‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 103 sur 111 · MA · texte numérisé non relu

MA

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 629 rangement de l'évacuation sexuelle : comme lhystérie est une des maladies qui s’allient le plus souvent à l’aménorrhée , je crois devoir en donner ii un exemple.

52. L'histoire de cette maladie est singulière d’aileurs en ce qu’elle fait voir une suppression de menstrues suivie d’hystérie , d’une fièvre quoudienne et d’hématémèse, complications qui sont, en général, trèsfréquentes. Catherine Bouchet, âgée de dix-huit ans , d’un tempérament délicat et nerveux, avait eu ses menstrues sans accident à l’âge de seize ans. Elles revinrent réculiérement les trois mois suivans. Le quatrième mois , suppression des règles par um chagrin

profond, palpitations , douleurs gravatives à l'épi-

gastre. Cette suppression dura pendant une année, et toujours, vers les époques ordinaires du retour des menstrues , sentiment de pesanteur à l’épigastre , douleurs dans les grandes articulations , céphalalgie, vertiges , fausses sensations de diverses couleurs, surtout d’un rouge de feu, fièvre éphémère souvent renouvelée. La malade entra à linfirmerte de la Salpétrière vers le commencement de l’année 1800, et éprouva successivement les affections suivantes : 1°. pendant prés de deux mois , toujours acces de fièvre quoti-

dienne , entre trois et cinq heures de l’après-midi,

frissons qui semblaient partir du dos, et ensuite chaleur et sueurs partielles qui commencaient par le creux de l'estomac et s'étendaient à la poitrine, an visage et aux grandes articulations, se prolongeant dans la nuit,

et se terminant de quatre à dix heures du matim. 2°. Nouvelle érupuon des menstruës le 16 avril après.

une anñée de suppression : leur durée fut de douze jours , et pendant ce temps cessation de tous les autres

symptômes. 5°. Le jour où les mensirues de vomussemens des alimens à la suite d’une excrétion dé sang , qui se répéta chaque jour depuis, ct s "accompée gnait de sueur une ou deux heures après le 'dîner®: la quantité du ‘sang vomi était de deux ou ‘trois oncés. 4°. Aflection: hystériquesmarquée par le sentiment d'un globe qui semblait parur de l’ombilie sans aucune SR de eauses et de temps; cé globe paraissait s'élever à travérs l’estomac et en suivant la dhrection de l’œsophage ; et, parvenu à la gorge, il produisait un étouflement léger et sans perte dé connaissance ; quelquefois il semblait s'arrêter au milieu de la poitrine , y éclater ; et même descendre vers le lieu de son premier départ. Sargnée du pied pratiquée le 13 juin ; depuis cette saignée , loujours sentinient de pesanteur dans la région de l'estomac , ‘doull ürs dans les membres HR Nes 2 et la région dus reins , resserrement spasmodique du diaphragme , globe hs iérique , mais plus d’hématémèse. Depuis cette Épo— que état dela malade:a toujours été en s’améliorant ? le temps , l'exercice et les distraétions ont fimi jee rétablir entiérerment.le flux menstruel ; et la guérison à été complete.

535. On conçoit sans peine l'extrême diversité de maladies que peut produire la suppression des nrenstrues, en réfléchissant sur les circonstances trèsdiverses: et quelquefois trés opposées qui me 1 donner lieu à ce dérangement , le préparer d'avance ou l’exciter d’une. manière imimédiate. Quelquefois

c'est ce qu'on appelle le tempérament sanguin, bien le empérament lymphatique , où “ celui qu'on désigne sous le nom deirerveux , qui dispose.

où

KE. 06 La

HÉMORRHAGIE UTÉRINES 651 de loin à ces affections ; l’excès ou le défaut de sensibilité de l’utérus peut également y concourir ; suriout lorsque l'éducation favorise le développement de ce que Je fempérament peut avoir d'extrême, la sensibilité excessive ou linertie de la matrice. Quelle influence puissante n’a point, soit sur la suppression mensiruelle, soit sur des ménorrhagies très-copieuses, le genre de vie qu’on mène, l’exces de la bonne chère et l’oisiveté; l'abus des plaisirs , les bizarreries de la mode dans les vêtemens , des veilles prelongées , les passions les plus immodérées , ou la conirariété des penchans primiufs de la nature! On peut ajouter à cette énumération des causes qui se développent lentement et par degrés , celles qui agissent d’une mamère subite et au moment de la menstruauon, comme Pimpression d’un air froid et humide, l’immersion des membres, surtout des pieds et des jambes, dans l’eau froide ; ou d’autres accidens divers , comme un coup , une chute, une brülure ; une douleur vive , l'acuon d’un médicament astringent ; et, parmu les causes morales , une frayeur vive, un emportement de colère, un chagrin prolongé ou d’une violence extrême. Hoffmann donne l'observation d’une aménorrhée suivie de flueurs blanches très-incommodes ; chez une femme de trente ans , délicate , menantune vie sédentaire , et usant d’alimens de mauvaise qualité. Fabrice de Hilden rapporte le cas d’une suppression avec inflammation duwcol de l'utérus, chez une femme dont les menstrues s’arrêtèrent par une frayetür subite. Le mémeauteur a vu la gangrène du col de la matrice succéder à la suppression des menstrues.. Sylvius a eu occasion de traiter ‘uné suppression suivie peu

