‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 100 sur 129 · ORDRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ORDRE CINQUIÈME

PHLEGMASIES DES TISSUS MUSCULATRE , FIBREUX ET SYNOVIAL.

$ I. Considérations générales.

505. Ox est bien loin d’avoir acquis sur ces phlesmasies des connaissances aussi précises et aussi déterminées que sur celles des Ordres précédens, soit pour Fhistoire des symptômes, soit pour les résultats des ouvertures des corps. Quelques recherches qu’aient faites les anatomistes modernes, et notamment Bichat ( Anat. générale, tom. HE), quelques lumières que ce dernier ait répandues sur les capsules fibreuses , les gaînes tendineuses , les aponévroses, sur leur üssu , M jours changemens par des réacufs chimiques , leur Le Es , leur sensibilité , etc., on est encore loin d’avoir saisi une exacte correspondance entre un cer-. tain ordre déternuné de symptônfes et les changemens morbifiques produits dans la structure des parties. Il

| FIBREUX ET SYNOVIAL: Bas

en est de même du système musculaire , dont les prolongemens entrent si directement dans l'appareil articulaire. Les articulations ne sont-elles pas d’ailleurs composées par le concours d’un grand nombre de parties disparates , comme les extrémités des os et les cartilages qui les encroûtent, les capsules synoviales qui appartiennent au système séreux, les capsules fibreuses, les gaînes tendineuses et les tendons qui apparuennent au système fibreux ? De toutes ces parties quelles sont celles que la goutte affecte le plus essen— üellement et le plus fortement ?. sont-ce les fibres musculaires où bien les aponévroses.et les tendons qu sont le siéce du rhumatisme? Le diaphragme, les tuniques musculaires du conduit alimentaire ; dont la contraction est indépendante de la volonté ou qui appartiennent à la vie organique , pour me servir des expressions de Bichat , doivent-ils être assimilés , dans leurs affections inflammatoires, aux muscles qui sont du ressort de la vie animale ? Quoiqu'il y ait encore beaucoup d’obscurités répandues sur plusieurs de ces objets, il n'importe pas moins de rassembler dans un cadre déterminé ce qu'ont appris déjà l’histoire des maladies et l’autopsie cadavérique, pour s’en servir comme d'autant de données propres à pré parer pour l'avenir un corps récuheride doctrine sur cet objet. RAR TE à " 506. Les organes. fibreux , le périoste, la dure-

mére, la sclérotque, l’albuginée, etc. ; les capsules fibreuses, les gaînes tendineuses, les tendons ; les aponévroses , paraissent > au premier Coup d'oeil , disséminés dans toute l'économie animale sans aucune dépendance ou union réciproque, mais, suivant les

belles considérations de Bichat, ils forment une sorte d'assemblage continu, c’est-à-dire , un systéme particulier, comme le système vasculaire où nerveux ; ouplutôt ils ont un centre commun d'où partent les ‘organes divers qui forment ses divisions. Ge centre ‘commun paraît être le périoste, qui leur sert de

-moyen de communication; sans cependant qu'on “puisse dire qu'il exerce, comme le cœur ou le cer-

veau , des irradiations sur les organes qui en partent.

Les observations suivantes , prises du même auteur,

n’en sont-elles pas la preuve ? «19. Parmi les mem-

branes fibreuses , celle du corps caverneux s’entrelace avec le périoste au-dessous de lischion ; Ja dure-mère se continue avec lui à travers les trous de la base du: crârie ; en s’unissant par la lame qui accompägtié. le nerf optique avec la sclérotique, elle joint à lui cette membrane et leur sert d’intermédiaire.7 2°. Toutes les capsules fibreuses s'entrelicent en haut et én bas de celte articulation avec le ‘périoste. 8°: Par -tout où existent des’ gaînes fibreuses , leurs fibres s’entremélent aux $iennes.

4°, Toutes les aponévroses , soit d’enveloppe, soit. ‘d'insertion, offrent un semblable, entrelacement. "5°, Partout les tendons en s’épanouissant se con-

fondent anssiavec cette mérnbrane. 6°. Aux deux extrémités des ligamens elle unit aussi ses fibyes aux leuré : il n’y a guère que l'albuginée, le péri-

: chondre du larynx , les membranes de la rate et du | rem, qui fassent: exception à cette règle g sERCIATe:

Letsystèmé fibreux doit donc être concu d une manière générale, c’est-à-dire se prolongeant partout, apparténänt en même ténips à une foule

