II
546 PIHLECMASIES DU TISSU FIBREUX. ü
dort ; il se réveille au bout de quelques heures : aus suôt douleur trés-vive au carpe de la main gauche ,
qui s'étend sur presque tout le bras du même côté, 2
et rend unpossibles les mouvemens de la main et des doigts ; roideur de ces derniers, augmentauon successive des douleurs, au point de faire pousser les bauts cris au malade: fièvre, puis transport de la douleur sur larticulation du pied ; impossibilité de faire le moindre mouvement des mains ni des pieds ; urine rouge ( saignée de huit onces , fomentations et cataplasmes sur les parties souffrantes , boissons laxatives \, guérison au bout de sept à huit jours.
524. Parmi les observations de rhumatisme goutteux que j'ai insérées dans ma Médecine clinique, 1 en est plusieurs qui doivent se rapporter au rhumaüisme fibreux. Parmi celles qui sont les plus propres à donner une idée de cette maladie est l'histoire de V*tt, âgé de vingt ans , d’un caractère vif et emporté , issu de parens sujets aux affections rhumatismales, et né dans les pres méridionaux ; 1l avait, dés l’âge de seize ans, déjà éprouvé baril des douleurs vagues , légeres, ra les membres, et parüculièrement dans les articulauons. L’affecuon dont je parle ici était survenue à la suite d’une habitauon dans un chimat froid , d’études opiniâtres , de veilles prolongées , ainsi que d’une mauvaise nourriture ,
et immédiatement apres un refroidissement subit. Le
long du fascia-lata de la cuisse droite , douleur d’abord sourde et gênant les mouvemens de progression , puis vive, déchirante , augmentant par le plus léger mouvement de la cuisse , et se propageantvers l’aîne, accompagnée de la tension et de la rougeur de la peau
RHUMATISME FIBREUX. 547 dans la région correspondante ; eette douleur s'étend * successivement au trochanier, à la malléole externe, puis aux orteils , au genou du même côté. Le quatrième jour, pareil état a lieu successivement du côté gauche. Les deux bras sont aussi à leur tour le siége de l’af-
fecton , et les douleurs disparaissent dans une parue à mesure qu’une autre s’affecte plus vivement. Le neuvième jour, affection de la mâchoire , odontalgie. Le onzième jour, douleur le long des attaches du diaphragme. Un état fébrile, l’iftomnie, une urine rouge et briquetée, une éruption autour des articu= lauons des pieds et des jambes, la desquamation de l'épiderme , surtout autour des articulations , se conunuent pendant quinze jours , et presque dans le même ordre que les douleurs ; ces symptômes ont précédé , accompagné et suivi la maladie , qui ne s'est terminée que du vingtiéme au trente-cinquième jour , et a été encore suivie de douleurs fugaces légères, surtout lors des variations atmosphériques. Plusieurs Dissertaüuons (1) ont part dans ces derniers temps sur cette affection , ettont eu pour objet particulier d'isoler le rhumatisme fibreux du musculaire , et d’en établir les caractères distinctifs.
(1) Mémoire sur la question suivante : Existe-t-il deux variétés de rhumatisme extérieur , dont l’une affecte de système musculaire de la vie animale , et l'autre le sysième fibreux des articulations ? par J. C. Gase. 1803.
Essai sur de Rhumatisme, par D. Latour fils. Paris, 1803.
S IL. Doscription générale du rhumatisme fibreux.
525. Prédispositions et causes occasionnelles. Le rhumatisme est propre à us s les âges , mais | principa- Jement à l’âge adulte et à la AE s HA épars one aucun sexe , quoique les femmes y soient moins sujettes que les hommes. Les causes les plus ordinaires sont les saisons froides, humidité , le passage brusque d’une saison à une autre, les variations de l'atmosphére, lhabitauon dans les lieux bas et humides , la mollesse , l’oisiveté , l’intempérance , la disette , l’expositon à la pluie et aux mauvais temps, la suppression
‘des évacuations habituelles sanguines où Jymphatiques, €ic.
