INTRODUCTION XXIII
Bonfons, demeurant en la rue Neuve-Nostre-Dame, à l'enseigne Sainct-Nicolas,
Ces Adages sont dépourvus de pagination. La dédicace de leur troisième partie est datée de Poitiers, le icr octobre 1577.
Comme je l'ai dit au début, je me suis borné à dépouiller ce recueil, car je sais par expérience, qu'on n'est maître de son terrain qu'à la condition de le restreindre. Si petit que soit mon volume, je ne m'y suis pas reconnu sans peine.
Pour arriver à un groupement plus facile, j'avais compté d'abord me servir du grand recueil de Leroux de Lincy {Livre des Proverbes français), généralement consulté, mais je m'aperçus que sa compilation n'embrassait pas tout, volontairement ou non. Après avoir constaté que deux proverbes pris au hasard (Bellesmères ne vivent que trop. — Qui lit est au sermon), ne s'y trouvaient point, je n'osai plus me fier qu'à mon vieux bouquin.
Le texte en était si embrouillé que j'ai dû le relire trois fois, avant d'y trouver ce qu'il me fallait. La hardiesse singulière de certains passages m'a fait comprendre pourquoi l'auteur les avait noyés dans un fatras propre à dérouter l'œil de tout censeur. Comme Rabelais, il a cherché souvent dans l'obscurité, la grossièreté, la grivoiserie, un milieu propre à se cacher.