FIBREUX ET SYNOVIAL. 593

» d'appareils organiques , distincts dans chacun par » sa forme, mais se continuait dans le plus grand » nombre, et ayant partout des communications » directes. Cette manière de l'envisager , ajoute Bi- » chat, paraîtra plus naturelle, si on considère que » de périoste, äboutissant général des diverses por- » tons de ce systéme, est lui-même par-tout continu , » et qua l'endroit où les articulations le séparent , » les capsules fibreuses et les ligamens servent de » moyens d'uniun ». | | 5or. Tout organe fibreux à pour base une fibre d’une nature particulière , dure, un pea élastique ; insensible , n'étant presque pas contractile , tantôt juxtaposée et parallèlement assemblée, comme dans les tendons , les ligamens ; tantôt entrecroisée en di- -vers sens comme dans les membranes, les capsules , les gaînes fibreuses, etc. ; mais par-tout la même, par-tout d’une couleur blanche ou grise , d’une, résistanCe très-marquée. Le üussu Cellulaire existe dans tous les organés fibreux ; mais il est plus ou moins abondant, suivant que leurs fibres sont plus ou moins rapprôchées. Dans certains ligamens , il forme aux faisceaux fibreux des gaines analogues à celles des muscles ; On l’aperçoit avec peine dahs les tendons et les aponévroses ; mais il dévient trés-sensible par la macération et par des affections morbifiques , comme, par exemple, par les fongus de la. dure-mère,, par. le carcinôme du testicule qui a envahi lalbuginée, par certains engorgemens du périoste. Le développement des vaisseaux varie dans le système fibreux : uwès- -grand dans certains organes , comme dañs la duremére , le périoste, etc. , il l’est bien moins dar

« En 2 Lie

d’autres, comme dans les aponévroses ; 1l paraît nul dans certains , comme dans les tendons : de là vient peut-être que l’inflammation et les tumeurs du périoste et de la dure-mère sont plus fréquentes que celles des tendons ou des aponévroses. Un des caractéres particuliers de la sensibilité animale dans les organes fibreux , est de n’être mise en jeu par aucun des irritans chimiques ou mécaniques , puisque les tendons, les aponévroses, les membranes fibreuses , les ligamens , mis à découvert dans les expériences sur les animaux, et agacés de différentes manieres , ne font éprouver aucune douleur ; mais elle se manifesite au plus haut degré par une distension violente et subite, ou par un mouvement de. torsion qu'on communique aux organes fibreux. C’est à ce mode de sensibilité, sans cesse mise en évidence par des expériences faites sur les animaux, qu’on doit rapporter les douleurs vives produites dans les luxations , celles qu'on fait éprouver aux malades dans les efforts faits pour réduire les parties luxées ; le sentiment pénible ou les souffrances qui sont l'effet d’une entorse ou d'une distension forcée des ligamens de la colonne épinière (1), la douleur aiguë qu’éprouvent ceux qui se rompent un tendon, et qui cesse si cette rupture

: (1) Je ne ferai point de remarques particulières sur le système fibro-eartilagineux , soit des membranes fibro-cartilagineuses , comme celle des oreilles , des ailes dunez, de la trachéeartère, etc., soit des substances interarticulaires qui occupent l'intervalle des articulations mobiles et des vertèbres , ou enfin des fibro-cartilages des gaînes mn. fee ; puisqu'on a trèspeu de données sur leurs propriétés vitales et sur leur état imflammatoire. : >

FIBREUX ET SYNOVIANT. 525

est complète ; enfin ces douleurs. atroces qu’on ressent lorsque, dans un engorgement subjacent à une apO= névrose, celle-ci ne pouvant se prêter, se trouve trésfortement soulevée. Le système fibreux est, en général, disposé à devenir le siége d’un état inflammatoire, comme le prouvent les RARE 7° aigus qui affectent surtout les parties fibreuses des Sn articu— lauons, de l’aisselle, de la hanche , du genou, du coude , etc. Il est aussi digne de remarque que ces affections douloureuses ont une grande mobilité, et qu’elles passent avec une promptitude étonnante d’un endroit à l’autre. Un autre caractère de ces inflammations est-1l de ne jamais donner lieu à une formation de matière purulente ? Quelques faits , quoique rares, semblent attester le contraire ; maïs ce qu'on prenait autrefois pour une suppuration de la dure-mère dans les plaies de tête , est évidemment un suintement pu-rulent de l’arachnoïde analogue à celui de toutes les membranes séreuses.

508. La doctrine connue des phlesmasies des muscles soumis au mouvement volontaire , me dispense de faire ici des remarques particulières sur leurs formes, leur üssu, leurs propriétés physiques, leur contractilité dépendante de l’influence cérébrale, leurs changemens par limpression des agens chimiques ou mécaniques, etc. : je rappellerai seulement la propriété qu'ont ces organes du mouvement de perdre leur contractilité autant par des efforts excessifs et trop prolongés, que par leur repos et leur relâchement habituel , le malaise général qui vient à la suite d’une longue station , d’un effort soutenu , d’une course longue ; ou bien , indépendamment d’une con-

