GOUTTE. AY
DR IL. Traitement de la Goutte.
536. Lobb, rnédée ahglais (1 t}ÿ > à Exposé en dé tail les règles diététiques du régime végétal dans le traitement de cette maladié , suivant l'âge ,: la saison, la constitution de l'individu , ou d’autres atlchons: incidentes ( Probabilitas curandi Podagram per alimenta); il y a joint les exemples particuliers de quatre goutteux qui sont parvenus à faire cesser leurs accés violens en: s’interdisant l’usage de la viande et des boissons alcooliques. Le premier, connu sous lé nom. de sir Sleig, était retenu chaque année deux mois et demi dans son lit par ses accés, avant qu'il eût adopté le régime végétal : cet état extrême de souffrance le détermina à eabbis de l'usage de la viande ; du vin et de toute autre liqueur ; il s’asservit à une nourriture purement végétale pendant deux années et demie , et il n’éprouva aucun accès de goutte pendant | cet intervalle de temps, quoiqu'il se nourrit indistinctement de toute sorte d’alimens pris des vécétaux. On doit Hnarqacr en outre qu’une tumeur plc qui était à l’extrémité du cubitus gauche, disparut par degrés à la faveur de ce régime. Ayant répris ensuite usage de la viande , il éprouva une rechute au bout d’une année et demie. Les autres exemples que Lobb rapporte ne sont pas moins concluans ; mais il font voir que le régime végétal adopté trop brusquement produit beaucoup de malaïsé ; et qu'il diminue l’em-
y (x) Tractatus de dissolventibus calculos ; cum curatione cal-
culi et Podagræ ope alimenitorum , ete. Aut: Theophilo Lobb, M. D. D a58
64 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES.
bonpoint. Undes trois goutteux ( Desaguillers), aprés avoir gardé strictement le régime végétal pendant une ‘année, éprouva à deux reprises différentes des attaques de paralysie , ce qui, l’engagea à reprendre l'usage de da viande, du vin, de la bière, età manger par in-
-tervalles du poisson au souper. | 557. On doit compter parmi les hommes qui ont illustré la médecine au déclin du siécle dernier , autant par l’enseignement public, que par ses écrits et le ton de dignité avec lequel il s’est toujours exprimé sur cette science , le professeur Barthez , qui fit paraître en 1801 un des ouvrages les plus profonds et les plus érudits sur la goutte ( Traité des maladies goutteuses ; etc. Paris, 1801). Il rappelle, dans sa préface, ses principes généraux sur les différentes méthodes de traitement des maladies , et sur la division de toutes ces méthodes en naturelle , analytique et empirique : tout sôn ouvrage es ensuite consacré au développement et à l'application de ces mêmes principes à la goutte, dont il expose d’ailleurs l’histoire des symptômes , lorsque ses attaques sont régulières ou irrégulières , et dont il approfondit particulièrement la théorie et le traitement. « Quand l'attaque de goutte » se forme, se développe et s'achève d’une manière » facile et régulière, dit cet auteur célébre, sans que » la fluxion douloureuse et la fièvre y soient assez » considérables. pour présenter des indications ma » jeures, on doit suivre une méthode de traitement » naturelle, dans laquelle les moyens de régime et les » remèdes tendent directement à favoriser les opéra- » tons salutaires de la nature. Il faut alors , surtout » au commencement de l'attaque, éviter d'exposer
A GOUTTE. 565 » le corps au froid et à l'humidité , et en défendre; » spécialement la partie où la gouite s'est fixée , en y: » appliquant de la flanelle , des peaux dé lapin ou de » cygne, etc. Dans l’état au plus haut degré de l’atta= » que , pour fixer la goutte dans la partie affectée , 1 » est utile de P envelopper dans dutaffetas ciré ; mais » 1lne serait pas sans inconvénient d'y appliquer l’'em=. »-plâtre de cumin qu'a conseillé Musgravés ou l’em- » plâtre de Jusquiame incorporé dans la toile cr ee. » verte, comme Thilénius le propose quand la dou- » Jeur est três-forte ; au déclin de l'attaque , ilne »'faut point négliger un doux exercice des parties » affectées , et on doit avoir soin de-les recouvrir de: » bas, ou. de gants de laine. » C'est avec la même: sagacité, qué l’auteur développe la méthode analytique: du traitement des attaques de goutte ; soit régulières, soit irrésulièrement prolongées, et qu il discute la: doctrine ès-compliquée de la même maladie portée: sur les viseères ; en:joignant,aux-richesses d’une érudition, immense som grand-nombre de faits curieux qu'ilne doit qu'à son.obsernvauon propre.
538. Mais , dans:le traitement de la goutte, les remèdes empiriques. n’ont pas été moins souvent em— ployés que la méthôde rationnelle; on-en a fait usage: pendant les accès et. dans leurs intervalles ; on les x recherchés comme palliaufs, et comme moyens pro phylactiques ; ainsi, presque de. tout temps, les mé- décins et le vulgaire onteu recours, contre les affections goutteuses et rhumatismales , à des topiques pour la plupart excitans, dont on a beaucoup varié-la na-. ture , maIs qui , Souvent aussi , Ont “été reproduits. dans des formules plus ou moins compliquées et
566 PHLEGMASIES DES MEMBRANES SYNOVIALES. | modifiées seulement par quelques nouvelles substances. On a recommandé les! bains de pieds trèschauds, rendus même sumulans par l'addition des acides (eau de Gondran) , des sels , de la moutarde: éte. Dans l'intention de produire un. effet analogue, on a appliqué des cataplasmes. préparés avec le vin et'-des substances aromatiques (Celsei); quelquefois avec des:substances émollientes ; mais on les ‘arrosait alôrs de liqueurs’ spiritueuses , de ‘bâumes Rs ; eic. Cp Forestus:) eme À de
539. Cétté dernière manière de traiter: 4 goütie a été reproduite depuis; Pattention s’est encore! fixée: sur le remède-de M: Pradier, dontiles effets ont été: appréciés! dans: ün rapport présenté au (Goüverne: ; ment par M. le'professeur; Hallé: "Ce remède consiste en l'applicauon d’un cataplasme visqueux fait avéé la farine de graine de Lin; assez large pouriéouvrir les piéds et des jambes ; jusqu aux genoux ; ; (Car cé! SUHTIOr2 dinairement ces parues qu'ofienveloppe ; ‘quel que soit? d'ailleurs leisiége dela goutte; Bepancent on préfère agir! sur les dire et les marnssi les végions supérieures? sont affectées: On applique le cataplasme aussi chaudque le malade: peutde supporter! apres lavoir arrosé-dé la | liqueur suivantes dont la composition qui fat d'abord, un-secret ; pourrait être plus: simple ’et divérsement modifiée. Prénez : baume dela Mécqué, six onces; guins quina rouge; üne once ; Safran',| demironce; tsélsepa reille, une ‘once ; sauge, une once; alcool rettifE>Rr08D livres. Fartes dissoudre à part lé baume de la Mecque’ dans le ‘uers dé Valcool ; faites macérer ‘dans le‘reste! dé Valcool les aûtres substances pendant deux. fois! vingt-quatre heürcs ; filtrèz, mélez les deux liqueurs.”