526. Symptômes. Le rhumatsme fibreux est ordinairement précédé de frisson ; les douleurs suivent le trajet du üssu fibreux ; elles sont aiguës , déchirantes et arrachent souvent des cris aux malades ; elles suspendent tous les nouvemensgles parties affeciées. Toutes les parties voisines et quelquefois tous les membres se gonflent ; les douleurs se propagent ie : long des portions du ussu fibreux ; elles augmentent surtout par les mouvemens qui en opérent la distension. Le pouls est fréquent et dur ; la pet seche et chaude, surtout sur les parties Re il y à soif , sécheresse de la bouche, céphalalgie, rougeur
de la face, insomnie , lésion dans les sécréions. Ce rhumatisme jouit de beaucoup de mobilité ; les douleurs passent , avec une rapidité étonnante , d’une partie sur une autre. Cette affecuon peut être aiguë ou chronique : la première s'annonce ordinairement par des lassitudes , des engour dissemens dans les parties
qui doivent en ctrelle siége, avec une douleur obscure qui ne tarde pas à se ii: avec intensité ; cette douleur est aiguë et suspend le mouvement de parlies qui en sont le siége ; la fièvre est intense. Cet état dure de sept à soixante jours ; 1] se termine par ré solution et jamais par suppuranont on n'a pas encore d'observation de son passage à la gangrène; il a une tendance à devenir chronique et est très-sujet aux ré— cidives. Dans le rhumatisme chronique » là douleur esi MOINS vive, plus supportable; on ne remarque point de fièvre , mais les articulations sont roides et les mouvemens FREE Le rhumausme fibreux chronique est d'autant plus rebelle qu'il est plus ancien ; 1l s'exaspère quelquefois par accès , et présente lon tous les caractères du rhumatisme aigu ; 1} peut entrainer après lui l’immobilité des membres affectés et leur ankylose, s’il est trés-ancien et s’il attaque des sujets affaiblis par l’âge ou par des causes énervantes.
SET. Traitement du Rhumatisme fibreux.
527. Les bases du traitement du rhumatisme .fbreux sont en grande parue les mêmes que celles du rhumatisme musculaire : il est également nécessaire de rappeler les évacuations et autres affections habituelles qui se sont supprimées. La maladie est-elle ai guë et la fievre intense, la pléthore pete on est souvent alors forcé de recourir à la saignée ; on doit bien se garder de chercher à étouffer la douleur , et1l convient d'abandonner cette maladie à elle-même, comme On le fait pour toutes les phlegmasies aiguës qui ne sont pas dangereuses. D'ailleurs, combien n’est.
B5O PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIAES.
il pas de rhumatismes qui ne on devenus chroniques que parce qu'on à abusé des médicamens ! Cependant lorsque la douleur est trés-intense , on à quelquefois fait avec avantage des oncuons sur la peau corres-
ondante avec un liniment camphré, éthéré , opiacé, etc. L’affection est-elle chronique , on a recours à l'emploi des sudorifiques , à l’applicauon des vÉsicatoires, aux bains sulfureux ou aux bains de vapeurs, aux friétions faites avec l'alcool de cantharides , avec le liniment ammoniacal , etc. : c’est en pareils cas que l'application de l’éther acétique a quelquefois été uule.
r à GOUTTE (1)
& Ier. Considérations générales et Histoires particulières.
528. La marche régulière et les anomalies de la goutte sont maintenant fondées sur un si grand nombre de faits, que rien ne manque plus à la détermination de ses caractères spécifiques , d’après l'excellent traité de Sydenham (de Podagré ); mais sa distribution dans un cadre nosographique peut éprouver des changemens, suivant qu'on à égard à certaines affinités plutôt qu'à d’autres. Veut-on l'envisager sous le rapport de sa mobilité extrême, de sa facilité singu- Jière à changer de siége en un clin d'œil, et de prendre soudain les apparences de toute autre maladie nerveuse, comme de l'apoplexie, de l'asthme convulsif, d’une Di QUIL à 01 2 D NC SR RE AS
1) SYNONrMIE. Podugra ; BorrHatve, SYDENHAM, Vocet, Cuurex; Aréhritis , Saëvaces ; LINNAUS, Sagan ; Dolor ar-
thriicus , Fréd. HOFFMANN.
COUTTE. 551
affection spasmodique quelconque du thorax et de l'abdomen , on la rapportera à la classe des maladies nerveuses , comme je l'ai fait dans la première édition de ma Nosographie. Considère-t-on , au contraire ; la marche régulière qu’elle suit ordinairement lorsqu’elle n’est point aïgrie par des affecuons morales, des écarts de régime , ou contrariée par des médicamens donnés hors de propos, elle offre alors tous les caractères d’une affection inflammatoire qui se porte directement sur les articulations , et c'est sous ce rapport fondamental que je dois maintenant la considérer , en pro fitant toujours des vues profondes que Stahl a répandues sur cette maladie. Îl est vrai que cet homme raré était loin de posséder le talent d'écrire qu'avait Boerhaave, et que , dans l'étude de ses ouvrages, 1l faut dévorer toutes les inégalités et les incorrections de son style germanique. Îl est utile de montrer , par l’exemple de la goutte, comment on peut se rendre propre la chaîne des idées de cet auteur, et s'exercer à les rédiger , sans adopter servilement ses vues sur Ja connexion de cette maladie avec les hémorrhoïdes.
