‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 100 sur 111 · RE · texte numérisé non relu

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HÉMOPTYSIT. | 597

certaines époques plus ou moins régulières : d’abord päleur avec des horripilations ou un sentiment de froid à la surface du corps et aux extrémités , douleurs au dos , lassitudes des membres, borborygmes ,

constipation , sentiment de pesanteur et de constricüon dans la poitrine , difficulté de respirer , ensuite tiüllation dans l’arriére-bouche et le trajet de la trachée , peu aprés un sentiment d’ébullition ou d’ondulation , ce qui est suivi de la toux et d’un crachement de sang plus ou moins abondant : je ne puis en citer peut-être un exemple mieux décrit que celui qui est rapporté dans le Collegium casuale de Stahl. Un jeune homme de vingt-trois ans, d’un tempérament sanguin-nerveux , pléthorique , et sujet, & dans l’âge tendre et l’adolescence, à des hémorrhagies du nez ent et provoquées par quelque cause externe , livré antérieurement à un genre de vie actif et dans la suite à un état sédentaire, exerçant seulement l’organe de la voix par des déclamations et des chants , avait été pris d’une toux vive qui avait duré quelques semaines l'automne précédent et lhiver ; il avait aussi éprouvé , quelques années avant, une gale pour laquelle on avait chaque mois pratiqué des sca- ‘rifications qui ne furent répétées que deux ou trois fois les années postérieures : à cette époqué, enrouement avec une toux sèche et le sentiment d’une titullation rapportée à l’intérieur du cou et à la trachée ; la veille , légère palpitation du cœur , avec des anxiétés , et une petite toux suivie de l’excrétion par la bouche d’une certaine quantité de sang pur, ce qui avait duré un demi- ue d'heure avec une diminution progressive ; la mauère de l’expectoration fut ensuite plus où

598 nÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.

moins mélée de sang , avec des retours , après quelques heures , d’un crachement de sang/pur : tel fut le début de la maladie.

24. L'hémoptysie, d’abord active , semble quelquefois dégénérer en passive, comme si cette dernière était un état chronique: Parmi quelques exemples qu ont été recueillis à Thospice de la Salpétriére, jen choisis un surtout qui est très-propre à faire voir comment diverses hémorrhagies peuvent se succéder suivant les périodes de la vie, alterner avec des dérangemens de la menstruation , et finir par devenir passives et sans danger , après avoir été actives. Une fille mulätre , âgée de dix-neuf ans et d’une forte complexion , avait été sujette, avant la puberté, à des hémorrbagies nasales fréquentes : éruption des mensirues à quinze ans, et leur retour régulier tous les mois avec abondance ; en même temps , cessation des hémorrhagies du nez , et les années suivantes tous les attributs. .de la santé , sion en excepte quelques catarrhes pulmonaires pendant l'hiver. Au printemps , à la suite d’un de ces catarrhes et d’une pleurodynie , qui, par, sa violence , rendit nécessaire l'application d'un vésicatoire, suppression de la menstruation , et

dés-lors hémoptysie ou crachement d’un sang tantôt

vermeil et écumeux, d’autres fois fluide et d’une couleur plus. foncée ; retour ordinaire de cette ‘affection le matin surtout, sans toux , sans chatouillement de la trachée , sans un refroidissement préliminaire de

la surface du corps: ses signes précurseurs étaient

seulement un peu de difficulté de respirer , un senument de chaleur et de. plénitude dans la poitrine (saignée du pied sans un effet marqué). Continua-

WEMOPTYSIE. 599 ton de l’hémoptysie, et, par intervalles, retour des hémorrhagies avec diminution de la céphalalgie ; application d’un vésicatoire au bras, avec cessation de la douleur du thorax, mais sans une influence marquée sur l’hémoptysie : des bols de quinquina, de nitre , de camphre , avec quelques bains tièdes , ra menérent les menstrues , sans faire cesser cependant l'hémoptysie ) qui n'était plus précédée d’un mouvement fébrile comme dans le commencement, et qui finit par disparaître après quelques mois. Cette ‘fille se livre ensuite six mois au travail pénible de la buanderie, sans altération de sa santé ; mais l’hémoptysie se renouvelle l’hiver de l’année suivante, avec la douleur de tête et d'estomac, et sans aucun dérangement dans la menstruation : mouvement fébrile le soir, et sueurs pendant la nuit; ce qui cessa peu à peu, et lhémoptysie continua long-temps ensuite avec les caractères suivans qui semblent distinguer particulièrement lés hémorrhagies passives : aucune irritation dans les bronches ou le larynx ne précède , point de douleur de poitrine ni de sentiment de pesanteur ou d'oppression dans le poumon , nulle difficulté de respirer, toux fréquente , Surtout le soir , avec des crachats muqueux , rares et nullement teints de sang; point de douleur dans la gorge ni d’aliérauon Fire la voix ; aucun malaise, aucuneanxiété ne précédent l'expulsion du sang, qui sort par une sorte de régurgitation et sans

