‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 105 sur 129 · GOUTTE · texte numérisé non relu

GOUTTE

$ Er. Considerations. générales et Histoires particulières.

528. La marche réguhère et Fe AS de la goutte sont maintenant Hp, sur un \si grand nombre de faits, que rien ne manque plus à la détermination de ses caracteres spécifiques , d’après l'excellent traité de.Sydenham.(.de .Podagré ) ; mais :sa distri bution dans un cadre nosographique peut. éprouver des changemens ; suivant qu'on a égard à certaines aflinités plutôt qu'à d’autres. Veut-on l'envisager sous le rapport de sa mobilité extrême, de sa facilité smgulière à changer de siége en un clin d’oil, et de prendre soudain les apparences detoute autre maladie nerveuse, ‘comme de l’apoplexie, de l'asthme convulsif, d’une

‘ « RUN TUE Podagra, BornHaave, SyDENHAM, Vocez, Cuire; Arthrius , Savvacres , Dinxæus, Saçan ; Door ar: thriicus , Fréd. HoFFmann. |

GOUTTE. ne RC 0 affection spasmodique quelconque du thorax et de l'abdomen , on la rapporter à la classe des maladies nerveuses , comme je l'ai fait dans la première édition de ma Nosographie. Considère-t-on , au contraire , la marche régulière qu’elle suit ardihatta li lorsqu'elle n’est point aigrie par des affecuons morales ; des écarts de régime , ou contrariée par des médicamens donnés hors de propos, elle offre alors tous les caractères d’une affecuon inflammatoire qui se porté directement sur lés articulations , et c’est sous ce rapport fondamental que je dois mainténant la considérer , en profitant toujours des vues profondes que Stahl a répandues sur cette maladie. Il est vrai que cet homme rare était loin de posséder le talent d'écrire qu'avait Boerhaave, et que , dans l'é tudé de ses ouvrages , il faut dééétés toutes les inégalités et les incorrections de son style germanique. Il est uüle de montrer, par l’exemple de la goutte, comment on peut se rendre propre la chaîne des idées de cet auteur , et s’exercer à les rédiger ; säns adopter $ervilément ses vues sur la connexion de éette maladie avec les hémorrhoïdes.

529. Stahl limite trop les dispositions antérieures à la goutte en les bornant à un état PIÉTÉQMERE et à une habitude du corps succulente hr à Ja bonne chère ; à des affections vives de l'ame , à l'abus des plaisirs y Où bien à des omissions de quelque é Évacua=. tion sanguine habituelle, ‘soit naturelle’, soit artificielle, puisque d'autres causes peuvent la PROGERTE “ comme uné suppression de la transpiration , la rétropulsion de la gele ou d’autres affecuonsteutanées , etc: Mais il saisit mieux le vrai caractère de cette maladie lorsqu'il fixe les différentes parties où ellepeut siéger

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d'abord, comme les épaules, les aisselles , les bras , la moitié de la tête, la nuque, la partie antérieure ou latérale du thorax : elle peut se porter ensuite en un clin d'œil à l'articulation de la cuisse, aux genoux, aux pieds. Quelquefois ce mouvement rapide se fait dans un ordre contraire , c’est-à-dire des parties inférieures aux supérieures ,-etc. ; la douleur peut être plus ou moins vive ; celle de quelques goutteux est âcre et vibraule ; celle de quelques autres est marquée par un pincement vif ou même des élancemens , acutissiimè lancinans, suivant l'expression de Stahl,, et alors souvent les malades poussent les hauts cris. Lorsque la sensibilité est momdre , comme dans les tempéramens lymphatiques , la douleur est obtuse, avec un sentiment de stupeur et de pesanteur. Plus la douleur est vive, moins la partie est enflée ; et c'est, en général , lorsque les tégumens éprouvent une sorte d’inflammation érysipélateuse , que la douleur de l'articulation diminue ou éprouve une sorte d’intermission : effort salutaire de la nature qui semble faire refluer vers la peau une afféction profonde. L’arthritis précoce , c’est-à-dire celle qui attaque clans la fleur de l’âge , expose à des affections hypochondriaques, où méme à des maladies convulsives,, et à tous les dangers de ce qu'on appelle goutte rentrée, et doit faire craindre de ne point parvenir à un âge. avancé. Ce que Stahl ajoute , pour éclairer l'étiolo-. gie de la goutte, sur sa connexion avec des douleur des lombes, de sciatique, avec des affections obscures ou manifestes, des hémorrhoïdes , sur les heureux effets obtenus quelquefois de l’applicauon des sangsues.à l’anus , sur la guérison d’une sciatique