: 529. Stahl limite trop les disposiuons antérieures à la goutte en les bornant à un état pléthorique et à une habitude du corps succulente jointe à la bonné chère , à des affections vives de lame, à Pabus des plaisirs , ou bien à des omissions de quelque évacuation sanguine habituelle, soit naturelle, soit artuficielle, puisque d’autres causes peuvent la produire, comme une suppression de la transpiration , la rétropulsion de la gale ou d’autres affections cutanées, etc. Mais il saisit mieux le vrai caractère de cette maladie lorsqu'il fixe les différentes parties où elle peut siéger
552 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES.
d'abord, comme les épaules, les aisselles, les bras ,
la moiué de la tête, la nuque, la partie antérieure ou latérale du thorax : elle peut se porter ensuite en un chn d’ocil à l’aruculation de la cuisse, aux genoux, | aux pieds. Quelquefois ce mouvement rapide se fait
dans un ordre contraire , c'est-à-dire des parties inférieures aux supérieures , etc. ; la douleur peut être
plus où moins vive ; celle de quelques gouiteux est
âcre et vibratile ; celle de quelques autres est mar-
quée par un pincement vif où même des élance=s |
mens , acutissime lancinans , suivant l'expression de
Stahl, et alors souvent les malades poussent les hauts
cris. Lorsque la sensibilité est moindre , comme
dans les tempéramens Iymphatiques , la douleur est
obtuse, avec un sentiment de stupeur et de pesanteur.
Plus la douleur est vive, moins ia parue est enflée ;
et c'est, en général , lorsque les tégumens éprouvent
nne sorte d'inflammation érysipélateuse , que la
douleur de larticulation diminue ou éprouve une
sorte d’intermission : effort salutaire de la nature qui
semble faire refluer vers la peau une affection profonde.
L’arthritis précoce , c’est-à-dire celle qui attaque
dans a fleur de Pâge , expose à des affecuions hypo- |
chondriaques, où même à des maladies convulsives, et |
à tous les dangers de ce qu’on appelle goutte rentrée , | |
et doit faire craindre de ne point parvenir à un âge avancé. Ce que Stahl ajoute , pour éclairer l’étiolo- | gie de la goutte, sur sa connexion avec des dou- | leur des lombes, de sciatique, avec des affections obscures où manifestes, des hémorrhoïdes , sur les heureux effets obtenus quelquefois de l’applicauon des sangsues à l'anus , sur la guérison d’une sciatique
| COUTTE. 533 par le rétablissement du flux hémorrhoïdal ; etc. , fait voir la sagacité profonde de cet auteur , mais tuent trop à son système favori pour qu’on doive céder à l'autorité d’un nom aussi imposant en médecine ; d'autant mieux qu'il semble se défier lui-même de la trop grande généralité qu'il donne à ses idées , et qu'il exhorte les médecins à étudier cette sorte de conspiration ou de réciprocité entre les hémorrhoïdes, la sciatique, la néphrétique , l’hématurie et la goutte. Il ne se dissimule point, d’ailleurs, que la goutte accompagnée de tous ses symptômes existe quelquefois avec un flux hémorrhoïdal régulier. Il rentre encore mieux dans les grands principes de la médecine hippocratique , en remarquant que les goutteux qui abandonnent , pour ainsi dire , le mal à lui-même , et supportent avec courage leurs infirmités, parviennent à un âge avancé avec de longues intermissions ; au lieu. que ceux qui, par impauence, cherchent des soulagemens passagers , et souvent perfides, dans l'emploi de la saignée , ou d’autres moyens perturbateurs, sont sujets à des accidens graves qui souvent abrégent leur vie.
530. Quelle description vive et animée Stahl donne - de la marche des accés ! « Ils ont coutume, ditl, » de se déclarer au printemps , à l'automne, ou du » rant les changemens brusques de la température de » l'air; ils sont souvent provoqués ou exaspérés par » des écarts de régime , des affections vives de l’ame, » comme la colère, l’abus des plaisirs. Les signes » précurseurs des paroxysmes réguliers sont un malaise » ou un sentiment de tension gravative dans les mem » bres ou dans tout le corps , une augmentation gra- » duée de la douleur , à moins que le paroxysme
554 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES.
» ne soit exCILÉ par une passion de l'ame, des sensa= » tons vaguesv et réciproques de refroidissement et » d'incalescence dans toute l’habitude du Corps , uné
» diminution de l'appétit , une inquiétude sans cause. - Î P ? q 3
» un sommeil troublé par des rêves effrayans , de
» l'ennui, de la langueur, une soif irréoulère. » La douleur, dont onfa décrit ci-dessus le siége et les va-
riétés, peut durer deux ou trois semaines , en laissant ainsi dans la partie affectée un sentiment de torpeur et de difficulté dans les mouvemens..……. Stahl revient ensuite à son système favori sur la connexion nécessaire des affections goutieuses et hémorrhoïdales, et il
cite en sa faveur un passage d'Hippocrate; mais on.
aime à reconnaître dans cet endroit méme son esprit supérieur et son éloignement pour laffectation pé— dantesque de taïit d’autres auteurs , qui pensent trouver. dans Hippocrate le germe de toutes les découveries anciennes et modernes sur la médecine, en interprétant à leur gré quelques phrases obscures où équivoques.
