Les auteurs qui ont , en général , traité de la
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gangréne , se sont bornés à la considérer dans ses caractères extérieurs, et ils n’ont point assez donné leur attention à celle qui ent à une influence nuisible, et qui règne quelquefois d’une manière épidémique dans les hôpitaux. Les maisons où un grand nombre d'hommes malades sont soumis aux mêmes impressions , soit physiques, soit morales , offrent cependant le tableau de cette maladie sous toutes ses formes : les ulcères, les plaies et autres solutions de continuité, ‘sont le siége le plus ordinaire de cette affection. On conçoit en “effet que les miasmes septiques qui forment son essence trouvent sur les plaies ou les ulcères des surfaces très-propres pour s’y fixer et s’y établir, surtout lorsqu'une Constitution détériorée expose à l'in fluence des épidémies gangreneuses. Elles impriment inopinément aux ulcères une marche lente et rétro— grade, et le médecin voit bientôt diminuer ou s’évanouir tout espoir de guérison, si, par les efforts de l'art ou de la nature, le mal ne borne ses progres.
215. En rapprochant ce qu'on voit plus ou moms fréquemment dans les hôpitaux de ce qui a été écrit sur cette sorte de gangrène par divers auteurs, Poueau, Quesnai, Dussaussoi, Vigaroux, etc., on reconnaît que les causes les plus ordinaires sont : le contact de l'air et son impureté, le voisinage d’un malade attaqué de gangrène, une constitution parücuhere de l'atmosphère ;: la PES ton topographique du lieu, les passions tristes, le régime et l’abus des médicamens débilitans.
216. Les symptômes de la gangrène des hôpitaux -se réduisent, en général, à l’ordre et à la succession -des symptômes suivans : d’abord chaleur insolite aux
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environs de la plaie ou de l'ulcére , et les chairs , qui étaient d'abord. rouges, Aa el pales et fon gueuses; une Où plusieurs taches grisâtres paraissent à la surface de l’ulcere ; boursoufflement des chairs, picotemens, perte. du sommeil et de l'appétit, pus visqueux et épais ; les taches deviennent noires et fétides , les bords de l’ulcère se tendent et s’entourent d'un cercle d’un rouge pale ; bientôt après, si on n'arrête les progres du mal, les taches noires se réumissent et s'étendent en largeur et en profondeur, avec une odeur très-désagréable, Le cercle rouge devient toujours s plus étendu , sans prendre une couleur plus vive ; accroissement de la douleur, fièvre plus forte, c'est-à-dire, pouls plus fr équent # plus déprimé ; paroxysmes à des heures irrégulières; quelquefois diarrhée, à moins que les symptômes ne cedent aux moyens du traitement. Enfin, les progres les plus alarmans sont annoncés par une sorte de fonte des üssus cellulaire et graisseux en une sérosité noirâtre et abondante, avec l'odeur la plus féude ; la sensibilité Jocale s'éteint ; le membre se couvre de phlyctenes remplies d’un liquide ichoreux et jaunätre , et devient vide ; le pouls est petit et insensible ; la langue est sèche , wemblante et noirâtre ; la voix se perd, et la vie finit par s'étendre. Cette aflecüon , en devenant générale, se comph ique ordinairement avec quelqu’une des fievres peintres. |
217. Je n’entrera point 161 duns les détails relatifs aux moyens locaux que la chirurgie doit mettre en usage pour arrêter les progres de la gangrène d'hôpital , et qui demandent souvent beaucoup d’art et d’habileté ; je me bornerai à faire remarquer, d’une ma-
PHLEGMASIES CUTANÉES GANGRENEUSES. 1OT mère générale, que dans ce cas on a employé les astringens , les toniques et les amers résineux. On connait la belle suite d'expériences qu'a faites le docteur Pringle sur ce qu’on appelle les anti-Septiques : pris en général des substances astringentes. Les acides qu'on met le plus souvent en usage à ce ütre sont Tactde acéteux , le citrique et le sulfurique : on les emploie seuls, ou mélés à quelque lotion aromatique, avec laquelle on fomente les ulcères gangreneux. On peut modifier encore leur action par l’addition du camphre ou du muriate d’ammoniaque. Il est aussi trés-utile de les employer à l’intérieur, mélés avec quelque boisson amére, Jusqu'à un degré convenable d'acidité. On sait qu'on n'a que trop muluplié les formules compliquées des toniques , des amers résineux et des balsamiques, avant que la chimie eût simplifié la matière médicale ; et on sait aussi que ces remèdes sont tombés en désuétude ; mais il est facile de les remplacer par des. combinaisons simples, et qu'on peut se procurer dans tous les temps et dans tous les lieux , sous diverses formes » de teinture, de muxture, de poudre, ete. ( 1). On ne doit point omettre Surtout le quinquina rouge, qu’on peut administrer à l'extérieur ou à l’intéricur, sous toutes sortes de formes ,en poudre, en-infusion à froid » endécoction , TR NP TE dt a aol dde
(1) I faut avoir soin de purifierd'air au moyen de l'appareil de Guyton-Morveau : c’est-à-dire , en dégageant du gaz acide muriatique oxygéné obtenu par nn mélange de sel commun, d'oxyde de manganése et d'acide sulf urique. ( Traité des moyens
de désinfecter L'air, de prévenir la contagion et d’en arréter les progrès ).