| GOUTTE. +: se 500 par le rétablissement du flux hémorrhoïdal , etc. , fait voir la sagacité profonde de cet auteur , mais tient trop à son système favori pour qu'on: doive céder à l'autorité d’un nom aussi imposant en. médecine ; d'autant mieux quil semble se défier lui-même de la trop grande généralité qul donne à ses idées, et qu'il exhorte lé médecins :à étudier cette sorte de conspira tion ou de réciprocité entre les hémorrhoïdes, Ja sciatique , la néphrétique , l'hématurie et la goutte. IL ne se dissimule point, d’ailleurs, que a goutte accompagnée de tous ses symptômes existe quelquefois avec un flux hémorrhoïdal régulier. Il rentre encore. mieux dans les grands principes de la médecine hippocratique, en remarquant que les goutteux qui 2bandonnent, pour ainsi dire , le mal à Jui-même , et sup- POEAAt avec courage leurs infirmités, parviennent à un âge avancé avec NE longues intermissions ; au lieu que ceux qui, par impaüence, cherchent des soulagemens PASSagÈrs , et souvent perfides , dans l'emploi ie la saignée , ou d’autres moyens perturbateurs, sont sujets à des accidens graves qui souvent abrégent leur vie. 530. Quelle description vive et animée Stahl donne de la marche des accès! «Xls ont coutume, dit-1l, » dese déclarer au printemps, à l'automne, ou du- » rant les changemens brusques de la température de - » l'air; ils sont souvent provoqués où exaspérés par » des écarts de régime , des affections vives. de l'ame, ». comme la sols , l'abus des plaisirs. Les signes » précurseurs des paroxysmes. réguliers sontun malaise » où un sentiment de tension gravative dans les mem » bres ou dans tout le corps , une augmentation gra- » duée de la douleur, à moins que le. paroxysme

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» ne soit excité par une passion de l'ame, des sensa= » Uons vagues et réciproques de refroidissement et » d'incalescence dans toute l'habitude du Corps, une » diminution de l appétit , une inquiétude sans cause, » un sommeil troublé par des rêves effrayans, de » l'ennui, de la langueur ; une soif irrégulière. » La douleur , dont on a décrit ci-dessus le siège et les va= riétés, peut durer deux ou trois semaines , en laissant ainsi hr la partie affectée un sentiment ‘as torpeur et de difficulté dans les mouvenens..…: Stahl revient ensuite à son système favori sur la connexion nécessaire des affections goutieuses et hémorrhoïdales, et il cite en sa faveur un passage d'Hippocrate ; ; Mais On aime à reconnaître dans cet endroit méme son Eprie supérieur et son éloignement pour laffectation pédantesque de tant d’autres auteurs > Qui pensent trouver dans Hippocrate le germe de toutes les découvertes anciennes et modernes sur ‘la médecine , en interprétant à leur gré quelques phrases obscures où ab |

531. Ilest curieux de suivre loriguie , les POERS et les différentes phases de la goutte régulhére qu éprouva le célèbre Desaguillers, et dont il retrace l'histoire exacte au docteur Lobb, qui la lui avait demandée. Ce physicien ; né de parens sains, et doué lui-même. d’une constitution saine, éprouva pour la premiere fois un léger accès, en 1717, dans l'articulation du gros : ce qu'il prit pour un simple spasme , rassuré par la vie sobre qu'il avait constamment menée. Les années suivantes, accès toujours plus douloureux dans la même partie, avec trois semaines ou un mois de durée, et leur renouvellement deux ou trois fois

