‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 16 sur 111 · II · texte numérisé non relu

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j'ai eu occasion d'observer, l'une à l’hospice de Îa Salpétricre , l'autre à l'hospice des Orphélins, j'ai Vu régner quelquefois cette complication , ainsi que celle de la rougeole avec la fièvre adynamique , et c’est seulement dans ce dernier cas que quelques enfans ont succombé. Je pense qu'il en est de même dans toutes les épidémies de rougeole , durant lesquelles cet exanthème se manifeste souvent sous la forme la plus simple, et quelquefois avec les complications que je viens d'indiquer ; et j'avoue que je ne crois guère qu'il règne des épidémies dans lesquelles la rougeole soit toujours compliquée avec la fièvre adynamique, quoique Morton et Vatson (Obs. med. , vol. [V }en rapportent de Sem blables. Du moins je ne vois point assez de précision dans leur descripuon pour admettre cette complication générale. Rien nest plus familier que la fievre adynamique dans les deux hospices où j'ai observé des épidémies de rougeole ; et cependant à peine, sur cent. malades, trouvait-on sept à huit exemples d’une pareille complication. Un auteur ( M. Duboscq de la Roberdière, dans ses Recherches sur la Rougeole ) rapporte un exemple d'une complication apparente de la rougeole avec la fièvre ataxique ; mais cette descripuon me paraît Si incomplète que je m'abstiens de porter un jugement, quoique j'admette la possibilité d’une complication semblable.

SIL Traitement de la Rougeole.

64. Proposer un traitement laborieusement combiné pour l'usage interne et externe des médicamens , dans les cas d’une rougeole simple, me paraît aussi

ROUGE O LEMON Ju G7 frivole que de délibérer gravement ‘coniment une plante, abandonnée à elle-méme Sur. un sol convenable, pourra , par des moyens artificiels > parvenir à parcourir ses diverses périodes de: germination , de floraison et de fructification. Livrons la nature à ses eflorts salutaires quand elle tend à une terminaison favorable , et qu'il ne lui faut, dans ce Cas, qu'une: durée de la maladie de six à sept jours : le calme ; une Chaleur très-tem pérée:, dés boissons délayantes , muci: lagineuses et sucrées doivent suflire. Si Ja rougeole se complique avec la fièvre gastrique ; elle ne demande que de très-légères modifications : on prescrit: une boisson émétisée au début ; et l'emploi des délayans ; mais la durée de la maladie entière peut s'étendre: jusqu'au deuxième septénaire. Dans le cas de rougeole: avec fièvre adynamique, he faut-il. point s'opposer à. la chute des forces; et établir une sorte de réaction à la surface du corps par l'usage du vin, du camphre , du quinquina , des épispastiques à l'extérieur, et porter une surveillance extrême sur tous les objets de propreté ? Le danger est encore plus irnminent dans les cas de complication de la rougeole avec une fièvre ataxique.. C’est: dans lun, cas semblable ‘que ; pour obvier à des symptômes du plus mauvais augure, comme la lésion des fonctions de l’'entendement, la gêne ‘extrême de la respiration, Oon.a employé avec succés l'application des vésicatoires aux jambes, précédée d’un pédiluve tiède , Pour diminuer la con gesuon de la tête. On à donné aussi > pour boisson ordinaire , une décoction de scorsonère fort acidulée , et une potion camphrée et éthérée. Il est à remarquer que la réunion de la rougeole avec la fièvre adyna-

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mique où ataxique est accompagnée de changement de couleur dans les taches ; qui étaient d’abord rouges et animées, et qui deviennent ensuite pâles et livides. Une des complications le plus à craindre est encore celle de la rougeole avec la péripneumonie , come dans l'épidémie de 1674 décrite par Sydenham. Dans quelques cas de cette espece, l'intensité des symptômes inflammatoires peut empêcher lamarche de l'érupuon, et fare disparaître méêmé les taches rouges qu'une saignée faite à propos peut reproduire. Mais doit-on , pour cela, faire un précepte général de la saignée ? Le traitement, dans les diverses espéces de rougeoles , peut êtré aussi modifié:par des considérations relatives x quelque symptôme dominant , comme la diarrhée, une toux opiniâtre, des hémorrhagies, une ophthalmie rébelle, ete; et c'est sur la nature parücuhère du symptôme dominant qu’on se dirige.

SÈARLATINE (1).

& I. Considerations générales.