531. Îl est curieux de suivre lorigme , les progrès et les différentes phases de la goutte régulière qu'éprouva le célébre Desaguillers, et dont il retrace ‘l'histoire
exacte au docteur Lobb, qui la lui avait demandée. !
Ce physicien, né de parens sains, et doué lui-même d’une consütution saine, éprouva pour la premiere fois un léger accès, en 1717, dans l'articulation dw gros orteil, ce qu'il prit pour un simple spasme, rassuré par la vie sobre qu'il avait constamment menée. Les années suivantes, accès toujours plus douloureux dans la même partie, avec trois semaines où un mois. de durée, et leur renouvellement deux ou trois fois
| GOUTTE. 555 Yannée, mais sans période fixe. (I ne se noutrrissait durant ces accès que de végétaux avec un peu de poisson, et ne, buvait qu'une décoction d'orge.) La goutte gagna dans la suite les autres parties du pied, les arti-
| culations des os du tarse, du métatarse, et le tendon
& Achille : c'était toujours V’hiver , car l'été lui était favorable. Allaït-il se baigner dans la Tamise durant cette dernière saison , ou bien fréquentait-il les bains publics pour $’étuver et se baigner, où enfin faisait-1l un exercice régulier d'équitation, 1l était exempt de la goutte l’hiver suivant. Sans ces précautions, les accès de goutte devenaient plus fréquens, et se manifestaient sUCCESSI-
vement en hiver à la moindre impression du froid , | quelquefois aux genoux, d'autres fois aux mains, aux coudes, aux carpes ; mais ils étaient d’uné moindre durée que ceux des articulations du pied. À cette époque, Desaguillers suspendit l'usage de certains topiques, tantôt irritans, tantôt stupélians, qu'il avait quelquefois appliqués sur les partes affectées , et il se borna à une grande patience dans les douleurs, et à lapplication de la flanelle, dont 1l ne couvrait pas seulement la parte affectée, mais encore tout le corps. Chaque impression du froid produisait un accès dans le genou , à la partie postérieure du talon , ou autour des malléoles ; mais une bande de flanelle portée le jour et la nuit sur la partie facilita très-souvent la transpiratiOn ;, et fit bientôt disparaître l'accès. Dans l'intervalle des accès , il continuait de boire de l’eau durant la nuit, ce qui contibuait à là süeur, et produisait un sommeil. plus tranquille. [1 trait toujours un très-grand avan iage des fricuons des membres et des pieds avec une
brosse. Depuis 1733 jusqu à 1730 , il passa les gx
556 pnrrecmasres DES MEMPBRANES SYNOVIALES.
mois de chaque hiver dans son lit , ayant neuf à dix acces successifs durant cette saison >» Ou plutôt une affec- HOn-voutteuse continue, et qui se portait su CCeSsIvement sur diverses articulations. En jun 1737, il fut pris d'hémorrhoïdes trés-douloureuses, qu'il se proposait de faire extirper ; mais, pour se préparer à l'opération, 1 il résolut de s’interdire l'usage de la viande et du pois— … son, et de ne boire que de l’eau. Après les quinze premiers jours de ce régime végétal, pendant lequel il n'avait vécu que de lait, de pain, d'herbes , de racines, de semences, de fruits » il se sentit affaibli; mais peu après 1] recouvra ses forces » et ses hémorrhoïdes se dissipérent en trois semaines. Le changentent favorable qui s'était opéré sous tous les rapports, l’engagea de: continuer ce régime contre Ja goutte : ses membres devenaient plus robustes ; une somnolence qui lui était ordinaire après le diner se dissipait; son embonpoint diminuait aussi peu à peu ; maisil ne perdit rien de son activité morale pendant dix mois » ayant soin d’ailleurs de remplacer l'usage du vin dans les cercles et les re- Pas par une infusion sucrée de safran. Au printemps de l’année 1758, Desaguillers éprouva un léger retour de goutte, totftes les’ parties qui en avaient été affectées aUparavant étant devenues légèrement douloureuses. Il s'était proposé de ne jamais s’écarter de ce régime , . lorsqu'au mois de mai de cette année, 1l fut attaqué d’une sorte de paralysie étant à table : il perdit pendant cinq minutes l'usage de la parole , ce qui se renouvela encore quinze jours aprés : il erut devoir passer à un régime plus restaurant. Ce nouveau révime consistait à user de toute sorte d’alimens » excepté de salaïsons , + boire indistinctement de la bicre , du vin ou de l’eau,
GOUTTE. 554 à ne prendre au souper que du lait ou du pain, quelques raisins secs où des pruneaux ; il ne se permettait l'usage de la viande ou du poisson qu’une fois dans la quinzaine. [n'eut qu’un accés l’année suivante, encore fut-il moins long. Il dit, en terminant l’histoire de sa maladie, qu'il n’a eu qu'à se louer du régime végétal , quoiqu'il n'ait pu le continuer ultérieurement, de crainte d’une autre maladie plus grave, ‘reconnaissant d’ailleurs les avantages encore plus marqués qu'en avaient retirés d’autres goutteux, comme dans une obéervation rapportée ci-aprés.
