‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 104 sur 111 · Madame P., âgée de quaranté-six ans, d’un · texte numérisé non relu

Madame P., âgée de quaranté-six ans, d’un

tem péraäment lymphatico-sanguin ; eut , à l'âge de neuf ans, une première érupuiori de menstrues très-laborieuse, d’où sa santé fut sensiblement altérce. Vers sa: seizième. année , elle éprouva un léger écoulement en. blanc, précédé 2 coliques , etc. ; ar ; à vingt ans) les menstrues s'établirent tout-à-fait, mais ne peur abondantes. Elle se maria à vingt-un ans, devint deux» fois enceinte y OÙ accoucha nt TO Une tro1-:

siéme grossesse fut remarquable par un vomissementde:

sang assez abondant à la fin du neuvième mois : accou“: chement sans aucun accident ; mais. Je onzième jour: suppression des lochies.et Étiao puer péralé : : elle n’a-; val allaité aucun de ses enfans. Sa menstruation fat. ensuite troublée fréquemment durant les orages de la! révolution , aux époques de sa réclusion. de celle-de: son époux, de ses parens, etc. Elle était restée sujette: aux migraines de sa jeunesse; une sorte d’ obésité, qui! était survenugà la suite de sa dernière grossesse , dis. rut lors de ses chagrins ,.etelle perdit il habitude qu elle, avait Contractée de se fe Saigner, sur tout pendant: ses grossesses. Le: séjour, de. la campagne, une vie ac— tive etexercée n'avaient point empèché le reigur de l’obésité. Au printemps de 1700 ,tellé tomba plusieurs fois en Syncope. Get accident avait été pr -&éédé de migraines violentes, de quelques crachemens de sang ,.

ar MÉMORRHAGIF UTÉRINE. 655

d'une diminution extrème dans la menstruation , de

utidans la, région hypogastrique ; les. cuisses ; les lom SD. ‘alors. constipation , souvent: dysur ie ou urines. bourbeuses ï épaisses , rendues en peute duene üté ; enfin état de pléthore générale. Une saignée qui fut conseillée produisit un soulagement marqué ; l'exercice modéré et l'usage des délayans fivént passer assez tranquillement le, reste de l’année. L'hiver suivant, retour fréquent de fluxion sur les denis , et de plusieurs rhumes qui se rapprochaient de la toux convulsive. Les accidens qui accompagnent la pléthore reparurent , au printemps .de 1800. Outre, ceux de l’année précédente , la malade fut tourmentée de rêves sinistres, d'insomnie, d’une chaleur brülante qui survenait.par bouffées : uné apparence de grossesse se mamifesta, et, avec cet état, retours périodiques d'un assoupissement aprés le souper , écoulement, en blanc continuel très-léger, quelquefois stries..de sang: : la

saignée, fut LE urolde , et on prescrivit l'usage du peut-lait, des délayans et: des doux apériufs : k promenade dan matin et la diminuuon du souper furent utiles... A. l'époque des chaleurs de la saison , il se fit sur le.dos une érupuüon de furoncles qui occasionna beaucoup de souffrances à la malade. Un médecin disungué, consulté, ajouta aux moyens indiqués l'usage ss bains et dés eaux acidules de Bussang. Les ee de rivière augmentérent l'écoulement : menstruel ; ce qui soulagea la malade et fut conunué autant que la saison le permit. Méme état l’année suivante ; seulement menaces d’hydropisie, œædème des extrémités abdominales heureusement cussipé. Aux approches du printemps de 1805, des signes évidens

/ 636 HÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSFS: g : de pléthore ont reparu ; une saignée a été pratiquée avecsoulagement; les pesanteurs de tête Rp périodiquement et précédaient les migraines avec des anxiélés, ont été combattues avantageusement par l’absunence du souper , les délayans, les eaux minérales acidules et légèrement salées ; le flux menstruel n’a ; plus eu lieu : seulement il s'écoulait constamment, et # en très-petite quantité, un fluide blanchâtre qui n'avait aucune mauvaise qualité.

56. La cessation de l'évacuation sexuelle a fixé l’attention d'un des médecins les plus distingués de ce siècle , du docteur Fothergill (1), et nous lui devons des préceptes très-sages pour faire échapper aux dangers de cette époque , quelquefois très - orageuse.