effort; 1l n’en vient que quelques gorgées de sutte et à . 2 I «q q le) 5

différentes époques du jour , mais surtout le matin ; le sang rendu est quelquefois fluide et délayé , d’autres fois plus épais , un peu noir, et il se coagule en grumeaux , Où bien 1l est un peu écumeux à la surface

et mêlé de mucosités ; la malade a, comme dans les prenuers temps de son affection , une douleur habituelle à l'épigastre ,| qu n’augmente point après le re- . . . Par pas n1 par l’attouchement ; jamais le sang craché n’a été # 5 : : À . mêlé d’alimens , mi les évacuations alvines teintes de sang ; et, dans quelques cas où un embarras gastrique a nécessité l’usage d’un émétique , les matières reje-

iées par le vomissement n’ont point été sanguinolentes;

point de trouble dans les fonctions digestives ni dans l’appéut, excepté un dégoût pour la viande et un desir parucukher pour le lait, le fruit et les légumes; le ventre est libre , la respiration n’est point génée , le pouls est naturel et développé, les sécrétions dans l'état ordinaire , Si On excepte une légère expectoration muqueuse ; les menstrues sont régulières et abondantes ; il survient seulement par intervalles des vertiges et des étourdissemens, suite d’une ancienne chute sur la tête (nourriture ordinaire aux personnes en santé, et pour boisson la décoction de racine de consoude acidulée avec l'acide sulfurique , vésicatoire (1) au bras ). Quand l’hémoptysie cesse , le sentiment de plénitude dans la poitrine et la céphalalgie ne disparaissent cependant point. Quatre jours apres, quelques légers retours de l’'hémoptysie qui se reproduisent dans les deux mois suivans, à des époques éloignées , et qui ont fini par disparaître. |

(1) Le docteur Mertens paraît étre un des premiers qui ont

fait usage des vésicatoires dans les hémorrhagies de la poitrine,

comme pour faire diversion par une irritalion excitée dans une partie un peu éloignée.

HÉ MOPTYSIE. 6Gor

S IL. Description générale de l'Hémoptysie.

25. Prédispositions et causes occasionnelles. Elle attaque le plus ordinairement les jeunes-gens et les adulies , ceux qui ont la poitrine mal conformée , le cou long , les épaules élevées , qui sont maigres, SU jets aux épistaxis, très-sensibles et irritables , et dis- | posés aux emportemens de colère. Elle reconnaît souvent pour cause un régime trop restaurant , le defaut d'exercice, lamputauon d’un membre , la diminution , l'interruption et la cessation d’une autre hémorrhagie ou d’une saignée habituelle, l'impression de vapeurs irritantes sur les poumons, la compression €t la gêne de la poitrine , des efforts violens et soutenus de chant ou de déclamation , le froid des extrémités , une nouvelle triste et inattendue , etc. ;

26. Syimptômes. L’hémoptysie active est précédée par un léger refroidissement des mains et des pieds, et par des horripilauons , la pâleur de la peau, la toux , la difficulté de respirer , le sentiment de bouillonnement avec chaleur et pesanteur dans la poitrine , la douleur de tête , la chaleur et la rougeur des pommeties, etc. ; le sang est vermeil et écumeux ; il est rejeté en quantité plus ou moins grande. La durée del’hémoptysie varie : cette hémorrhagie peut en effet être aiguë ou chronique; elle a une tendance à devenir périodique. Lorsqu'elle est passive , elle n’est point ordinairement précédée des phénomènes indiqués plus haut. L’hémoptysie constitutionnelle, ou qui dépend d'une disposition originaire , est suivie à la longue de dépérissement, de fièvre lente , et de tous les phénomènes de la consompüon.

602 némorrracies prs MEMBRANES MUQUEUSES.

S I. Traitement de l'Hémoptysie.

27. Îl est facile de voir que , durant les attaques de l'hémoptysie active et modérée » 1] faut, en géné-

ral, se borner au repos et à la diète, à l'usage des boissons émulsionnées, nitrées ou légèrement acidulées : et que, dans les intervalles des mêmes attaques , 1l faut se proposer un exercice modéré des facultés physiques et morales ,; en même temps qu'un régime restaurant et analeptique. Le célèbre Compositeur Grétry (Essai sur la Musique, Paris, 1789 ), attaqué par intervalles d’une hémoptysie contractée d’abord par des cflorts de chant , et fomentée ensuite par le travail de la composition, conscillait de ne point se faire Saigner Sans nécessité pendant l'hémorrhagie ; 1] déclarait avoir rejeté quelquefois six à huit palettes de sang en diverses altaques, et il rapportait que tout finissait par se calmer, en gardant alors une posiuon horizontale , un régime sévère, et en buvant une décoction de graine de lin édulcorée avec du sirop d'orgeat. J'ai donné également des soins particuliers à un jeune homme de vingt-cinq ans , doué d’une extrême sensibilité , et qui avait éprouvé des chagrins profonds , soit par la perte d’une grande partie de sa fortune : Soit par la mort de ses parens , victumes des événemens de la révolution. Dans la premnére attaque , à la suite d’un chagrin violent , refroidissement des exirémités , suivi d’un sentiment d'irritation dans la poitrine, avec une toux sèche et une expuition copieuse d'un sang vermeil. Le calme > Une position horizontale ; une décoction de racine de consoude acidulée avec le sirop de limon ou dé vinaigre , et dés bols