532. Je vais manifester, par un exemple pris de Morgagni ( Epist. LVI 1), ce qui disungue la goutte atonique, ainsi quela goutte rentr le , quiest une autre variété de la goutte irrégulière où anomale. Un cardinal d'un âge avancé, et sujet autrefois à des affections des articulations età des douleurs de néphrétique, avait été guéri, par l’usage des diurétiques, d’une hydropisie survenue à leur suite. Les attaques de goutte revinrent par intervalles avec d'autant plus de fréquence et d'intensité, que les membres abdominaux étaient plus affaiblis, soit par la maladie, soit par les progrès de l’âge; 1l se joignait à ces maux un état de constipation, un sentiment de pesanteur dans la tête, une somnolence habituelle et quelquefois des syncopes. À. l’âge de soixante-quatre ans, nouvelle attaque de goutte avec gonflement de la main droite et du genou gauche. Ce fut dans ces circonstances qu’on lui apprit l’état désespéré d'un frère chéri, et qu'il concut le chagrin le plus profond : dès-lors cessation de l’affecuon des articulations , anxiétés précordiales, difficulté de respirer , et lésion des fonctions du cerveau et du cœur, qui
558 PHLECGMASIES DES MEMBRANFS SYNOVIALES.
annonçaient le péril le plus imminent. Morgagni est appelé, etil trouve le malade dans le découragement le plus imexprimable et le plus opposé à son naturel : le pouls était fable et intermittent. 11 était facile de voir qu'on ne pouvait le sauver qu'en rappelant la goutte aux articulations. On eut recours aux moyens usités; mais son extrême débilité semblait ne laisser aucun espoir : au moment que le genou commençait à se tuméfier , les symptômes empirérent; plus grande dfliculté de respirer, affection soporeuse profonde , convulsions, et la mort. Dans un cas analogue d'une goutte atonique avec affection du genou , Morgagni à trouvé la partie de la surface cartilagineuse de la rotule qui répond au condyle externe du fémur, entièrement usée et sillonnée, et la surface même du condyle trèsaminGieet un peu Jivide ; on trouva aussi dans la cavité aruculaire de petits globules de différent volume, disposés à la parue inférieure du ligament capsulaire. Fai eu som de rassembler ailleurs ( Méd. clinique ) des exemples nombreux de goutte asthénique, pour rendre plus mamfeste sa marche irrégulière, ses syniptômes variés , et les résultats des ouvertures cadavériques. M. Landré-Beauvais en a aussi réuni plusieurs observauons dans une thèse ayant pour ütre : Existe-t-il une goutte aSthénique primitive ? En me bornant ici à certaines lésions des articulations, je ferai remarquer que, dans quelques cas, j'ai trouvé des concrétions tophacées dans les articulations des doigts des mains, soit à l'extérieur des capsules articulaires, soit entre les ligamens, avec destruction presque totale des tendons des muscles extenseurs des doigts ; dans d’autres cas 4 les extrémités des os du métacarpe et des phalanges
GOUTTE. 559 étaient gonflées et rongées par la carie, il ne restait même nul vestige des surfaces et des cartilages aruculaires; les capsules tendineuses des fléchisseurs des doigts étaient remplies d’une sorte de mucilage rougeñtre. Mais nulle part les lésions des parties consutuantes des aruüculations n'ont été plus marquées que sur les membres d'une femme morie d’une fièvre ataxique, et antérieurement tourmentée par des attaques fréquentes d’une goutte irrégulière : l'examen cadavérique montra les poignets gonflés, difformes et contournés , le ussu cellulaire sous-cutané très-épaiset trésdense, les capsules et les ligamens articulaires sensiblement épaissis ; les cartilages de l'articulation radiocarpienne parurent entièrement désorganisés : ce n’était plus qu’un üssu boursoufflé et rougeâtre ; les têtes des os, inégalement gonflées , étaient cariées dans plusieurs porn de pins surface ; la plupart des os du carpe étaient réunis par une vraie continuité de substance osseuse ; quelques-uns étaient presque d’un volume double de l'état ordinaire, et tellement ramollis, qu’on les coupait avec facilité ; les os du métacarpe , également altérés, étaient unis à ceux du carpe.