GOUTTE. 555 Tannée, mais sans péridde fixe. (Il ne se nourrissait durant ces accès que de végétaux avec un peu de poisson, et ne buvait qu'une décotéi: d'orge.) La goutte gagna dans la suite les autres PAPER du pied , les arti- -culations des os du tarse, du métatarse, et le tendon d'Achille : c'était toujours Y hiver, car l'été lui était fa- “vorable. Allait-ilse baigner dans la T'amise durantcette dernière saison , Où bic fréquen tait-1} les bains publics pour s’étuver et se baigrier ; y Où énfin féhit-il un exercice régulier d'équitation, il était exempt de la goutte l'hiver suivant. Sans ces précautions, les accès de goutte c devenaient plus fréquens , et se mamifestaient successivement en hiver à là moindre impression du froid, quelquefois aux genoux, d’autres fois aux mains, aux coudes, aux carpes; mais ils étätent d’une Ho durée que ceux dés articulations du pied. À cette é poque, Desaguillers suspéndit l usage de certains topiques, tantôt irritans, tantôt As qu'il avait quelquefois appliqués sur les parties affectées , el il se borna à “une grande patience dans Îles dbulèuté , et à l’applicauon de la flanellé, dont 1l ne coûvrait pas seulement Ja partie affectée , mais encore tout lé corps. Chaque 1m pression du froid'produisait un acces dans le genou , à Ja partie postétieure du talon; où autour des malléoles; mais une bande: dé flanelle portée le jour et la nuit sur la partie facilita trés-souvent la transpiration , ‘et fit bientôt disparaître l'accès. Dans l'intervalle des accés , 1l continuait de boire de l’eau durant la nuit, ce qui contribuait à la sueur, et produisait un Ole plus tranquille. Il trait toujours un très-grand avantage des fricuüons des membres et des pieds avec une

Ro HER 1735 jusqu'à 1756, il passa les six

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mois de chaque-hiver dans son dit, >; ayant neuf ? à dix ac cès successifs durant cette saison, ou. plutôt une affecuon goutteuse continue, et, qui se portait suCCessivement sur diverses articulations. En; juin 1757, ilfut pris d hémorrhoïdes tres-douloureuses, qu'il se proposait de faire extirper; mais, pourse préparer à l opération e 1l résolut de s tps ie l'usage della viande et du: poisson, et de ne,boire que de ir Aprés.les quinze premiers ip de ce régime végétal, pendant lequel, il n'avait vécu que.de lait, de pain, d'herbes, de racines, de semences, de rires il se sentit affaibli; mais peu apres 1] recouvra ses pes , et.ses. hémorrhoïdes se dissipèrent en trois semaines. Le changement favorable qui s'était OpÉRÉ sous tous les, rapports, l'engagea de continuer ce régime :contre . la goutte : ses DIT devenaient plus robustes ; une somnolence, qui lui était ordinaire après le diner se dissipait ; : SON embonpoint diminuaitaussi peu à peu; mais il ne perdit. rien deson activité morale pendant dix mois, ayant soin d ailleurs de remplacer ik usage. du vin dans.les cercles et, les re :pas par une des sucrée de safran: An printemps de l’année 1738, Desaguillers éprouva.un léger retour de goutte, toutes les parties. quu en: avaient élé aflectées AHRATATANE étant. devenues ISenémien douloureuses. I s'était proposé de ne jamais s'écarter de ce régime, Jorsqu'a au mois: de mai de ‘cette année, 1l fut attaqué . d une sorte de paralysie étant à table ;1l perdit pendant cinq minutes l usage de Ja parole Le ADÉAULSC renouyela encore quinze Jours après : 1lcrut devoir passer à un révime plus restaurant. Ce nouveau régime consistait à user de toute sorte d’alimens , excepté de salaisons, à boire indisunctement de la bière, du vin ou de l'eau,

à ne | prendre | au souper que du lait où du pain, que ques raisins SeCS où des pruneaux ; s'il ne se permettait l'usage de la viande ou du POSE qu une fois dans la quinzaine. [ln "eut qu’un acces l’année suivante, encore fut-il moins long. Il dit, en términant l'histoire de sa maladie , ur 1l n'a eu qu'à se louer du régime végétal , quoiqu Al n'ait pu le: continuer Ab nes de crainte d'une’autre maladié plus grave, reconnaissant d’ailleurs les avantages encore plus marqués qu'en avaient retirés d’ autres goutteux ; COMME : dans une observation rapportée ci-après. LM 4 % 532. Je vais ‘manifester, par un exemple pris de Métesgns ( Epi LV IT ), ce qui distingue la goutte TT S ainsi quéla goutte rentrée , qui est une autré variété de la goutte irrégulier où anomale. Un cardinal d'un âge avancé, et sujet autrefois à des affections des AMAR URR età dés douleurs de néphrétique, avait été guéri, pa l'usage des diurétiques, d’une hydropisie survenue à leur suite. Les attaques de goutte revinrent par intervalles avec d'autant plus dé ré équence et d'intensité, que les membres’ abdominaux étaient plus affaibli, SOIT par là maladié; soit par les progrès de Pâ âge; s“'ilse joignait ? à ces maux un état de constipaüon, un sentiment dé ‘pesanteur dans la tête, une sonnélence habituelle et quelquefois des s syncopes. À là âge de soixante-quatre ans, nouvelle attaqué de goutte avec gonflenient de la main droite et du ; genou gauche: j .Ce fut He ces circonstances qu" ’on lui apprit Pétat dé-! ses pére ‘d'un frère chéri, et qu gi concut de chagrin le plus profond : ‘dés-lors cessation de Tarectih de arte culauions , anxiêtés précordiales, difficulté de réspirer, é ét Sion des fonctions du cerveau et du cœur, qui