tracuon forte et soutenue , les lassitudes spontanées qui sont les précurseurs d’une maladie aiguë, la perte de tonicité qui a lieu dans certaines maladies, comme dans le scorbut, la fiévre adynamique , la peste ; ou. l’exaltation excessive de cette force tonique des muscles , et leur sensibilité exquise dans un état inflammatoire , au point que le moindre contact , la plus légère secousse et le moindre effort de contraction sont suivis des douleurs les plus vives. Tous les phénomènes observés indiquent que les muscles sont doués d'une acuvité vitale plus facile à être mise en jeu que celle des autres systèmes; leurs affections sont beaucoup plus promptes et plus rapidement portées à un excès extrême ; tandis que leurs lésions de structure sont très-rares , puisque l’autopsie cadavérique la plus répétée manifeste à peine d’autre changement dans leur üssu qu’une altération de cohésion , de densité ou de couleur. Le caractère distincuf de leur inflammation, marqué, comme je viens de le dire, par une extrême sensibilité et par une douleur des plus vives aux moindres efforts de contraction , se manifeste encore par la nature particulière de ses ter minaisons , dont la plus fréquente est une résolution bénigne , et quelquefois une paralysie plus où moins longue, mais qui finit le plus souvent par disparaître. On connaît peu le mode de terminaison des phlegmasies musculaires par suppuration, quoique celle-ci puisse avoir lieu dans le muscle lui-même, ou ailleurs, par une sorte de métastase. Mais il se forme quelquefois des amas gélatineux dus à une exsudation , soit des aponévroses , soit des fibres musculaires dans les mêmesinflammatuons, L’induration squirreuse et la

FIBREUX ET SYNOVIAL. : boy gangrène ne peuvent être comptées parmi les termi- . naisons de semblables phlegmasies.

509. Le système musculaire de la vie animale forme une grande partie du corps de l’homme, et semble être autant destiné à protéger les autres organes qu'à exécuter les mouvemens les plus diversifiés. Les muscles, au contraire, qui semblent soustraits à l'in fluence de la volonté ou ne tenir qu’à la vie organique sont concentrés à l’intérieur : tels sont dans la poitrine le cœur et l’œsophage , et dans l’abdomen les couches musculaires de l’estomac , des intesuns , de la vessie. Les muscles de ces diverses divisions sont recourbés sur eux-mêmes ; 1ls représentent des poches musculaires différemment contournées , tantôt cylindriques, telles que celles des intestins ; tantôt coniques , comme au cœur ; tantôt arrondies , comme celles de la vessie ; quelquefois très-irrégulières , comme à l’estomac. Le ussu cellulaire est, en général , beaucoup plus rare dans les muscles organiques que dans les autres : les fibres du cœur sont juxtaposées plutôt qu’unies par ce üssu ; 1l est un peu plus marqué dans lés muscles gastrique et urinaire. Îl est digne de remarque que ces muscles ont une grande latitude dans leur dilatation. commé dans leur contraction : c’est ainsi que le cœur, dans le cas d’anévrysme , acquiert un grand. développement , de même que les muscles de l'estomac, des intestins et de la vessie , lorsqu'ils sont distendus dans! certaines circonstances. Dans : quel petit volume les uns et les autres ne parviennent-ils pas à se réssérrer. en se contractant sur eux-mêmes dans d’autres cas op-, posés ! Peut-être qu'on doit rapporter au même prin-, cipe la propriété qu'ils ont de supporter un exéreice,

énergique et prolongé sans faire éprouver un sentiment de lassitude. On connaît les excitans naturels qui sont propres à mettre en jeu ces muscles, et qui sont le sang pour le cœur , l'urine pour la vessie, les alimens et les excrémens pour les organes gastriques. Que de

recherchesà faire encore sur les caractères distincüfs et les signes extérieurs de l’état inflammatoire de chacun des muscles organiques !

$ IL. Description géncrale des Phlegmasies des tissus musculaire , fibreux et synovial.

510. Prédispositions et causes occasionnelles. Ces phlegmasies attaquent plutôt les hommes que les femmes , les adultes et les vieillards que les enfans. Une nourriture trop abondante , labus des liqueurs alcooliques , l’oisiveté, les plaisirs de Vénus, les évacuations excessives , Ja suppression d’excrétions habiuelles , le refroidissement subit, l'habitation dans des lieux humides et froids , en sont les causes les plus ordinaires. Ces maladies sont souvent héréditaires.

511. Symptômes. Ce sont des douleurs de nature variée , ordmairement trés-mobiles , qui ont leur siége tantôt dans la partie charnue des muscles , tantôt dans les tendons , les aponévroses , les ligamens articulaires et le tissu fibreux en général ; et tantôt peut-être dans la membrane synoviale : les fonctions des organes affectés sont lésées. Ces symptômes sont quelquefois précédés et accompagnés de fièvre, de la sécheresse de la bouche, de soif, de chaleur et d’aridité à la peau , d’une ‘urine rouge ; leur durée est aiguë ou

chronique , régulière ou irrégulière. Ces mflammations

RHUMATISME MUSCULAIRE. 529 peuvent se fixer à une seule parue, ou occuper successivement toutes les portions du même système d’organes avec OU sans régularité. Elles sont très-susceptibles de se supprimer , et de faire métastase vers des ‘organes intérieurs plus où moins essentiels à la vie. Leur terminaison la plus ordinaire a lieu par résolution ; les unes déterminent quelquefois des concrétions tophacées, les autres une exsudation gélatineuse. Elles ont une tendance aux récidives; et, lorsqu'elles sont devenues. habituelles, leur marche est, en général, irrégulière; elles peuvent se compliquer entre elles et avec beaucoup d’autres maladies aiguës ou chroniques.

$ EI. Considérations générales.