533. Stahl ne regarde que comme un accidentindividuel les nodosités qui se forment quelquefois aux arüculations des goutteux, et 1l se fonde sur ce que ces nodosités ont lieu quelquefois tout-à-çoup , et se résolvent aussi promptement, sur ce que peu de goutteux en sont affectés, et à peine un sur dix, etc.; mais il ne s'appuie sur aucune analyse chimique. …:. Peu de travaux sur cedermier objet méritent d’être cités comme propres à l’éclaircir, avant la découverte de Schéele sur la nature acide des calculs urinaires. Depuis cette
560 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES.
époque , M. Tenant, chimiste anglais , avait fait annoncer dans quelques ouvrages périodiques, que les con= crétions arthritiques, d’après ses recherches, étaient composées de lacide du calcul uni à la soude; mais cette analyse chimique n’a été reprise et faite avec soin que vers le mois d'octobre 1708, par le professeur Fourcroy, qui en a publié les détails dans le tome X de son Système des connaissances chimiques. Ces ex=
périences prouvent que la concrétion arthritique ( 1)#
qu'il à analysée, est formée par un mélange d’urate de
soude et de matière animale gélatineuse; ce qui montre
un rapport annoncé vaguement entre le tuf de la goutte.
et les concréuons urinaires. Mais les douleurs arthriüques n’existent-elles pas indépendamment de ce tuf,
et doit-on admettre l’'explicauon mécanique que donne …
ce chimiste célébre, en attribuant ces douleurs aux üraillemens qu'excite ce tuf dans les nerfset les vaisseaux”
lymphatiques ? ..…. Quoi qu'il en soit de cette opinion, il faudra établir toujours comme base fondamentale
l'histoire exacte de la maladie, et on verra jusqu’à œuel | ) FAN |
(1) Cette concrétion était tirée d’une tumeur ulcérée située sur le gros orteil d’un homme de cinquante ans, affecté depuis trente années de la goutte. Ce malade, dont les pieds, les mains et les genoux étaient tuméfiés > n'éprouvait point de douleurs dans la plupartäde ces régions lorsqu'on en touchait la peau. Les concrétions arthritiques étaient par-tout adhérentes aux os. Depuis un an le malade souflrait des douleurs atroces ; il dor-
mait à peine quelques minutes > €t était réveillé par la violence :
du mal. La concrétion ci-dessus ayant été plongée dans une. lessive de potasse très-faible , une partie s’y ramollit et perdit sa consistance sans perdre sa forme ; la liqueur a ensuite précipité de l'acide urique par l'addition de l'acide muriatique,
point les explications données s’'accordentavec les phenomènes observées.
$ IL. Description générale de la Goutte.
534. Prédispositions et causes occasionnelles. On doit compter parmi les causes de la goutte non-seulement une nourriture animale abondante, la suppression d’une hémorrhagie habituelle, l'abus des liqueurs fermentées , et une vie sédentaire, mais en— core des excès dans les plaisirs de Vénus , une grande application à l'étude on aux affaires, les veilles prolongées , des évacuations excessives , la cessation des travaux habituels , l'impression du froid sur les membres abdominaux. | :
535. Symptômes. L’affecuion inflammatoire de quelqu'une des articulations constitue proprement une attaque de goutte. Son invasion a hieu le soir ou vers les deux ou trois heures du matin , et, dans les premiers temps , à l'arüiculauon du gros orteil ; il sy manifeste un frisson qui cesse par degrés à mesure que la dou leur augmente, et qui est remplacé par un sentiment de chaleur ; la douleur continue pendant près de vingt quatre heures, et ensuite diminue d’une mamiére lente et graduée , avec rougeur et gonflement de la partie affectée. Les jours suivans , léger retour de la douleur et de l’inflammation vers le soir, avec leur diminuton progressive. A Ja terminaison de l’acces , libre exercice des fonctions au moral comme au phvsique ; et, lorsque la maladie est récente , souvent les accès ne reparaissent plus qu'au bout de deux ou trois ans ; mais eusuite les intervalles sont plus courts et les
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562 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES.
attaques renouvelées souvent deux ou trois fois annuel lement, puis réitérées plusieurs fois dans le cours de l'hiver , de l'automne et du printemps, en même temps qu’elles deviennent plus longues et plus violentes. IL n'y a dans le commencement qu’un pied affecté, puis les deux le sont ensemble ou successivement ; la goutte semble se déplacer ensuite, et elle se porte aux diverses articulations des membres thoraciques. Après les premières attaques, les arüculations affectées reprennent leur souplesse et leur vigueur ; mais, après des attaques rénérées , la faiblesse des parties articulées et leur rigidité sont augmentées par degrés, et les membres perdent souvent aussi la faculté de se mouvoir , quelquefois même avec formation de nodosités ou de concrétions tophacées (d’urate de soude ) ; et la goutte, jusqu'alors régulière, prend le caractère de ce qu'on nomme goutte atonique. La goutte est quelquefois irrégulière : dans ce cas , les articulations en sont faiblement affectées ou tout-à-coup délivrées , et les symptômes les plus graves d’une affection interne ne tardent pas à se manifester. Celle de l'estomac est annoncé par des anxiétés , des vomissemens , une cardialgie violente ; celle de la poitrine, par des palpitaüons , une grande difficulté de respirer , des syncopes, la phihisie ; celle de la tête , par des vertiges , une cé-
phalalgie violente, un état comateux , l’apoplexie , la
paralysie, etc. La goutte peut être compliquée avec Ta mélancolie, l’hypochondrie, des affections cutanées, l'asthme, le scorbut , la maladie syphiliique , etc,
:S IL. Traitement de la Goutte.