« Plusieurs femmes, dit cet habile observateur, n’é- » prouvent aucune altération dans leur santé à l'é- » poque de la vie dont nous parlons, quelques-unes » même semblent reprendre une nouvelle vigueur: » Cest ainsi que l'on voit des complexions frêles et » délicates, ou singulièrement affaiblies par des éva-

» euations copieuses, se trouver très-bien de la céssa- » ton des règles ; mais toutes, malheureusement, ne # jouissent pas d'un pareil avantage ». Plusieurs femmes remarquent que ces maladies auxquelles elles avaient élé sujeties reviennent alors beaucoup plus fréquemment , et qu’elles sont plus graves : souvent

(1) Conseils pour les Femmes de quarante-cinq à cinquante

ans , Ou conduite à tenir lors de la cessation des règles (extrait des Observations et recherches de la Société médicale de Fondres ). Gette dissertation a été traduite en français , en 1788, par M. Petit-Radel.

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 657 symptômes décidés de la pléthore , ardeurs vagues et irrégulières, insomnies où rêves très-fatigans, res-

‘pirauon inégale et laborieuse ; dans quelques cas, inflammation des intestins, affections spasmodiques dans différentes parties, articulations gonflées, douloureuses ou avec des signes d’inflammatuon, hémorrhoïdes et autres effets d’une pléthore bien caractérisée, Ces accidens sont plus ou moins urgens, plus ou moins disposés à se renouveler , après s'être calmés une ou deux années; dans quelques cas, écoulement immodéré , ou bien danger imminent d’une apoplexie ou d’une paralysie si on s’abstient de la saignée. Si on n’a pu prévenir une ménorrhagie excessive , 1l est prudent dela restreindre par de doux laxaufs, des boissons rafraîchis- santes, le repos , quelques calmans, un régime sévère , plutôt que par de fréquentes saignées et des astringens. Quelquelois aussi des retours fréquens d’une ménorrhagie excessive sont dus à une constitution irritable et débile; et alors la saignée ne peut que les aggraver : lfaut, au contraire, recourir aux tempérans, au repos, à quelque cordial donné à três-petite dose, à une nourriture légère et succulente. Le docteur Fotherg1H fait des réflexions très-judicieuses sur l'usage inconsidéré que font quelquefois les femmes des purgaufs aloétiques, comme la teinture sacrée , les pilules de Rufus, Vélixir de propriété, ete. ; et il fait voir combien peu est réfléchie la prescription de pareils remèdes à l’époque de la cessation menstruelle, puisque l’aloës a la propriété d’irriter les vaisseaux hémorrhoïdaux, ainsi que ceux des parties contiguës , et de déterminer le sang vers la matrice avec un nouveau degré de force. Le même auteur fixe les circonstances

qui peuvent rendre un cautére convenable vers le temps critique ; car 1l est bien éloigné d'en faire un précepte 8 sénéral. « Si une femme, GE a été dès sa » jeunesse shot à des éruptions cutanées, à des oph- » thalmies , à des gonflemens glanduleux , à des dou- » leurs errantes et RASE AT , le cautére, à l’'é- » poque critique, peut prévenir beaucoup d'accidens » et un renouvellement des maux. » Il insisté beaucoup sur la nécessité du régime et de l’exercice. « Les. » femmes pléthoriques et sujettes à des écoulemens » abondans doivent se borner à une nourriture prise » des végétaux , renoncer entièrement au souper,

user des boissons douces et délayantes , éviter les

exereices violens , les grandes assemblées ; les lieux » échauffés et fermés, surtout vers l’époque ordinaire » des menstrues : dans les intervalles , l’exercice est » très-nécessaire ». L'auteur expose encore quelques autres préceptes généraux ; mais les détails pardeuhers sont infini, et les moyens doivent être variés Suivant les circonstances de l’état du malade et de la co qu'il habite.

57. Il paraît qu'en rapprochant les observations rapportées par les auteurs sur les diverses maladies aiguës où chroniques qui peuvent se compliquer avec la cessation des règles ou l’âge du retour, on pourrait y faire entrer , comme pour l’'aménorrhée , presque toutes les maladies internes , à cause de ces rapports sympathiques qu'a lutérus avec toutes les autres fonctions de l’économie animale ; ce qui indique des considérations analogues à celles que j'ai déjà faites sur la suppression rs mensIruEes ; mais Je dois insister particulérement s sur une des maladies les

