‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 38 sur 111 · A PEMPHIGUS OU MALADIE VESICULAITRE · texte numérisé non relu

A PEMPHIGUS OU MALADIE VESICULAITRE

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S [*. Considérations générales.

200. Les auteurs ont long - temps confondu les! phlyctènes gangreneuses etles vésicules qui surviennents sur les parties œdématiées avec le pemphigus pro“ prement dit; mais M. S. F. Gilibert a tracé les ca= ractères de cut maladie (1). Il disingue dans le pemphigus les quatre affections élémentaires suivantes.

I. Afjection cutanée. Vésicules séreuses disséminées sur la peau , reposant sur des plaques rouges, précédées et accompagnées de tuméfaction , de cha= leur et de douleur ; se terminant, après quelques jours de durée , par l'effusion du fluide qu’elles conüennent , et par la dessiccauon de leurs bases dénu= dées. — La tuméfaction , la chaleur, la douleur ; la rubéfacuon et la dessiccauon sont les traits dis= tincufs qui appartiennent à chaque vésicule. — Quelle que soit l'époque de leur durée , ce sont toujours des vésicules transparentes , jaunâtres , sous forme d’un denu-sphéroïde plus ou moins aplati ; soulevées} pleines et tendues pendant leur accroissement , elles s'aplatissent inégalement, en formant, versda parue la plus déclive, une espèce de poche pendanie où s'accumule le fluide contenu : leur volume varie beau | coup depuis celui d’un lobe de pois ou d’amandé 4 jusqu’à celui d’un œuf de poule où même davantage] 1|

(1) Monographie du Pemphigus , ou Traité de À Maladi { vésiculaire. Paris , 1813, in-8°. |

Er

PE MPHIG US: 177 Parvenues à leur plus grand accroissement , les deux ou trois premiers jours , les vésicules se rompent, et laissent échapper le fluide qu’elles contenaient ; alors il y à une sorte d’excoriation vive et rouge qui donne lieu pendant quelque temps à un écoulement séreux

| plus où moins féude et d’une nature albumineuse ;

suivant l'examen chimique qui en a été fait. — Dans

| chaque point de la peau qui doit être le siége d’une

phlyctène , les divers symptômes ne se développent

pas tous à-la-fois. La tuméfaction se manifeste la pre- | muére ; c’est à-peu-prés dans le même temps ue la | ; PS q

chaleur se fait sentir et quelquefois la douleur ; mais

| ordinairement le développement de celle-ci est plus

tardif ; la rubéfaction suit de près la tuméfaction , et la vésication succède.

Toutes les régions de la peau peuvent être le siège du pemphigus , surtout la plante des pieds , le cuir chevelu , les pares génitales ; mais les membres ab-

dominaux et thoraciques, le tronc et même le visage , en sont plus particulièrement affectés : quelquefois 1l

envahit une grande parte des técumens.

IT. Afjection fébrile. Frisson, chaleur, agitation ,

| céphalalgie, quelquefois une grande anxiété | accé-

lération du pouls, face animée. Un premier mouvement fébrile a lieu ordinairement le soir , dure toute

Ja nuit, et s'arrête vers le jour; un deuxième à lieu à

l'approche de là nuit suivante, et un troisième le surlendemain ; quelquefois un léger état fébrile subsiste

dans l'intervalle des nuits, et alors le frisson manque.

C’est pendant l’un des derniers accès que commence

à se développer l’érupuon : alors chaleur générale antense, agitation, picotemens dans la région où doit

If, 12

LA

178 PHLEGMASIES CUTANÉES.

être le siége de l’exanthème ; quelquefois aprés le dé relopresieitt des phlyctènes, la fièvre s'éteint pour ne plus reparaître. TL” affection fébrile est moins pronon— cée dans le pemphigus aigu successif que dans le chronique, et, en général ; elle est variable pour l'intensité.

HI. {fjection des membranes muqueuses. Toutes peuvent en être le siége, la conjoncuve, la muqueuse nasale , la pulmonaire , celle qui revêt le conduit de l’urètre, la surface interne de l'estomac et des intesins, les unes et les autres par une sorte de succession; le plus souvent 1l n'y a qu'une ou deux des parties désignées qui soient affectées, et, dans le plus grand noitË de cas , c’est l’intérieur de la bouche et des intestins. Cette affecuon peut se présenter sous trois formes différentes : 1°. sous forme d’engorgement avec irritation; 2°. sous forme de phlegmasie catarrhale ; 3°. sous forme d’inflammation vésiculaire pareille à à celle de l'organe cutané.