536. Lobb, médecin anglais (1), a exposé en détail les règles diététiques du régime végétal dans le traitement de cette maladie , suivant l’âge , la saison, la consutution de l'individu , ou d’autres affections incidentes ( Probabilitas curandi Podagram per alimenta ); 11 ÿ a joint les exemples particuliers de quatre goutteux qui sont parvenus à faire cesser leurs accés violens en s’interdisant l’usage de la viande et des boissons alcooliques. Le premier, connu sous le nom de sir Sleig, était retenu chaque année deux mois et demi dans son lit par ses accès, avant qu’il eût adopté le régime végétal : cet état extrême de souffrance le détermina à s'abstenir de l’usage de la viande, du vin et de toute autre liqueur ; 1l sasservit à une nourriture purement végétale pendant deux années et demie , et 11 n'éprouva aucun accès de goutte pendant cet intervalle de temps, quoiqu'il se nourrît indisünctement de toute sorte d’alimens pris des végétaux. On doit remarquer en outre qu’une tumeur tophacée qui était à l'extrémité du cubitus gauche , disparut par degrés à la faveur de ce régime. Ayant repris ensuite Vusage de la viande , il éprouva une rechute au bout d’une année et demie. Les autres exemples que Lobb rapporte ne sont pas moins concluans ; mais il font voir que le régime végétal adopté trop brusquement produit beaucoup de malaise , et qu'il diminue l’em-
(1) Tractatus de dissolventibus calculos , cum curatione cal-
cult et Podagræ ope alimentorum , ete. Aut. Theophilo Lobb, M. D.
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bonpoint. Un des trois goutteux ( Desaguillers), après avoir gardé strietement le régime végétal pendant une année, éprouva à deux reprises différentes des attaques de paralysie , ce qui l'engagea à reprendre l'usage de Ja viande , du vin, de la bière, età manger par mtervalles du poisson au soupér.
557. On doit compter parmi les hommes qui ont illustré la médecine au déclin du siècle dermer , autant par l'enseignement public, que par ses écrits et le ton de dignité avec lequel il s'est toujours exprimé sur cette science , le professeur Barthez , qui fit paraître en 1801 un des ouvrages les plus profonds et les plus érudits sur la goutte ( Traité des maladies gouiteuses , etc. Paris, 1801 ). Il rappelle, dans sa préface, ses principes généraux sur les différentes méthodes de traitement des maladies , et sur la division de toutes ces méthodes en naturelle , analytique et empirique : tout son ouvrage est ensuite, CONSacré au développement et à l'application de ces mêmes principes à la goutte, dont il expose d’ailleurs l’histoire des symptômes, lorsque ses attaques sont régulières ou irrégulières, et dont il approfondit particulièrement la théorie et le traitement. « Quand l'attaque de goutte » se forme, se développe et s'achève d’une maniére » facile et régulière, dit cet auteur célèbre, sans que » la fluxion douloureuse et la fièvre y soient assez » considérables pour présenter des indications ma- » jeures, on doit suivre une méthode de traitement » naturelle, dans laquelle les moyens de régime et les » remèdes tendent directement à favoriser les opéra- » tions salutaires de la nature. Il faut alors , surtout » au commencement de l’ataque, éviter d'exposer
\ GOUT 53 505 » le corps au froid et à Fhunudité, et en défendre » spécialement la partie où la goutte s'est fixée, en y » appliquant de la flanelle , des peaux de lapin ou de » cygne, etc. Dans l'état au plus haut degré de latta- » que , pour fixer la goutte dans la parue affectée , 1l » est uüle de l'envelopper dans du tafletas ciré ; mais » 1l ne serait pas sans inconvénient d'y appliquer l’em- » plâtre de cumin qu'a conseillé Musgrave , ou l’'em- » plâtre de jusquiame incorporé dans la toile cirée » verte, comme Thilénius le propose quand la dou- » leur est très-forte; au déclin de Flatiaque , il ne » faut point négliger un doux exercice des parties » affectées , et on-doit avoir soin de les recouvrir de
bas ou de gants de laine. » C’est avec la même sagacité que l’auteur développe la méthode analytique du traitement des attaques de goutte , soit régulières , soit irréculièrement prolongées , et qu'il discute Ia doctrine très-compliquée de la même maladie portée sur les viseères , en joignant aux richesses d’une érudition immense, un grand nombre de faits curieux qu'il ne doit qu'à son observauon propre.
