‹ Nos trois cloches [microforme]Chapitre 2 sur 4 · IL.—Nos trois cloches.— Poime rustique · texte numérisé non relu

IL.—Nos trois cloches.— Poime rustique

Par M. PampeniLe LE May.

(Lu le 22 mai 1906.)

Dans les brunes d'a . les jours de mon enfan Ont sombré, mais parfois je m'arréte, et je pense \u calme bienfaisant qui les envel ippait, Je ne CONNalssais rien, @t rien ne mo “upait, Hormis les chants d'un bois, les sables d'une wre Les parfums d'une fleur, Si quelquefois un rêve Essavait d'ouvrir | et de m'emporter loin, Emu. je regardais, dans les frissons du foin Au ruisseau qui les baigne, au bois qui les abrite, Les boutons d'or, l'iris, le thym, la marguerite, Et je disais au rêve aile:

“Je suis aussi

Une humble fleur des champs, laisse-moi vivre jci

En ves jours reculés, dans nos paroisses riches,

Au milieu des sillons, du pacage et des friches, Au-dessus des forêts mème, déjà montaient

Bien des clochers bénis où nos espoirs tintoient,

La eloche, en sa lanterne, était fort solitaire.

Elle aimait à chanter, Rien ne la faisait taire,

Ni les neiges de mars, ni les ardeurs de juin. Parfois ses longs sanglots nous disaient un chagrin, Elle sonnait, parfois, des couplets de jeunesse, Nous aimions à l'entendre, 11 faut que l’on connaisse, Quand monte vers le ciel un sonore tinton,

Si la joie ou le deuil entrent dans le canton:

Si quelque nouveau-né recoit l'eau du baptème.

Ou si l’un d’entre nous a dit l’adieu suprême.

Elle prenait aussi, dans les jours pluvieux,

Le timbre nasillard d’une chanson de vie

C'était lorsqu’en hiver la pluie, après le givre, Gelait comme des pleurs sur ses lèvres de cuivre.

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