A | HÉMATÉMESE. 603 composés avec la conserve de rose et le mitrate de potasse ( celui-ci dans la proportion d’un quart ), suffi rent pour calmer peu à peu et faire cesser l’hémorrhagie. Quinze jours après , il prit encore du sirop de quinquina dans une infusion de fleurs de tilleul et de camomille ; ce qui fut secondé par le séjour à la campagne , l'exercice du cheval , l'usage du lait de vache , etc. : les attaques ont fini par devenir trèséloignées, avec beaucoup moins de perte de sang, et le malade en a été depuis entièrement délivré. On sait l'avantage que Gilchrist a retiré des voyages de mer ( on the use of sea voyages ). Mais la prescription de la saignée doit-elle s'étendre à d’autres cas marqués par un tempérament sanguin , un régime trop nourrissant , le défaut d'exercice , la suspension ou la gnée habituelle , etc. ; en un mot, par tous les caractères d’une pléthore générale ou locale ? C’est ici le cas d'applquer un précepte qui s'étend à’toutes les hémorrhagies en général , sur la nécessité de diriger le traitement de l’hémopiysie suivant quelle sera consttutionnelle , accidentelle, symptomatique, eritique » ou succédanée d’une autre hémorrhagie. .

cessation d’une autre hémorrhagie où sal

HÉMATÉMÈSE (à).

SL. Considérations générales.

28. La jusuce qu'on doit rendre à l’école de Stahi sur la doctrine des hémorrhagies ne doit point faire PR ER ARR RE RER RE EE DDR EE ENTER SIENNE

(1) SFNONrMrE. Haæmatemesis , Sauvaces , Linwæus , Vo- . 6; Vonutus cruentus , HoFFManN.

La

faire dissimuler que ses disciples ont donné une exten-

sion extrême à ses principes , en regardant toujours ces affections comme des efforts salutaires de la nature pour se débarrasser d’une surabondance de sang incommode. C’est ainsi que Juncker fait entrer cette intention directe du principe vital dans sa définition du vomissement de sang, tandis que ce vomissement ,

souvent le résultat des affections vives de l’âme , de À

la suppression du flux menstruel et hémorrhoïdal, etc. , entraîne un grand danger quand il est extrême.

29. L’hématémèse est sans doute moins fréquente que lhémoptysie ; mais l'origine en est analogue, et, d’après les recherches modernes de l'anatomie sur les divers systèmes, on ne peut méconnaître que dans l'organe pulmonaire , comme dans les voies alimentaires , il ya un nombre prodigieux de vaisseaux qui forment un réseau dont les branches tres-mulupliées, après s'être ramifiées dans les membranes muqueuses de ces parties , viennent s'épanouir en se divisant à Vinfini à leur surface pour y former une partie du système exhalant et laisser transsuder la matière d’une sorte de perspiration , et, dans quelques cas, par une augmentation des forces vitales, un sang plus ou moins abondant. On trouve plusieurs exemples d’hématémése dans les Æphémérides des Curieux de la Nature , les écrits de Bonet( Médec. Sept. ), de Félix Plater , le Recueil d'observations par Henricus-ab- Heerz, la médecine systématique d'Hoffmann , les ouvrages de Stahl, etc. Quelquefois lhématémèse devient une hémorrhagie supplémentaire , comme dans l'exemple que j'airapporté dans mes lecons publiques, d’une jeune veuve qui éprouva une suppression des

HÉMAÂTÉMESE. 605 menstrues , et se plaignit peu aprés de douleurs d’estomac , de nausées, et finit par avoir un yomissement de sang des plus COpIEUX : quelques remèdes simples rappelèrent les menstrues , et l’hématémese fut terminée. Un autre exemple pris des Ephémérides des Curieux de la Nature ( Decur. À, an 8) donne une juste idée de l’hématémèse regardée comme une hémorrhagie acuve. Un homme de trente ans éprouve une douleur gravative et un sentiment de chaleur dans les hypochondres avec difficulté de respirer : des lavemens et quelques saignées produisent un changement favorable. Etant sorti deux jours de sa maison, il a, sans cause connue, et apres une sorte d’horripilation , un vomissement de sang des plus copieux et sans toux : dès-lors pouls faible et fré-

