Symptômes. L’hématémèse débute par une
douleur profonde et quelquefois pongitive dans Fhypochondre gauche , le refroidissement des pieds et des mains, un sentiment d'oppression dans l’estomac, et quelquefois la syncope, des vertiges, des éblouissemens , des tintemens d'oreille , la décoloration de la face. Le sang est rejeté par le vomissement , et quel-
| NÉ AT À TÉMÈSE. BL quefois en même temps par les selles, à l'état liquide ou en gruméaux , et sous une couleur plus où moins foncée : 1l est ordinairement mêlé avec les matières alimentaires et les déjecuüons alvines. Cette hémorrbagie peut être aiguë ou chronique; elle a une tendance à devenir périodique et est leplus souvent passive. Les sympiômes du melena ne diffèrent pas essentiel lement. des précédens ; le sang a une couleur noire. Les phénomènes précurseurs et la tendance aux réci- «lives sont les mêmes. Il est quelquefois difficile de distinguer si le sang qui est rejeté par la bouche provient des poumons ou de l'estomac, etc. ; celui qui vient de l'intérieur dela ‘bouche sort. sans efforts et Sans toux ; sil vient de la gorge ou des arrières =narines, 1l peut être rejeté par les efforts qu'on fait pour cracher, et quelquefois par la toux. Mais l’hémorrhagie de la gorge est beaucoup plus rare que celle dés poumons et de l’estomac; elle survient , en général, chez ceux qui sont sujets. à l'épistaxis ou à quelque -cause évidente d’érosion ; le plus souvent, en examinant : l’arriére-bouche;, on voit couler le sang de Ja gorge. Lorsque le sang provient des bronches, il est ordinairement précédé et accompagné de toux et de bouillonnement ; cependant le vomissement ct la toux s’excitent mutuellement, et peuvent par conséquent être fréquemment réunis : ils rendent ainsi le diagnosüc difficile. Mais l'hémorrhagie des poumons est, en général, plus fréquenteque l’hématémèse ; elle est aussi plus abondante. Le sang qui provient de l'estomac est communément d’une couleur plus noire, il est plus grumuleux , et mêlé avec d’autres substances conte. nues dans l'estomac. Lorsque la toux et le yvomisse-
ment, après s'être manifestés parement, se sont . réums, ils peuvent quelquefois servir à indiquer la source du sang , en faisant attenuon à celui des deux qui a paru le premier. Enfin on peut encore s’éclairer des circonstances et des symptômes qui ont précédé l'hémorrhagie. :
S IL. Traitement de l Hématémése.
34. On se contente le plus ordinairement d’administrer, dans l’hématémése, des boissons froides et adoucissantes s’il y a irritation; mais s’il y a atome, ce qui estle plus ordinaire , on rend les boissons plus ou moins styptiques au moyen dela consoude, du sirop. de coing , de l'acide sulfurique, de l’alun , de l'alcool. On conçoit d’ailleurs «qu'il convient d’appliquer les sangsues à l’anus ou à la vulve lorsque l’hématémése provient de la suppression du flux hémorrhoïdal ou des menstrues. De pareilles considérations doivent s'appliquer au melæna: c’est moins, en gé— néral, l’hémorrhagie qu’il faut combattre que la cause qui l’occasionne ; de là vient que les mucilagineux , les amers, les astringens, les laxatifs ont été quelquefois utiles. Si l’hématémèse était excessive, il faudrait surtout insister sur des boissons à la glace, des com- | presses froides sur l’épigastre, un repos absolu, et une position horizontale.
KR FLUX HÉM ORRHOÏDAL. £ 615 FLUX HÉMORRHOIDAZ (1).
$ LE. Considerations générales.
35. Pourquoi retrouve-t-on si souvent dans l’his= toire des écoles célèbres de médecine |, comme dans celle des médecins, des traces si profondes de l'esprit de part , de la haine ou de l'envie qui divisent si souvent les hommes, et qui font rejeter par les uns, sans distinction, ce que les autres ne cessent d’ jai er ou d’exagérer sans mesure ? Stahl, avec cette sagacité et cette profondeur de jugement qui lui étaient propres , : avait senü toute la fécondiié des principes des anciens sur le flux hémorrhoïdal, et ses disciples n’ont pas manqué d'en faire la base d’une doctrine presque exclusive et universelle de toutes les maladies chroniques. D'un autre côté, l’école de Leyde, séduite par ses théories brillantes et l'application spécieuse de la physique à la médecine, affecte un silence profond sur les principes de Stahl et de ses sectateurs, au point même que Van-Swiéten ne fait aucune mention des écrits de ces derniers dans le catalogue des auteurs cités dans ses Commentaires des A phorismes de Boerhaave.