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annonçaient le péril le plus imminent. Moréagni est appelé, etilirouve le malade dans le découragement : le plus inexprimable et le plus opposé à son te le Pons était faible et intermittent. Il était facile de voir qu'on ne. pouvait le sauver qu’en rappelant la: goutte aux articulations. On.eut recours aux moyens usités; mais son extrême débilité semblait ne laisser aucun espoir : au moment que le genou commençait À se tuméfier , les symptômes empirérent; plus grande difficulté di respirer, affecuon soporeuse profonde , convulsions, et la mort. Dans un cas analogue d’une goutte atonique avec affection. du genou, Morgagni à trouvé la parte de la surface cartilagineuse de la rotule qui répond au condyle externe du fémur, entièrement usée et sillonnée, et la surface même du condyle très—. amincieet un peu livide ; on trouva aussi dans la cavité. articulaire de petits alibüles de différent volume, dis= posés à la partie inférieure du ligament capsulaire. J'ai eu soin de rassembler ailleurs ( Med. clinique ) des exemples nombreux de goutte asthénique , pour rendre pins, manifeste, samarche irrés ulière,, ses syruptômes variés , et les résultats des ouvertures cadavériques. M. Landré-Beauvais en a aussi réuni plusieurs observations dans une: thèse ayant pour üUtre : Existe-t-il une goutte asthénique primitive 2? En me bornant ici à certaines lésions des articulations, j je ferai remarquer que, dans quelques cas, J'aitrouyédes con :rétions to phacées dans les articulations des doigts des mains, SOit - 3 l'extérieur des capsules ar tleuliees, soitentre les L= gamens , avec destruction presque PL des. tendons des muscles : extenseurs (les doigt s; dans d’:ntres cas, les extrémités des 05, du métacarpé et des phalanges

| GOUTTE. 55g étaient gonflées et rongées par la carie, il ne restait même nul vestige dés surfaces et des cartilages aticu— laires; les capsules tendineuses des fléchisseurs des doigts étaient remplies d’une sorte de mucilagé rougeâtre. Mais nulle part les lésions des parties constituantes des articulations n’ont été plus marquées que sur les membres d’une femme morte d’une fièvre ataxique, et antérieurement tourmentée par des attaques fréquentes d’une goutte irrégulière. : l'examen cadavérique montra les poignets gonflés ; difformes et contournés, le tissu cellulaire sous-cutané trés-épais et trèsdense, les capsules et les ligamens articulaires sens blement épaissis ; les cartilages de l’articulation radio carpienne parurent entiérement désorganisés : ce-n’étt plus qu'un tissu boursoufflé et rougetre ; les têtes des os, inégalement gonflées, étaient cariées dans plusieurs points de leur surface ; la plupart des os du carpe étaient réunis par une vraie continuité de substance osseuse; quelques-uns étaient presque d’un volume double de l’état ordinaire, et tellement ramollis » qu'on. les coupait avec facilité ÿlesos du métacarpe, également altérés, étaient unis à ceux du carpe. | 553. Stahl ne regarde que comme un accident individuel lés nodosités qui se forment quelquefois aux articulauons des goutteux , et il se fonde sur ce que ces nodosités ont lieu quelquefois tout-à-coup, et se ré solvent aussi promptement, sur ce que peu de goutteux en sont aflectés, et à peine un sur dix > CtC.; mais il ne s'appuie sur aucune analyse chimique... Peu de travaux sur ce dernier objet méritent d’être cités comme propres à l'éclaireir, avant la découverte de Schéele

sur la nature acide des calçuls urinaires. Depuis cette

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époque, M. 'Tenant, chimiste anglais , avait fait annoncer dans quelques ouvrages périodiques, que’les concrétions arthritiques, d’après ses recherches, étaient composées de lacide du calcul uni à la soude; mais cette analyse chimique n’a été reprise et faite avec soin que vers le mois d’octobre 1708, par le professeur Fourcroy, quien a publié les détails dans le tome X de son Système des connaissances chimiques. Ces expériences prouvent que la concrétion arthriique (1) qu'il a analysée, est formée par un mélange d’urate de soude et de matière animale gélatineuse; ce qui montre un rapport annoncé vaguement entre le tuf de lagoutte et les concrétions urinaires. Mais les douleurs arthritiques n’existent-elles pas indépendamment de ce tuf, et doit-on admettre l'explication mécanique que donne ce chimiste célébré; en attribuant ces douleurs aux tiraillemens qu’excite ce tuf dans les nerfs et les vaisseaux Iymphatiques ? .….. Quoi qu’il en soit de cette opinion, il faudra établir toujours commé base fondamentale l'histoire exacte de la maladie, et on verra jusqu’à quel

