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des tégumens est ainsi en proie à d’affreuses douleurs, le calme règne dans les foncüons intérieures , qui s'exécutent avec une régularité extrême : aucune excréüon nest croublée , hormis celle de l’exhalauon. Les dartreux ont un appétit quelquefois insatiable , un violent penchant pour les plaisirs de Vénus , etc.
165. Dans ioutes les espèces de dartres, l'inflammation de la peau mérite une attention particulére. Dans la partie qui est le siége de la maladie , 1l y a une exaliation morbifique des propriétés vitales, et tous les symptômes d'une phlegmasie plus opuiätre et plus lente que dans les maladies aiguës. La peau est d’un rouge foncé et permanent dans la plupart des espèces; ce qui leur a fait donner le nom de dartres vives , comme pour les distinguer de quelques autres affections herpétiques dans lesquelles la peau n'offre point cette intensité de couleur : cette rougeur s'observe principalement dans les dartres squameuses.
166. À mesure que le vice herpétique fait des progrès , ïl survient une maigreur très-marquée ; le foie et la rate se tuméfient; et lorsqu'on touche le ventre , les malades se plaignent, d’une vive douleur, Chez certains individus, les extrémités inférieures s’enflent, tandis que chez d’autres elles sont extraordinairement émaciées. Quelques-uns sont fatigués par une toux opiniâtre, à la suite de laquelle l'on voit le plus ordinairement survenir une légère expectora tion de matière muqueuse; d’autres éprouvent une telle anxiété dans la poitrine, qu'ils redoutent la suffocation : toute leur peau se change en matière farineuse, et bientôt 1ls sont en proie à une véritable consomptuion.
BARTRES. 147
167. Insensiblement les dartres arrivent à leur troisième période ; les viscères du bas-ventre contractent des obstructions inguérissables. I] peut quelquefois survenir une infiltration générale, dont les effets sont constamment funestes. Il n’y a alors dans l’économie animale âueun viscére, aucune glande, qu né parucipe à l'infécuüon. À l'ouverture des cadavres, on rencontre souvent, dans la cavitéabdominale, des es rations qui ont une consistance presque stéatomateuse.
168. Il est assez ordinaire de voir disparaître tous les caractères extérieurs de l'affection herpétique , sans que cette affection diminue d'intensité et d'énerge, Il arrive même , dans ces sortes de cas, des altérations Rejheuteres du système nerveux , Princtpalement lorsque | les dartres ont été répercutées par une médication imprudente. M. Alibert a vu trois individus devenus maniaques à la suite de ces éruptions trop promptement supprimées, et chez qui l'irritation dartreuse paraïssait s'être entièrement concentrée sur le cerveau.
169. C'est particulièrement chez les sujets d’un âge avancé que les dartres éclatent avec une violence extrême. En effet, l’exhalation est presque anéantie chez les vieillards : les vaisseaux n’ont ni la même flexibilité, n1 la même vigueur que dans la jeunesse, Il est d’ailleurs des individus chez lesquels domine essentiellement la diathèse dartreuse, et dont toutes les humeurs sont, pour ainsi dire, imprégnces de ce funeste virus. Ces desquamations furfuracées sont alors une excrétion nécessaire : on les regardé souvent comme un moyen de dépuration employé par Ja nature; mais une déperdition si abondante finit par
148 . PHLECGMASIES CUTANÉES, épuiser les forces du malade et déterminer la mort:
170. La complication des dartres offre un champ vaste au médecin observateur ; mais aussi quelle paüence ne faut-1l pas pour étudier séparément chacun des symptômes, et analyser ceux qui sont propres à la maladie simple ou à celles qui la compliquent ! La maladie vénérienne est une de celles qui coexistent le plus souvent avec les affecuons herpétiques ; elle communique à celles-ci des caractères particuliers, et quelquefois difficiles à déméler. Les dartres s allient trés-souvent aussi à la diathése scrophuleuse : dans ce dernier cas, elles forment des zones relevées dans leurs bords par des végétations charnues , et qui se recouvrent d’une croûte verdätre : elles occupent le plus souvent le visage ; Mails On en trouve quelquefois sur d’autres parues du corps : ce sont presque toujours des dartres rongeantes ; la peau est enflammée et d’un rouge amaranthe. Cette complication des vices scrophuleux et herpétique résiste presque toujours aux moyens curatifs.