uent, Syncope ; extrémités froides ; ce qui fait recourir à des saignées , à l'usage des poudresstyptiques, des préparations d'opium : rémission de quelques heures ; mais les symptômes se renouvellent avec plus de violence , l’hématémése devient excessive , et est suivie d’un épuisement total et d’une mort tranquille. Hoffmann fut plus heureux dans le traitement d’une hématémése accidentelle. Un jeune homme de quatorze ans , maigre et d'une constitution trés-irritable , se met en colère et vomut une srande quantité de sang : la même affection se renouvelle par intervalles , avec un sentiment de pression dans l'estomac et une douleur pongitive au côté gauche. On donne imprudemment un émétique , et dés-lors exacerbation des douleurs , anxiétés , céphalalgie, et trois Jours aprés vo missement violent de sang, froid des extrémités, perte de l'usage dela parole, syncope, constipation , ardeur

interne , soif. Hoffmann préserivit un verre d’eau n:trée avec quinze gouttes d’éther sulfurique alcoolisé 3 à prendre de deux heures en deux heures » ce qui fut secondé par des clystères émolliens : soulagement marqué, mais toujours nausées avec expulsion de matières muqueuses. On ajoute à ces moyens des boissons émulsionnées et édulcorées avec le sirop de diacode , et pour topique sur l'épigastre un sachet de menthe et de fleurs de sureau : les symptômes finissent par disparaître. | LS |

50. Melæna. Doit-on considérer aütrement que comme une hématémèése ce qu'on a tour-à-tour désigné par melena, morbus niger, nioræ dejectiones ,

où maladie noire, et sur laquelle les modernes se .

sont exprimés d’une manière bien plus exacte que les anciens, à cause des progres qu’on a faits dans l'anatomie pathologique ? Mais quelle variété d’opinions ne trouvé-t-on point sur cette doctrine dans les écrits de Bonet, Hoffer, Bartholin » Vedelius, Blancard, Craanen , Ettmuller, Warton , etc., dont chacun a souvent pris pour la véritable cause de la maladie quelque changement particulier dans la structure ou le volume des parties internes de l'abdomen ! Les résultats des observations ‘et de l’autopsie cadavérique publiés sur cet objet par le professeur Portal (1) sont beaucoup plus précis, et se rapprochent bien davantage de l’idée générale qu'on se forme maintenant des hémorrhagies par exhälauon , et par conséquent de l’hématémèse » considérées comme pro-

(1) Mémoires sur La nature et le traitement de plusieurs maladies , ete. , 5 “61. Paris : 1800.

HÉMATÉMÈSE. | 607 duites par les vaisseaux exhalans. Dans la deuxième observation rapportée par l’auteur, il remarque que, lors de l’examen cadavérique , il avait trouvé l'artère gastrique fournie par la cœliaque extrémement dilatée, et il en conclut que c’est par cette artère que le sang s’est porté à l'estomac, d'autant plus qu'ayant injecté de l’eau colorée dans l’arière gastrique Le: rieure du même cadavre, il avait vu la liqueur s'é— pancher dans l’estomac, tandis qu’en comprimant les veines remplies de sang, on n'avait jamais pu déterminer l'écoulement de ce liquide dans le méme viscère. Quelquefois les déjections noires sont une sorte d'évacuation critique d’une maladie, comme dans un des exemples rapportés dans l'ouvrage déjà cité. Un militaire était atteint d’une fièvre continue depuis une vingtaine de jours, avec des paroxysmes violens , forts, irréguliers et marqués par le délire. À cette époque, 1l rendit par les selles une grande quantité de matières noires et fuligimeuses qui surnageaient dans l’eau , et ressemblaient en tout aux excrétions noires quon rend dans le melæna, soit par les vomissemens , soit par les déjections. Après cette évacuation, relâchement marqué dans le pouls, abdomen plus souple, et diminution du délire; il y eut méme des intervalles d’un retour à la raison, etil s'établit des déjecuons bilieuses qui terminèrent la maladie. On trouve encore des observations précises sur cette maladie, insérées par le docteur Brieude dans le Recueil de la Société de Santé de Paris ( ventose an 5, où mars 1797 ). Elle appartient plus à la vieillesse qu'aux autres époques de la vie; et peutêtre n’y a-t-1l point encore de signe clair et évident

qui apprenne à distinguer dans son cours une crise salutaire de celle qui est mortelle. Un exemple parüuculier donnera une idée de sa marche. Un Pomme âgé de trente-six ans, et doué d’une extrême sensibilté, eut un chagrin très-vif; pour se distraire, il se retira à la campagne, où 1l prit les bains et le peut-lait. En sortant du sixième bain, très-forte

défaillance et vomissement d’une quantité considé-"

rable d’un sang caillé , noir et fétide ; les défaillances continuérent les jours suivans , avec deux ou trois selles de même nature que le vomissement. À son arrivée à Paris, pouls à peine sensible quoique fréquent , visage pâle et décomposé (boissons acides et eee: par intervalles quelques cuillerées de vin d'Espagne , lavemens Le ; 1l vomit encore quelquefois des mauères noires : c'était du sang ; les selles devinrent vertes et jaunes dès le quatrième jour, ce qui est toujours d’un bon augure (purgati ifs salins à plusieurs reprises) ; guér ison le vingt-unième jour. Pendant six mois il a vécu de végétaux farineux et pucihgineux; sa santé s'est pleinement rétabhe ; il n'a éprouvé aucune rechute.

