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M. JULES SIMON ET LA FEMME MODERNE

résulti'r,,inr'nio ot surtout ])our ceux qui croient en bénéficier, de la facilité de nneurs défi temps modernes.

L'in(juiétude qui se l'ait jour dans les ])ar()les du moraliste et jette une lumière nouvelle sur les conséquences d'un commerce peu austère mais charmant est un avertissement ])()ur (piiconciue n'en considérait (pie les avantages.

^"^ Aj)rès le bonheur de croire le bonheur d'admirer est le plus irriind," ajoute-t-il.

Or, quand la femme descend du piédestal où Ta mise l'admiration et le respect masculins, quand elle déserte le tem])le vénéré fpie lui ont élevé ses dévots pour se mêler à la foule, elle crée la confusion des rôles, efface t(nite distinction et détruit elle-même son empire.

Elle ruine le bonheur d'admirer dans le co'ur de riiomme. (|ui lui en garde une rancune inconsciente. Tout naturellement porté (pril est vers l'idole déchue il ne lui ])ardonne ])as de s'être dérobée à la piété de ses hommages, au culte (pi'i! lui avait voué et dont (pielques rites résistent encore à l'envahissement du sce])ticisme.

Par suite de ce malaise la prudence masculine se réveille et il se trouve un homme pour conclure ainsi ses graves remarques sur le revers des privilèges du siècle:

^* Je dis aux femmes comme aux généraux: Défendez les avant-postes. D'abord, c'est ])lus sûr et ensuite c'est plus joli."

Et encore: "("est très beau d'être sûre de soi. On en sera encore ])lus sûre si l'on fait comme si on ne l'était ])as. . . " C'est ce (pi'entendaient nos chères aïeules (luand elles disaient — Xe jouez pas avec le feu! ''

J'ose me permettre d'ajouter ce (pie le savant philoso])he aurait ])eut-être dit s'il y avait pensé ou ce qu'il a pu penser sans le dire:

Il n'y a (pi'une sentinelle ca])able de surveiller les avant-postes, d'avertir à tem]>s du danger, de ra))proche de l'ennemi: c'est la religion.

2o8 NOS TRAVERS

Cette prudente régulatrice des mœurs prévoit seule par quelle secrètes issues peuvent se faufiler les mauvaises inspirations et, seule, sait étouffer le mal dans son germe.

De fait, une bonne chrétienne intelligente réaliserait à coup sûr l'idéal que se fait de la femme accomplie, M. Jules Simon.

Lb SOIN DES HALADES

N médecin crexpérit-iui' nous m^^gvw de donner (iuel(|ues conseils sur ce sujet inii)ortant. Un grand o])stacIe au rétablisscniciit de leurs j)atients serait, au dire d'un grand noiiiljre de ])ratieiens, les visites intempestives et prolongées, les friandises, les douceurs et aussi les conseils aj)))ortés par des amies trop zélées.

C'est, un grand nian(|ue de tact (|U(> d'eidever à un malade la confiance qu'il a en celui (jui a entrepris sa guérison. 11 est des officieuses, (pii, pour faire montre d'un intérêt compatissant, se livrent à une véritable enquête. Une fois informées de ce qui a été prescrit, elles critiquent aj)})rouvent ou condamnent avec assurance.

— "Quoi! on vous ordonne telle chose. Ah bien, voilà qui est singulier! Kn pareil cas, le docteur X faisait prendre ceci ou cela à ma cousine Z, qui s'en est admirablement bien trouvée." Elles ont comme cela un tas dVxem])les victorieux dans leur sac. Tandis qu'elles racontent avec des nllements ou des étoulTements imitât ifs ou avec des peintures sanglantes et cruellement détaillées les guérisons miraculeuses obtenues par des traitements différents de celni que subit l'amie souffrante, celle-ci a la chance, tout en acquérant la certitude qu'elle est mal soignée, de gagner à cet étourdissant verbiage une syncojie ou une crise de nerfs.

Quand le médecin autorise une convalescente à recevoir ses amies, c'est à celles-ci à prendre garde de ne pas changer la distraction salutaire — résultat attendu de leur visite — en une fatigue. C'est différer beaucoup trop son départ que d'attendre pour prendre congé des

2lO NOS TE A VERS

nigncs de lassitude ou d'inipatience do ceux ((u'ou est venu réconforter. Malgré le goût que peut témoigner d'abord le malade pour causer, il faut éviter de donner à la conversation trop d'entrain. C'est aux parents ()ui veillent dans la chambre ou à la garde qu'on adresse les questions témoignant d'un intérêt sympathique. On fera preuve de délicatesse en abaissant la voix auprès du lit d'un malade. 11 fant se rappeler que ponr les personnes affaiblies et énervées par la douleur tout est effort: parler, écouter, entendre même. Dans certains cas, un simple son, un mouvement brusque blessent une sensibilité exaspérée par la souffrance.

Il y a nne étude à faire des sujets qu'on peut traiter dans ces visites de sympathie. Le bon sens dit qu'on ne doit pas entretenir de choses pénibles un malheureux que les afflictions corporelles inclinent déjà à voir tout en noir. Nous avons pourtant vu des dames charitables qui, visitant les victimes d'une épidémie, colportaien,t de malade en malade la liste des morts.

Une précaution dictée par un cœur délicat consiste à ne pas faire davantage un trop grand déploiement de gaîté, de façon que l'amie retenue prisonnière par la maladie ne voie pas sa tristesse augmenté du spectacle de plaisirs qu'elle ne peut partager et de la pensée un peu égoïste, mais bien naturelle, que sa disparition n'a rien changé dans les joyeuses habitudes de son cercle mondain.

On comprend qu'il serait des plus indiscrets d'insister pour voir un malade dont la famille a défendu la porte. On voit des gens bien intentionnés qui, dans la crainte de paraître indifférents, se font une espèce de violence pour aller porter de vive voix leurs condoléances. Il est si simple d'envoyer demander des nouvelles, de passer soi-même chez l'affligé, d'y laisser sa carte ou son nom en s'informant de l'état de celui de celle qu'on craint de fatiguer.

La charité bien entendue doit être discrète.

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