65. La marche générale de l'esprit humain est Ja même en médecine que dans toutes les autres sciences physiques. On forme d’abord des assertions trop étendues pour n'avoir point assez consulté l'expérience , et pour s'en être rapporté au témoignage de certains auteurs. L'observation , qui s'avance toujours à pas lenis, mais d'une maniére ferme et sûre, fait revenir

(1) SÉNONFMIE. Morbilliconfluéntes , Monrox ; Scarlatina, Sauvaces, VoceL, SaGar ; Cuzzex , ete.; Fièvre rouge.

NA RATER | Go Sur s0I-même ; on parvient à restreindre des vues trop générales, et on est ramené peu à peu à des idées plus saines et plus conformes à la vérité. Une simple analogie, l’indétermination ou la acillation des opi-nions de divers auteurs , ont pu d’abord contrille, à faire mettre la scarlatine au nombre des éruptions Symplomatiques ; mais en suivant avec soin la marche de cette affection et ses progrès comme maladie épidémique , peut-on y méconnaître, ainsi que dans la variole et la rougeole , les caractères d’une vraie phleemasie cutanée, comme la rougeur, la chaleur , le gonflement, une tension douloureuse » avec un prélude fébrile qui dure deux ou trois jours? Si on l’observe avec soin durant une épidémie, ne la voit-on Pas Se manifester quelquefois dans son état de sim— plicité , et parcourir sans trouble ses diverses périodes, d’autres fois être compliquée avec les fièvres gastrique, muqueuse , adynamique, ataxique, etc., comme on l'observe dans les phlegmasies cutanées en général ? La scarlatine, enfin, n’a-t-elle point ses diverses périodes d'incubation » d'éruption , de desséchement et de desquamation (up 66. La forme variée sous laquelle s'offre souvent la Scarlatine , et les diverses complications dont elle est suscepuble, semblent augmenter l'embarras et la difficulté d’en tracer l’histoire, à mesure qu'on rassemble des faits mulupliés, et des descriptions générales de semblables épidémies. Arétée parle de certaines ulcérations des amygdales , quelquefois superficielles oresaint io oignl oibnir honte (1) Dissertation sur la Scarlatine ; par F. À. Perrio. Paris 2

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et sans danger, d'autres fois mortelles et contagieuses. Mercatus, en décrivant l’histoire de l’'angine , avec éruption scarlane , qui ravagea pendant plusieurs années l'Espagne et une grande parue de l'Italie, vers le éommencement du dix-sepuème siècle, et qui ataquait principalement les femmes et les enfans , rapporte qu'elle commençait par une douleur à la gorge , avec difficulté d’avaler et de respirer, moindre cepen— dant que dans l’angine ordinaire ; que la luette et les amygdales étaient souvent d'un rouge vermeil, avec des éruptions à la peau ; mais que, dans les cas plus” graves , l'entrée de l’œsophage, état d'une couleur plus foncée que le reste de la gorge, et contractait , dès le deuxième jour de l'invasion , une couleur cendrée, avec une légère tunméfaction œdémateuse du cou et de la gorge; que trois où quatre jours aprés, les taches de la gorge devenaient noires, avec écoulement de mucosités très-dégénérées ; qu'à cette époque la respiration devenait difheile , ce qui était suivi de la mort.

67. La même maladie, reproduite avec un Caracère épidémique , vers le milieu du dix - huitième siécle, ou quelques années après, en France, en Angleterre, en Suisse, et décrite avec soin par Réad, Marteau, Fothergill, Huxham, Tissot, manifesta , avec des variétés, une marche analogue. Les deux auteurs anglais rapportent que le plus ordinairement les exanthèmes précédaient langine ; mais que plusieurs fois les éruptions cutanées succédèrent au mal de gorge vers le deuxième ou troisième jour, avec une tension douloureuse des pieds et des mains. Quelquefois, surtout à un certain âge, le mal de gorge

SCARLATINES > mL était très-violent , mais sans éruption cutanée , et seu lement avec une démangeaison à la peau, et une sorte de desquamation à la suite, L’éruption prenait quel quefois une coùleur livide et plombée, ce qui annonçait un danger imminent.