(1) Cette concrétion était tirée d’une tumeur ulcérée située sur le gros.orteil d’un homme de cinquante ans , affecté depuis trénte années de la goutte. Ce malade, dont les pieds , les mains et les genoux étaient tuméfiés , n'éprouvait point de douleurs dans la plupart de ces régions lorsqu'on en touchait la peau. Les concrétions afthritiques étaient par-tout adhérentes aux os. Depuis un an:le malade souffrait des douleurs atroces ; il dormait à peine quelques. minutes , et était réveillé par la violence du mal. La concrétion ci-dessus ayant été plongée dans une lessive de potasse très-faible , une parte s’y ramollit et perdit sa cônsistarnice sans perûre sa Res la liqueur a ensuite précipité dé: Pacide/urique‘par l'addition de l'acide muriatique.

GOUTTE. 561 . point les explications données s'accordent avec les phenomènes observées. +

S Il: Description générale de la Gouite. :

534. Prédispositions et causes occasionnelles. On doit compter parmi les causes de la goutte non-seulement une nourriture animale abondante » Ja sup- -pression d’une hémorrhagie habituelle, l'abus des liqueurs fermentées , et une vie sédentaire , mais en core des excès dans les plaisirs de Vénus , une grande application à l'étude ou aux affaires, les vcilles pro=

Jongées , des évacuations excessives , la cessation des travaux habituels , l'impression du froid sur les membres abdominaux.

535. Symptômes. L’affection inflammatoire de quelqu'une des articulations constitue proprement une attaque de goutte. Son invasion a lieu le soir ou vers les deux ou trois heures du matin , et, dans les premie:s temps , à l'articulation du gros orteil ; il s'y manifeste un frisson qui cesse par degrés à mesure que la douleur augmente, et qui est remplacé par un sentiment de chaleur ; la douleur continue pendant près de vingtquatre heures, et ensuite diminue d’une manitre lente et graduée , avec. rougeur et gonflement de la

. partie affectée. Les jours suivans, léger retour de la douleur et de l’inflammation vers le soir, avec lenr diminution progressive. À la terminaison de l’accés si hbre exercice des fonctions au moral comme au physique ; et, lorsque la maladie est récente , Souvent les accès ne reparaissent plus qu’au bout de deux ou trois ans ; mais ensuite les intervalles sont plus courts et les

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attaques renouvelées souvent deux ou trois fois annuellement, puis réitérées plusieurs fois dans le cours de l'hiver, de l'automne et du printemps, en même temps qu’elles deviennent plus longues et plus violentes. Il n’y a dans le commencement qu’un pied affecté, puis les deux le sont ensemble ou successivement ; la goutte semble se déplacer ensuite, et elle se porte aux diverses articulations des membres thoraciques. Après les premières attaques, les arüculations affectées re- prennent leur souplesse et leur vigueur ; mais, après des attaques réitérées , la faiblesse des parties aruculéés et leur rigidité sont augmeñtées par degrés, et les membres perdent souvent aussi la faculté de se mouvoir , quelquefois même avec formation de nodosités ou de concrétions tophacées (d’urate de soude) ; et la goutte, jusqu'alors régulière, prend le caractère de ce qu'on nomme goutte atonique. La goutte est quelquefois irrégulière : dans ce cas, les articulations en sont faiblement affectées ou tout-à-coup délivréés , ét les symptômes les plus graves d’une affection interne ne tardent pas à se manifester. Cellé de l'estomac ést annoncé par des anxiétés , des vomissemens , Une cardialgie violente ; celle de la poitrme, par des palpitations , une grande difficulté de respirer , des syncopes, la phthisie ; celle de la tête , par des vertiges , une céphalalsie:violente , un état éômatéux , l'apoplexie , la. paralysie , étc. La goutte peut être compliquée avec la mélancolie, l'hypochondrie, des affecuons cutanées, l'asthine, le scorbut , la maladie syphilitique , etc.

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