171. Les dartres peuvent s'unir au scorbut; et cette complication est la plus ordinaire ehez les individus indigens, qui y sont prédisposés par la mauvaise pourriture et l’habitauon de lieux humides et rmalsains. La dartre pustuleuse couperose est presque toujours compliquée du gonflement des gencives. Les dartres compliquées de la présence du scorbut se manifestent aux extrémités inférieures , rarement dans d’autres parues du corps : la peau est d’un rouge foncé , et semée de teintes bleuâtres ; les écailles sont fines, luisantes et comme vernissées ; 1l s’y forme des croûtes qui sont tuberculeuses, d’une couleur noirâtre
en .
DARTRES. 149 ou cendrée, ef restent long-temps adhérentes à la surface du derme.
172. Indépendamment de toutes ces complicaüons , d’autres circonstances peuvent influer singu— liérement sur la nature des dartres : telles sont des couches laborieuses, une lactation brusquement interrompue , eic. Parmi les dartres communément appelées laiteuses , il en est d’un trés-mauvais Caractère Qui surviennent quelquefois aprés la suppression des lochies. Les femmes qui en sont affectées ressentent
des douleur s poignantes dans l’intérieur de la tête,
des tintemens d’oreilles insupportables. Ces douleurs , qui se calmenit par intervalles > augmentent par l’usage des bains , et deviennent alors beaucoup plus aiguës. Aprés avoir attentivement observé, sous tous leurs aspects différens , les variétés sans nombre que présentent les affections herpétiques, M. Alibert les a divisées en sept Espèces, à chacune desquelles se rapportent un certain nombre de Variétés.
«Espèce r°. Dartre furfuracée, hkerpes furfuraceus. Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parties des tégumens par de légères exfoliations de l’épiderme semblables à de la farine où à du son : tantôt ces petites écailles sont trés-adhérentes à Ja peau , tantôt elles s’en détachent avec une extrême facilité. À cette espèce se rallient les Variétés suivantes : 1°. Dartre furfuracée volante, herpes furfuraceus volitans. — Elle est ainsi appelée à cause de son Caractèére ambulant. Il faut observer en outre que la matére farineuse qui la consütue s’enlève quelquefois de la peau avec une très-grande facilité, Les individus qui ont les cheveux blonds Qu roux, la
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peau blanche et sans énergie, y sont les plus exposés. 20. Dartre furfuracée arrondie, Lerpes furfuraceus circinnatus. — Elle forme sur la peau des plaques circulaires ou arrondies , dont les bords sont plus rudes et plus élevés que le milieu : souvent même à mesure que les plaques s’'agrandissent , leur centre devient parfaitement sain et reprend sa couleur naturelle. Elle attaque ordinairement des sujets forts et robustes, chez lesquels prédomine le tempérament bilieux et sanguin : elle se mranifeste de préférence aux bras , aux jambes, particulièrement au voisinage des arüculations du coude et du genou. me » Esrèce n°. Darire squameuse , Aerpes squamosus. Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parties des tégumens par des exfoliauons de l’épiderme en écailles plus larges que dans l’espece précédente. Ces exfoliations s'enlèvent aisément de la peau ; souvent mémé elles tombent spontanément à mesure qu'elles se dessèchent.
Cette Espèce présente quatre Variétés : - 5°. Dartre squameuse humide, kerpes squamosus madidans. — La peau exhale presque continuellement une humeur ichoreuse qui ressemble à des gouttes de rosée, et qui est quelquefois tres-abondante. Cette dartre se manifeste le plus communément aux oreillés, au nez, à la bouche, aux parties génitales :
souvent elle occupe tout le système dermoïde. 2°, Dartre squameuse orbiculare , Lerpes squamo- «us orbiculäris. — Elle est le plus souvent sèche, et présente quel quefois l'aspect de plusieurs cercles concentriques ; elle forme des écailles sèches qui tombent et se rénouvellent successivement ; elle occupe ordi-
DARTRES. Or hairement le milieu et le tissu graisseux des joues ; elle est beaucoup plus vive dois éertaines constituüons atmosphériques que dans d’autres.