51. Le melæna a quelquefois les caractères les plus prononcés d’une hémorrhagie active ou méme criuque, comme dans un ciao PROD par le professeur Portal , d’une jeune personne âgée de quatorze ans qui, vers L seizième jour d’une fini gastrique , éprouva un vonussement de matières noires et fuligineuses, annoncé par les signes précurseurs SULYans : langue rouge, pouls plein et serré , urine abondante et Ce tensionfet gonflement du ventre , hoquet et À TRS ve des muscles biais , etc.

A PE EM AUD ÉMEÈS RE: OA A0: 609 Dans cetie circonstance sirle melæna porte, tous les

caractères. d’une congestion active; mais pendant les maladies chroniques , où ces sortes d’excrétions sont plus communes , dit le même auteur, ces évacuations sont souvent accompagnées d’atonie , de relâchement et d’une affection des viscéres ; ce qui fait qu'alors au lieu de prescrire les saignées et les remèdes relächans, on préfère les toniques , les acides, les anti scorbutiques , les amers, le quinquina, ete. C'est ainsi que, dans un cas de cette nature où le malade, après avoir souvent rendu par les selles et. pat les vomissemens des matières noires, était réduit au dermer degré de dépérissement , l'usage d’une infusion de fleurs de camonulle, coupée avec un tiers d’eau de chaux, produisit les effets les plus heureux, et que cetie, boisson, conunuée trés-long-temps et se— condée par E usage d un. peu de vin dans les repas, un bon régime et un exercice fréquent du cheval, procura un rétablissement complet. L'événement fut bien moins favorable dans d’autres exemples rapportés par le même auteur ; mais, à l'ouverture des corps, 1l reconnut diverses lésions des viscères abdominaux qui avaient concouru à rendre la, maladie funeste, Les explicauons des phénomènes sont arbitraires , et dans ces maladies on peut attribuer.plus où moins d’influence à la veine porte , aux autres parues du système veineux ; mais ce quilimporte de recueillir, ce sont les faiis ; el ceux qui se sont manilestés par l’auropsie n'indiquent-ils point que l'issue du sang a eu lieu par les vaisseaux exhalans, puisque dans l’un de ces cas, ‘comme on l'a dit ci-dessus, le sang était fourni par l'artère gastrique , et que , dans un autre cas, on re

fr, 39

connaît que l'estomac, dans les endroits noirâtres ; avait plus d'épaisseur qu'ailleurs , que la inembrane interne était plus molle et comme détachée des autres tuniques par un tissu cellulaire infiltré d’un sang noirâtre; qu'enfin, en pressant légèrement les parois de ce viscère dans ces divers endroits , on en faisait sorur un fluide d’une couleur foncée, semblable à celui qui se trouvait épanché dans sa cavité, et qui ne pouvait être que du sang ?

SU. Description générale de ? Hématémese.

32. Prédispositions et causes occasionnelles. L'’hématémèse est souvent OCcasionnée par une chute ou un coup porté sur la région de l'estomac, par l’action d’une substance délétere prise à l’intérieur, d’un pur-

gatif ou d’un vomituf donné à contre-temps, par un mouvement violent de colère, un chagrin profond, la terreur , l'immersion des pieds ou des mains dans l'eau froide, la suppression ou la cessation des menstrues , et l'interrupuon d’une autre hémorrhagie. Le melæna reconnaît à-peu-prés les mêmes causes ; il peut être la suite de fièvres aiguës, continues ou intermittentes , et avoir lieu avec une altération simultanée dans le tissu de quelqu'un des viscères abdominaux.

55. Symptômes. L'hématémèse débute par une douleur profonde et quelquefois pongitive dans l’hypochondre gauche, le refroidissement des pieds et des mains, un sentiment d’oppression dans l'estomac, et quelquefois la syncope, des vertiges, des éblouissemens , des üntemens d'oreille, la décoloration de la face. Le sang est rejeté par le vomissement, et quel-

HÉMATÉMÈSE. Gri quefois en même temps par les selles, à l’état liquide ou en grumeaux , et sous une couleur plus ou moins foncée : 1l èst ordinairement mélé avec les matières alimentaires et les déjections alvines. Cette hémorrhagie peut être aiguë ou chronique ; elle a une tendance à devenir périodique et est le plus souvent passive. Les symptômes du melæna ne diffèrent pas essentiellement des précédens: le Sang a une couleur noire. Les phénomènes précurseurs et la tendance aux récidives sont les mêmes. Il est quelquefois difficile de distinguer si le sang qui est rejeté par la bouche pro-

vient des poumons ou de l’estomac, etc. ; celui qui.