512. On aime à voir, à travers les efforts d’une érudition surchargée de différens textes d'Hippocrate et de commentaires éternels sur la doctrine de Galien , les premiers élans de esprit d’observauon, à l'époque de la renaissance des lettres en Europe, et une histoire bien tracée dessymptômesdistinctifs des maladies : c’est là le caractère général que porte une Dissertation de Baillou ( de Rhumatismo ). Tout le corps, dit, | est douloureux , la face est quelquefois rouge , tontes les articulations sont affectées de douleur, en sorte qu'on ne peut mouvoir ni les pieds, ni les mains, ni

(1) Srwonrwre. Rhumatismus ; Bairrou , Bornnaave, Sauvaces , Linnwæus , VoceL., Cuizes ; Myositis., Sacar; Dolor rheumaticus , Horrmanx. |

à | | TA

les doigis. En touchant le malade, on éprouve Ia sensation d’une chaleur âcre ; la fièvre est nulle ou très-légère; l’exacerbation des douleurs a lieu durant la nuit ; il n’y a point de sommeil, sans doute parce que les malades sont obligés de garder la même posi-" tion , et qu'ils ne peuvent se mouvoir ni souffrir le moindre attouchement sans éprouver les douleurs les plus vives : sentiment de tension et de perforation dans les parties affectées. L’analogie qui existe entre le rhumatisme et la goutte est très-grande; et ce que cette dernièreest pourune seule articulation affectée , lerhumatisme ne l’est-il pas pour toute l'habitude du corps, si on considère la douleur, la tension et le sentiment d’une chaleur âcre ? Maïs les affections goutteuses sont périodiques et reviennent à certaine époque, au lieu que le rhumatisme parcoure ses périodes comme une maladie aiguë ; et ce n’est que lorsque la même personne l’éprouve deux ou trois fois qu’elle peut, par. une suite de sa débilité, tomber dans des affecuons arthritiques. Baillou finit par rapporter l'exemple curieux d’un certain comte, dont le rhumatisme se prolongea jusqu’à la fin du sixième septénaire, et qui avait été saioné dix fois. On essaya les sudorifiques , qui firent empirer le mal. Il avait été autrefois sujet à des hémorrhagies abondantes. La maladie. continuait toujours avec une égale intensité , sans céder à aucun remède : son état était regardé comme désespéré, lorsqu'il survint une si grande hémorrhagie du nez, qu'on le crut prés de succomber ; mais la convalescence suivit de près , et le malade fut pleinement guéri du rhumatisme. Combien de médecins se sont autorisés de cette observation de Ballou pour

RHUMATISME MOSS CbLArTEr 531

prodiguer la saignée dans le rhumatisme , et imiter : la marche de la nature ! Mais, sans épices à 1C1 (OU les grands principes de la médecine hippocratique dans le traitement des maladies aiguës , on pen de-. mander de quélle utilité furent les dix. saignées que’ lon fit, sinon à prolonger peut-être cette’affection, et à éloigner les efforts salutaires de la force médicatrice de la nature. s (à

515. On sait que tout muscle , soit dans un animal vivant, soit immédiatement après la mort, peut étre irrité avec eflicacité par une aspersion de sel , l'ap= plication de l'alcool, l'impression du froid ou de la chaleur, une piqüre ou léuncelle électrique : la force propre au muscle est réveillée à l'instant du contactÿf et peut continuer quelque temps par une alternative de contraction et de relâchement. Mais qu'ont de commun ces faits avec les circonstances propres à déterminer ou à caractériser ; par exemple , le rhumatisme ? disposition à le contracter, temnt ne sanguin , adolescence, âge adulte , habitude de s’exposer aux injures. de PTS , et de se livrer à des travaux pénibles , bonne chere , excès d’intem- “pérance, suppression de certaines hémorrhagies ; impression brusque d’un air froid quand on est r échaurffé par l'exercice ou de toute autre manière.. Comme les tendons des muscles et les expansions apongyro tiques qui les recouvrent sont peu éloignés de la surface extérieure des tégumens , on doit peu s’étonner que l’action du froid détermine plus souvent le rhumatisme dans ces partes ; quelquefois aussi il se porte sur les parties musculeuses , avec chaleur , rougeur et tumeur, Un: des caractères particuliers de :

532 PHLEGMASIES DU TISSU MUSEULAIRE.

cette maladie est une sorte de mobilité de l’affecuon inflammatoire qui se porte alternativement dans diverses parties, quelquefois avec la rapidité de l'éclair, comme Siorck (4nnus medicus 2“) en donne un exemple des plus frappans : : le malade eut d’abord les articulations des mains et des pieds attaquées , puis il s’éleva les douleurs les plus vives dans toute l’habitude du corps, et une sorte de roideur tétanique ; la mâchoire inférieure resta seulement libre ; les yeux étaient devenus rouges et comme protubérans hors des orbites ; les larmes laissaient des traces d’érosion sur les joues; la poitrine fut ensuite attaquée, avec une respiration trés-génée et danger de suflocation. Onappliqua des sinapismes aux articulations des mains et des pieds ; et, après une demi-heure , une forte douleur s’empara des genoux et des carpes, ce qui fit disparaître le danger de la suffocation : la douleur la plus vive se fixa subitement autour de lombilic ; mais une évacuation de matières dures, parun clystère , fit tout dissiper. Les aînes et ensuite les testicules furent atteints de la même affection avec tant de violence, qu'il s’ensuivit des convulsions, une syncope pendant environ cinq minutes ; la chaleur revint aux. extrémités , ainsi que le pouls ; il succéda un sommeil tranquille, avec une sueur continue; la tumeur des genoux et des carpes devint plus molle et moins douloureuse; et le huitième jour, à laide dune infusion de fleurs de sureau avec du petit- lait, la santé se rétablit après une abondante, excrétion d'urine.