5°. Dartre squameuse centrifuge, kerpes squamosus centrifugus. — On apercoit dans le creux des deux mains des cercles ou points orbiculaires résultant du dessèchement de l’épiderme qui blanchit. Ces cercles , plus ou moins nombreux, vont en s'agrandissant du centre à la circonférence Jusqu'à ce quela main se trouve totalement dépouillée : alors l’épiderme se reproduit, et l'affection dartreuse disparaît entiè.… rement,
4°. Dartre squameuse lichénoïde, herpes squamosus lichenoides. — Elle est formée par des écailles dures, coriaces, blanchâtres, exactement analogues à des lichens par leur couleur et leur consistance,
» Espèce 11°. Dartre crustacée, herpes crustaceus
Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parues des tégumens par des croûtes jaunes, grises, blanchäâtres ou verdâtres, de formes varices. Ces croûtes tombent, et sont remplacées par d’autres, où restent plus ou moins adhérentes au système dermoïde.
À cette Éspéce se rapportent trois Variétés :
1°. Dartre crustacée flavescente, herpes crustaceus flavescens. — Ceue dartre est le résultat d’un suiniement croûteux, dont la couleur jaune présente Vaspect du miel lorsqu'il est desséché , ou des sucs gommeux de certains arbres. Sa marche à quelque analogie avec celle de l'érysipèle. Le üssu cellutaire est un peu gonflé. Elle occupe ordinairement le milieu de
l’une ou des deux joues, rarement d’autres P
arties du corps, 2°. Dartre crustacée stalacuüforme, kerpes cruste
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ceus procumbens. — Elle est ainsi appelée, parce que la croûte qui la forme pend communément à la manière des stalactites : elle attaque toujours les ailes du nez.
3°. Dartre crustacée en forme de mousse, herpes crustaceus musciformis. — Cette dartre, ainsiappelée à cause de sa ressemblance avec les mousses, est formée de croûtes d’un gris verdâtre , et entourée d’une aréole rouge qui enchäâsse pour ainsi dire la peau. Celle-ci est toujours un peu tuméfiée : de là vient que lescroûtes s’enlévent trés-difficilement. M. Albert a observé cette dartre sur les mains, au-dessus du genou, sur le visage. Le bouton large qui la forme se dépouille quelquefois de sa couche croûteuse : alors on voit dessous une sorte de bourgeon charnu , proéminent, couvert de petites granulauons sur lesquelles se concrète la matière ichoreuse.
» Espèce 1v°. Dartre rongeante, herpes exedens.
Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parties des tégumens, par des boutons pustuleux ou ulcères rongeans qui fournissent un pus ichoreux et féuide. Ces boutons vu ulcères ne se bornent point à la peau ; ils attaquent et corrodent les muscles et les carülages ; ils s'étendent même quelquefois jusqu'aux os.
On distingue trois Variétés de cetie Espèce :
1°. Dartre rongeante idiopathique , kerpes exedens idiopathicus. — M, Albert nomme ainsi celle qui survient sans aucune cause apparente, et quelquefois même chez des individus qui paraissent très-sains.
2°. Dartre rongeante scrophuleuse, Lerpes exedens scrophulosus. — Cette dartre, irès- commune, doit son nom à la diathése scrophuleuse concomitante.
DARTRES. 153 . 3°. Dartre rongeante vénérienne , herpes exedens syphiliticus. — Elle doit son nom à sa complicauon avec une afflecuon syphiliique.
» Espèce v°. Dartre pustuleuse , kerpes pustulosus.
Dartre qui se manifeste sur une ou plusieurs par tes des tégumens , par des pustules plus où moins volumineuses , plus ou moins rapprochées. La matière contenue dans ces pustules se dessèche et forme des écailles et des croûtes légères qui tombent, et sont communément remplacées par des taches rougeätres.
Les Variétés de cette Espèce se réduisent à quatre :
1°. Dartre pustuleuse mentagre, kerpes pustulosus mentagra. — Elle est ainsi appelée, parce qu'elle occupe ordinairement le menton. Elle est très-opiniâtre chez l’homme, à cause de l’irritation entretenue par lacuon du rasoir.
