CONCLUSION
Pour résumer cette seconde partie, nous constatons que l'Association des Voyageurs de Commerce comprend huit Cercles, dont le premier, celui de Montréal, ne date que de 1914, et compte aujourd'hui 240 membres; celui de Québec, né en 1916, a 146 membres; Sainte-Marie de Beauce (1917) 42 membres: Saint-Hyacinthe (1917) 46 membres; Ottawa (1918) È 34 membres ; Hull (1918) 34 membres: Trois-Rivières (1919) 21 membres; Sherbrooke (1919) 35 membres. En tout, 598 membres. |
C'est une petite armée. Mais c'est une armée. La vraie question n'est pas : Combien sommes-nous ? Cela, c'est la superstition du nombre. Mais : Que valons-nous ? C'est-à-dire que le point capital gît dans la valeur personnelle, la vertu, le caractère, l'énergie morale, dans l'union parfaite de ces valeurs. en un mot, la présence et l'action d'une élite : l'élite du bien contre l'élite du mal. Le succès est là, et là seulement.
Faut-il redire le mot tant de fois cité de Le Play : « Aujourd'hui, vingt hommes bien unis, joignant la vertu au talent, donneraient à l'esprit public une impulsion définitive » ?
On rapporte que Pie X, un jour, entretenait un groupe de cardinaux. Il leur demanda : « Qu'y a-t-il, aujourd'hui, de plus nécessaire pour le salut de
la société » ? L'un dit : bâtir des écol Non pas, repartit le Pape les églises. Non encore.
« Ce qui est présentement le saint Pontife, c'est d'avoi groupe de laïques éclairés, ment apôtres. » C'est ce q geurs dans leur sphère.
métiers, les groupes possé cinquante, cent ho serait, à brève échéance, la Remontez au
rivant aux Romains,
rend grâce à Dieu de ce que leur foi « est renommée | dans le monde entier, annuntiatur in universo mundo ». Dans le monde entier ! Et pourtant les fidèles alors n'étaient qu'une poignée. Mais quels hommes ! Un siècle et demi plus tard, le grave Tertullien usait du même procédé, en le développant, dans sa défense du Christianisme : « Nous ne sommes que d'hier, s'écriait-il, et déjà nous remplissons tout l'empire : vos cités, vos Îles, vos forteresses, vos Municipes, vos assemblées, les camps, les tribus, les décuries, le palais impérial, le sénat, le forum: nous ne vous laissons que Vos temples ! » — A ce souvenir, le Catholique d'Action fait ainsi parler Notre Seigneur : « Mes fidèles, aux premiers temps de l'Église, envahissaient tout, et voici qu'aujourd'hui on ne les voit nulle part ». Ce reproche, nous l'avons vu, ne saurait s'adresser aux Voyageurs de Commerce. I Is envahissent tout. Peu nombreux, ils sont Partout : ils ont, ce semble,
le don d'ubiquité. De vrai, leur profession les met sur toutes les routés, les dépose dans tous les hôtels, les coule dans toutes les demeures. Mais ce qui se fait sentir, n'est pas tant leur présence que leur influence. Ils sont une force vive à la fois et stable : ils passent, elle demeure: elle fait lever et grandir le germe qu'ils ont semé. Les œuvres sont là pour en établir la preuve.
Déjà, dans les pages qui précèdent, des faits nombreux et variés ont témoigné de l’action délicate autant que puissante des Voyageurs. La troisième partie va nous en résumer quelques autres et relever certains traits plus notables de l'histoire de l'Association.