514. Le rhumatisme se termine rarement par suppuration, mais quelquefois par une sorte de résolu

| tion, comme cela arriva chez une jeune personne dont:parle le commentateur de Boerhaave ( Rhumatismus:,p. 653 ). Elle avait d’abord éprouvé une douleur vers ‘la crête des os des iles du côté droit ; le lendemain , en se baïssant à terre, elle fut tout-à-coup prise d’une douleur atroce dans tout le côté droit, ainsi qu'à la cuisse et aux bras, douleur qui se renouvelait au moindre mouvement : une saignée fit rétablir les menstrues. Le quatrième jour , l'urine déposa un sédiment épais et copieux, ainsi que le jour suivant. Le sixième jour, l’urime fut naturelle; et le septième-jour , la douleur disparut entièrement. J'ai vu un'exemple analogue sur un jeune voyageur qui, par un temps froid, avait passé plusieurs nuits dans une chaïse de poste mal fermée : la termmaison eut aussi lieu le sepuème jour par des sueurs et une urine critique ; mais aucune saignée ne fut pratiquée. Quelquefois aussi le rhumatisme , après avoir duré longtemps, finit par une extrême débilité dans les membres , ou plutôt par une sorte de paralysie.

515..Je ne puis donner d’ailleurs une idée plus précisé des différentes terminaisons que peut affecter le rhumatisme, qu’en renvoyant aux exemples nombreux que j'ai donnés de cette maladie ( Méd. clinig.) aiguë ou chronique , simple ou compliquée avec des affecuons arthritiques variées. Je puis citer aussi louvrage de M. Rodamel sur le rhumatisme chronique, Lyon, 1818; ainsi que la thèse de M. Choniel, Paris, 1813. |

516. On a désigné sous les différens noms de serosité visqueuse , de fluide lymphatique , d'humeur gélatineuse concrète, de gélée épaisse , etc.

des couches d’une matière plus ou moins fluide où épaisse , trouvée sur les membranes des muscles qui avaient été affectés de rhumatisme , ou dans leurs gaines tendineuses; mais ces dénominations sont regardées comme vagues jusqu'a ce que la chimie soit parvenue à déterminer avec précision la nature de cette matiere. Ce qui est:encore moins connu, et ce qui mérite de nouvelles recherches, c’est un amas de matière purulente, qu'on a:trouvée diversement répandue dans les interstices des muscles à la suite d’un rhumatisme chronique, comme l'indique une observation faite à l’'Hôtel-Dieu, et qui m'a été communiquée: Un cultivateur âgé de quarante ans, qui, dix ans auparavant, avait éprouvé des douleurs rhumatismales dans les membres, se rendit à cet hôpital avec des douleurs très-profundes , ires-intensesidans le genou droit, qui était trés-gonflé , sans aucun changement marqué de la couleur des tégumens (le malade avait d’ailleurs un hydro-thorax à la suite d’une affecuon chronique äu poumon). Le sixième jour, augmentation de la douleur , gonflement de la cuisse et de la jambe , et le lendemain, difficuhé extrême de respirer, prostrauon des forces, et la mort. Autopsie cadavérique. Depuis Vaîne jusqu'au genou du membre affecté, entre le muscle droit antérieur et le crural , foyer purulent, ainsi qu'entre le triceps cruralet le fémur. Tous les autres interstices musculaires offraient des foyers purulens plusou moins étendus, avec une communication libre entre eux par la destruction du ussu cellulaire. Le corps des muscles . indiqués ci-dessus contenait des foyers plus grands que ceux qui étaient distribués

dans les faisceaux charnus, dont les uns étaient déchirés, et les autres écartés et d’un rouge très-vif, en sorte qu’on remarquait une sorte d'infiltration presque totale de ces muscles divisés en petits foyers. Les aponévroses et les tendons étaient imtacis; mais les tendons des muscles de la cuisse qui s’insèrent au tibia offraient au-dessous d’eux divers foyers purulens qui communiquaient entre eux et avec la cuisse ; deux s’ouvraient dans l'articulation : l’intérieur de cette dernière était rempli d’une matière purulente plus liquide que celle qu'on avait trouvée dans la cuisse, de couleur grisâire, et semblable à un mélangede synovie et du pus des museles. La membrane synoviale, peu altérée sur les surfaces articulaires, était d’un rouge livide dans la portion qui tapisse la capsule fibreuse, ei au pourtour des surfaces arttculaires: dans ces mêmes endroits, elle était plus épaisse, moins dense et plus facile à détacher que dans l’état ordinaire. Il en était de même de l’aruculation du tibia avec le péroné : la matière purulente (r) renfermée dans les muscles était consistante, sans odeur marquée; sa couleur était variée, grise, jaunâtre , rouillée , etc. ; dans un endroit, on ne trouvait que du sang noir ; l’autopsie d’ailleurs confirma Phydro-thorax qui avait été indiqué par le caractère par ticulier des symptômes.