vient de l'intérieur de la bouche sort sans efforts et sans toux ; S'il vient de la gorge ou des arriéres-nar:nes, 1l peut être rejeté par les efforts qu’on fait pour cracher, et quelquefois par la toux. Mais l’hémorrhagie de la gorge est beaucoup plus rare que celle des poumons et de l’estomac; elle survient , en général, chez ceux qui sont sujets à l’épistaxis ou à quelque cause évidente d’érosion ; le plus souvent, en examinant l’arrière-bouche, on voit couler le sang de la gorge. Lorsque le sang provient des bronches , 1l est ordinairement précédé et accompagné de toux et de bouillonnement : cependant le vomissement et la toux s’excitent mutuellement, et peuvent par conséquent être fréquemment réunis : ils rendent ainsi le diagnosuc difficile. Mais l’hémorrhagie des poumons est , en général, plusfréquenteque l’hématémèse ; elle est aussi plus abondante. Le sang qui provient de l'estomac est communément d’une couleur plus noire, il est plus grumuleux , et mélé avec d’autres substances conte nues dans l'estomac. Lorsque la toux et le vomisse-

AR

Gr2 nHÉMORRHACIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.

ment , 4 rès sétre manifesiés SépArÉpients se sont

réunis, ils peuvent quelquefois servir à indiquer la source du sang , en faisant attention à celui des deux qui a paru le premier. Enfin on peut encore s'éclairer des circonstances et des symptômes qui ont précédé l'hémorrhagie. |

S IL Traitement de l Hématémèse.

34. On se.contente le plus ordinairement d’administrer, dans l’hématémèse, des boissons froides et adoucissantes sil y airritation; mais sil y a atomie, ce quiestle plus ordinaire , on rend les boissons plus ou moins styptiques au moyen de la consoude , du sirop de coing , de l'acide sulfurique, de l'alun , de l'alcool. On conçoit d’ailleurs qu'il convient d’ Mk: quer les sangsues à l'anus ou à la vulve lorsque l’hé= matémèse provient de la suppression du flux hémorrhoïdal ou des menstrues. De pareilles considérauons doivent s'appliquer au melæna: c'est moins, en général, l’hémorrhagie qu'il faut combattre que la cause qui l’occasionne ; de là vient que les mucilagifieux, les amers, les astrimgens, les laxatifs ont été quelquefois utiles. Si l’hématémèse était excessive, 1l faudrait surtout insister sur des boissons à la glace, des com-

presses froides sur l’épigastre, un repos absolu, et

une posiuon horizontale.

“ Li

FLUX HÉMORRHOÏDAL. 613 FLUX HÉMORRHOIDAL (1).

= SI. Considérations générales.

55. Pourquoi retrouve-t-on si souvent dans l’histoire des écoles célèbres de médecine ; Conyme dans celle des médecins, des traces si profondes de esprit de parti, de la haine au de l'envie qui divisent si sou vent les hommes, et qui fant rejeter par les uns , sans distinction, ce que les autres ne cessent d'admirer ou d’exagérer sans mesure ? Siahl, avec cette. sagacité et cette profondeur de jugement qui lui étaient propres,

avait sent toute la fécondité des principes des anciens sur le flux hémorrhoïdal, et ses disciples n’ont pas

manqué d'en faire la base d’une doctrine presque exclusive et universelle de toutes les maladies chroniques. D'un autre côté, l'école de Leyde, séduite par ses théories brillantes et l'application spécieuse de la physique à la médecine , affecte un silence profond sur les pr incipes de Sthl et de ses sectateurs, au point même que Van-Swiéten ne fait aucune mentuon des écrits de ces derniers dans le catalogue des auteurs cités dans ses Commentaires des À phorismes de Bocrhaave.

36. Il ne faut pas confondre le flux hémorrhoïdal dont 1} est question ici, avec l’hémorrhagie causée par la ruplure de varices , par des ulcères dé rectum , n1 avec le melæna et la dysenterie. On trouve de les

Éphémér ides Grermaniques l'observation d’un homme

sanguin et mélancolique, qui, à l’âge de vingt ans,

fut en pour la première fois de flux hémorrhoïdal,

(1) Srnonrmie. Fluxus hæmorri roidalis, Horrwiant, etc.