HÉMORRHAGIE UTÉRINÉ | 659 plus funestes et les plus dangereuses, qui paraît HOT un rapport immédiat avec l’époque critique où l'âge du retour: je parle du cancer des mamelles. ai paraît, eneffet, que les engorgemens du sein qui os tennent,

| soit d’une cause externe, comme une contusion, soit d'un dérangement ou d une suppresion des mens-

| trues , Ont rarement des suites graves de quatorze à | vingt-cinq ans; qu'ilsse terminent au contraire par une

suppuration di bonne qualité, ou que si celte suppu- |

| ration est ichor euse , 1l est rare que le mal ; jette de pro-

fondes racines. Eu affecuons analogues qui sur- Ë viennent aux femmes très-avancées en âge , comme de | soixante à quatre-vingts ans, ont aussi une sorte de çca- | ractère de bénignité, ou sont moins disposées : à dégé

nérer en cancer , et leur extirpalion, en ASRSEUE n'est

pont suivie de récidive. Au contraire, c’est depuis | Vâge de trente jusqu'à quarante-cinq ans que se déve- | loppent les cancers véritables , et cette coïncidence de k eur formation avec le dérangement et la cessation du L lux menstruel est très-digne d’être remarquée : des | causes externes et locales peuvent alors amener cette maladie funeste, comme un coup violent, une chute , une pression, une forte contusion; mais des affections morales, comme des chagrins profonds, l'ennui , le dégoût de la vie, sont très-propres à en accélérer le développement, ou même à l’exciter d’unemanière directe. On croit avoir observé que le nombre des cancers aux mamelles s'est fort accru depuis la révoluüon, et que les religieuses surtout, urées de leurs cloîtres et souvent réduites au ,dénuement le plus absolu , aprés avoir joui long-teps d'une vie régulière

AT

et commode, en ont offert des exemples fréquens. Je.

me borne d’ailleursic1 à ces remarques générales sur les causes du cancer.

$ IL. Description générale de. l'Hémorrhagie uterine.

58. L’hémorrhagie utérime, en général nécessaire à la santé de la femme , commence à l’âge de la puberté , dure pendant plusieurs jours , reparaît pério=

diquement tous les mois, et cesse d’avoir lieu vers l'âge de quarante-cinq à cinquante ans. Ce flux peut avoir lieu avec plus ou moins de difficulté, 1l peut. être plus ou moins abondant , et, dans ces deux circonstances opposées , 1] est quelquefois précédé, accompagné et suivi d'accidens variés : il n’est du res-… sort de la nosographie que dans l’un ou l’autre de ces” cas. | a Ménorrhagie. 4

59. Prédispositi ons et causes occasionnelles. On compte parmi Îles causes les plus fréquentes du flu menstruel excessif, une vie sédentaire , un régime trop nourrissant , l'interruption d’une autre hémor-. rhagie ou d’une saignée habituelle, abus des liqueurs alcooliques , un exercice violent, ou les secousses d'une voiture pendant la menstruation , une frayeur , un emportement de colère, des attaques d’hystérie, etc.

Go. Symptômes. Les phénomenes précurseurs de Ja miénorrhagie sont un sentiment de tension et de. gonflement dans les hypochondres, une douleur gra- | vative et compressive autour des lombes , un refroidissement des membres abdominaux et thoraciques , la

HÉMORRTAET ET GTÉRUNE G4r päleur de la face , la fréquence du pouls , une ardeur vive à l’intérieur, la consupatuon. Le sang s ‘écoule par le vagin, ou bien 1 est retenu dans l utérus ; il varie en qualité et en quantité. Les lésions les plus manifestes des fonetions qui succedent à la ménorrhagie , à moins qu'elle ne soit le phénomène criique d'une maladie aiguë , sont la perte de l’appéut, une dou-. leur gravative dans l’épigastre , la couleur plombée de la face, la débilité extrême.

A ménorrhée.

Gr. Prédispositions et causes occasionnelles. Elles sont très-varices ou d’un caractère opposé : tels sont un état pléthorique ou un état d’épuisement, le re-

froidissement subit, des excès de débauche, le coït immodéré, Ps , des affections morales , diverses maladies.

62. Symptômes. Is peuvent Voie à lots @ entraîner quelqu’une des fièvres primitives ou des phlegmasies , produire des névroses, des hémorrhagies supplémentaires par la suture sagittale , l'angle de Voeil , les narines , l'oreille, les gencives, les dents, les poumons , le conduit alimentaire, la vessie urinaire , les extrémités des doigts, etc. L’aménorrhée varie à l'infini quant à sa durée ; elle disparaît quelquefois spontanément , et d’autres fois elle résiste aux moyens de l’art même les plus multipliés.

Accidens de l'âge critique.

63. Prédispositions et causes occasionnelles. Plusieurs circonstances peuvent entrainer des accidens

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