2°. Dartre pustuleuse couperose, herpes pustulosus gutta-rosea. — Elle occupe principalement le nez, le haut des joues, les pommettes, et surtout le front. Elle est souvent compliquée d’une affection scorbuque des gencives. Ceux qui boivent habituellement et avec excès des liqueurs spiritueuses y sont très-sujets. .
8°. Dartre pustuleuse miliaire, kerpes pustulosus miliaris. — Elle est formée de petits grains blanchätres et luisans absolument semblables à des grains de millet. Elle attaque souvent le front des jeunes filles qui approchent de la puberté.
4. Dartre pustuleuse disséminée , kerpes pustu= losus disseminatus. — Elle est composée de boutons rougeatres, dispersés cà et là sur la peau. Ces bouions, plus gros que ceux des variétés précédentes, sont très-opiniâtres ; et lorsqu'ils viennent à s’éteindre, ils
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laissent des taches d’un rouge sale : ils se manïfestent ordinairement sur la poitrine, derrière les épaules, quelquefois sur le visage.
» Espèce vi‘. Dartre phlycténoïde , kerpes phlyc-
terioites. £
Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parties des tégumens , par des phlyctènes de forme et de grandeur variées. Ces phlyctènes , produites par le soulévement de lépiderme et remplies d’une sérosité ichoreuse, laissent apres leur dessiccaton des écailles rougeâtres , analogues à celles qui suivent la terminaison de lérysipèle.
On observe deux Variétés de cette Espéce :
1°. Dartre phlycténoïde confluente , herpes phlyc-
tenoides confluens. — Les vésicules sont répandues en si grand nombre sur toute la surface du COrps , qu'elles se touchent et se confondent : l’on observe néanmoins entre elles des échancrures. M. Alibert a vu deux cas de ce genre dont l'issue a été funeste. L'autopsie cadavérique démontra que de semblables
phiyctènes s'étaient formées dans l’intérieur de la bou- |
che, de l'estomac et du conduit intestinal, »
2°. Dartre ph'yciénoïde en zone, erpes phyctenoides zonæformis. — M. Albert admet, comme deuxième Variété de la dartre phlycténoïde, le zona, que d’autres auteurs ont mis au rang des érysipéles. Cette différence d'opinions intéresse peu les progrès de Ja science, puisqu'on peut également se diriger indistinctement , d'après un certain nombre d’affinités, dans la classification des maladies, et que certaines d'entre elles peuvent se trouver intermédiaires entre d'autres qui appartiennent à divers genres. L’érupüon
DARTRES. 155 appelée zona est fréquente parmi les femmes âgées de l’hospice de la Salpétrière, et elle se présente, en sénéral, sous des formes qui paraissent plutôt se rapporter aux érysipèles. J'ai décrit précédemment celte affection (page 90 de ce volume ), et il est facile de reconnaître combien elle diffère des dartres. Les exemples particuliers qu’en rapporte M. Albert ne seraient=ils point une sorte de complication d'un pareil érysipèle avec une disposition dartreuse ?
« Esrèce vu. Dartre érythémoïde, herpes erythemoides.
Dartre se manifestant sur une ou plusieurs parties des tégumens par des élevures rouges et enflammeées, produites par le sonflement du tissu cutané. Elles se terminent à la longue par de légères exfoliauons de l'épiderme , analogues à celles de l’'érythème. »
M. Alibert n’a point établi de Variétés de cette Espèce. Il en propose une sous. le nom de herpes erythemoides urticaius , parce que, dit-il, les élevures rougeâtres et comme bullées ressemblent aux vésicules plates que fait naître sur la peau la percussion avec des orties : elles excitent une démangeaison brûlante. Les causes qui la produisent sont la chaleur de l'atmosphère , des alimens salés ou des liqueurs alcoolisées, et, en sénéral, toutirritant quelconque. Les élevures ou saillies cutanées paraissent brusquement et cessent de même , sans exsudatuon ni desquamation ; mêus elles ne s'évanouissent sur une partie que pour se porter sur une autre , el la durée de cet exanthème est ainsi plus ou moins prolongée.
Quoique les dartres puissent naître imdistinctement sur toutes les parties Ge nos tégumens, chaque Espèce