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après de leucorrhée et: d'ulcération de l'utérus à las quelle la malade succomba , après avoir éprouvé des douleurs atroces. On trauve dans les Actes de Coperhague , 1673 , Vobsérvation d’une Aménorrhée suiyie de phrénésie chez ane femme d’un tempérament bileux et sanguin et d’un caractère violent : un acc”s de colère avait arrêté sur-le-chiamp ses mens— trues. Que d'exemples nombreux je pourrais citer d’une ahénation déclarée survenue à la suite de la suppression des menstrues !

54. CESSATION DE LA PÉRIODE MENSTRUELLE. C'est sans doute un phénomène très-naturel que la cessation de l'évacuation périodique à une certaine époque de la vie: les fonctions organiques de la matrice touchent alors à leur terme ; 1l ne se forme plus une surabondance de sang , et les vaisseaux utérins s’affassent par degrés. Aussi les femmes qui ont vécu suivant le vœu de la nature , qui ont été mères de fanulle et ont mené une vie acuve et laborieuse , passent , en général , l'époque critique sans danger et sans éprouver des maux notables ; mais celles qui ont vécu dans l’oisiveté et la bonne chére , celles qui ont abusé des substances aromatiques ‘et alcoolisées , et qui, par conséquent avaient chaque mois des mensu'ues tres-copieuses , éprouvent à l'épgque de leur cessation des affections singuliérement variées , les ressentent à un plus haut degré d’exaspérauon e ne font que se renouveler. Un des premiers désordres est une iéterruption du flux menstruel pendant quelques mois , et ensuite son retour avec profusion et une plus longue durée , où bien sa suppression précoce , C'est-à-dire avant la quarante-neuvième ou cu-

elles

P HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 633 quantième année de l’âge. Quelques femmes éprouvent desaffections rhumatismales variées, des érupüons irrégulières , des phlegmons, des érysipeles , des dartres allée où autres maladies cutanées , aux pardes supérieures où inférieures. Chez d’autres , les affecuons se portent à l'intérieur, sur les yeux , les oreilles, les membranes, les viscères, ete. ; et alors toute l'habitude extérieure du corps paraît dans un état de consuriction et de dépérissement. Les malades sont trés-maigres ; leurs joues et leurs tempes affaissées offrent l’image de la consomption et de la langueur. On:n’a pas moins lieu d'observer d’autres fois des tiraillemens , des tensions spasmodiques qui participent de la nature de la goutte, et qui se fixent aux épaules, à l'articulation de la cuisse ou sur d’autres parties. On doit remarquerque ces affections goutieuses ou rhumatismales sont très-disposées à rétrocéder à lintérieur , et à produire des symptômes inflammatoires ou spasmodiques qu simulent d’autres maladies primitivés. Poürrais — —je passer SOUS silence , en traçant les suites de la cessation des règles , les maux nerveux et compliqués qui peuvent en naître , les désordres moraux qui caractérisent si bien lhypochondrie où lhystérie , et sont si souvent l'objet des consultations qu'on nous adresse , aprés avoir essayé les ressources de la polypharmacie ? Ce sont quelquefois des douleurs spasmodiques , des mouvemens convulsifs, des tranchées ; d’autres fois ce sont des flatuosités incommodes , des volutations internes qui se dirigent vers l'œsophage , des hoquets anomaux et bruyans, nn sentiment de suffocation dans Ja région précordiale ou d’étranglement dans le larynx ou l’œsophage ; 1l

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n'est pas rare.de. remarquer des distensions flatu= lentes: des intestins, des . resserremens spasmodiques du rectum, ou même des spasmes douloureux de l'utérus qui simulent le travail de l'accouchement ,; où qui produisent les sensations les plus bizarres et les: plus insolites. |

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