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quelquefois aussi avec une addition de laudanum ow de quelque acide. On peut le prescrire depuis un gros jusqu'à une once, dans les vingt-quatre heures. Comme dans des cas semblables on a besoin de connaître les anti-septiques qu'on est par-tout à portée de se procurer, il est bon de savoir que la poudre de charbon a été employée, en Angleterre et en France , confme, topique anti-sepiique d’une trés-grande efficacité. |
PUSTULE MALIGNE (x).
$ I". Considérations générales.
218. On s'étonne de voir quelquefois comment ,} avec des talens supérieurs , on suit pour guide , sur certains pe , un vain jargon de l’école, et qu on“ établit souvent un traitement hasardé ou téméraire sur
un fondement aussi frivole. « Dans le charbon non
pestilentiel ou la É" maligne , dit Fabrice d'A dondance dans la partie affectée ». Paul d Lgime rl déjà consacré, d'après les Arabes , cette mamiére vas
quapendente, le sang est A de et ilest en re=
que de disserter sur la pustule maligne , qu "il attribue | à un sang brûlant et infecté d’atrabile. Celse , biens plus sage et bien plus fidèle à la méthode hippocrati - | que, avait suivi une marche bien différente, puisqu'il} s'était borné à distinguer les signes ou caractères exté#\ rieurs propres à cette phlegmasie : rougeur, élévation. des pustules, tantôt pâles , tantôt noires ou livides ; sé= | cheresse et dureté de la parue affectée , aréole inflam=
Le (1) Srnonrwmie. Feu persique ; pustule maligne ; bouton h malin, charbon, anthrax , etc.
PUSTULE MALICNE. 195 matoire, propagation du mal à l’intérieur > ASSOUpis— sement , quelquefois frisson ou fièvre , d’autres fois l'un et l’autre , ete. Mais il semble qu'il était plus parücuhèrement réservé aux modernes d’a pprofondir cette matére , Soit par les progrès qu'a faits l’art vétérinaire, Soit par le caractère même de la pustule charbonneuse, qui est devenue comme endémique dans certaines ré gions. Elle est fréquente en Bourgogne , et a été décrite avec beaucoup de soins et d’exactitude (1) par : MM. Enaux et Chaussier > avec une indication du | traitement le plus sûr et le plus méthodique.
219. M. Davy-La-Chevrier a observé ( Dissertadon sur la pustule maligne de Bourgogne , 1807 }) que la pustule maligne de Bourgogne se présente sous deux états différens. Dans l’un ; il ne se forme aucune élévation à la peau , et il ne se manifeste aucune tu— meur dans les premiers jours ; le point affecté s’endur= | cit, et semble même être au-dessous du niveau de la peau. Dans l’autre, au contraire , 1] existe une tumeur sous la forme d’un tubercule placé sur un gonflement que l’on pourrait regarder comme œdémateux. Deux observations particulières feront mieux connaître l’une et l’autre de ces variétés. Je vais d’abord en tracer une de la pustule maligne déprimée. Un homme est atteint d'une démangeaison à l'angle externe de l'œil droit. Le deuxième jour, formation d'une peute phlycténe , prurit ; le malade déchire Ja phlyctène ; il sort une sérosité roussâtre ; le soir, sentiment de chaleur et de D er is) JIÉTRQ HUNQ 1; SPÉMMO
(x) Méthode de traiter Les morsures des animaux enragés ,
et de la vipère, suivie d'un Précis sur La Pustule maligne ; par MM. Enaux et Chaussier, ete. Dijon, 1785.
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tension de la par ue environnante. Le troisième jour , on remarqué un petit point noir dans le milieu de la phlyciene ; 1l se forme d’autres phlyctènes séparées dans l'étendue d’un demi-franc : laréole est d’un rouge foncé, la douleur est vive, la tension et le gonflement sont considérables , la chaleur est brülante. On incise, quoiqu'avec difficulté , le heu malade ; on applique la potasse caustique à la réunion des incisions,eton panse avec de la charpie etun cataplasme de mie de pain et d’acétate de plomb. Le quatrième jour, formation d’une escarre de la grandeur de l’érupuon. Le cinquième, diminution du Ebuflemeutf, de la douleur et de la rougeur. Le sixième, le gonflement di-. minue de plus en plus, ainsi que la rougeur ; la partie recouvre la sensibilité. Le sepuëme, lescarre tombe. Le onzième , il se forme une suppuration louable , et le malade ne tarde point à guérir. L'observation suivante offre lexemple d'une pustule maligne proémi-
nente. Un homme de quarante ans ressent de la dé-
mangeaIsoNn et une douleur sourde à la parte interne de l’avant-bras droit; en se grattant il écorche une pe tie phlyctène. Le lendemain il paraît un peut bouton ; la douleur ne s'accroît pas davantage ; le prurit conti-
nue. Le troisième jour , gonflement considérable et M
comme œdémateux (cataplasme de mie de pain h Le : quatrième jour , on apphque de la potasse caustique
dans le milieu de la tumeurs 1l sort éu pus de consis- #
tance caséeuse ; la douleur cesse , mais le gonflementt conunue ; la peau paraît comme marbrée. Contunua-üon de cet état pendant le jour suivant : enfin chute de l’escarre et guérison.