‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 10 sur 111 · ORDRE PREMIER · texte numérisé non relu

ORDRE PREMIER

PHLEGMASIES CUTANÉES: : l®

SL”. Considérations générales.

2): Os ne peut que rappeler 1e1 les recherches tresfines et tres- déliées qui ont été faites par divers anatomistes sur la distribution des ramifications artérielles et veineuses dans le ussu de la peau, sur celle des nerfs, sur la structure des papilles nerveuses , les lames de V’'épiderme, le ussu réuculaire , les vaisseaux sudorifères , la transpiration , l’inhalauon, eic. (Haller, Élém. physiol. tom. V). Mais quoique les injections de Rusch, en communiquant une couleur rouge à

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la peau, laissent voir quelque analogie éloignée avec les effets de l’état inflammatoire, peut-on déduire des connaissances acquises jusqu'à ce jour sur le tissu de la peau, les principaux phénomenes de cette affection, comnie la fièvre générale qui précède de quelques jours Péruption exanthématique , la marche des symptômes proxres à la scarlatine , à l’érysipéle, à la petite-vérole , à la rougeole, à la miliare, à l'urticaire ? On n'en doit pas moms chercher à reconnaître tout ce que l'anatomie et Ja physiologie ont découvert sur la structure et les fonctions des tégumens, et redoubler même d’ardeur et de zèle pour porter encore plus loin ces découvertes. C’est dans cette vue que , supposant connu ce qui est écrit sur les tégumens dans la Physiologie de Haller, je joins 1ci quelques considérations parüculiéres extraites des recherches de Bichat (1) et d'autres physiologistes modernes, comme propres à répandre de nouvelles lumières sur le caractère et le siége des phlegmasies cutanées.

26. Je rappellerai, en commencant par l’épiderme, que sa surface interne est très-adhérente à la peau , et que les moyens d’union de l’un avec l’autre sont d'abord les exhalans , les absorbans et les poils, qui, en traversant le premier , lui adhérent plus ou moins et le fixent ainsi à la seconde, dont ils naissent En isolant l’'épiderme par la macéraüon , moyen le plus propre à les ménager, On voit à sa surface interne un foule de pets prolongemens plus où moins longs qui, examinés attentivement , ne paraissent ‘être autre chose que l'extrémité rouge des exhalans et des abémnaos Lol OuiouR Al. CSN RES I SENS

(1) Anatomie descriptive , et Anatomie générale.

OUTANÉES, 23 sorbans. Une foule de causes peuvent rompre ces adhérences de l’épiderme et le soulever. On sait qu’à la suite du phlegmon, du furoncle, de Pérysipele, des phlegmasies cutanées de toute espèce, l'épiderme se détache constamment sans qu'il y ait de fluide qui le soulève : les exhalans ne sauraient alors en fournir , puisqu'ils sont pleins de sang. Il peut arriver aussi, à la suite des fièvres essentielles et de plusieurs affections des viscères intérieurs, que la peau soit sympathiquement affectée , et qu’elle devienne le siége d’une altération qui , sans s’annoncer par aucun signe extérieur , a suffi pour rompre les liens qui lumissent à l’épiderme. On sait aussi que l’action du vésicatoire , qui ature une grande quantité de sérosité à la surface extérieure de la peau ou du derme , fait déchirer les exhalans qui passent de là à l’épiderme , en sorte que cette sérosité s'épanche sous ce dernier , et forme une vésicule plus ou moins volumineuse. Sur le cadavre , la plupart des moyens précédens, qui ne produisent leur effet que par une altération des forces vitales , sont nuls pour soulever l’épiderme : on ne peut alors . détacher ce dernier que par la puiréfaction , la macéraüon et l’ébulliion. On doit remarquer aussi que, dans linflammation , où tous les exhalans cutanéssont pleins de sang qu'ils ne contiennent pas dans l’état naturel , jamais ce fluide n’aborde à l’épiderme, qui est con- stamment étranger à toutes les maladies du corps réu- culaire subjacent, et qui, seulement distendu par elles, se détache, puis se renouvelle. Les nerfs sont aussi visiblement étrangers à l’épiderme. ‘Tout porte à considérer ce dernier comme inorganique et comme étranger à toute espèce de sensibilité animale : il n’est

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susceptible d'aucune circulation sensible; les exhalans et les absor ‘bans le traversent sans ayoir aŸec Lu aucune propr iété. commune ; enfin aucun état morbifique ne parvient à y développer .n1 affection organique, ni un caractère inflammatoire. Ce qui le distingue des autres systèmes d'organes , e’est la propriété de se reproduire spontanément lorsqu'on vient à l’user ou à le détruire. 27. C'est le réseau vasculaire qui paraît être le siége des érysipèles et de toutes les phlegmasies cutanées (x). Le sang ne le pénètre point dans l’état ordinaire; MAIS mille causes peuvent à chaque instant le remplir.de ce fluide. Qu'on frotte la peau avec un peu de rudesse ;, elle rougit à l'instant. Si un irritant est appliqué sur elle, soit qu'il agisse mécaniquement comme dans J'urucation , où les petites appendices de la plante péneirent l’épiderme , soit qu'il exerce une acuon ch1mique comme par l’acuon d’une forte chaleur, etc. , à instant la sensibilité de ce réseau s’exalte , le sang y est appelé , et toute la parue rougit dans une ce proportionnée à l'irritauion. Qu’une passion agisse un per vivement sur les joues, aussitôt une rougeur subite s’y manifeste. Îl en est ainsi de l’acuon des vésicatoires : s leur premier effet est de remplir de sang le système capillaire cutané dans le lieu de leur application , dy produire un érysipèle subit, puis de déterminer une abondante exhalation séreuse sous fépilermeis Ils opérent en peu d'heures ce que la plupart des érysipéles font en plusieurs jours ; car:on sait qu'ils se ter-

(1) L'ouvrage de Cotunni ( de Sedibus Variolarum. Viennæ, 1771) és remarquable par un choix particulier d'observations

propres à déterminer le vrai siége de la petite-vérole , d'après des faits recueillis à l'ouverture des corps.

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