HI
514 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
qu'il s'ensuit une fièvre lente ou hectique qui finit par devenir funeste. Dansles affections calculeuses rénales, l'analyse chimique, en approfondissant la composiuon des concrétions rendues, et en les faisant considérer comme produites le plus ordinairement par l'acide urique, semble donner l'espoir, smon de les dissoudre quand elles sont formées , du moins de prévenir leur formation ultérieure , en faisant prendre des substances alcalines ; mais peut-on se dissimuler combien l'action de ces substances doit étre faible, quand on réfléchit sur la route que les boissons chargées d’alcalis ont à parcourir avant de parvenir à l'organe affecté ? En général, c’est dans l’abstinence des boissons fermentéces et l'usage habituel de l’eau , avec un régime trés-sobre, qu’on doit chercher un préservatif des plus sûrs; les mucilagineux pris à l’intérieur ne peuvent aussi que produire. des effets favorables, et c'est peut-être sous ce point de vue qu'est utile un remède vanté , savoir , la décoction de l'écorce intérieure du ulleul.
MÉTRITE (1).
S [". Considérations générales.
498. On a exposé, surtout dans l’art des accouche mens, des notions plus où moins précises sur linflammation de l'utérus ou la métrite , soît sur la simple disposition inflammatoire lorsqu'on use de moyens trop violens pour extraire le placenta , Soit sur une inflam-
Re ————
(1) Srvonwruwir. Metritis, SAUvaGEs, Saçar > ffysteritis, Lixnæus, Vocez, Cuzuex ; Inflammatio et Febris uterina,
Horr MANN. .
MÉTRITE. 515 mation vraie qui parcourt toutes ses périodes et se termine! par la résolution, soit enfin sur cetté même aflecuon qui finit par la formation d’un abcès , comme on en voit des exemples dans les divers ouvrages Sur les accouchemens, ceux de Mauriceau » Pujos, Le-. vret, Baudelocque , Gardien , etc. Les Commentaires de Van-Swiéten sur les Aphorismes de Boerhaave , tome [IV , nous ont transmis l'exemple smgulier d’une inflammation de la matrice terminée par la suppurauon, et devenue comme chronique , puisqu’après avoir duré plus de vingtmois ; l'issue que s'était frayée la matière purulente finit par former une sorte de fistule. Dans un autre exemple pris des ouvrages de Lamotte et rapporté par le même auteur, les lochies d’une nouvelle accouchée furent supprimées à la suite d'une frayeur, avec tension de l'abdomen et une douleur trés-vive. Des fomentations émollientes, des el ys— tres, des saignées du bras diminuérent l'intensité des douleurs sans cependant les faire cesser : Ja tuméfacuon de l’abdomen étaiténorme. Versle quarantième jour de laccident, les douleurs augmentérent , et il se forma , à côté de l’ombilie , une ouverture spontanée avec écoulement d’une trés-grande quantité de matière purulente. La position de labcès dans le üssu de la matrice peut varier , et l'observation prouve qu’il peut quelquefois s'ouvrir dans le vagin ou bien dans le conduit intesunal : la nature peut aussi quelquefois se débarrasser de cesmêmes amas par des routés insolites.
499- La matrice, soit par les dérangemens de l'écoulement. menstruel >» par des fausses-couches où par les suites d’un accouchement laborieux, soit par l'abus des plaisirs vénériens ou les progrés de l’infec-
516 PHLECMASIES DES PARENCHYMES. |
uon syphilitique, est exposée à une inflammation chro< nique dont les suites sont un état d’ulcération qu’on doit mettre au nombre des affections les plus déplorables dont l'espèce humaine soit affligée.
. 560. Une femme (Serre, Observations de méde- “cine clinique ) âgée de trente-quatre ans, qui avait été déjà délivrée dans deux accouchemens laborieux par les secours de l’art, le fut de nouveau dans un troisième accouchement , à cause d’une hémorrhagie , de la position de l’enfant et du placenta. Quelque temps après , douleurs dans tout le bassin et particulièrement à la hanche gauche, pouls peu fébrile , écoulement abondant des lochies (anti-spasmodiques et rafraichissans ), augmentation de la fièvre , pouls fréquent et petit, point de sécrétion du lait. Le troisième jour , augmentation de tous les accidens, pouls plus dur (saignée, application de vésicatoires aux motlets), réspiration de plus en plus difliale , douleurs plus cuisantes , pouls faible, mouvemens convulsifs 5 mort le même jour. Æutopsie cadavérique. Point d’épanchement dans labdomen, vaisseaux spermatiques gorgés de sang , utérus contracté, meurtri et enflammé à sa face postérieure, rupture d’une portion assez étendue de l'utérus et du vagin. Une femme âgée de trente-sept ans ( OÎservation du même auteur ) avait eu quatre aécouchemens naturels; le cinquième fut laborieux; elle était au terme de sa sixième grossesse ; les eaux commencèrent à s'écouler lentement le soir; mais les douleurs n'ayant pu ni changer la mauvaise position de l'enfant , ni opérer l'ouverture de l'utérus , on eut, le lendemain maun, recours au forceps pour opérer l'accouchement. Le
MÉTRITE, 517 premier jour, douleurs très-intenses vers le sacrum, écoulement peu abondant des lochies, fièvre légère (frictions et fomentations sur l'abdomen , lavemens émolliens, r'afraïchissemenset anti-spasmodiques). Le troisième jour, douleurs plus intenses à lhypogastre, céphalalgie , odeur fétide des lochies, pouls tendu ;: abdomen tuméfié , point de sécrétion du lait (saignée copieuse). Le quatrième jour, agrmentation des sympiômes, pouls très-tenduet plein, respiration extrêmement difficile (saignée et rafraichissans ); diminution légère des symptômes. Le cinquième jour, augmentation très-grande des douleurs (saignée), pouls tout-à-coup affaibli, augmentation de la dyspnée, perte de connaissance; mort dans la nuit iu cinquième au sixième jour. Autopsie cadavérique. Tous les viscères de la tête, de la poitrine et de l'abdomen dans l’état naturel; intestins dilatés, plexus des vaisseaux spermatiques distendus par du sang , utérus contracté et très-enflammé à la face postérieure , rupture du vagin et de l’orifice utérin. Ces deux inflam-— mations de la matrice occasionnées par des lésions mécaniques , peuvent , dit Selle, servir d'exemple de la véritable métrite, puisqu'on est sûr qu'il n’y avait aucune autre cause existante capable de changer la
nature et les phénomènes de la maladie.