oo nm te

(x) Tissot, en parlant des différentes terminaisons du rhumatisme, remarque qu'il finit quelquefois par un abcës , soit dans la partie affectée ; soit dans le voisinage. Il dit avoir vu un lum-

bago se terminer par un abcès énorme dans la partie supérieure de la euisse,

5 17. Une des variétés très-remarquables du rhumatisme est le /{xmbago (1) ou la rhumatalgie , soit aiguë, soit chronique , des lombes, qui rend trespénible et trés-douloureux le redressement de la co- Tonne épinière sur le bassin, et qui affecte plus particulièrement:ses muscles extérieurs. Cette maladie est spécialement déterminée par l'habitude de rester penché en avant; comme dans le travail pénible de V'agriculture, surtout quand on reste exposé aux impressions d’un froid humide ; elle peut être aussi contractée par la position du corps que demandent des efforts soutenus pour porter ou pour soulever des masses trèspesantes. L'exemple particulier que je vais joindre ici | est trèés-propre à en donner ‘une juste idée , et il intéresse d'autant plus qu'il rappelle un des hommes les plus célébres dont les annales de la médecine aient conserve la mémoire. Boerhaavé semblait avoir acquis des sa jeunesse cette constitution saine et robuste qui dispose tant aux affecuons inflammatoires. Son père, qui avait une famille nombreuse et une fortune très-médiocre ;, avait senti tout le désavantage et les effets énervans d’une vie uniquement consacrée à l'étude ; et en même temps qu'il enseignait à son fils les langues anciennes , 1l avait soin de fortifier son Corps par l’agriculture. Vers l’âge de la puberté, le jeune homme fut attaqué d’un ulcere à la cuisse , et tourmenté pendant près de quatre ans par le mal et des remédes sans nombre qui lui avaient été conseillés : 1l parvint enfin à se guérir lui-même. Cetie longue maladie ne nuisit presque pas au cours de ses études, et

(1) Srnonruir. Lumbago, Sauvaces, Vocer , Sacar.

il continua ensuite de se livrer aux sciences avec l’activité Ja plus imfatigable. La médecme , la chimie , la botanique qui l’occupèrent tour-à-toùr dans la matu=. rité de l’âge, et dont äl a de bien loin reculé les Hiamites, suflisaient à peine à son activité bouillante. Comme il fut nommé professeur de botanique à l'âge de trente-neuf ans , le jardin des ‘plantes ouvrit un vaste champ à ses recherches sur cette science , ‘et le rendit à son goût primitif pour l'ägriculture. Rien ne convenait mieux, comme le remarque Fontenelle, et à sa santé et à son ‘amour pour la vie simple, qué le:soin d’un jardin et l'exercice corporel qu'il demandait : aussi, dans l’espace de onze années , le nombre des plantes du jardin'de Liéyde fut porté de trois mille à six mille. Cependant le fhumatisme des lombes dont il fut affecté avec tant dé violence , ne fat-il pas déterminé par ce genre d’occupations ? Exposé à la frai— cheur et à la rosée du maün durant les saisons de printemps, d'été et d'automne , au moment où il sortait de son lit, il était dans une activité continuelle afin de tout disposer pour sa lecon académique du maun. Dés l'année 1721 , c'est-à-dire , à Vâge de cinquante-trois ans , il éprouva une légère douleur aux muscles ou aux articulations ‘dés vertébres du coù , ainsi qu'à l’omoplate , douleur qui se reproduisit l’année suivante avéc la plus grandé inténsité en changeant de place. Vers lé 15 d'août, occupé dès les quatre heures du matin à faire des observations dans le ; ardin de botanique , il sentit soudain une douleur comme néphrétique qui l’étonna. Cette douleur parut partir du rein gauche, suivre la direction de l’urètre (1)

(1) Ce symptôme singulier de l'invasion du rhumatisme des

jusqu'au pubis, ét se propager avec une telle violence, qu'il l’atiribua à la descente d’un calcul rénal dans la vessie ; 1l se mamifestait en même temps des nausées (usage très-abondant d'une décoction de graine de lin ).: ténesme toujours très-violent , toujours sentiment d'un calcul qui: semblait vouloir se frayer une issue , et dont le malade cherchait à faciliter ie cours par des relâchans et des lubrifians. Il prit en même temps quelques gouttes d’un extrait alcoolisé de safran : la douleur. cessa ; mais elle se déclara le lendemain avec la plus grande véhémence dans les lombes , et continua trois mois entiers avec plus où moins d'iniensité, C’est au milieu de ces-cruelles souffrances , et: d’un état d’insomnie des plus opiniâtres, qu'il chercha un objetde diversion. et une sorte de soulagement dans des études profondes et une contention d'esprit des plus fortes. Il. passa ces trois mois entiers dans son.-lit avec des alternatives de rémission de ces douleurs atroces ; ce qui finit par une sorte dé paralysie pas sagère des membres abdominaux , avec perte de sentiment et de mouvement : il en recouvra peu, à peu l'usage dans sa convalescence. Ce fut en 1722 qu'il éprouva cette attaque violente de rhumatisme , dont il se rétablit complétement, puisqu'il continua toujours de mener une vie trés-laborieuse | qu’il faisait habituellement de l'exercice , soit à pied , soit à cheval ; et lorsqu'il ne pouvait sorür de chez lui, il

