‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 30 sur 111 · Un caractère frappant des différentes espèces · texte numérisé non relu

Un caractère frappant des différentes espèces

144 PHLEGMASIES CUTANÉES.

de darires , est de s'étendre en exécutant un mouvement de reptation sur la périphérie du corps vivant : de là sont venues les dénominations : herpes , serpigo , serpentia ulcera, etc.

161. Par une suite nécessaire de leur caractere mobile et fugace , les dartres peuvent disparaître spontanément, pour se remontrer, ensuite sur quelque autre partie : les furfuracées présentent surtout ce phénomene d’inconstance et de variabilité. Quoique la dartre rongeante ait, en général, plus de fixité que les autres espèces , on la voit néanmoins , dans quelques circonstances , parcourir en rampant la peau de la face, du cou , etc.

162. Souvent les ravages des dartres sont si étendus, que toute la peau se trouve infectée : quelquefois méme elles font tomber les cheveux ou en altérent la couleur. Croira-t-on que les dartres se propagent , dans certains cas, jusque sous les ongles , et en provoquent la chute ? Dans cet envahissement universel des tégumens , le derme contracte un endurcissement qui provient de la perte totale des forces vitales ; dans d’autres circonstances , la peau devient d’une ténuité extraordinaire , se resserre, et simule, à Sy méprendre , les ravages de la brûlure. La foncuon des exhalans est bientôt interrompue , et cet état a nécessairement les suites les plus funestes.

163. Nous avons déjà dit que les dartres sont formées par un assemblage de peuts boutons prurigineux , d'où s'échappe une humeur ichoreuse où pus rulente. Cette humeur est quelquefois si abondante , que tous les linges dont les malades sont recouverts en sont totalement imbibés , et que tout le corps est,

DARTRES. 145 pour ainsi dire, dans une suppuration universelle. Cette suppnration est d’une odeur fétide et nauséabonde , qui a beaucoup d’analogie avec celle du bois pourri et vermoulu. Tous les observateurs savent com bien il importe de ne point tarir trop vite la source de ce suintement que la nature établit dans un but ma mfestement salutaire.

164. Les éruptions dartreuses excitent sur la peau des démangeaisons très-variées > Selon l'intensité de leurs effets , les époques et les progrès de leur accrois= sement. Ces démangeaisons sont très-modérées ou très violentes , selon le siége de l'affection » Et selon que les nerfs sont distribués en plus ou moins grande quan tté dans la partie qui en est affectée. C’est ainsi que , dans les dartres furfuracées, le prurit est presque nul, parce que les papilles de la peau y sont trés-peu inté ressées ; 1l est plus vif dans la dartre Squameuse et la pustuleuse , parce que la peau S'y trouve atteinte de plusieurs points particuliers d’inflammation » et parce que les técumens sont arrosés d’une matière ichoreuse et acrimonieuse. Îl est plus obtus dans la dartre ron geante, parce que le siége de la maladie est plus pro- fondément situé, etc. Le prurit vient comme par accés dans certaines saisons ou dans certains momens de la journée. Quelquefois il n'y a qu'une seule parue du corps qui soit en souffrance ; mais quelquefois aussi toute système dermoïde est en proie à des cuissons dévorantes. Quelques malades ont la sensation d’un brasier qui les consume ; d’autres éprouvent des élancemens semblables à ceux que produiraient des aiguilles. enfoncées dans les chairs; plusieurs se croient tour mentés par des insectes, etc. Tandis que la surface

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