IV. A{licration des sécrétions. On la rencontre du moins dans les observations qui ee les plus complètes. Quelquefois , il est vrai, les sécréuons n ’offrent point d’autres dérangemens que ceux qui ont lieu dans toutes les phlegmasies cutanées : COnstipa—

tion, urines limpides, plus où moins colorées pen-

dant les premières périodes de la maladie; déjecuons alvines et urines sédimenteuses lors de la terminaison: mais, dans le pemphigus, ces changemens sont très-considérables, ‘surtout par rapport aux sécrétions abdominales. Lors de la dessiccation des vésicules, les déjections sont à demi-consistantes et sous forme de purée; les urines, qui étaient restées Him pides et rouges, deviennent abondantes et sédimen-

PEMPHICUS, 179 teuses, et ces deux sortes de. sécrétions $e trouvent alors dans une espèce d’aliernative.

201. On pent adopter diverses Opinions sur Ja disünction des périodes des maladies aiguës, et c’est encore un arücle de pathologie générale qui, n’a point été déterminé avec soin. Quoi qu'il en puisse être des cinq périodes du pemphigus adoptées par M. Gilbert, Imminence , inwasion , accroissement * décroissement et terminaison » 1l ajouie avec raison que ce n'est qu’en devenant chronique que la maladie vésiculaire perd le caractère de bénignité qu'elle a comme maladie aiguë. Je ne puis point entrer ici dans les détails de complication du pemphigus avec d’autres maladies aiguës et chroniques, dont M. Gilibert offre des exemples nombreux. D'ailleurs, tous | les diflérens cas du pemphigus se classent d’abord en deux grandes séries, d’après leur état de sim pheité ou de complication. L'espèce simple se divise, en général, en trois variétés : pemphigus aigu simul- 4ané, pemphigus aigu Successif et pemphigus cAronique. Cette division est fondée sur le développement

des phlyciènes. me

$ IX. Principes du traitement du Pemphigus.

202. Quelque théorie qu’on puisse appliquer à la marche du pemphigus , l’état général d'irritation qui existe durant les trois premieres périodes indique assez le précepte d’une diète sévère, du séjour dans le lit, et d’une boisson duuce, mucilagineuse et gélatineuse, qu'on peut varier suivant les goûts du malade. Est-on parvenu aux périodes du déclin, on substitue les

hs

160 PHLEGMASIES CUTANÉES. | boissons légèrement toniques de chicorée , de racine de patience, en y joignant l'usage des bouillons de : viande, de l'orange bien sucrée, du vin léger coupé | au quart d’eau. À mesure que le rétablissementavance, |! on usera de légers alimens propres à soutenir les forces. | Il faut, en général, s'abstenir de tout topique , pour ne point déranger la marche des phlyctènes. Dans le pemphigus marqué par des éruptions répétées et suc cessives , si le malade est d’une constitution indolente etapathique, on prescrira quelques légers excitans , comme quelque infusion des plantes aromatiques édul-

corée avec un sirop analogue, différentes gelées végétales ou animales , et, par intervalles , un peu de vin d'Espagne. Dans des cas contraires, dans un âge adulte et une constitution robuste et pléthorique , on | prescrira des boissons délayanies et acidulées. Ce :

| | | | n'est guère que dans les circonstances particulières | de la suppression des menstrues , où d’une hémor- | rhagie quelconque , que la saignée peut être indiquée: | Le pemphigus chronique n'est-il pas le plus souvent | la suite d’une constitution détériorée? et alors le médecin ne doit-il pas se diriger d’après les circon- | stances variées qui ne peuvent ici être nullement assu= jettes à une règle générale 2

ÉPHÉLIDES.

S I. Considerations générales. |

203. Toutes les éphélides paraissent avoir pourk caractère commun de produire des changemens det couleur dans une ou plusieurs parties des tégumens;| sans élévation apparente. Néanmoins, dans certains}

ÉPHÉLIDES. 101

cas , On aperçoit une légère proéminence sur la peau, surtout dans ce qu’on appelle éphélides hépatiques.

204. Lorsque la couleur de la peau est ainsi changée par les éphélides , il faut. nécessairement qu'il y alt aussi un changement physique dans le üssu cutané. Au surplus, les éphélides ne doivent pas être envisagées seulement comme le résultat d’une altération des tégumens, mais plutôt comme le résultat d’un désordre survenu dans les fonctions de ces

mêmes tégumens, c'est-à-dire, dans l’exhalation : jamais , en effet, la transpiration ne s'opére dans les endroits de la peau affectés d’éphélides.