56. Il ne faut pas confondre le flux hémorrhoïdal dont 1l est quesuon 1er, avec l’héMorrhagie causée par la rupture de varices, par des ulcères du rectum , ni avec le melæna et la dysenterie. On irouve id les Éphémér ides Germaniques l'observation d’ un homme sanguin et mélancolique , qui, à l’âge de vingt ans, fut attaqué pour la prenuére fois de flux hémorrhoïdal,
(n) Srxonruir. Fluxus hæmorrhoïdalis, Horrwans peter
Ed
ÔrÆ HÉMORRHAGIES DES mEMEnANTS MUQUEUSES..
et en eut des retours tous les mois à la méme époque, jusqu'à sa soixantième année. Toutes les fois que le cours de cette évacuation était entrayé > Constipation , anxiété, hypochondrie, lipothymie : cés symptômes
disparaissaient lors du retour régulier du flux hémor-'
rhoïdal. Stahl ( Collegium casuale minus) trace une observation propre à dessiner les traits principaux des symptômes précurseurs et concomitans de ce flux. Un
homme de soixante-dix ans, d’un tempérament san—
guin , colérique , avait éprouvé depuis quelques années une constipation Opimiâtre suivie d'efforts hémorrhoïdaux , en S'exposant au froid vers le commenceement du printemps et deux heures environ aprés le repas : peu aprés , sentiment léger comme de mor-
sure dans l'abdomen, borborygmes vagues, lassitude,
léger trouble dans les idées ; le sentiment de morsure augmente et se converlit en coliques de plus en plus fortes et continues ; constipation pendant vmgt-quatre héures ; augmentation de tous ces symptômes, eten même temps lassitude, douleurs de tête plüs sensibles ; par iniervalles , horripilations et bouffées de chaleur , douleurs irès-fortes. Ailleurs le méme auteur décrit
V'observauon du flux hémorrhoïdal habituel excessif |
Le sujet de cette observation est un, homme de trentesix ans , d’un tempérament sanguin et lymphatique , adonné à l'usage du vin , très-irascible et né d’un pére hémorrhoïdaire. Le sang était rejeté avec les excré-
mens ; le flux reparaïssait d’abord rarement et en quan—
üté assez modérée ; son retour devint de plus en plus rapproché et abondant , de manière que toutes les trois senraines , et quelquefois même plus tôt , il s'écoulais en trés-grande quantité. Ce flux avait été tellementen
PR unes cc SE
FLUX MÉMORRIHOÏDAL. | 615 augmentant depuis environ trois ans , qu'il se passait rarement quatre à cinq semaines sans que l'évacuation ne durât au-delà de quinze jours, et ne fût même trèsabondante. Stahl nous fait également ‘connaître , dans une autre observation, les boss de la suppression du flux hémorrhoïdal. Ün homme âgé de quarante ans Éfromerent ce flux depuis cinq à six ans deux ou trois fois l’année, pendant l'hiver et l'automne :; il était d’un tempérament sanguin , habitué à la bonne chére et au vin , et faisait d’arlleurs peu d'exercice. Une dysenterie épidémique ayant régné pendant l'automne, et son flux hémorrhoïdal ayant été tr ès-abondant, il craint d’être dans la suite affecté de la dy senterie, et fait usage d’asiingens, et surtout de la noix muscade, tant Fa ses simens que dans ses boissons. Le flux cesse -plus tôt ; qu'à l'ordinaire le PERRET ps suivant, et aussitôt asthme, toux, anxiétés dans les hypochondres > perte d'appétit, trouble dans les idées, sommeil inquiet à constipation, symptômes qu 1l éprouvait , mais plus légèrement, à l'approche du flux. Ces phénomenes se continuent pendant quinze jours , mais sans être suivis du flux hémorrhoïdal.
SIL Description ot du Flux hémorrhoïdal.
37. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce: flux paraît. surtout dans un âge avancé ; il est souvent occasionné par la bonne chère ; le passage subit d’une vie active à l’oisiveté , l'abus des purgaufs., et surtout de l’aloës, des emportemens de colère, la tristesse. habituelle , l'abus des boissons chaudesou relächantes, une: affection mélancolique ou hypochondriaque.
616 HÉMOrRRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.
58. Symptômes. Ceux qui précèdent ou aCCOMpagnent le flux hémorrhoïdal sont des douleurs gravatives et un sentiment de pression dans le dos et les
lombes , quelquefois une situpeur des cuisses et des
jambes , de légers frissons à l'extérieur , avec pâleur , un pouls.dur et serré, et sécheresse de l’intérieur de la bouche, la diminution de l'urine, des flatuosités , et quelquefois des déjections alvines muqueuses blanches. Cet écoulement revient le plus souvent d’une maniére périodique tous les mois, et il devient alors nécessaire à la conservation de la santé ; s’il s’arrétespontanément ; ou si on le supprime , il occasionne des affections nerveuses variées, des resserremens spas— modiques de la poitrine » des coliques violentes , des . verüges. Lorsque cet écoulement est excessif et souvent répété , il en résulte un dépérissement lent ; la
face prend une,couleur plombée, et la consomption
survient avec plus ou moins de prompütude.
SA. Traitement du Flux hémorrhoïdal.
59. Il en est du flux hémorrhoïdal devenu habituel comme du flux menstruel : non-seulement 6n ne doit pas chercher à en opérer la guérison | mais on doit même éviter tout ce qui pourrait le supprimer. Il faut
d’ailleurs combattre plutôt les causes de ce flux que l’é-
coulement lui-même, Si ce flux est l’effet d’une pléthore générale, c'est dans un régime végétal et un exercice
modéré qu’on trouve les moyens les plus convenables ;
11 faut aussi proscrire les liqueurs alcooliques. On à f e k e . # a] ‘ . P conseillé le bain froid; mais ilne saurait étre employé
à l'approche de cetécoulement: T'ant que le flux existe,