G14 RÉMORRMAGIES DES MEMPRANTS MYQUEUSES.

et en eut des retours tous les mois à la même époque ; Jusqu'à sa soixantième année. Toutes les fois que le cours de cette évacuation était entravé , constipation , anxiété , hypochondrie , hpothymie : ces bd 446 disparaissaient lors du retour régulier du flux hémorrhoïdal. Stahl ( Collegium casuale minus ) ace une observation propre à dessiner les traits principaux des sympiômes précurseurs et concomitans de ce flux. Un homme de soixante-dix ans, d’un tempérament sangun, colérique , avait éprouvé depuis quelques années une constipation opiniâtre suivie d'efforts hémorrhoïdaux , en s’exposant au froid vers le commencement du printemps et deux heures environ apres le repas : peu après , sentiment Jléver comme de morsure dans l’abdomen, borborygmes vagues, lassitude, léger trouble dans les idées ; le sentiment de morsure augmente et se convertit en cojiques de plusen plus fortes et continues ; constipation pendant vingt-quatre heures ; augmentation de tous ces symptômes, et en même temps lassitude, douleurs de tête plus sensibles : par intervalles , horripilations et bouffées de chaleur , douleurs irès-fortes. Ailleurs lé même auteur décrit l'observation du flux hémorrhoïdal habitnel excessif. Le sujet de cette observation est un homme de trentesix ans , d’un tempérament sanguin et lymphatique , adonné à l'usage du vin , trés-irascible et né d'un pére hémorrhoïdaire. Le sang était rejeté avec les excrémens ; le flux reparaissait d’abord rarement et en quanuté assez modérée ; son retour devint de plus en plus rapproché et abondant , de manière que toutes les trois semaines , et quelquefois même plus tôt ,Ml s'écoulait en trés-grande quantné. Ce flux avait été tellement en

FLUX HÉMORRHOÏDAL. 615 augmentant depuis environ trois ans , qu'il se passait rarement quatre à cinq semaines sans que l'évacuation ne durât au-delà de quinze jours, et ne fùt même trèsabondante. Stahl nous fait également connaître , dans une autre observation , les effets de la suppression du flux hémorrhoïdal. Un homme âgé de quarante ans éprouvait ce flux depuis cinq à six ans deux ou trois fois l’année , pendant l’hiver et l'automne ; il était d’un tempérament sanguin , habitué à la bonne chère et au vin , et faisait d’ailleurs peu d'exercice. Une dysenterie épidémique ayant régné pendant l'automne, et son flux hémorrhoïdal ayant été très-abondant , il craint d’être dans la suite affecté de la dysenterie, et fait usage d’astringens, et surtout de la noix muscade, tant dans ses alimens que dans ses boissons. Le flux cesse plus tôt qu'à l'ordinaire le printemps suivant, et aussitôt asthme, toux , anxiétés dans les hypochondres , perte d'appéut , trouble dans les idées, sommeil inquiet , constipation, symptômes qu'il éprouvait , mais plus légèrement, à l’approche du flux. Ces phénomènes se continuent pendant quinze jours , mais sans être suivis du flux hémorrhoïdal.

SIL. Description générale du Flux hémorrhoidal.

37. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce flux paraît surtout dans un âge avancé ; il est souvent occasionné par la bonne chère , le passage subit d’une vie active à l’oisiveté, l'abus des purgatifs , et surtout de l’aloës, des emportemens de colere , la tristesse habituelle , l'abus des boissons chaudes ou relâchantes, une affection mélancolique ou hypochondriaque.

58. Symptômes. Ceux qui précèdent OU accompagnent le flux hémorrhoïdal sont des douleurs gravatives el un sentiment de pression dans le dos et les lombes , quelquefois une stupeur des cuisses et des jambes , de légers frissons à lextérieur , avec pâleur , un pouls dur.et serré , et sécheresse de l’intérieur de la bouche , la diminuuon de l'urine, des flatuosités , et quelquefois des déjections alvines muqueuses blanches. Cet écoulement revient le plus souvent d'une ‘manière périodique tous les mois , et il devient alors nécessaire à la conservation de la santé ; s’il s’arrétespontanément , ou si on le supprime , 1l occasionne des affections nerveuses variées, des resserremens spas— modiques de la poitrine, des coliques violentes , des vertiges. Lorsque cet écoulemert est excessif et souvent répété, 1l en résulte un dépérissement lent ; Ja face prend une couleur plombée, et la consomption survient avec plus ou moins de prompütude.

S IT. Traitement du Flux hémorrhoïdal.

39. Îlen est du flux hémorrhoïdal devenu habituel comme du flux menstruel : non:-seulement on ne doit pas chercher à en opérer la guérison , mais on doit même éviter tout ce qui pourrait le supprimer. Il faut d'ailleurs combattre plutôt les causes de ce flux que l’écoulement hii-même. Siceflux estl’effet d’une pléthore générale, c’est dans un régime végétal et un exercice modéré qu'on trouve les moyens les plus convenables ; il faut aussi proscrire les liqueurs alcooliques. On à conseillé le bain froid ; mais il ne saurait être employé à l'approche de cetécoulement: Tant que le flux existe,