Sor. À ces observations prises de Selle > Je vais en joindre une très-simple, recueillie à l'infirmerie de la Salpétrière par M. Landré-Beauvais. Une fille âgée de vingt-huit ans, d’un tempérament nerveux » est attaquée, sans cause connue , de douleurs dans Phypogastre. Le lendemain, douleur vive dans la région de l'utérus qui s'étend aux lombes, aux aînes et aux
518 PHLEGMASIES DES PARENCIYMES.
cuisses, pouls dur et fréquent (saignée du bras, lavémêns, fomentations émollientes sur l'abdomen, boissons rafratchissantes ), soulagement de quelques heures: Le quatrième jour au matin, même état, quelques vomissemens , pouls moins dur (application de dix Sangsues aux parties génitales , suivie d'un écoulement abondant de sang ); le soir, diminution de la douleur, cessation du vomissement pendant -quelques jours , douleurs moins intenses ‘peu de fiévre; terminaison vers la fin du second septénaire.
NS Fe RE is de la are
bo2 An spositions et câuses HÉBR ES hrs, Les causes où plus ordinaires sont des manœuvres imprudentés durant un accouchement laborieux , la suppt ession brusque des menstrues, l’abus des plaisirs vénériens., l'infection jo ah la cessauon de la menstruation , l'opération césarienne, etc.
503%: 48 pl Otraté L’invasion a fi d’une mamière subite ,.ou bien elle est précédée de frisson et de chaleur ; puis sentiment d’ardeur , douleur, pesanteur et tension dans lhypogasire; les traits de la face sont altérés,, Te pouls est faible et dur, la débilité trèsmarquée. À ces symptômes se joignent des douleurs aux seins , de la céphalaloie , la suppression des mensiruëes ou de lochies , ‘ou bien leur altération notable, et à le vorissement , un léger délire ou une, sorte de révasserie ; le hôquet l'écoulement d’un liquide rougeätre par les parties sexuelles , le ténesme, la suppression de l'urine, ou l'évacuation de ce liquide difficileet accompagnée de chaleur. Les symptômes
| MÉTRITE. 519 présentent quelques variations , selon le siége plus particulier de cette maladie. Lorsque le fond de l’utérus est enflammé , on observe une tumeur douloureuse dans la région du pubis. Si c’est l'orifice utérin qui est plus directement affecté, alors l’orifice de la matrice est trés-sensible au moindre contact, dur, ferme et retiré sur lui-même ; il y a strangurie et ténesme. La métrite peut être aiguë ou chronique ; elle se termine par résolution , par suppuration, par gangrène et par Imduration : celle-ci peut passer à l’état de cancer. Cette inflammation constitue quelquefois, lorsqu'elle est aiguë , ce qu’on appelle communément Jièvre puerpérale ; elle peut d’ailleurs se compliquer avec les fièvres primitives ,| et notamment avec les fièvres adynamique et ataxIque ; elle existe aussi quel-
quefois avec la péritonite.
S IT. Traitement de la Métrite.
504. Le but que le médecin doit se proposer dans le traitement de la métrite | c’est de favoriser la résolutuon : pour l'obtenir , il fait que les Moyens 8 SÉNÉ— raux qu on emploie soient subordonnés à l'âge et à la consütution de l'individu , à l'intensité et aux complicauons de la maladie. La saignée est souventnécessaire au début de la métrite, quoique le pouls soit alots peut ; les sangsues appliquées à la vulve peuvent être très-uules ; les fomentations émollientes sur la PR du pubis, et les lavemens analogues conviennent paruiculièrement , ainsi que des bains üédes , même chez les femmes nouvellement accouchées. Quant aux médicamen s internes , il faut employer, les premiers
jours, les délayans et les mucilagineux , et entré autres le peut-lait, l’eau de poulet , etc. : les bains de vapeurs pourront être aussi mis en usage. L’intensité trop grande de la douleur force quelquefois à recourir à L'emploi de l'extrait aqueux d’opiun , de l’éther , etc. Pendant l'usage de ces moyens , il est nécessaire que la inalade varde le repos le plus absolu , qu'on re-
nouvelle fre équemment l'air, et qu on LE EU à une douce température.