205. La grandeur et la forme des éphélides sont très-variables : les unes sont très-petites, les autres s'étendent en larges plaques qui finissent quelquefois

par envahir la totalité des tégumens.

206. Leur couleur ne varie pas moins suivant les idiosyncrasies , les tempéramens et beaucoup d’autres circonstances. Souvent elles sont jaunes et safranées; d’autres fois elles sont fauves comme des feuilles d'arbres mortes et desséchées par le soleil : elles peuvent être d’un brun noirâtre > d’un violet foncé. Con-

| sidérées sur les mêmes individus , elles ne présentent pas toujours la même intensité de couleur. Celle-ci est plus prononcée chez les Jeunes filles qui sont près

d'avoir leurs menstrues : elle. s'affaiblit lorsque les menStrues ont coulé. Les taches sont moins appa— rentes chez les personnes âgées, à cause des rides et de l’épaississement de l’épiderme,

207. Certaines éphélides n’ont aucune odeur sensible ; d’autres , telles que celles qui ont été désignées par M. Albert sous le nom d'éphélides scorbutiques ,

182 PHLEGMASIES CUTANÉES.

ont une odeur fétide et repoussante. Les éphélides lentiformes, vulgairement appelées £aches de rous= seur, et regardées à tort comme des taches accidentelles, se manifestent Chez les individus qui ont les cheveux d’un rouge ardent, les yeux d'un bleu päle, le teint rouge et fleuri. L'on sait que les individus qui ont cette constitution exhalent aux aisselles , aux aînes , aux orailles, une odeur rebutante qui explique en | quelque sorte l'état maladif de leur peau.

508. ‘Les éphélides n’ont pas toutes la même marche; plusieurs se développent avec une rapidité extrême , et du soir au lendemain ; quelques-unes accomphssent leurs périodes avec une lenteur extrême : l'on en voit même rester indélébiles pendant plu- Scurs années , tandis que d'autres s’effacent par un seul bain, par de simples lotions , par un changemént survenu dans l’atinosphère. Quelquefois aussi, lorsque la peau à perdu tout son éclat et qu’elle tend ma nifestement à le recouvrer, cet éclat ne se rétablit que dans certaines portions du système dermoïde , tandis que d'autres portions demeurent constamment alérées. Elles ne sont nullement contagieuses.

6 I. Histoire générale et provisoire des Éphélides. |

209. J'ai lu attentivement cé qui a été écrit sut! cette affection cutanée; Jen ai observé quelquesh exémples dans l'hospice de la Salpétriére; j'ai EE ? consulté pour un grand nombre de cas, et j'ai euk méme l'attention de faire dessiner un de ces cas où! il y avait un changement universel des tégumens À

survenu dans un âge avancé, à une femme valétu-=!

RE IS SAUVE à : 85 dinaire ::mais, il me paraît .que.les notions qu'on peut recueillir , soit sur les causes dés éphélides, soit sur les disuncetions de leurs diverses Espèces, soit sur les principes généraux du traitément , sont e core in cornpletes , et qu'il reste beaucoup de els. AN faire sur tous ces différens Objets, avant de pouvoir en former un corps régulier;de doctrine. Je: vais done me borner à rapporter le tableau. provisoire des trois Espèces différentes ‘que, nous devons aux recherches de M. Alibert, comme pour servir de texte à des travaux ultérieurs » et de point de rallienient pour des observations nouvelles, :.. | ÉiduaT

| € EsPèce 1°. ÆEphélide leritiforme , ephelis dentigo. . Éphélide qui se manifeste sur une.ou plusieurs parues des tégumens par des taches lenticulaires > éparses ou rassemblées en corymbe, .de couleur fauve, roussâtre ou.brune, sans aucun prürit : -elles affectent parüculiérement le visage, les mains’, les ‘bras, le devant de la poitrine, en général , toutes lés: paries exposées à l'air ou au soleil. stat...

Il est minutieux, dit M. Alibert, de distinguer des Variétés de cette Espèce. Cependant quelques patho-

logistes admettent les deux suivantes :

1°. Ephélide lenuiforme solaire » Cphelis lentiso so-

daris.—Les individus qui s'exposent aux rayonssolaires

y sont particulièrement sujets. Le contact de l'air

suffit pour la produire chez certains individus Jym-

phatiques.

