‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 108 sur 129 · CLASSE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE TROISIÈME

HÉMORRHAGIES (1).

“Le L, découverte de la circulation du sang, l’analogie de ce mouvement avec celui des fluides en général , et l'espoir d’une heureuse application des lois de l’hydrodynamique à l’économie animale , pouvaient-ils manquer de donner l'éveil à des esprits acüfs et nés pour les sciences ? Peu d’objets aussi ont donné lieu à plus de recherches que le mouvement progressif du sang : expériences nombreuses faites sur les animaux , observations poursuivies avec constance et variées avec sagacité , applications spécieuses du calcul pour déterminer la vitesse relative du sang , les obstacles divers que son cours peut éprouver , les lois de son décroissement dans les extrémités artérielles, etc., Siœhelin, Haller, Keïil, Jurin, Michelot, Cole, Pitcairn , Sauvages , Robinson, se sont tour-à-tour exercés sur celte théorie mécanique, avec d'autant plus d’ardeuf que le titre de géomètres qu’on leur donnait flattait leur vanité, et semblait leur assurer une sorte de prééminence que les autres médecins n’osaient leur contester. On eût

(1) On conçoit aisément qu'il ne s’agit ici que des hémorrhagies par exhalation , et nullement de celles qui sont le résultat de la rupture et de l'érosion des vaisseaux , soit artériels, soit veineux.

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dit que nulle partie de la médecine n’était plus avancée, et qu'on ne manquait plus d’aucun moyen pour résoudre tous les problèmes r S aux hémorrhagies, comme un-élève de l'école de Leyde en avait donné l'espérance (1), et comme toutes les explications (2) scientifiques du battement des artères et de la théorie du pouls semblaient le promettre.

2. Un des’ caractères distinctifs de l’école de Stahl est de dédaigner ces applications hasardées de la physique et ces notions étrangères aux lois de l’économie animale , de combiner profondément $a marche dans la doctrine, des hémorrhagies ; et de reprendre avec sévérité le fil de, l'observation , presque abandonné sur. ce point depuis Hippocrate ( Aph. 28, 20,380; section IT). Stahl avait vivement senti qu’en médecine, comme dans, toute autre science, on se perd en fausses combinaisons et en divagations superflues ;: si.on. ne fixe d’abord fortement sa vue’ sur l’objet! dont: on s'occupe , etsion ne l'isole de toute autre consi-! dération , pour bien saisir ses traits distinctif ,! ses! divers rapports et ses dépeñdances. L/histoire exacte et. complete des phénomenes. des: hémorrhagiés,,; les circonstances qui peuvent les faire, naître, l’ordre. des efforis combimés qui les annoncent ou les préparent, les troubles.et les affections diverses que leurs anomalies peuvent produire, ont,,été, pendant: une, Jongue suite d’années; l'objet de .ces recherches. et de ces méditations les plus profondes. Les principes

(x) tiers Horctiéo-prabtice de firore hœmorrhoïdum : internarum. Aut. Arnoldo Guich. Lusd. Batav, ann. 1798. (2) Haller, Ælem. Physiol., tom. lU.

EN GÉNÉRAL. 57t de cette doctrine ont'été établis d’abord dans diverses Dissertations (de Motu tonico vitali) ,(de Mecanismo motüsprogressioi sanguinis ) , (de Morbis ætatum') ; il les a développés ensuite avec étendue dans son Traité de Médecine ( T'heoria medica vera), et dans deux, Dissertauons (de Moiûs hœmorrhoidalis ‘et Fluxûs hœmorrhoidum diversitate bene distinguendä), ete. J'omets de parler de ses disciples Alberti, Juncker, Carl, etc., qui ont suivi et quelquefois même exagéré cette même doctrine, regardée comme le fondement unique des maladies internes.

6e a tspositton aux hémorrhagies ne uent point nécessairement à une consütution forte et athlétique , pourvu qu’on mène une Vie calme et régulere , qu'on évite des exercices immodérés du corps, des excès dans:les travaux du cabinet , des emportemens violéns des : passions: Une expérience constante ap prend; aù contraire, que les hémorrhagies les plus fréquentes et les plus: copièuses’ sont le Partage ordi maires desseunes-gens sains et agiles, mais doués d’une | grande ne: ; amis de la Boire chère, et dispôsés'auxraffections tristes ou à la colèré : c'est quelquéfois uñe- disposition” héréditaire qui fait. comme prédominer: l'énergie du système vasculaire: ; et cétte piétominence augmente ‘encore par Vusagé intérieur des. aromates, ds boissons alcoolisées ,: par la r'eSpi= ralion ; d'un'air humide -ét’chaud , ‘bar limpression: brusgnie: «hi’froid lorsqu on ‘est BEAUTE par ‘an éxcrcice»miolent. : TR apparences extérieures qui peuvent faire, présager l’éruptüon prochaine’ de l'hémiorrhagie , sont mon-seulemerit littiinéscénce dés vaisseaux ar= tériels. et»vereux : Le ai parie qui en! doit être le’

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siége , mais encore une sorte de constriction tonique dans des parties éloignées ; le sang paraît , 1l coule ordinairement sans trouble et sans excès, et il s'ar-

rête de lui-même, L'hémorrhagie ne s'aggrave guêre

que par l'effet des causes morales , ou par l'influence puissante de l'habitude ; lorsqu'elle est modérée , elle est loin de produire un état de débilité; au ANT : le: sentiment de stupeur et de pesanteur qui la précédait se dissipe , la gaîté se rétablit, et souvent on prévient par là d’autres maladies. Que de maux , au contraire , peuvent produire des. effôrts laborieux ou avortés qui préparent l'écoulement du sang | conges— uons locales, douleurs, ardeur, inflation D mes, palpitations , mouvemens convulsifs , ou même état fébrile dangereux et rebelle.

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