68. La maladie décrite par Tissot sous le nom de cynanche-purpuro-parotideæa , présente une variété particulière : c’est que les amygdales étaient peu gonflées , et les glandes paroüdes considérablement. Une épidémie du même genre, décrite par Rumsey (4he London Med. Journ. 1789 ), offrit aussi des singularités dans sa marche: elle fut particulière aux enfans, et marquée, durant la saison de l'été » par une légère affection de la bouche. Mas les symptômes furent bien plus intenses durant l'automne et vers l'hiver : l'éruption scarlatine avait lieu dès les premiers jours, et, lorsqu'elle était considérable, elle faisait craindre le plus souvent une terminaison funeste : la peau était alors très-rouge et sèche, et dans un état de tension et de chaleur extrême, La maladie » Cependant, ne fut que trés-rarement mortelle, et Rumsey la regardait comme @ontagieuse. ra

69. Sydenham décrit cette maladie dans son plus grand état de bénignité : c’est surtout vers la fn de l'été, ditl, que la scarlatine se manifeste ; elle attaque des familles entières, mais principalement les enfans ? qui en sont à peine malades. D'abord il y a un frisson avec tremblement, puis toute la peau se couvre de peutes taches rouges plus nombreuses » plus larges, moins uniformes, et d’un rouge plus vif que celles de la rougeole : il ne parle point du mal de gorge. Mais, pour mieux faire connaître cette maladie dans son état

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de simplicité, Je vais rapporter une observation particulière extraite de la dissertauon de M. Perrio. Un enfant âgé de neuf ans éprouve ; Sans causes connues ;, dans l'après-midi, un refroidissement subit des extrémités inférieures qui se propage dans tout le corps; bientôt apres tremblement très-marqué suivi de chaleur et de sueur. Le deuxième jour de la maladie, légère céphalalgie, somnolence, soif, chaleur vive. Le troisième , érupüon de boutons rouges. Le quatrième jour ; soumis à l'observation, le malade offre les symptômes suivans : légère céphalalgie, tuméfacuon des paupières , érupuon rouge uniformément répandue sur tout le corps, chaleur de la peau très-intense , langue rouge et humide; nul douleur à la gorge, nul symptôme gastrique ; pouls plein et régulier. Le dixième jour , desquamation apparente au Cou ; aux mains et aux pieds.

Jo. Ce nest point sans fondement que Stoll a re gardé la scarlatine comme n'étant point encore assez connue (rond sat cognila), à cause des différences qu’elle a offertes en divers temps et en divers lieux. Mais l'obscurité dont elle est resté enveldppée ne tient-elle pas aussi, en grande parue, à Ja manière de considérer l’objet dans toute son étendue à-la-fois , et de ne point envisager séparément les divers points de vue qu'il présente ? En examinant d’abord la scarjatine dans sa simpliené , on remarque qu'elle est, en général , accompagnée d’un état d'irritauon plus ou ‘moins intense de l’arrière-bouche et des amygdales , surtout dans l'enfance et la puberté, et peut-être que cette lésion simultanée tient à une sympathie entre le derme et la membrane muqueuse de l'arrière-bouche.

SCARLATINE. 73 L'âge, la constitution, le caractère particulier de l'é Pidémie, peuvent faire plus où moins dominer cette irritation des membranes muqueuses, rendre l’éruption scarlatine générale et très -intense , très-légère, paruelle ou même nulle, et, dans ce dernier cas, tantôt avec desquamation de la peau , tantôt sans cette desquamation. Les amygdales peuvent être aussi plus ou moins enflammées ; elles peuvent devenir même le siége d'un phlegmon À qui finit par suppurer, et présente plusieurs variétés quant au volume, à la dificulté de respirer et à l'issue de la matère purulente. Cette maladie peut devenir plus grave, soit en con< fondant sa marche avec celle des péiéchies ou d’une éruption miiaire, soit en se compliquant avec la fièvre gastrique ou adynamique. Il paraît même que ce qu'on à désigné sous les noms d’angine maligne , d'angine gangreneuse, d'ulcères gangreneux des de n'offre autre chose que des complications de la scarlaune, soit avec une fièvre adynamique , soit avec une fièvre ataxique. Ne sait-on point en effet que , dans ces dermières fièvres, les parties exposées à une irritation parucuhère ont Ds D de tendance à tomber : en gangrène, etqu’on voit souvent de semblables escarres, soit dans les plaies des vésicatoires, soit sur la peau qui recouvre le sacrum ? Ne pourrait-on pas dire de même que, la scarlatine portant presque toujours un prin- Cipe d'irritation vers les amygdales, l'influence funeste de ces fièvres doit se déternuner sur ces parües, et qu'ainsi l’angine gangreneuse n’est que le résultat de leur réunion avec la scarlatine ?

