ORDRE PREMIER
$ I. Considérations générales.
9. Ur goût pur et les principes sains et lumineux de la médecine antique sont surtout marqués dans les Aphorismes d’'Hippocrate où est tracée l’histoire des maladies relatives aux divers âges. Laissons les commentateurs se livrer à une admirauon stérile, couvrir et obscurcir le texte grec de leurs savantes interprétations ; mais marchons sur les traces de Stahl, qui, sans s’asservir en esclave aux écrits du père de la médecine , a su se rendre son émule, vérifier et étendre ses principes par l'observation , et les rendre féconds en vérités nouvelles. Dans l’enfance , affections cutanées de la tête, travail de la dentition , inflammations légères des yeux ou des oreilles , aphthes , ulcérauons dans l’intérieur de la bouche. Depuis la quauième jusqu'à Ja septième année, douleurs de tête 5 ardeurs , catarrhes de la a muqueuse des narines , odontalgie, hémorrhagies du nez, surtout au moindre mouvement fébrile. Vers la puberté , dispo- sition aux maux de gorge ; aux gonflemens inflammatoires de quelqu’ une des parties de l'arrière-bouche ,
facilité à contracter des angines laryngées , fréquence
des hémorrhagies du nez pour des causes légères. Du-
rant l'adolescence, la poitrine commence à être plus facilement affectée , toux sèches ou humides , dou-
leurs catarrhales autour des épaules, du éou , du tho-
rax , palpitations du cœur. À mesure qu'on avance
él l’âge viril, hémoptysie , soit par un vice héré-
ditaire, soit par des écarts de régime , pleurésies ï pé-
ripneumonies , consomption ; et, pour ceux qui ménent une vie sédentaire , PCM hypochondriaques ; variées, flux hémorrhoïdal, douleurs arthritiques :
cette dernière disposition augmente par les, progrès de l’âge. La scène varie encore dans l’âge de décadence ; car alors on est plus exposé à des efforts ou efficaces ou avortés d’un flux hémorrhoïdal , à des affections variées des voies urinaires , à la péripneumonie adynamique ou ataxique , à l’apoplexie , à la paralysie. Je m'en tiens à l’histoire rigoureuse des faits. observés pour faire sentir combien est contraire au bon goût la vaine et frivole surcharge d’explications hypothétiques prodiguées par Cullen dans ses Recherches sur la cause prochaine des hémorrhagies.
10. On ne peut méconnaître un ensemble d’ efforts combinés , un caractère fébrile , dans l’ordre des symptômes qui annoncent et précèdent une. hbémorrhagie active : ainsi, parmi les présages de celle du nez , refroidissement , pâleur des extrémités , rougeur et chaleur de la face, gonflement et distension des artères temporales , etc. Est-on menacé d'une hémoptysie , lassitudes spoutanées , douleur .du dos et des lombes, tension des hypochondres , et, avant l’érupuion du sang, horripilations , flatuosités, constriction de la.
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poitrine , douleur gravative au diaphragme ; ; anxictés dans la région précordiale ; le vomissement du sang
est. précédé d'un sentiment général de froid , d’une
douleur sourde , d’une sorte de tension et de pression dans les hypochondres , etc. Que de symptômes peu-
‘ ventfaire présager l’éruption prochaine du flux hémor-
rhoïdal ! refroidissement des extrémités, douleur gravaive et constricuon vers los sacrum , flatuosités ab= dominales , resserrement spasmodique , etc. Dans ces” affections sy mpathiques des parties plus ou moins éloignées du siége de l’hémorrhagie, dans cet enchaînement d'efforts simultanés ou su écesu qui donnént des directions particulières à l’éruption du sang, ne fautil point reconnaître une distribution inégale , ou plutôt une sorte de concentration des forces toniques ? On trouve un caractère bien différent dans ce qu’on appelle hémorrhagies passives |, comme celles qui ont quelquefois lieu dans le scorbut , les fièvres putrides ou adynamiques, le squirre du foie, l'hydropisie , lictere, etc. , hémorrhagies d’une nature opposée aux précédentes, et qui tiennent à un défaut d'énergie des vaisseaux exhalans.
11. Quel empire puissant n’exerce pas l'habitude sur le renouvellement des hémorrhagies, dans le même ordre et avec les mêmes circonstances qui les ont une fois produites ! Leurs époques d’éruption parviennent
à se fixer en gardant entre elles certains intervalles
constans , et c’est ainsi qu'on voit des hémorrhagies devenir périodiques. Leur retour est annoncé par un
séenümenit de pression ou de tension , par des douleurs Jancinañtes vers la partie qui en doit être le siége. Les
douleurs , les anxiétés cessent après l’éruption du sang,
ou bien se continuent et s ‘exaspérent si On trouble son “cours par l’usage inconsidéré des astringens. Le soulagement et le bien-être qui accompagnent ordinaire- . ment cette excrétion sanguine annoncent d’ailleurs combien elle est salutaire : du moins elle n’est guère ur mysible que {orsque l’hémorrhagie est interne, et qu'éila we peut se frayer aisément une route au .. dehors. C’est ainsi qu’on doit peu craindre , en général, l’'hémorrhagie du nez, les menstrues, et qu’on doit rarement les reléguer au rang deS maladies : mais il y a plus de Me dans l titre l'hématémése et l'hématurie.
S IL. Description générale des Hémorrhagies des | membranes muqueuses.
ra; Prédispositions et causes occasionnelles. Elles sont différentes et même opposées, selon que l’'hémorrhagie est active ou passive. Dans le premier cas (hémorrhagies actives), on peut regarder comme telles - letempérament sanguin, la jeunesse, le défaut d’exercice où un exercice violent, une disposition héréditaire, l'automne, un air chaud, une nourriture succulente, l'usage des épiceries , des alcooliques , l’omission d'une saignée devenue nécessaire, la suppression subite d’une évacuation habituelle. Dans lé second cas (kémorrhkag tes passives), elles sont les suivantes : un régime débilitant, le tempérament lymphatique, des veilles excessives, des maladies de longue durée, des évacuations trop abondantes , des affections organiques, le vice scorbutique.