lombes avait été déjà décrit par l’illusire Sydenham : Est et alia hujus morbi species quæ lumbago rhumatica aptssimè dicitur; immanis dolor idemque fixus eirca lumborum regionem 1psumque ad os sacrum se demittens , paroxysmu nephriticum mentutur, tte. :

RHUMATISME MUSCULAIRE. 539 jouait de la guitare , diverussement plus propre que tout autre à succéder à des occupations sérieuses et tristes. Il ne mourut qu'en 1730 c'est-à-dire à sa soixante-dixième année , parvenu à ce haut degré de réputation et de gloire litéraire qu'aucun médecin , depuis Hippecrate, n’a pu atteindre.

S IL. Description générale du Rhumatisme.

, musculaire. :

518. Prédispositions et causes occasionnelles.… Le rhumatisme musculaire peut affecter les individus de tous les âges, mais principalement les adultes et les vieillards ; le Fénperent spot, une constituuiont irritable , sE aussi três-exposés à en être atteints. Il régne plus particulièrement durant les saisons froides et humides , ainsi que dans les pays soumis aux vicissitudes atmosphériques. Ioisiveté ou un exercice trop fatigant,. l’intempérance , l'abus des liqueurs alcoolisées ; l’habitation dans des maisons nouvellement bâties, la suppression des évacuations habituelles, sanguines ou autres, le refroidissement subit, l'application prolongée du froid humide; sont encore autant de causes propres à l’occasionner:

5ro. Symptômes. Son invasion à lieu ordinaire ment par un frisson suivi d'anxiétés, de chaleur , d’un pouls dur et fréquent , avec des paroxysmes vers le soir. On éprouve une douleur dilacérante , fixe ou vague , et qui.se porte successivement avec la plus grande promptitude dans les différentes parties : du corps, laquelle a son siége dans le tissu propre des muscles , augmente quelquefois par le plus léger con-

act, par la moindre pression , ainsi que par la moindre secousse, et rend les mouvemens impossibles , ou aû moins trés-douloureux : à cette douleur se joint un état de tension locale, rarement du gonflement ét le changement de‘couleur de la pean. Le rhumatisme peut être général et vague , ou local; ét dans ce dernier cas , il est désigné sous les noms particuliers de pleurodynie , de torticolis, de lumbago, de sciatique , etc., selon les parties qu’il affecte ; il est aigu ou chronique. Lorsqu'il est général , il commence ordinairement par des lassitudes, des engourdissemens et des horripilaubns vagues qui, eh se prolongeant , donnent lieu à un ‘frisson ‘assez intense ; à ce frisson succède une chaleur vive > qu dure pendant un ternps varié; ‘alors se manifestent des douleurs musculaires très-vives ; 11 y a céphalalgie, coloration de la face, soif, sécheresse de la peau, urine rouge, insomnie. La durée de ces symptômes Varie de cinq à soixante jours : leur terminaison à leu par résolution , par une sorté d’ éxsudation gélatineuse, et rarement par la suppuration. La résolution s'accompagne de sueurs générales" , d’une urine briquetée , d’une éruption cutanée analogue à des piqires de puces, de la désquamation de V Era etc. :

il n’est pas rare de voir la maladie ES à l’état chronique. Le rhumatisme cHfOrHqUe n’est ordinäirement n1 précédé: niaccompagné de fievre ; la douleur est moins vive, et se renouvelle à des époques irrégu- ières ; elle est accompagnée tantôt d’un sentiment dé froid et tantôt d’un sentiment de chaleur; on ressent une faiblesse plus où moins grande dans les moûvez mens. La durée de ces symptômes est longue ei

indéterminée ; il leur succède quelquefois un état de paralysie. |

S ILT. Traitement du rhumatisme musculaire.

. 520. Pourquoi, cette stérile profusion de médicamens et ces frais inutiles d’érudition que font certains auteurs dans leurs méthodes de traitement du rhumatisme , en nous vantant tour-à-tour les saignées générales ou locales, les purgatifs , les diurétiques, l'applicauon des cautères, des vésicatoires ou des rubéfians, les résolutifs etles anti-phlogistiques, le muriate ammoniacal, les fleurs d’arnica, l’'opium seul, ou combiné avec le camphre ou avec d’autres substances., le quinquina , les diaphorétiques acufs, les. bains, les denu-bains, la teinture volaule (alcool ammoniacal) de. gaïac, le nitrate de. potasse à des doses excessives, etc. ? Tous ces petits moyens et les raisonnemens versaules dont on. cherche à les étayer, ne. doivent-ils pas disparaître devant une indication majeure , qui est celle d'observer avec soin la marche. de la nature qui tend. à une résolution bénigne, et qui le plus souvent se suflit à elle-même, de la seconder simplement. par des boissons délayantes, une. diète sévère , le repos, la douce chaleur du lit, etc. On peut demander quelle. utilité. retira. le. malade dont parle Baillou des dix saignées qui lui furent faites, puisque le rhumatisme persista RUES au même degré , et qu'il ne fut complètement jugé que par une Démnarchaie du nez des plus abondantes ? Si quelques-uns des moyens proposés contre le rhumatisme ont été utiles dans certains cas et lorsqu'un symptôme est devenu trop dominant, avec quelle

b42 PHLEGMASIES DU “TISSU MUSCULAIRE.