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S IL. Description générale de la Scarlatine.

71. Prédispositions et causes occasionnelles. La scarlatine ; de même que les deux phlegmasies cutanées précédentes , est, pour ainsi dire, une maladie propre à l’enfance et à l'adolescence, ou du moins elle attaque trés-rarement les adultes. Elle n’est particuhère à aucune saison de l’année, puisqu'on a observé des épidémies de cette éruption en été, en hiver , vers Féquinoxe du printemps ou en automne. Il paraît cependant que la scarlatine désignée sous le nom de maligne où de maux de gorge gangreneux , a régné surtout durant cette dernière saison ou immédiatement aprés , et que ces épidémies ont été précédées d’une consütution chaude et humide de l’'atmosphére. La situation de certains lieux dans des vallons et au milieu des bois , les eaux basses des rivières qui reçoivent beancoup d’immondices , et, en général , tout ce qui gène la Hbre circulation de l'air, peuvent concourir aussi à la produire.

72. La écarlatine est quelquefois sporadique, etalors elle est dans son état de simplicité; mais le plus souvent elle est épidémique. Les analogies frappantes qu'on remarque entre elle, la variole et la rougeole , que tous les auteurs regardent comme contagieuses , n'indiquent-elles pas qu'elle se propage aussi par la voie de la contagion | quelques doutes qu’on ait d’ailleurs pu répandre sur ce point, et quoique, dans cer taines circonstances, elle ait paru avoir une autre origine (1)? La scarlatine n’attaque le plus souvent qu'une

(1) Je puis citer un exemple frappant de la manière dont se

SCARLATINE. x.

seule fois dans la vie ; elle est précédée d’un malaise général, de lassitude, de frisson, et le plus ordinairement d’un sentiment incommode dans la gorge avec gêne de la déglutiuon.

73. Symptômes. L’éruption de la scarlaune a lieu le troisième ou même le deuxième jour à dater de l’époque de l'invasion. Elle consiste dans de peutes taches de forme irrégulière, de couleur rouge écarlate, qui s'étendent successivement , sont d’abord disséminées, puis se rapprochent les unes des autres, et occasionnent du prurit. Elles paraissent d’abord à la face, puis au cou, au thorax, aux bras, à l'abdomen

transmet souvent cetle maladie. Un jeune homme de quinze ans attaqué d’une scarlatine des plus violentes avec complication d'une fièvre gastrique, et dont je dirigeais le traitement, la communiqua aux deux personnes de service qui lui donnaient des soins, et l’une même eut un abcès à l'amykdale gauche ; la “mére du jeune homme eut une simple éruption scarlatine sur la poitrine, avec une très-légère affection de la gorge. Son instituteur eut en même temps un mouvement fébrile qui dura deux jours , avec une déglutition difficile, mais sans éruption de .Scarlatine. Deux des parens du jeune mes qui passèrent chacun une nuit auprès de lui, furent attaqués de la scarlatine d’une manière différente, l’un avec abcès de lamygdale droite. Un événement bien Ts funeste caractérisa cette contagion : c'est ‘que son frère, qui était venu lui rendre visite , et qui peu après s’en revint chez lui, après avoir faitun voyage de quatre lieues , - fut frappé d’une scarlatine des plus vives avec complieation d'une fièvre ataxique, et mourut le quatrième jour de la maladie. Après la convalescence du jeune malade primitivement affecté, deux autres pue sens dans l’âge de la puberté, et qui habitaient la même maison, furent successivement attaqués d’une * fièvre scarlatine dont la Big fut très-simple , très-réguliére -et sans aucune sorte de danger,

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et aux nt. inférieurs ; elles donnent ainsi à toute la peau une teinte analogue à celle qui aurait lieu si on l’enduisait de suc de framboise ou de lie de vin ; les pieds et les.mains sont tuméfiés, roides et douloureux. L'état fébrile diminue quelquefois lors de l’éruption ; le plus souvent il se continue ainsi que les autres phénomènes précurseurs. La couleur devient de plus en plus intense du troisième au cinquième jour ; 1l en est de même du gonflement des extrémités. Mais vers le sixième jour, les taches commencent à pâlir dans l'ordre de leur érupuon ; c’est aussi alors que les phénomènes généraux diminuent et disparaissent enterement. La desquamation commence à avoir lieu vers le septième jour ; elle est accompagnée de prurit, quelquefois furfuracée , et souvent lamelleuse , surtout aux pieds et aux mains ; elle se renouvelle plusieurs fois. C'est alors qu'il survient une sueur abondante, une diarrhée, et que l'urine se trouble et dépose un sédiment plus ou moins abondant. La déhtescence et la métastase entravent quelquefois la marche de cette maladie.