2°. Ephélide lentiforme ignéale , ephelis lentigo

ignealis— À cette Variété, absolument inutile , se rapportent les é phélides produites par l'habitude qu'ont

certaines femmes de placer entre leurs jambes , durant

184 PHLEGMASIES CUTANÉES.

le froid de l'hiver, des’ vases contenant de la braise. » Espèce. Éphélitle hépatique, ephelis hepatica.

Éphélide sé manifestant Sur ‘une où plusieurs partles “me par des taches isolées, où rapprochées en certain nombre , beaucoup us étendues que celles de l Espèce précédente , d’une couleur ordinairemient safranée , se terminant quelquefois par une. légère desquamation ; elles affectent ‘principalement la partie antérieure, latéraleoù postérieure-du cou ; elles paraissent aussi sur l'abdomen ; et spécialement sur la région du foie, aux reins , aux aînes, étc.

L’éphélide hépatique : suivant qu'elle est permanente où passagere, se divise en deux Variétés : -

ct Éphélide bépatique persistante, ephelis hépatica persistens: — Cette Variété, de formeet de grandeur “1rès-variées , attaque PAPA TE ement les individus qui mènent une vie sédentaire: ‘Ces taches : <ônt’ souvetit très-difficiles à dissiper ; quélrabiess même éllés sont TS

°. Éphélide hépatique fugiive: pelle hepatica Pt — Les femmes, surtout , y sont sujettes.

Elle se manifeste par des taches circulaires et isolées |

sur la région postérieure du cou, sur la gorge, Sur |

les seins , sur les hypochondres, etc. Elle paraïtiet | s’évanouit très-rapidement.

» ESPÈCE ui. Ephélide scorbutiques ephelis scor= |

butica. | Éphélide se nianifestant sur une ou plusieurs parties |

des tégumens par des taches très-étendues , d’une cou- |

leur sale et brunätre, assez semblable à celle de la suie.

Elle affecte communément le devant de la poitrine, | le dos, la partie externe des bras et des cuisses. Elle!

PSYDRACIA. | 185 s'étale quelquefois sur toute la surface du corps. . Cette Espèce ne présente que deux Variétés remar- LL. :

°, Éphélide scorbutique noire, ephelis scor butica D de maculata. — Cette Varieté est la plus commune. Elle affecte les individus qui habitent des heux humides , et qui ne se nourrissent que d'alimens malsains. Tantôt elle est disposée par. taches ; tantôt elle occupe toute une partie du corps , ou tout le corps entier.

2: Éphélide sobiitique” panachée , ephelis scorbutica variegata.— Cette Variété ést rare. Le corps des bbstdus qui en sont affectés est chaimarré comme la peau du léopard. » AFTER GE: Ç LO Telles sont les Espèces et les Variétés admises pêr M. Albert. Toutes les autres considérations relativés à cette affection ne présenteraient que des incertitudes : mous devons attendre de nouvelles lumières de lexpérience et d’une observation exacte.

PSFDRACI A. 40

210. Cette dénomination a été donnée par M. Frank à une éruption psoriforme ; qui différe de la gale en ce qu'elle ne doit pas'son origine au curon , et qu “elle n'est pas contagieuse :/en effet, les érupuons de la peau qui ont un caractère critique, et “is terminent quelquefois des maladies fébriles, méritent-elles le nom de gale qu on leur donne? IN’ a-i-il pas de pmilibles é éruptions qu’on peut appeler dépuratoires,

et qui font disparaître la morosité et la mélancolie ? -Ces faits, qui sont attestés, indiquent qu'il peut y