extrême réserve ne doit-on point les employer de pr de déranger l’ordre de mouvemens salutaires qu'excite la nature dans le rhumatisme aigu ! ( For. Méd. clinique.) en est autrement de la même maladie devenue chronique, puisque la force médicatrice de la nature paraît alors tombée dans une sorte d'inertie , dont 1l faut chercher à la retirer par des remèdes actifs pris à l’intérieur où appliqués à l'extérieur. Cest dans ce cas que le traitement sudorifique proposé il y a quelques années par un Anglais (1), et dont l’eflicacité a été constatée par une suite d'expériences, a souvent opéré une guérison complète, et d’autres fois un soulagement très-mar-

ué. Sa méthode consiste à faire prendre la teinture volatile de gaïac (2), à la dose de demi-once (16 grammes ) dans trois onces ( un hectogramme ) d’eau ; on l’a quelquefois portée à six gros, mais souvent réduite à trois gros, surtout pour les femmes êt les jeunes-gens de quinze ans , et de deux gros pour les. enfans de dix ans. Ces doses sudorifiques sont ordinairement données le soir et de deux jours l’un , et quelquefois tous les soirs pendant cinq à six jours de suite, et dans certaines rhumatalgies plus rebelles , soir et matin, alternativement de deux jours l’un ;

(1) Medical reports on the effeis of blood letüing ; sudorifiques , and Blistering ; etc. By.the Fowler.

(2) On prépare cetie teinture en faisant macérer pendant six jours, dans un vase bien fer mé, une partie de résine de garac dans six partiés d'alcool Rat ei c’est-à-dire d’un RCE d'ammoniaque caustique avec son pdtds double d'alcool. On aromatise ensuite cette teinture par l'addition de ;; d'huile

volatile.

DIAPHRAGMITE. 543 on soutient l'effet sudorifique de ce médicament en donnant ensuite, chaque demi-heure, une tasse d’une infusion de sauge ou de menthe. On peut encore voir, dans un ouvrage du docteur Quarin ( Animadversiones practice in diversos morbos }, un emploi trèsjudicieux que ce médecin habile a fait de plusieurs sudorifiques , du sulfure d’antimoine , du soufre sublimé, de la résine de gaïac, des décoctions de racine de bardane ou de salsepareille, dans la maladie qu'il appelle ajihritis , et sous laquelle 1l comprend le rhumatisme aigu et chronique. On imagine sans peine les modifications que doit subir le traitement du rhumatisme compliqué avec les fiévres inflammatoire, gastrique , muqueuse , adynamique et'ätaxique.

DIAPHRAGMITE (1).

521. La paraphrénésie et le ris sardonique sont-ils inséparables de l’inflanmmation du diaphragme : ? Boerhaave , sans doute sur la foi d'autrui , est de cet avis; et Stoll , dans ses Aphorismes, se borne à trans- crire ceux de Boerhaave sur le même objet. L’exact et judicieux Morgagni rapporte une observation où inflammation du diaphragme était accompagnée de la paraphrénésie ; mais comme la pie-mète était en même temps enflammée , la cause du délire reste encore incertaine. D'un autre côté , WVillis fait part de deux exemples d’une pareille inflammation sans paraphrénésie , c'est-à-dire, sans délire tour-à-tour

(:) Srwonrure. Paraphrenesis ;Savvacss; bnwzæus ; Paraphrenits , Bogrnaave, Vocez; Diaphragmitis, Sacan.

gai ou furieux, sans ris sardonique. Un fait rapporté par Dehaën semble établir la même vérité; mais un des mémoires de la société de Gvrienhagné donne encore des. résultats plus précis: l'auteur (r) dit avoir vu, dans un des hôpitaux de cette ville ; deux honimes qui avaient succombé à linflammation du diaphragme sans avoir éprouvé n1 délire conünu, ni ris sardonique; les principaux symptômes avaient été seulement une respiration trés-difficile , des vomissemens fréquens,, un sentiment de constricuon à la région du diaphragme, une toux sèche et très-mcommode, une. fièvre continue, un pouls tendu et irrégulier : . la mort ne survint pas avant le quatorzième jour, et, à l'ouverture du. corps, on trouva le diaphragme presque par-tout enflammé. L’auteur du même Mémoire ajoute une autre observation sur l’inflammation du diaphragme devenue chronique ; mais cette affecüon était-elle propre aux fibres musculaires'ou tendineuses du diaphragme, ou bien à une des membranes séreuses qui les recouvrent ?

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