‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 67 sur 111 · PLEURÉSIE · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE

$ I. Considérations générales et Histoires particulieres.

402. Rien ne paraît d’abord plus simple que de fixer le vrai siége de la pleurésie, puisque c’est une des maladies les plus fréquemment observées, et qu'il suffit de comparer l’histoire des. symptômes avec les résultats de l'ouverture des corps; mais, grâce au talent qu'ont eu des médecins célèbres , de faire naître sur cet objet des dissentions interminables, la question n'a pu être aussi facilement résolue. Boerhaave n’a

pont hésité à placer le siége de cette maladie dans la plèvre, en cédant à l'autorité des noms les plus im— posans en médecine , depuis Galien jusqu’au commencement de ce siècle : il a donc traité séparément de la pleurésie et de la péripneumonie, comme de deux maladies distinctes dans tous les cas. D'un autre Côté, Haller et Tissot soutinrent Fopinion contraire, ce qui leur atüira une réplique virulente du célèbre Dehaën ( Rat. med. tom. IX ), toujours ar-

dent à défendre avec une sorte de fanatisme les OpImions de l’école de Leyde. Mais Stoil a restreint Ja dénomination de pleurésie dans ses Aphorismes ; il traite en même temps de la péripneumonie, et de D

(1) Srnonrure. Pleuritis, Sauvaces, Bognnsave, Juncker,

Linnæus, VoceL , GuiLEN , Sacar, ete.

404 PrILÉGMASIES DES MEMBRANES SÉREUSES.

ce qu'on appelle pleurésie humide. Le professeur Portal rassemblait en même temps des matériaux pour résoudre cette question; et dans un recueil quil à publié ( Mémoires sur la nature et le traitement de plusieurs maladies), il prouve , par des observations mulupliées, que la pleurésie vraie ou humide n'est point une imaladie essentiellement différente de la péripneumonie. À une autre époque, Tissot m'adressa une lettre propre à forufier cette vérité par de nouvelles preuves. Cullen est du même avis, et ne sépare point l'histoire de ces deux maladies. Longtemps avant, Morgagni, en discutant avec la plus

profonde saga Cité la différence à établir entre la pé-:

ripneumome et la pleurésie , ou plutôt cherchant à fixer avec précision le vrai siége de cette dernière, sembla se renfermer presque dans les bornes d’un doute philosophique , en mettant en opposition les faits les plus posiufs et les autorités les plus respectables (Æpise. XXI) : «Si on hit, dit-il, avec » attention mes observations et celles de Valsalva, et » qu'on les compare avec celles de beaucoup d’au- » tres médecins, tant anciens que modernes , 1l sera » facile de comprendre que je serais plus disposé, » si on me forcait de dire mon avis, à adopter le » sentiment de ceux qui cherchent la cause d’une » pleurésiedevenue funeste plutôt dans l’inflammation » des poumons, comme jen ai vu des exemples » fréquens, que dans celle de la plévre, dont je » ne puis citer un seul cas d'après ma propre expé- » rience ». Mais 1l faut convenir qu'il reste toujours de l'incertitude dans les résultats de l’observation de cet auteur , so parce qu’il ne reconnaît d’autre signe

PLEURÉSIE. | 405 de l'inflammation de la plèvre que sa rougeur, ce qui peut admettre des exceptions dans l’état actuel de nos connaissances sur les phlegmasies des mem-

branes séreuses , soit parce que le siége de la pleurésie

peut être autant dans quelque partie de la plèvre pulmonaire que dans laplèvre costale. Stoll lui-même , si habile observateur, n'est-il point tombé dans une semblable inexactitude, qu’on ne saurait d’ailleurs hu reprocher ? En rendant compte, par exemple, de l’autopsie cadavérique d’un homme mort d’une pleurésie (Ratio medendi, avril 1776), 1l reconnaît que le poumon droit était entièrement enflammé, excepté son quart supérieur ; mais il ajoute que les lobe$ de ce poumon avaient contracté de fortes adhé-

rences , soit entre eux, soit avec Ja plèvre; et

regarde cette dernière comme n’ayant point été frappée d'inflammation (camque illesam ac nullibi inflammatam ). Or, ne compte-t-on point maintenant parmi les caracteres des phlegmasies des membranes séreuses, les adhérences , la formation d’une couche albumineuse , des épanchemens d’un fluide lymphatique, etc.? J'ai donné des exemples de vraie pleurésie, soit sim ple, soit compliquée, dans mon ouvrage sur la Médecme clinique, et combien ne pourrait-on pas en rassembler sur le même objet, pour compléter cette doctrine , en éclairant l’histoire exacte des syinpiômes de la pleurésie par les résultats de l’autopsie cadavérique !

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