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il faut se contenter de lemodérer : on doit, à ceteffet, prescrire une position horizontale, un lit dur, évitef tout exercice qui exige qu'on soit debout, faire usage de boissons rafraîchissantes, fuir la chaleur externe , et entretenir le ventre libre à l’aide de doux laxatifs : c’est surtout lorsque l’hémorrhagie est excessive qu'il convient de recourir à ces moyens ; ilest même alors nécessaire d'y joindre l'usage intérieur des acides , et l'application de fomentauons froides sur les lombes , & Je périnée et à l'intérieur des cuisses. Comme la suppression subite du flux hémorrhoïdal est la cause de beaucoup de maladies, parmi lesquelles 1l en est de très-dangereuses ; il est de la plus grande nécessité de le rappeler : pour y parvenir, on dirige des vapeurs vers le rectum et on applique des sangsues à l'anus : ces moyens suffisent le plus souvent ; ils sont d’ailleurs plus sûrs dans leurs effets que l’aloës. Que de faits curieux mélés à de vaines théories sur les variétés des hémorrhoïdes et leur traitement , dans l'ouvrage si eonnu d'Alberti : Tractatus de Hæmorrhoidibus , en 1722! | HÉMATURIE (1).

$ I. Considérations générales.

40. L’hématurie ou pissement de sang (2) est une maladie peu fréquente dont les causes peuvent être M nn. ci ou LU nu jh ne un it ii

(G) Srnonrmre. Hæmäturia , SAUVAGES, Liunnæus, Voce, Sacar; Hæmorrhagia ex urinariis vis, HOFFMANN. |

(2) J’insisterai peu sur cette maladie, dont les causes peuvent beaucoup varier, et qui, dans un grand nombre de cas ,

__est du ressort de la médecine externe. (Voyez OEuvres chirurg. de Desault ,; tom. TE , etc.)

la cessation de l'évacuation périodique par le progrès de l’âge, la rétropulsion de la gale sur un homme sujet aux hémorrhoïdes, une constitution pléthorique , la bonne chère et une vie trop sédentaire , l'équitation , l'usage des diurétiques âcres , la suppression des hémorrhoïdes , etc. Hoffmann a presque suivi la méthode analytique en traitant de cette maladie , puisque toutes les vues générales qu’il en donne sont fondées sur des histoires particulières qui lui sont propres : aussi cet article est-il un des plus lumineux de ses ouvrages. Stahl fait trés-bien remarquer que les lésions locales qui ont produit une fois l’hématurie peuvent ètre la cause du retour périodique qu’elle affecte dans la suite ; on peut supprimer celle-ci avec moins de danger que l’hémorrhagie de même nature qui arrive Spontanément. En général , l’éruption de l’hématurie qui nest point due à un accident est précédée de spasmes et d'une tension gravative aux lombes. Lui oppose-t-on l'usage inconsidéré des astringens, elle se montre sous d’autres formes , est sujette à se renouveler , où même peut produire des affections spasmodiques diversifiées, l’'hydropisie, l’ulcération des reins, la phthisie.

41. Elle peut tirer son origine d’un vice des reins ou de la vessie. Le sang sort-il pur, en abondance et sans douleur, on doit présumer qu'il vient des reins ; a-t-1l une couleur noirâtre, avec mélange ou non de matière purulente, surtout si l'écoulement est avec douleur et un sentiment d’ardeur au pubis, est-1l mélé avec l'urine, ou bien succtde-t-il à cette excrétion i on doit le regarder comme un signe d’une lésion ow d'une ulcération des reins, qu'on sait être doués de pew

HÉMATURIF. Gig de sensibilité ; au lieu que, lorsque le sang se fait jour à travers les tuniques très-sensibles de la vessie, il peut en naître les douleurs lesplus cruelles , ets’ensuivre des symptômes très-graves , comme des syncopes , une respiration difficile, un pouls obscur, petit et fréquent , quelquefois des nausées, des anxiétés, des sueurs froides. S'il paraît simplement une teintesanguinolente aux urines, etqu’il s'y joigne une douleur aiguë dans la région des tombes, que l’excrétion de l'urine soit difhcile et avec un sédiment calculeux, on peut craindre qu'un calcul volumineux ou parsemé d’aspérités ne soit engagé dans lun ou lautre des uretéres. L’hématurie qui vient de la rupture dé quelqu'un des vaisseaux disséminés dans le sphincter de la vessie a aussi ses signes propres, et on doit admirer l'exactitude de Cœlius Aurélianus, qui les a fait remarquer à une époque où l'anatomie pathologique était encore dans l'enfance.

S IL. Description générale de l'Hematurie.

42. Prédispositions et causes occasionnelles. C'est dans la vieillesse qu’on observe le plus fréquemment l'hématurie ; elle est souvent occasionnée par la suppression du flux hémorrhoïdal, de toute autre hémorrhagie ou d’une saignée habituelle. Elle succède quelquefois à des excès de bonne chére et de boisson , à une vie constammentsédentaire, interrompue par un exercice violent. Les autres causes sontun état pléthorique , Jéquitation trop fréquente, l'usage intérieur des cantharides , une contusion sur la région des reins, une

éhute, un effort pour soulever des fardeaux,

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