dîner, d'une maison mal tenue, du désordre occasionné par la conduite d'enfants mal élevés ou de serviteurs peu stylés, r(''trlera avec sollicitude tous les détails de son intérieur de fa(M)n à en faire ))our le roi et le soutien de la famille un séjour agréable.

Mais le peu (h' sérieux (pii entre de nos jours dans l'éducation des filles les rend bien inégales à la tâche à la fois grave et délicate de diriger une famille.

li'honnêteté native (pii distingue notre jeune race et je ne sai< (piel fonds de vertu avant résisté à l'enli'aîiU'-

ment le plus frivole se révèlent pourtant dans les situations les plus difficiles chez quelques épouses inexpérimentées^ les élevant y)ar une espèce de miracle à la hauteur de leurs obligations.

Bien que leurs braves cœurs dans les grandes occasions sachent ainsi se montrer héroïques, la futilité d'esprit et l'aveuglement de l'intelligence, (pi'un grand nombre apportent en ménage en guise de dot, ne peuvent manquer, en face de certains problèmes dont la solution demande un jugement éclairé secondé par une grande force de caractère, de faire une désastreuse faillite.

Il y a des hommes qui se contentent d'une femme qui soit une habile ménagère et sache s'habiller. Ces deux conditions d'après eux suffisent pour " faire honneur à leur position."

S'ils ne devaient pas avoir d'enfants, nous laisserions ces gens peu difficiles appeler tout à leur aise leur épouse-intendante un trésor ; mais dès que son titre de mère impose à celle-ci le devoir de conduire des âmes et de former de jeunes intelligences, ses talents domestiques deviennent insuffisants. D'inflexibles principes religieux et une bonne instruction doivent ajouter leurs lumières à la science utile de faire d'excellentes confitures, de bien tenir sa maison, et de dire avec grâce, peut-être même avec esprit, dans son salon, d'aimables banalités.

Aussi bien, sans ce secours surnaturel, à la meilleure des ménagères et à la mère la plus dévouée il manquera toujours quelque chose. Car c'est avec une intelligence éclairée qu'on forme des enfantsc sains de corps et d'esprit, comme c'est la résignation et l'humilité chrétiennes qui font accepter à une femme moins fortunée que ses compagnes l'infériorité relative de sa position.

La raison pour laquelle l'espoir des jeunes filles attendant du mariage une félicité sans mélange est souvent déçue, c'est que dans leurs rêves elles ne font pas la pari des misères inhérentes à toute existence; c'est qu'on n

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