558. Mais, dans le traitement de la goutte, les remèdes empiriques n'ont pas élé moins souvent em— -ployés que la méthode rauonnelle; on en a fait usage pendant les accés et dans leurs intervalles ; on les a recherchés comme palliaufs, et comme moyens prophylactiques ; ainsi, presque de tout temps, les médecins et le vulgaire ont eu recours , contre les sffections goutteuses et rhumatismales , à des topiques pour la plupart excitans, dont on a beaucoup varié la na ture , mais qui, souvent aussi , Ont élé reproduits dans des for mules plus Ou moins compliquées et
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modifiées seulement par quelques nouvelles substances. On a recommandé les bains de pieds tréschauds, rendus même sumulans par l'addition des acides (eau de Gondran) , des sels, de la moutarde, ete. Dans l'intention de produire un effet analogue , on a appliqué des cataplasmes préparés avec le vin et des substances aromatiques (Celse), quelquefois avee des substances émollientes; mais on les arrosait alors
de liqueurs spiritueuses , de baumes dissous , ete.
(Voyez Forestus.) 539. Cette dernière manière de traiter la goutte a été reproduite depuis ; l'attention s’est encore fixée
sur le remède de M. Pradier, dont les effets ont été « appréciés dans un rapport présenté au Gouverne- d ment par M. le professeur Hallé. Ce remede consiste
en l'application d’un cataplasme visqueux fait avec la farine de graine de lin, assez large pour couvrir les pieds et les jambes jusqu'aux genoux ; car ce sont ordinairement ces parties qu'on enveloppe , quel que soit d'ailleurs le siége dela goutte; cependanton préfère agir sur Îles avani-bras et les mains si les régions supérieures
sont affectées. On applique le cata plasme aussi chaud que :
le malade peut le supporter , après l'avoir arrosé de la liqueur suivante , dont la composition, qui fut d’abord un secret, pourrait être plus simple et diversement modifiée. Prenez : baume de la Mecque, six onces; quinquina rouge, une once ; safran , demi-once ; salsepareille, une once ; sauge, une once ; alcool rectifié, trois livres. Faîtes dissoudre à part le baume de la Mecque dans le uers de l'alcool ; faites macérer dans le reste de l'alcool les autres substances pendant deux fois vingt-quatre heures ; filtrez, mêlez les deux liqueurs.
Pour l'usage , on mêle la teinture obtenue avec deux ou trois fois son poids d’eau de chaux ; on agite la bouteille au moment de s’en servir, afin de méler le précipité qu s’en fait. On emploie deux onces de ce mélange pour les cataplasmes de chaque membre ; on entretient au même degré la chaleur de cet appareil, qu'on renouvelle au bout de vingt-quatre heures , et dont on répète l'application aussi long-temps qu’on le juge convenable , et ordinairement pendant quinze jours : on laisse reposer le malade au bout de huit jours , si on veut prolonger beaucoup l’acuon de ce topique.
540. On peut voir , dans le rapport cité, quels sont les effets locaux et généraux que ce remède produit ; il me suffit d'indiquer ici l'influence qu'il a sur la maladie elle-même. Or, 1°. il paraît que le remède de M. Pradier partage, avec d’autres moyens analogues, l'avantage d'influer jusqu'à un certain point sur le retour des attaques de goutte ; car, aprés son application, chez quelques personnes les attaques n'ont pas reparu ; chez d’autres , elles sont revenues aux mêmes époques , mais avec moins de violence. Lorsqu'une première application avait été sans succés , une seconde a quelquefois réussi, mais souvent aussi n’a apporté aucun soulagement. 2°. Ce moyen peut donc être inefficace. 3°. Comme la plupart des irritans locaux , et quelquefois d’une manière plus sûre , 11 rappelle vers les articulations la goutte déplacée ; et calme ainsi les douleurs ou les spasmes qu'elle causait dans d’autres parues. 4°. Mas des exemples prouvent que l'emploi de ce reméde a été suivi d’accidens graves, tels que des abces vers les
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régions Où son application avait été faite , la carie des extrémités articulaires ; etc. , le dérangement général de la santé, la faiblesse et un dépérissement qui amène la mort. |
541. Le médecin seul doit donc indiquer les circonstances où un pareil remède peut convenir , d’après sa manière d'agir connue dans la goutte aiguë ou chronique , régulière où irrégulière , locale ou affec- « tant presque toutes les articulations. Il appartient en core au médecin éclairé de modifier toutes les circonstances de son applicauon.
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