74. La scarlatine est le plus souvent accompagnée de l’inflammation des membranes muqueuses les plus extérieures, et notamment de celles de la bouche et de la gorge. Cette inflammation muqueuse est caractérisée par une rougeur analogue à celle de la peau , par une chaleur brûlante et une douleur obtuse avec tuméfaction ; elle est quelquefois accompagnée d’aphthes ; elle peut cesser avant l’érupüon, ou se prolonger au-delà de l'époque à laquelle la desquamation à lieu ; elle se termine par résolution ; néanmoins elle passe quelquefois à l'état de gangrène et d’ulcérauon, surtout dans

SCARLATINE. 77 le cas de complication avec la fièvre adynamique. Je puis en citer un exemple : un jeune homme âgé de vingt-quatre ans, doué d’un tempérament sanguin, se livre à un exercice violent par un temps pluvieux. Vers le soir, frissons qui durent une parte de la nuit; et dés le lendemain, accablement , inappétence, lassitude générale, douleur de tête, soif, somnolence. Vers le soir, frissons nouveaux suivis d’une chaleur brülanie. 7 roisième jour, aux symptômes précédens augmentés d'intensité, se joint une douleur de gorge qui s'accroit par degrés ; toux, difficulté de respirer , soif ardente, pouls fréquent , chaleur ardente à l'in térieur. Quatrième jour , exacerbation violente pen dant la nuit; vers le matin du Jour suivant, sueur légére; et sur les bras et le tronc, efflorescence d'uve couleur rouge. Cinquième jour, continuation du délire de la nuit précédente ; mais vers lé matin » prostration , face inanimée , les lèvres et la langue recouvertes d’une croûte fuligimeuse , déglutition difficile , constipation opiniâtre depuis le prèmier jour de lin vasion , efflorescence rouge sur les cuisses sans intu— mescence; pouls petit, fréquent, avec des intermit- Lénces (prescription : vésicatoires aux jambes, décocion dé quinquina et de tamarin, potion cordiale 1: Sixième jour, peu de changement, érupüon aug mentée et s'étendant sur les jambes ( décoction de quimquina camphrée, potion cordialé de même 7 Septième jour, cessation du délire, face plus animée }: crottes fuligineuses de la langue et des lèvres humides, expuiuon abondante d’une matière muqueuse épaissie, déglutition moins pénible, moins de soif, respiration plus aisée, urines sédimenteuses , Sueur légére, pouls

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développé; la nuit, quelques heures de sommeil ([ méme prescription ). Huitième jour, dégluutuon facile , nulle douleur de gorge, moiteur de la peau avec odeur subacide , desquamation de l’épiderme aux bras, délayans en boisson ; potion laxative le lencemain, c'est-à-dire le neuvième jour , avec tous les signes de convalescence.

75. Accidens. On à cité divers accidens survenus à Ja suite de la scarlatine , comme la phthisie , l'amaurose , divers dépôts dans les glandes et les poumons, quelquefois une éruption de vésicules très- larges , aplaues , avec une démangeaison très-vive. Mais l’anasarque est une des suites de la scarlatine qu’on a le plus observées en différens temps et en divers lieux. : C’est lorsque l’'érupüon et la desquamation sont ter minées que cet accident survient , vers le quatorzième ou quinzième jour de la maladie, ou plus tard. Les signes précurseurs sont la tristesse , la langueur , l'abattement ; la perte de l’appéüt et du sommeil ; le : pouls est fréquent et concentré , l’urine rare, épaisse et sédimenteuse ; la face et les paupières se tuméfient ; l'œdème gagne les membres abdominaux, et l'hydropisie est générale. Plenciz ( Tract. de Scarlat. 1762) a remarqué qu’elle est plus fréquente et plus intense parmi les enfans que parmi les adultes, pendant l'hiver que pendant l'été, surtout par l'impression d'un ar froid ; et cette dernière opinion , appuyée d’un grand nombre d'observations, a été développée par le docteur Vieusseus (Journ. de Méd., septembre 1802 ou vend. an 10 ). L'anasarque est-elle formée par la suppression de la transpiration ou de l’urine produite par le froid? est-elle le produit de crises mparfaites? On

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