1686 PHLEGMASIES CUTANÉES.

avoir des éruptions avec apparence de gale saris-eïx avoir le vrai, caractère, c’est-à-dire > Sans ürer leur origine de la présence d'un insecte et sans étre contagieuses, Hoffmann fait mention d’une épidémie d’érupüuon psoriforme qui ent lieu à Halle en 1710. La suppression. de: la transpiration avait la plus grande part dans cette épidémie. On. peut rapporter à cette maladie l’éruption prurigineusé épidémique qui règne souvent parmi Jes soldats dans les hôpitaux militaires ambulans , où tout concourt À propager une affection cutanée une fois existante, et à augmentér son inten— sité,:, en effet , «les exhalaisons féuüdes provenant du grand. nombre.de; maladés renfermés dans un méme lieu , leur inconduite, le défaut de propreté; la suppression de là t'anSpiration , suflisent pour produire une, érupuoñ cutanée plus où moins sémblablé à la gale ; accompagnée d’une épidémie catarrhale bilieuse. La gale épidémique dont parle Ramazzimi paraissait tenir à des causes de cette nature. | | 211. Ïl y a une autre espèce d’éruption épidémique psoriforme qui paraît quelquefois après différentes maladies fébriles , sans être précisément critique : c’est ce qu'on observe surtout dans les maladies qui.sont de mature à affecter tout le corps, telles que la variole et da rougeole. Dans certaines régions, les éruptions psoriformes sont pour ainsi dire endémiques ; il y en a d’autres où ce sont parüculièrement les étrangers qu'elles attaquent, et elles sont alors ordinairement compliquées avec le scorbut. Les Tartares qui sont en Russié sont fréquemment atteints d’une affection ‘psoriforme qui est mortelle pour la plupart. À Saint- Domingue, les érupuons appelées psoriques sont très

JPA QD VE EU A IA PUS LM 107 communes ::ceux qui quittent le pays-en sont ordinai rement délivrés ; mais ils en sont atteints de nouveau quand ils y retournent. Les remédes anü-scorbutiques sont très-utiles contre ces maladies.

212. L’affecuon psoriforme des tailleurs paraît, selon beaucoup d’autres auteurs, être occasionnée par l'irritation de la laine que ces ouvriers mamient habituellement : Guldner croit plutôt qu'elle ‘doit son origine à leur manière de vivre. En général, la perversion de l'appétit qui porte à faire usage de sub stances non alimentaires ou d’alimens de mauvaise qualité , une longue navigauon avec l'usage d’alimens insalubres., la malpropreté , surtout dans un ‘âge avancé, la syphilis, l’hypochondrie, le scorbut ; certaines fièvres , l'application de substances âcres sur la peau , les eaux thermales , la pléthore , peuvent occasionner ces érupüons psorformes. Îl en est qui sont plas particulières à l’enfance , à la vieillesse , aux nou ‘veau-mariés ; d’autres sont critiques ; quelques-unes sont. périodiques. Quelles différences ne doivent pas apporter dans le traitement des différences de causes aussi marquées ! Et ne faut-il pas combattre la maladie principale toutes les fois que les éruptions sont sympiomatiques ? Le traitement est si facile à concevoir dans certains ças, qu'il serait entièrement superflu de l'indiquer ici. Qué de prudence; que de savoir , que d’habileté pour faire cesser sans danger des éruptions psoriformes invétérées , fomentées par des lésions organiques, par un âge avancé, ou compliquées avec d’autres maladies chroniques ! Avec quelle sagacité ne faut-1l pas combiner les sucs dépurés des plantes , Ja décocuon des bois dits sxdor'fiques, les bains ; les

198 PHLEGMASIES CUTANÉES GANGRENEUSES.

évacuans , et méme les bains de vapeurs et l'usage des eaux thermales , pour obtenir une guérison solide !

PHLEGMASTES CUTANÉES GANGRENEUSES.

213. L’extrême affinité dé la médecine et de là éhirurgie n’est nulle part plus évidente que par l'exemple des phlegmasies qui tournent à la gangrène ; et qui sont également du ressort de l’une et de l’autre. Dans sa Nosographie chirurgicale, M. Richerand traité du charbon de la pustule maligne, sans que ces maladies soient alors considérées comme des affections locales qui se trouvent liées avec des changemens internes trés-remarquables , et asservis à certaines périodes plus ou moins régulières. Le même auteur a soin aussi de ne point passer sous silence les deux états opposés qui peuvent déterminer un état de gangrèné Jocale , comme une trop grande intensité de forces vitales, où bien une réaction insuffisante , et produite, soit par une débilité graduée des propriétés vitales , où par un vice organique dans les voies de la cireulation , une commotion, ou l’action d’une substance délétère qui a porté son impression à l’intérieur et à l'extérieur. Je dois renvoyer à la chirurgie les gangrènes produites par une cause locale, comme la brûlure, la congélation , une contusion eXCESSIVe, un anévrysme, la gangrène sénile, ou celle que produit le décubitus dans les fièvres adynamiques. Mais avant de parler de la pustule maligne, je dois entrer dans quelques détails sur ce qu’on appelle la gangrène d'hôpital.

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