On trouve dans les Ephémérides des Curieux
de la Nature divers exemples d’une bémorrhagie cutance où d’une sueur de sang. On rapporte (Dec.11°, an Ô) qu'une fille de dix-huit ans s'étant livrée, un certain jour , avec excés à la danse, avec ses compagnes , éprouvau ne sueur de sang très-abondante. On doit remarquer qu'elle approchait de l’époque menstruelle , et que c'était alors la saison des chaleurs. Cette sueur de sang continua encore durant la nuit, avec plus de violence, malgré divers moyens empiriques qu’on mit en usage. Le médecin ordinaire ne fut appelé que le lendemain matin, et il arriva quelque temps aprés que la malade eut expiré : le sang continua encore de couler par les parues sexuelles deux heures après la mort.
70. P'exemple qui vient d’être cité est rare et tient à des circonstances parüculières : il est beaucoup plus ordinaire de voir une sueur de sang naître d’un état scorbutique, et alors cette sueur est d’une couleur plus où moins foncée où même noiïrâtre. C’est ainsi que Lancelot rapporte, dans le même Recueil, l'exemple d'un militaire qui avait contracté dans les camps une paralysie scorbutique, et qui, s'étant reuré à Stralsund, fit usage d'un diaphorétique anumonié, et se retira ensuite dans une étuve pour y provoquer la sueur. Cette excréuon cutanée fut d'abord si abondante que le linge du Corps en fut CS du poids de trois livres ; la matière qui s’'échappait ainsi par les pores de la peau
était sinoire qu elle ressemblait à de l'encre. Le lende-
main, l'usage -du sudorifique ayant été continué, ik
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CELLULAIRE , SÉREUX ET SYNOVIALe 653 n'en résulia qu'une sueur d’une couleur jaunätre, et la convalescence suivit de prés. Le même en as sure avoir vu la fille d'un cocher dans un état de scorbut des plus marqués, et qui expira dans une sueur de sang analogue. On cite aussi, dans le même Recueil , l'exemple d’un homme tombé, par des écarts de ré- gime, dans un état scorbutique, et qui, toutes les fois qu'il se livrait à un travail forcé et au point de suer, ; teignait son linge de corps en rouge, matiére qui était si adhérenteau linge qu'on ne pouvait que difficilement l'enlever pardes lotions répétées. On fait mention, dans les Transactions philosophiques, d’un enfant qui rendit successivement du sang par le nez, les oreilles , le derrière de la tête; ensuite par les aber par le milieu du corps ; inf » par les orteils, par les doigts de l’une et de l’autre main, et par les aLaedRs a bras : cette évacuation sanguine dura plusieurs Jours , etle m malade mourut. Florenun Leudan dit que, dans une ville prise d'assaut, une religieuse qui était tom bée entre les mains de certains hommes effrénés, fut si vivement frappée de sa position, qu'elle mourut subitement baignée d’une sueur de sang. Ontrouve encore, dansles D us pélossphéresss l'observation d’un jeune homme qui eut depuis son enfance une hémorrhagie par le pouce de la main gauche; elle paraissait à-peu-prés tous les mois sans être précédée de signes propres à annoncer chez cet individu un état de plé-
thore ; il rendait, pendant les premières années de sa vie, environ quatreonces desang; mais vers la seizième il en évacuaita-peu-prés une demui-livre. Tant que cette évacuation eut lieu régulièrement, 1l se porta bien; ce ne fut qu'a l’âge de vingt-quatre ans qu’elle se fit très
654. HÉMORRHAGIES DES TISSUS CUTANÉ , | difliclement, et futméme supprimée par l'application d’un fer chaud : la santé éprouva alors quelques dérangemens. Zacutus Lusitanus a vu des hémorrhagies cutances se manifester dans une fièvre inflammatoire du printemps, à la suite de lomussion d’une saignée habi-
tuelle; dans ce cas , elle eut lieu par le doigt, et s’annonça par des pesanteurs et des lassitudes générales, par la rougeur et le prurit du doigt sur lequel elle paruL. 4 |
| 71. Les auteurs rapportent des exemples de menstrues déviées qui prennent leurs cours par une plaie ou | un ulcère. On trouve dans le phlegmon, surtoutquand il est assez considérable, du sang infiltré où épanché dans le uüssu cellulure, eton pense qu'ilest déposé par exhalation. I est aussi des hémorrhagies du ussu cellulaire qui tiennent au défaut de ton des solides : telles sont celles qui ont lieu dans le scorbut et dans lesfieyres adynamiques. Morgagni citel’exemple d’une fille merte d’une péripneumonie durant le cours deses menstrues ; à l’autopsie cadavérique , on trouva une eau rougeätre dans le péricarde : ce qu'on rencontre aussi dans beaucoup d'autres circonstances. L'inflammation qui pré cède les hémorrhagies des membranes séreuses doit les faire placer parmi les exhalations actives ; mais 1l en est d’autres qui sont évidemment passives : telles sont celles quidépendentd’uneaffecuion organique du cœur, des poumons, de l'utérus. Quant aux membranes sy noviales, on ne connaît pas d’exhalation sanguine dont elles aient été le side ; ce qui coïncide parfaitement avec la disposiuon de lettr système capillaire, qui est privé de sang, ainsi qu'avec l’état de leurs propriétés vitales. Marcellus Donatus rapporte, dans son ouvrage
CELLULAIRE, SÉREUX ET SYNOVIAL. 655 {de Historid Medicé mirabil) plusieurs exemples d’une sueur de sang dont j’omets de parler ; car, sous le nom de merveilleux, peut-on se renfermer dans de justes * bornes, et ne point s’exposer sans cesse à outre-passer la vérité ? Fe Les hémorrhagies formentnon-seulement uneclasse naturelle des maladies internes qu'il importe d’approfondir; mais encore elles ont des liaisons intimes avec Jes es (Rapports généraux entre les inflammations et les hémorrhagies, Dissert. inaug. Paris 1812); leurs diverses irrégularitéset leurs suitespeuvent aussi donner lieu à une foule de névroses. Je viens d’exposer leurs caracteres génériques ; et dans le cours de mes lecons publiques de thérapeutique (année 181 »}, jai développé d’une manière par uculière les consid rations de détail relatives à leurs variétés, suivant que les hémorrhagies sont consututionnelles, supplé émen- = les unes des autres, critiques, accidentelles ou | passives ; mais ces objets ns parue de ouvrage que
je me propose de publier. sur le traicment spécial des maladies alguës,